20/08/2014

L'arme de la faim en 14-18.

L'ARME DE LA FAIM EN 14-18.

La Guerre de 14-18 a vu l'apparition et l'application de l'expertise  ( la quantification ) des ressources alimentaires du camp ennemi. Le but était très clair: priver les populations des ressources nécessaires en biens de consommation. A côté des combats, la faim contribue à expliquer l'issue du conflit. cela devait avoir une influence sur le moral des troupes. Il est certain que lorsque les soldats allemands surent quelles étaient les privations subies par la population, leur volonté de poursuivre le combat se ramena à zéro.

Du côté des alliés, spécialement dans les départements français occupés et en Belgique, en plus des violences subies lors des invasions, des occupations et des bombardements, les populations civiles ont également affronté la faim, les pénuries et l'inflation.

Les zones occupées pâtirent fortement des pénuries. Dans les régions agricoles, dans les zones rurales, les paysans parvinrent à maintenir un niveau de consommation convenable. Peut-on donc estimer que, chez nous, à AWANS, ce fut aussi, dans une certaine mesure, le cas ? Peut-être pas car les documents retrouvés dans certaines communes également agricoles attestent que des soupes populaires furent organisées. Des photos en témoignent. C'est le cas de COUTHUIN et de BIOUL...

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Soupe populaire à BIOUL

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Soupe populaire à SULEMEZ ( COUTHUIN )

Mais dans les villes, les habitants connurent des moments très pénibles. On vit apparaître les distributions de soupe populaire, ancêtre en quelque sorte des " restaurants du coeur ". C'est moins surprenant que dans les campagnes.

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Soupe populaire à BRUXELLES

La FRANCE avait vu le front s'installer dans les zones agricoles les plus productives et les rendre quasiment incultivables.

Dans le cas de l'Allemagne, les stratèges militaires ont cherché à affamer la population civile  par le blocus ou par la guerre sous-marine, aggravant encore ces difficultés matérielles.

Le blocus de l'Allemagne fut décidé dès août 1914. Winston CHURCHILL en octobre 1915, alors qu'il était Premier Lord de l'Amirauté a été l'artisan le plus convaincu de son durcissement. Il écrira d'ailleurs, après la guerre, qu'il avait visé " à réduire toute la population par la faim, vieux et jeunes, blessés et bien portants ".

Voici un extrait d'un roman d'un écrivain allemand , Ernst GLAESER:

 

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" L'hiver resta dur jusqu'à la fin. LA guerre avait maintenant dépassé la ligne des fronts et touchait directement le peuple. La faim détruisait l'union qui avait régné jusque là. Dans les familles, les enfants se volaient leur ration l'un à l'autre. La mère d'auguste courait deux fois par jour à l'église pour y prier; elle maigrissait à vue d'oeil, car tout ce qu'elle pouvait se procurer à manger, elle le distribuait à Auguste et à ses soeurs, ne gardant pour elle qu'une part infime de nourriture. Les femmes qui stationnaient en longues files grises devant les magasins, parlèrent bientôt plus de la faim dont souffraient leurs enfants que de la mort de leurs maris. la guerre avait modifié les sentiments..."

Voilà pour la population civile allemande. Que dire alors du traitement des prisonniers de guerre et des déportés civils !

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