03/08/2014

La Gare de METZ: Force de frappe de l'Empire allemand en 1914.

Un exemple d'architecture civile cachant une fonction militaire:

La Gare de METZ.

 

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Succédant à une gare française mal adaptée aux volontés impériales allemandes affichées après l'annexion de l'Alsace-lorraine suite à la défaite française de 1870, la gare de METZ paraît complètement disproportionnée par rapport aux besoins de l'époque, même si elle est aujourd'hui conforme aux besoins modernes. 

 

Avec ses 300 mètres de long, la gare de Metz reste toujours la plus longue de France. Son réseau ferroviaire, large de 150 mètres, comportait quinze voies desservies par des quais hauts pour les voyageurs et les chevaux, et bas destinés à l’origine pour les bagages et les soldats.

La gare française qu'elle remplaçait était plus modeste et était situé un peu plus à l'ouest dans la ville.Elle n'était pas prévue pour des besoins civils, très limités, mais poursuivait, en réalité, un but militaire. 

De METZ annexée par l’Allemagne depuis la fin de la guerre de 1870, l’empereur Guillaume II avait voulu faire une place militaire majeure, créant en 1890 un corps d’armée de 25 000 hommes. La construction d’une nouvelle gare devait alors remplir plusieurs objectifs : assurer l’acheminement aisé et rationnel des soldats en cas de conflit, affermir la domination politique allemande, symboliser la modernité de l’empire. 

Un des objectifs était clairement de montrer aux habitants de METZ, aux lorrains mais aussi aux français habitant dans les départements frontaliers la puissance et la richesse de l'empira allemand. la construction d'un tel bâtiment, et du quartier "impérial" devait bien montrer que METZ était devenu allemand "pour toujours ".

Mais le véritable objectif était clairement militaire: le nouveau bâtiment devait permettre de faire embarquer ( et évidemment débarquer ) 75 000 chevaux avec 25000  soldats en 24 heures, en cas de guerre sur les fronts français et russe.

Durant la première guerre, la gare remplit bien ce rôle.

Mais la fortune des armes a tourné. En 1918, les signes iconographiques trop évidents du deuxième Reich furent éliminés : aigles impériales, casques à pointes... 

Dernier pied de nez à l'histoire mouvementée de la ville de METZ et symbole du retournement de l'histoire: une statue en couleur de Jean MOULIN a été élevée dans le hall de la Gare de METZ, où son décès fut déclaré le 8 juillet 1943. Sans chapeau mais vêtu d’un costume banal qui renvoie à sa condition humaine, Jean MOULIN contemple posément du haut de son piédestal la foule des voyageurs et des passants. Il est accompagné de trois silhouettes grises sculptées qui symbolisent l’armée de l’ombre évoquée par André MALRAUX.

Cet hommage à Jean Moulin, dans le hall des départs de la gare,est très touchant.

Ou, aussi, comment la gare de METZ, symbole de l'impérialisme allemand est devenue, en quelque sorte, symbole inverse !

 

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