29/07/2014

ASSASSINAT de Jean JAURES: Qu'arriva-t-il au meurtrier ?

Qu'arriva-t-il à l'assassin de jean JAURES ?

 

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L'Assassinat de Jean JAURES provoqua une grande émotion en FRANCE mais aussi à l'étranger. Probablement à tort, on estimait que le dernier obstacle opposé à la guerre s'était écroulé. Pensée erronée car si grand que fut le rayonnement de JAURES, il n'aurait pu empêcher la guerre d'éclater. Eternel optimiste, il pensait qu'une grève générale à l'échelle européenne aurait pu l'enrayer !

Même certains de ses adversaires furent profondément choqués. Ainsi, ce fut le cas de Maurice BARRES qui l'avait toujours combattu. Le 1° août 1914, Maurice BARRES, porte-parole de la droite nationaliste, fut parmi les premiers à venir se recueillir devant sa dépouille. 

A cette occasion, il remis à la famille une lettre qu'il comptait publier. Voici ce qu'il dit:

" J'aimais votre père. j'ai toujours souffert de devoir être séparé de lui."

Maurice BARRES écrivit aussi ceci:

" Il ne faut pas me demander de haïr JAURES. je le peux pas et, après examen, je ne le dois pas."

Ces paroles et ces écrits ont choqué les amis de Maurice BARRES.

Cela contrastait avec ce qu'avait dit Charles PEGUY ( mais c'était avant l'assassinat ):

" La politique de Convention nationale, c'est JAURES dans une charrette et un roulement de tambour pour couvrir cette grande voix." Autrement dit: " JAURES à la guillotine !"

Le Président du Conseil, René VIVIANI fit imprimer et afficher la déclaration suivante, au nom du Gouvernement:

" Citoyens,

  Un abominable attentat vient d'être commis. Mr. JAURES, le grand orateur qui illustrait la tribune française, a été lâchement assassiné.

  Je me découvre personnellement et au nom de mas collègues devant la tombe si tôt ouverte au républicain socialiste qui a lutté pour de si nobles causes et qui, en ces jours difficiles, a, dans l'intérêt de la paix, soutenu l'action patriotique du gouvernement.

  Dans les graves circonstances que la Patrie traverse, le Gouvernement compte sur le patriotisme de la classe ouvrière, de toute la population pour observer la calme et ne pas ajouter aux émotions publiques par une agitation qui jetterait la capitale dans le désordre.

   L'assassin est arrêté. Il sera châtié. Que tous aient confiance dans la loi et que nous donnions, en ces graves périls, l'exemple du sang-froid et de l'union.

 Pour le Conseil des Ministres,

Le Président du Conseil 

René VIVIANI "

Pauvre VIVIANI ! Il s'était un peu trop avancé en disant faire confiance à la loi. Il ignorait le principe de la séparation des pouvoirs.

En attente de son procès Raoul VILLAIN est incarcéré durant toute la durée de la guerre et même un peu au-delà. Il ne fut jugé que près de cinq ans plus tard. Un record pour une affaire très claire où pratiquement aucune enquête n'avait été nécessaire. Il y avait quasiment flagrant délit.

L'enquête fut menée par le juge d'instruction DRIOUX. Le procès s'ouvrit le 24 mars 1919 devant la Cour d'assises de la Seine. 

On posa au Jury populaire deux questions

1e) VILLAIN est-il coupable d'homicide volontaire sur Jaurès ?

2e) cet homicide a-t-il été commis avec préméditation? ».

Après une courte délibération, par onze voix contre une, le Jury répondit par la négative. Raoul VILLAIN fut acquitté !

Quelle fut l'explication donnée par le Jury ? Elle est aberrante: les jurés l'acquittèrent considérant qu'il était l'auteur d'un crime passionnel commis par amour de la FRANCE !

La partie civile obtint un franc de dommages et intérêts et fut condamnée aux dépens du procès envers l'Etat.

Il y eut, bien sûr des réactions. Citons celle d'Anatole FRANCE qui fit publier une lettre dans -L'HUMANITE ( alors toujours journal socialiste ) dans laquelle il dit:

« Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! »

Quant à Raoul VILLAIN, il poursuivit une vie chaotique. Quelques années plus tard, il fit dans le trafic de devises. Il se fit pincer, passa devant un tribunal et fut condamné à une amende de cent francs. trafiquer des devises était donc plus grave que d'avoir tué un homme !

Il se fixa dans l'île d'IBIZA. En 1936, il fut fusillé par les anarchistes. On ne sait pas très bien pourquoi...mais les anarchistes ignoraient qu'ils venaient de fusiller l'assassin de Jean JAURES. 

De quoi croire en une justice immanente ?

Awans, commémoration 14-18Centenaire 1914, AWANS, commémoration 14-18,

 

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