12/08/2014

Histoire oubliée: un bataillon du 14° de ligne, rescapé, se regroupe à AWANS.

13 août 1914:

Un bataillon "oublié" du 14° de ligne se regroupe à AWANS.

( vu dans "La Meuse" du 12 août 2014 )

 

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Monument au 14° de Ligne à LIEGE.

Le 6 août 1914, le 2° bataillon du 14° de ligne est en poste à CHAUDFONTAINE. Il est chargé de tenir la vallée de la Vesdre. Un ordre de retrait est donné au 14° de ligne mais, pour des raisons inconnues, ce bataillon ne le reçoit pas.

Dès lors, malgré les rumeurs d'occupation de la ville de LIEGE, il maintient sa position ne voulant pas désobéir aux ordres qui n'avaient pas été contredits. Ce n'est que le 12 août, dans la soirée, que l'ordre émanant du Général LEMAN leur parvient.

Le problème est que ce bataillon se trouvait derrière les positions allemandes. Le 8 août le fort de BARCHON s'était rendu, le 11 août ce fut le tour de celui d'EVEGNEE, le 13 août les forts de CHAUDFONTAINE, d'EMBOURG et de PONTISSE tombèrent, le 14 août ce fut les forts de LIERS et de FLERON qui se rendirent.

Lundi 3 août, Leman sollicite l’autorisation de procéder aux destructions « de la première série » devant Liège. Le génie fait sauter les tunnels de Hombourg sur la voie ferrée de Verviers à Aix-la-Chapelle et de Nasproué, sur la voie de Liège à Luxembourg, ainsi que ceux de trois-ponts et de Stavelot. Les voies de chemin de fer sont coupées et des déraillements volontaires de locomotives sont provoqués dans les tunnels de Coo, de Roanne, de Remouchamps, de Verviers est et de la Sauvenière à Spa.

En même temps, les ponts sur la Meuse entre Liège et la frontière hollandaise, à Visé et à Argenteau, sont détruits.

En effet, dans la nuit du 4 août, l’ordre avait été donné de faire sauter tous les ouvrages d’art des chemins de fer de la province de Luxembourg ainsi que les ponts d’ENGIS, d’OMBRET etHERMALLE-SOUS-HUY.

Comment faire pour ne pas se faire prendre ? Courageusement, la troupe ( +/- 800 soldats ) remonta vers EMBOURG et MEHAGNE. Durant la nuit, ils redescendirent sur la vallée de l'OURTHE qui'ils franchirent par des moyens de fortune. Ils parvinrent ainsi au SART-TILMAN. Très curieusement et fort heureusement, ils ne furent jamais repérés. Il est vraisemblable que l'ennemi n'aurait jamais imaginé un exploit pareil !

Le plus compliqué restait à faire: rejoindre la rive gauche de la MEUSE. 

Sous la protection des canons des forts de FLEMALLE et de HOLLOGNE, ils rejoignirent le village d'AWANS, le 13 août en fin de matinée.

Arrivés à AWANS, l'équipée n'était pas terminée. On aurait pu penser qu'ils auraient dû pren,dre la direction de BRUXELLES. Mais, alors qu'ils se trouvaient à AWANS, ils reçurent l'ordre de rejoindre la position de NAMUR via HUY où ils arrivèrent vers 17H30. Heureusement pour eux, ils purent embarquer dans un train vers NAMUR.

 

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Les Forts de LIEGE et les plans allemands.

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L'article de LA MEUSE pose problème à qui veut en savoir plus. Il y est dit que " ...ils peuvent alors traverser la Meuse en passant par les superstructures du pont de chemin de fer du Val-Benoît...Celui-ci a sauté, mais ne s'est effondré qu'à moitié dans le fleuve..."

Or, on trouve ceci, sur le site www.chu.ulg.ac.be:

"Le pont du Val Benoit resta intact. Pourquoi ? LEMAN donne la réponse dans son rapport : « Ce pont aurait pu être détruit le 6 août, lors de la retraite de la 3e Division d’Armée. Il est à remarquer qu’à ce moment, par suite de la destruction de tunnels, une interruption importante était créée sur chaque ligne de chemin de fer venant de l’Est vers Liège et qu’il y avait lieu de supposer le trafic des voies ferrées supprimé pour un certain temps. Or on savait que la construction de ponts sur les cours d’eau ne demandait pas beaucoup de temps quand on dispose des matériaux nécessaires, ce dont les Allemands ne manquaient pas et l’expérience de la campagne a bien montré qu’il en était ainsi. (…) D’autre part, les Allemands ont occupé la Ville de Liège le 7 août 1914, mais ils n’ont pu débouler en masse que le 16 août sur les plateaux de Hesbaye, après la chute des derniers forts de la rive gauche ».

Pendant 9 jours, les Allemands ont donc piétiné sur place. Ils auraient eu tout le loisir, selon LEMAN, de réparer le pont du Val Benoit, ou établir à côté un pont provisoire, ou construire à 1200 m en amont un pont en charpente sur pilots ou mieux sur bateaux de commerce ; la ligne se serait raccordée à la gare de formation de Kinkempois sur la rive droite et à la ligne du Nord Belge sur la rive gauche ; ce travail eut demandé moins de huit jours. Ils auraient aussi pu faire un détournement, relativement simple et facile, par le pont de Fragnée, détournement qui se serait relié, d’une part au sommet nord du quadrilatère de voies immédiatement à l’est du pont du Val Benoit et, d’autre part à ..."

D'autre part, sur WIKIPEDIA, on trouve:

" En 1892, on décida de construire un nouveau pont, en raison des graves avaries causées aux culées et aux piles par les tassements miniers dus à la proximité du charbonnage des Aguesses. Cette décision ne trouva jamais d’application. On se contenta de consolider l’ouvrage par des injections de béton. Le pont fut épargné par la Première Guerre Mondiale."

 

Voir FACEBOOK: "AWANS, commémoration 14-18 "

AWANS 14-18.jpg

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