29/05/2014

GRÂCE-HOLLOGNE: EXPOSITION SUR LA VIE EN 14-18 A L'EGLISE DE RUY.

 

GRÂCE-HOLLOGNE : Eglise Saint-Joseph-de-Ruy

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Rue de Jemeppe • 4460 Hollogne-aux-Pierres (Grâce-Hollogne)

Samedi 31 mai et dimanche 1er juin

10H00 à 13.00 & 14.00 à 18.00

Exposition : «  Les souvenirs de 14-18 »

 

Une plaque commémorative, des vitraux riches d’histoire, un monument aux morts sur la place du village… Ces détails sont là pour ne jamais oublier. Lors de ces Journées des Eglises Ouvertes, vous (re)découvrirez l’histoire des églises et de leur paroisse durant la Première Guerre mondiale.

 

Info : Massillon Gilbert

(0475-92 40 95 - gmassillon@hotmail.com)

En partenariat avec la Commune de Grâce-Hollogne

Nous invitons les affiliés et sympathisants de la FNC à y participer.

 

 

 

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28/05/2014

CORSE: QUELQUES MONUMENTS AUX MORTS.

ILE DE CORSE:

QUELQUES MONUMENTS AUX MORTS.

Comme partout dans les autres régions de FRANCE, les localités de CORSE se distinguent, souvent, par des  Monuments aux Morts de très beel présentation.

Voici quelques exemples significatifs:

Ville de SARTENE:

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Ville de BONIFACIO:

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Ville de Saint FLORENT:

 

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Commune de NONZA:

Ici, je n'ai pas pu voir le Monument Communal.

Cependant, dans l'Eglise Sainte-Julie de ce village, est apposé un panneau commémoratif.

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Monument sur la Place de BASTIA:

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Village de BOCOGNANO:

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Commune de San ANTONINO:

Très curieusement, le Monument aux Morts ne s'élève pas sur la Place communale mais dans l'ancien enclos encerclant l'église paroissiale:

 

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Dans l'église, panneau commémoratif:

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19:28 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/05/2014

CONSEQUENCES TERRITORIALES DE LA GUERRE 14-18 POUR L'EUROPE.

CONSEQUENCES POUR L'EUROPE: L'EUROPE S'EST AFFAIBLIE ET A ETE PROFONDEMENT REMODELEE.

 

L'ALLEMAGNE est un empire et est bien plus étendue vers l'est surtout, mais aussi en ayant annexé l'Alsace-Lorraine.

 

 

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L'AUTRICHE et la HONGRIE forment, ensemble, un seul et unique état: l'Empire austro-hongrois. À l'est, la POLOGNE n'a pas d'existence. La RUSSIE est un empire dirigé par les tsars. La TURQUIE est l'Empire Ottoman.

 

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Voyons la carte de cet Empire en 1914. C'est une construction baroque, sortie du moyen-âge, qui compte dix-sept « provinces », en fait des royautés, duchés... vassaux soit de l'Autriche, soit de la Hongrie et huit nationalités ! Il y a la Cisleithanie, autour de l'Autriche mais qui s'étend en une sorte de couronne autour de la Hongrie. Les autres, autour de la Hongrie, forment la Transleithanie En plus, en Hongrie, il y a de fortes minorités roumaines et slaves.

 

La Russie est aussi un empire, autocratique, plus étendu vers l'ouest., vers la Pologne, l'Ukraine, la Finlande. L'URSS devra se retirer de la Pologne et de la Finlande.

 

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La France dispute à l'Allemagne l'Alsace-Lorraine et l'Italie dispute trois territoires à son allié l'Autriche-Hongrie. L'Autriche-Hongrie a la main-mise sur un grand nombre de peuples slaves dont l'Empire russe estime être le protecteur naturel.

Des alliances divisent l'Europe: la Triple Entente entre Royaume-Uni, France et Russie ; la Triple Alliance entre Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie. L'Italie resta neutre en 1914 puis rejoignit les Alliés en 1915.

La guerre de 14-18 aura pour résultat de bouleverser tout. Mais, c'est surtout l'Autriche-Hongrie qui en fera les frais. Ce sera sa disparition pure et simple.

La Première Guerre Mondiale a eu beaucoup de conséquences territoriales, par le Traité de Versailles en 1919.Traité très dur pour l'Allemagne et l'Autriche:

  • la France récupère l'Alsace-Lorraine, perdue en 1871.

  • la Belgique reçoit les cantons d'Eupen, Malmedy et Saint-Vith.

  • l'Allemagne devient une république et perd, en plus, toute sa partie orientale. Elle est en partie occupée et doit payer d'énormes indemnités de guerre.

  • l'Empire austro-hongrois est éclaté: l'Autriche et la Hongrie sont séparés; les autres parties de son territoire constitueront la base de nouveaux États ( souvent tout aussi artificiels ): la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Pologne (pour celle-ci, avec des territoires enlevés à l'Allemagne et à la Russie). La Hongrie sera fortement rétrécie.

  • l'Empire russe devient l'URSS, mais a perdu des territoires à l'ouest.

  • En juin 1919, les vainqueurs sauf les États-Unis créent la Société des Nations (SDN). C'est une organisation internationale permanente dont la mission est de régler pacifiquement les conflits entre pays. Son siège est à Genève. Ce sera en réalité un échec.

  • L'Europe a contracté des dettes énormes à l'égard des Etats-Unis

  • La carte de l'Europe connaîtra d'autres remodelages, à la fin des années 30 ( annexions réalisées par l'Allemagne nazie ), après 1945 ( Traité de Yalta), dans les années 90 ( scission de la Tchécoslovaquie, éclatement de la Yougoslavie, éclatement de l'URSS ).

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Conséquences pour la Belgique : L'annexion des cantons de l'Est.

Contrairement à l'Alsace et à la Lorraine pour la France, on peut difficilement dire que ces cantons ont été « rendus » à la Belgique puisqu'ils n'en avaient jamais fait partie. Malmedy avait fait partie du département de l'Ourte sous période française et, auparavant, de la Principauté de Stavelot-Malmedy.

Au départ, les « trois » cantons n'étaient que deux ! Leur cas était d'ailleurs assez disparate: le canton de Malmedy comprenait aussi les communes germanophones du futur canton de Saint-Vith. Début des années 1920, ces communes germanophones furent retirées pour constituer le canton de Saint-Vith. Sur le plan linguistique, le nouveau canton de Malmedy était majoritairement francophone; dans le canton de Saint-Vith, la langue courante était proche du dialecte luxembourgeois ; dans le canton d'Eupen, il était plus proche de l'Allemand bien que dans certaines communes, le patois était proche du patois limbourgeois.

 

 

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De 1921 à 1925, l'imposante église abbatiale de Malmedy devient le siège d'un éphémère diocèse d'Eupen-Malmedy, ce qui justifie son titre de "cathédrale" qu'elle conserve depuis.

Après le passage à la Belgique, une polémique opposa l'évêque de Cologne dont dépendaient Eupen et Malmedy au pape. L'évêque de Cologne protestait contre la perte de ces territoires pour son diocèse.

Pour résoudre la question, on créa le « Diocèse de Malmedy-Eupen-Saint-Vith », avec son siège à Malmedy. Diocèse confié à l'évêque de Liège. Cet évêché fut absorbé par celui de Liège en 1925.

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La Belgique obtint l’annexion des cantons de l’Est à condition qu’il y ait une « consultation populaire ». En fait, la consultation fut assez curieuse. Ce ne fut nullement un référendum. Cette « consultation » fut organisée du 26 janvier au 23 juillet 1920, comme simple possibilité de protestation contre la décision des Alliés.

Seuls 271 électeurs sur 33726 protestèrent en signant dans un registre ouvert à Eupen et à Malmedy. En septembre 1920, la Société des Nations (SDN) ratifia ce résultat malgré les protestations allemandes.

Dès septembre 1919, la Belgique avait établi un régime provisoire pour « faciliter l’intégration des frères retrouvés ». Le gouverneur Herman Baltia, ancien militaire colonial, prit ses fonctions le 10 janvier 1920 et exerça son pouvoir absolu jusqu’en mars 1925. Durant cette période, la presse locale fut censurée et les habitants n’avaient pas le droit de vote aux législatives.

À l'époque on ne les appelait pas encore « cantons de l'Est », ni « cantons rédimés », expression péjorative puisque « rédimer » signifie « racheter les pécheurs». Suite aux protestations des mandataires locaux cette appellation a été gommée du vocabulaire politique officiel belge.

Ces cantons furent intégrés en 1925. Le territoire neutre de Moresnet, qui jouissait d'un statut d'indivision original, ne fut pas concerné par cette phase transitoire mais intégré à la Belgique dès janvier 1920. Il y eut de nouvelles contestations en 1925. Sous la pression française, on n'en tint pas compte car la France craignait une identique remise en cause pour l'Alsace-Lorrraine.

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21/05/2014

Lucien CHRISTOPHE: ECRIVAIN-COMBATTANT.

 

 

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LUCIEN CHRISTOPHE

Né à VERVIERS, le 1° mars 1891

Décédé à BOITSfort le

Né le 1er mars 1891 à VERVIERS dans une famille catholique de la bourgeoisie moyenne, son père est commissionnaire en draperie. Il étudie donc, naturellement, au collège des Jésuites.

VERVIERS est, à l’époque, une ville consacrée à la laine et au textile. Son père, y étant bien introduit, n'a qu'un objectif, que ses fils entrent dans cette carrière. Après un passage chez les Jésuites, il est envoyé en Allemagne avec son frère pour apprendre la langue du pays et aussi, pour les mêmes raisons, en Angleterre. Il se perfectionna certes dans les langues mais pas dans le commerce. Il se perfectionna surtout dans la littérature étrangère mais guère dans les affaires. Il rentra sans aucun goût pour celles-ci.

En revanche, il y prit goût à la littérature. Dès 1907, on le retrouve dans diverses revues régionales, « Le Réveil wallon », « Verviers-Chronique », et même françaises (« La Phalange »). Il écrit aussi dans « Le Farfadet », « Le Masque » et « Le Thyrse ». En 1912, il fonde une revue, « Flamberge », à laquelle collaboreront Tristan DERÊME, Guillaume APOLLINAIRE et Georges DUHAMEL. Ces noms situent le niveau de reconnaissance dont il bénéficiait déjà, si jeune. En 1913, il publie son premier recueil de vers, « Les Jeux et la flamme ». Le jeune écrivain y déploie une verve naturiste empreinte d'un grand amour de la vie.

A la déclaration de guerre,Lucien CHRISTOPHE et son frère aîné, Léon, rejoignent les PAYS-BAS à pieds, puis, via la côte, s’enrôlent comme volontaires dans l’armée belge qui se trouve à ce moment derrière la LYS. A ce moment, c'est encore assez facile mais, en 1915, les Allemands établirent une clôture électrifiée tout le long de la frontière hollandaise. Un véritable rideau de fer avant la lettre.

Il connaîtra les tranchées de l'YSER et finira sous-lieutenant au 3e Chasseurs à Pied. On lui décernera l’ordre de Léopold sur le champ de bataille.

Sur le front, il continue d'écrire des poèmes. En 1917,« La Rose à la lance nouée », une méditation sur l'amour déçu, est un un recueil intimiste où apparaît la maturité de l'homme plongé dans les souffrances des combats. En juin 1918, avec Marcel PAQUOT, Georges ANTOINE et Louis BOUMAL, il fonde « Les Cahiers du front ».

Un premier coup dur l’attend: son frère, Léon, meurt en septembre 1918 lors des combats de la forêt d’HOUTHULST. Un peu plus tard, ce sera la mort, frappé par la grippe espagnole, de Louis BOUMAL. Il consacra beaucoup d'efforts à la défense de la mémoire de ce poète. Il contribuera à l'édition, posthume, de ses oeuvres, une heureuse opposition à la tentative de récupération menée par Léon DEGRELLE.

Sur le plan humain et littéraire, la 1° Guerre le marque profondément, au point d’inspirer à Maurice GAUCHEZ cet éloge dithyrambique: « M. Lucien Christophe est notre Héros, notre Saint, notre Apôtre. ».

Marcel THIRY sera plus prosaïque, plus humain mais peut-être plus proche de la vérité: « La guerre a fait son œuvre ; elle a tué le poète tendre ; ... ».

Au sortir de la guerre, on le retrouve, brièvement, comme journaliste. Il collabore à deux journaux, aujourd'hui disparus, «  La Gazette » et « L'Indépendance belge ». Ce journal, créé en 1843 parut jusqu'au 13 mai 1940. Durant la 1° Guerre, il continua à paraître en France puis en Grande-Bretagne. Il fit l’objet de tentatives de rénovation dans les années 1920 et 1930. Mais, à la longue, elles furent inopérantes.

Ecrivain-combattant,il voulut laisser son témoignage. « Aux Lueurs du brasier. » parut en 1921. Il fut réédité en 1930 et en 1965. Il reçut pour lui le Grand Prix de la province du Brabant en 1921 et le Prix décennal Carton de Wiart en 1926. C'est un essai autobiographique contant les aventures d'un jeune soldat, que l'auteur écrit dans une intention patriotique pour rendre hommage à la Belgique combattante. C'est un témoignage important sur la vie quotidienne pendant la 1° Guerre.

Dans les vingt années suivantes, il ne fait paraître qu'un seul livre, en 1934, « Le Pilier d'airain. » : un ensemble de poèmes qui se veut une réminiscence des compagnons morts sous le feu de l'ennemi tout autant qu'une réflexion philosophique, curieusement prémonitoire. La montée des fascismes et du nazisme en Europe à ce moment a sans doute inspiré à l'auteur ces vers amers, classiques de forme, à la portée volontairement spirituelle.

Impressionné par le discours dédié à la mémoire d’Albert GIRAUD, en 1920 Jules DESTREE le repère et l’intègre à son Ministère des Sciences et des Arts. Il entame ainsi une nouvelle carrière, aux Beaux-Arts et Lettres, dont il deviendra Directeur Général après la seconde guerre mondiale.

Il occupera d'autres fonctions importantes: délégué de l'État dans les commissions de plusieurs musées, dont celui de MARIEMONT ; dispensateur de bourses littéraires, expert dans de nombreux jury, membre de l’Académie Picard (1920) et de l’Académie de Langue et de Littérature françaises (1945), cofondateur des Archives et Musée de la Littérature (1958 ). Il prend une retraite active comme conservateur du musée Constantin MEUNIER.

 

Lucien CHRISTOPHE consacre, à Charles PEGUY, dès 1942 un ouvrage où se mêlent vers et prose. On y retrouve le message moral qui sous-tendait « Le Pilier d'airain » : la réaction contre la médiocrité grandissante de la société. L'Ode à Péguy et L'Appel du héros est un poème en l'honneur de l'écrivain français, ainsi qu'une évocation de sa vie. En 1963 et 1964, il publiera « Le jeune homme Péguy. » puis « De la source au fleuve (1897-1905) » et « Les grandes heures de Charles Péguy. Du fleuve à la mer (1905-1914) ». Il dira:

« Péguy ne m’a pas appris à écrire, ni à penser en vue d’écrire, mais à agir et à vivre.". Il n'est pas inutile dec rappeler que PEGUY fut un écrivain-combattant victime de la 1°Guerre.

Trois prix couronneront son travail sur PEGUY: le Prix Triennal de poésie pour L’Ode à Péguy en 1945,le prix Scriptores Catholici pour Le Jeune Péguy en 1963, ainsi qu’en 1967, le Prix Quinquennal de l’essai pour Le Jeune Péguy et Les Grandes Heures de Charles Péguy.

Ces essais dessinent une vision pénétrante de son apport aux lettres françaises. On le considère comme l'un des meilleurs critiques d'art belges de son époque.

Lucien CHRISTOPHE demeure attaché à l’Église. Il estime qu'elle est un ciment des mœurs et de la société. Ce respect pour les valeurs religieuses et parentales s’allie chez lui à un grand attachement au terroir et à la culture francophone. Malgré cela, il n'a jamais jugé nécessaire de faire étalage de cette foi dans ses écrits. «  Il n'irrigue pas ses écrit de sa foi », pour rapporter une phrase lue dans un article à son sujet. Il fut élu à l'Académie royale de langue et de littérature françaises le 22 décembre 1945. Il succéda à Albert MOCKEL. Il collabore à de nombreux journaux et périodiques : « Le Flambeau », « Le Soir », « La Revue belge », la « Revue générale », « L'Étoile belge » et « La Gazette ».

Il décède à BOITSFORT le 10 septembre 1975.

 

17:30 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/05/2014

GUERRE DE 14-18: L'OCCUPANT SE SOUCIE DES POMMES DE TERRE.

AFFICHE DECOUVERTE A BRUGES, AU MUSEE DE LA FRITE:

 

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La traduction est surprenante:

" La destruction des fanes de pommes de terre par le feu ou par tout autre moyen est strictement interdit"

Jusque là, rien de surprenant, dira-t-on. En ce qui concerne la destruction par le feu, les mêmes interdictions sont de mise aujourd'hui;

Mais, voici la suite:

" Ce feuillage est tout indiqué pour l'usage comme paillage ou comme couverture des réserves de pommes de terre, etc ...."

Etait-ce nécessaire qu'un officier du grade de Commandant de l'Armée allemande se soucie de cela !

 

07/05/2014

LONDRES: MEMORIAL DU BRITISH MUSEUM.

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Le Mémorial est, comme la plupart du temps chez nous, consacré aux victimes des deux guerres.

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06/05/2014

MARC BLOCH: UN HISTORIEN, TEMOIN DE LA GUERRE 14-18, DE L'ENTRE-DEUX-GUERRES et RESISTANT DE LA SECONDE.

 

 

BLOCH Marc

 

 

 

Né à LYON le 6 juillet 1886

 

 

 

Mort sous les balles allemandes le 16 juin 1944 à SAINT-DIDIER-de-FORMANS

 

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L'un des plus importants historiens du 20° siècle dont la carrière fut brisée net à 57 ans.

Marc Bloch a été acteur. Il a combattu dans les deux guerres et a joué un rôle important dans la Résistance.

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Marc BLOCH est né le 6 juillet 1886 à LYON dans une famille intellectuelle. Son père y occupait, à la Faculté des Lettres, une chaire d'histoire et d'antiquités gréco-romaines. Il appartenait, du côté paternel, à une famille juive originaire d'Alsace. Sa famille fut ce que l'on appela, après 1871, une famille d'optants. C'est-à-dire ayant choisi de conserver la nationalité française et donc de quitter les départements devenus allemands en 1871 avant le 1° octobre1872. Les optants furent environ 100000 sur 1597000 personnes concernées. On est loin du flux d'émigrés que l'on cite parfois.
Il se définit comme un juif laïc. Il conteste d'ailleurs la notion de judaïté. Il conteste toute spécificité juive. Il ne se revendiquera comme juif que lorsqu'il se trouvera en face d'antisémites. Voir ci parès un txet de sa part:
 « Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte, étant, je l'espère, assez bon historien pour n'ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité....

...Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite. »

On sait très peu de choses sur son enfance et son adolescence, les documents et les témoignages étant rares. On peut cependant dire qu'elle fut heureuse selon ses propres mots ( " Je mentirais en disant que je ne regrette pas la vie ; je serais injuste envers vous qui me l'avez faite si douce". ) Mots écrits en 1915, au front, à l'intention de ses parents dans un « Testament ». L'historien et le savant sont mondialement connus. Il n'en est pas de même de sa vie. Cette vie est courte et exceptionnelle.
Après des études secondaires, au lycée Louis-le-Grand à PARIS, il entre, en 1904, à l'École Normale supérieure. Il en sortira agrégé d'histoire en 1908. Entre 1908 et 1914, il poursuit sa carrière universitaire: plusieurs séjours dans les Universités à BERLIN et LEIPZIG pour se familiariser les méthodes de l'école historique allemande, très en avance à l'époque; publication de ses premiers articles d'histoire médiévale; pensionnaire de la Fondation THIERS et de 1912 à 1914 et professeur d'histoire et de géographie aux lycées de MONTPELLIER et d'AMIENS.
Né fin du dix neuvième siècle, il a vécu la grande guerre avec son cortège de souffrances et d'horreurs que la majorité d'entre eux ont faite. Comme ses contemporains, il a été marqué physiquement et moralement. Il est mobilisé en août 1914 aux premiers jours du conflit comme sergent d'infanterie. Il est démobilisé en 1919 au grade de capitaine après avoir été cité quatre fois à l'ordre de l'armée et avoir reçu la croix de guerre. Il se marie le 23 juillet de cette même année. Le ménage aura six enfants.
Cette même année, il reprend sa carrière universitaire. Il est chargé de cours d'histoire du Moyen Age à la faculté de STRASBOURG. Belle revanche sur l'histoire pour un fils d'une famille d'optants ! Il y devient professeur sans chaire en 1921, puis professeur d'histoire du Moyen Age en 1927. Il y reste jusqu'en 1936 où il a accompli l'essentiel de son oeuvre d'enseignant et de chercheur. En 1929, il fonde les Annales d'histoire économique et sociale.
En 1936, il est nommé maître de conférence à la Sorbonne et professeur en 1936. En 1920, il y avait déjà soutenu sa thèse de doctorat d'État, «  Rois et Serfs, un chapitre d'histoire capétienne ».
Le 24 août 1939, malgré son âge ( 53 ans ), une famille nombreuse et une polyarthrite qui le dispensaient des obligations militaires, il est mobilisé, sur sa demande, comme capitaine d'état-major. Il se déclarait « le plus vieux capitaine de l’armée française », grade auquel il était resté depuis 1918. A la fin de la bataille des Flandres il rallie Dunkerque pour ne pas se rendre. Il passe en Angleterre, rentre à Cherbourg où il contribue au regroupement de l'armée du Nord. Après l'armistice, le 2 juillet 1940, il passe en zone «  libre », déguisé en civil.
Il est d'abord exclu de la fonction publique, comme juif, par les décrets de Vichy d'octobre 1940. Peu après il est relevé de sa déchéance » « pour services scientifiques exceptionnels rendus à la France » et détaché à l'université de Strasbourg repliée à Clermont- Ferrand. En 1941,la santé de sa épouse exigeant un séjour dans le Midi, il est affecté à l'Université de Montpellier. Il est en butte à l'hostilité du doyen de la faculté des lettres, antisémite déclaré. Après le débarquement des Américains en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre par les troupes allemandes, il est contraint de se réfugier à Fougères dans la Creuse où il possède une maison de campagne.
A CLERMONT-FERRAND, il avait pris contact avec les premiers groupes de Résistance. A MONTPELLIER, il adhère au réseau « Combat » et contribue à organiser le mouvement clandestin sur le plan régional. En 1943, il passe dans la clandestinité dans le mouvement « Franc-Tireur » et regagne Lyon. Il est membre du Directoire régional des mouvements unis de résistance. Sous les pseudonymes de « Chevreuse », puis « Arpajon » et « Narbonne », il constitue les comités de la libération de la région et met en place le dispositif de l'insurrection pour les dix départements dépendant de LYON. Son nom est fréquemment associé à la Résistance.
Le 8 mars 1944, il est arrêté et torturé par la Gestapo. On lui brise le poignet, on lui défonce les côtes et on le soumet au supplice du bain glacé. Il est ramené, dans le coma, à la prison de MONTLUC. Le 16 juin 1944, on le fait monter dans un camion avec d'autres détenus dont un jeune garçon de dix-sept ans qui pleure. Marc BLOCH le réconforte: « Ils vont nous fusiller, n'aie pas peur, ils ne nous feront pas mal... Cela ira vite. » A SAINT-DIDIER-DE-FORMANS, le camion s'arrête au bord d'un champ. Il est fusillé le premier. En tombant, il crie: « Vive la France. ».

Sa femme est morte le 2 juillet 1944 à LYON, à l'âge de 50 ans, sans doute dans l'ignorance de la mort de son mari.

 

Il aura vécu le naufrage de la III° république. Il a étudié cet événement, de façon scientifique, comme historien et en a tiré un livre «  L'Etrange Défaite » écrit de juillet à septembre 1940. Ce livre, destiné à n'être publié que dans une France libérée, parut en 1946 par les soins du mouvement « Franc-Tireur ». Dans cet ouvrage, il accrédite l'idée que l'échec de l'armée française, en 1940, est imputable aux plus hauts niveaux de commandements, autant à l'égard de la préparation qu'à celui des combats. Il ouvre la question de savoir dans quelle mesure les élites n'ont pas préféré une victoire du nazisme face aux montées du communisme. Ce livre devait s'appeler " Témoignage ", mais la publication d'un ouvrage portant le même titre a contraint l'adoption d'un autre nom.
« « Franc-Tireur» fut fondé à Lyon en novembre 1940 sous le nom « France Liberté », rebaptisé « Franc-Tireur » en décembre 1941. Ce fut aussi le nom du journal clandestin du mouvement.
Marc BLOCH a aidé la discipline historique en France à se renouveler en profondeur, grâce, notamment, à l'intérêt pour les phénomènes de mentalités, d'anthropologie, de société et d'économie. Il est l'auteur des « Rois thaumaturges » (1924), des « Caractères originaux de l'histoirerurale française » (1931), de « La Société féodale » (1939-1940), de  l'Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien » (publication posthume en 1949).