13/07/2014

JOSEPH KESSEL:Grand témoin du 20° siècle, combattant et résistant.

Joseph KESSEL

 

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Né le 18 février 1898 à VILLA CLARA ( Argentine )

Décédé le 23 juillet 1979 à AVERNES ( France )

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Combattant de la Première Guerre, grand reporter, baroudeur, et romancier.

Résistant de la Seconde Guerre.

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Joseph KESSEL est issu d'une famille juive d’origine lituanienne. Son père, médecin, avait quitté la France pour l'Argentine avec son épouse. Il est né là-bas. De là, la famille repartit pour l’Oural où elle résida de 1905 à 1908, avant de revenir s’installer en France. Joseph avait alors dix ans. C'est ce qui explique, sans doute, son goût pour l'aventure.

Il fit ses études secondaires, à NICE, au Lycée Félix-Faure (aujourd'hui : Masséna ), puis, à PARIS, au Lycée Louis-le-Grand.Dès Dès le lycée de NICE, avec son frère, il rédige et publie un journal de récits, de chansons potaches, de vers, avec lesquels ils passionnent et amusent leurs camarades.

Véritable prodige, il obtient une licence de lettres et débute dans la vie active à 17 ans au Journal des Débats, au service politique étrangère. Il s’essaye au théâtre quelques mois. Il est reçu, en 1916, au Conservatoire, avec son frère Lazare, père de Maurice DRUON, avant de s'engager, volontairement, dans l'armée. Il servira d'abord dans l’artillerie puis dans l’aviation, au sein de l'escadrille S.39. Au grand dam de ses parents, semble-t-il.

De cette expérience, sortira, en 1923, son premier grand succès L'equipage. Il s'agit, en fait, d'une intrigue amoureuse se déroulant sur fond de guerre, de danger. Très adroitement, il y mêle les relations humaines, il y décrit la précarité de l'équipement et les dangers des missions. Il y expose l'attitude des aviateurs qui ont un certain mépris pour les « terriens » et qui s'estiment, malgré les risques, heureux d'échapper à la boue des tranchées. Ce roman fit entrer l’aviation dans la littérature. A la fin de la guerre, il part en mission en Sibérie via les USA et VLADIVOSTOK.

En 1919, KESSEL, demanda la nationalité française. Il avait à peine atteint la majorité mais il avait reçu la Croix de guerre, la Médaille militaire, et il avait fait deux fois le tour du monde. Il reprend son activité au Journal des Débats. Il écrit aussi dans La Liberté, le Figaro, le Mercure, etc.

Mais, aventurier dans l'âme, il allait entamer une double carrière de reporter et de romancier. On peut citer: la révolution irlandaise; Israël au début de son indépendance; les bas-fonds de Berlin; le Sahara; les premiers vols de l’Aéropostale; les négriers de la mer Rouge. Tous personnages et situations hors du commun.Il fonda, en 1928, un hebdomadaire politique et littéraire, Il fonda, en 1928,  Gringoire qui connaîtra par la suite une funeste destinée.

Il fut membre du jury du prix Gringoire, fondé par l'hebdomadaire, parmi d'autres écrivains de l'époque. Mais le journal Gringoire, fortement orienté à droite, vira à l'extrême-droite et finit par afficher des idées fascistes et antisémites.

Tout au long de sa vie, il effectuera d'incessants aller et retour entre ses deux métiers: journaliste et romancier. Ses reportages seront sources d'inspiration pour ses romans; à titre d'exemple : Fortune carrée qui était la version romanesque de son reportage Marché d’esclaves. Reportages, romans, contes, et nouvelles sont réalisés à partir d’une source unique: l’expérience et l'observation.

Son premier ouvrage, La Steppe rouge était un recueil de nouvelles sur la révolution bolchevique. Il publia d'autres œuvres célèbres dont Les Captifs (1926), Belle de jour (1928), l’Armée des ombres  (1943), Le Lion (1958), Les cavaliers (1967), Les Captifs, Nuits de princes, Les Cœurs purs, Belle de jour, Le Coup de grâce. En tout, près de 80 romans. Plusieurs d'entre eux furent adaptés pour le cinéma, parfois même par ses soins. Il écrivit également des scénarios originaux, et adapta le roman de Hans Hellmut Kirst La nuit des généraux (1962).

Sa seconde expérience de guerre débutera en 1939 comme correspondant de guerre. Après la défaite, il rejoignit après la défaite la Résistance, avec son neveu Maurice Druon. Ils franchirent ensemble clandestinement les Pyrénées pour rejoindre Londres et s’engager dans les Forces Françaises libres du général de Gaulle. En mai 1943, ils composèrent les paroles du « Chant des Partisans », qui allait devenir le chant de ralliement de la Résistance. En hommage aux combattants de la Résistance, il publia L’Armée des Ombres.

Il termina la guerre avec le grade de capitaine d’aviation dans une escadrille qui, la nuit, survolait la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes. Il fut décoré de la Croix de Guerre 1939-1945.

Après la guerre, il reprend son activité de grand reporter. Il assistera au Procès de Nuremberg, pour le compte de France-Soir. Il continue à voyager: en Palestine, en 1948, il reçoit le premier visa du tout nouvel État d'ISRAËL; en Afrique, en Birmanie, en Afghanistan. C’est ce dernier pays qui lui inspire son chef-d’œuvre romanesque, Les Cavaliers .

 

En 1950 paraît Le Tour du Malheur, fresque épique en quatre volumes qu'il mit vingt ans à mûrir. Il y relate de nombreux éléments de sa vie personnelle. Elle dépeint les tourments d'une époque ( la Première Guerre et l'entre-deux guerre ), des personnages sans commune mesure dans leurs excès et une analyse profonde des relations humaines.

En 1962, il est élu à l'Académie Française, au fauteuil du Duc de la Force. Il ajouta à son épée d'académicien, une étoile de David, par 14 voix contre 10 à Marcel BRION, au premier tour de scrutin. Voici un extrait de son discours prononcé à cette occasion:

« Pour remplacer le compagnon dont le nom magnifique a résonné glorieusement pendant un millénaire dans les annales de la France, dont les ancêtres grands soldats, grands seigneurs, grands dignitaires, amis des princes et des rois, ont fait partie de son histoire d’une manière éclatante, pour le remplacer, qui avez-vous désigné ? Un Russe de naissance, et juif de surcroît. Un juif d’Europe orientale… vous avez marqué, par le contraste singulier de cette succession, que les origines d’un être humain n’ont rien à faire avec le jugement que l’on doit porter sur lui. De la sorte, messieurs, vous avez donné un nouvel et puissant appui à la foi obstinée et si belle de tous ceux qui, partout, tiennent leurs regards fixés sur les lumières de la France. »

Il fut aussi fait Grand Officier de la Légion d'Honneur et Commandeur des Arts et des Lettres.

Il meurt d'une rupture d'anévrisme le 23 juillet 1979, dans le val d'Oise. Voici l'hommage rendu par François MAURIAC:

« Il est de ces êtres à qui tout excès aura été permis, et d'abord dans la témérité du soldat et du résistant, et qui aura gagné l'univers sans avoir perdu son âme. »

Un prix littéraire, la Prix Joseph KESSEL, récompense chaque année, un écrivain qui s'inscrit dans la lignée du romancier.

 

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