09/11/2013

COMMEMORATION DE L'ARMISTICE 2013: discours

 

Commémoration de l'Armistice :

Discours prononcé par Pierre BEAUJEAN, Président de l'Oeuvre des Postiers Liégeois.

Certaines dates ont une importance capitale et sont le ciment de la nation. Ainsi en est-il du 11 novembre 1918.

Tous les témoins directs étant disparus, le devoir de mémoire consiste à rappeler au plus grand nombre et surtout aux jeunes générations ce que furent ces quatre années de combats. On doit se souvenir et honorer la mémoire des anciens et aussi manifester une volonté de paix.

Lors du déclenchement de la guerre, dans chaque camp, tous étaient convaincus que l’écrasement de l’adversaire n’était qu’une question de semaines et que, bientôt, triompherait le bon droit que chacun voyait de son côté. C’est presque la fleur au fusil, qu’en cet été 1914, sous les vivats de la foule, les hommes partirent à la guerre. Mais le conflit devint mondial, la guerre s’enlisa 52 mois et mobilisa 66 millions de soldats issus de toutes les parties du monde. Pour la première fois de leur histoire, les Etats-Unis intervinrent en dehors de leur continent.

 

Chacun connaît la réalité. Ou croit la connaître. Seuls ceux qui l'ont vécue en ont vraiment connu l'atrocité. Aucun mot n'est assez fort pour décrire la monstruosité du champ de bataille, l’interminable attente dans les tranchées, avec la peur au ventre avant de se lancer à l’assaut des lignes ennemies. Laissons la parole au poète français Louis KREMER qui, à l'été 1915, trois ans avant d'être tué, décrivait, dans une lettre l’horreur qui l’entourait :

« Les cadavres raidis, les cadavres aux mains crispées, aux yeux vitreux, couverts de linges sanglants, d’insectes voraces, assiégés par un remous de vers et de mouches. L’épouvante des hommes frissonnants, sursautant aux vacarmes et aux chocs, terrés au plus profond de leurs abris ou s’efforçant au courage sous la grêle des obus ». Il rendait à cette guerre ce qu'elle fut : une plaie béante dans l'âme occidentale, aussi incompréhensible que le mal dans sa forme absolue.

 

Le 11 novembre 1918 à 11H00, les clairons sonnaient le « cessez le feu ». Mais les leçons de l’histoire ne sont jamais comprises. La mémoire reste fragile. Les promesses faites en fin de conflit sont rarement tenues. Le « plus jamais ça » des combattants de 14-18 n’aura pas duré longtemps. En 1933 s'amoncelaient les premiers nuages, l'espoir de paix s'effondrait avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Et en 1940, tout recommençait.

 

Ayons bien à l’esprit, que les conflits, aujourd’hui, comme hier, ont toujours pour origine ou pour but la domination de l’autre pour s’accaparer ses richesses. La soif de pouvoir aveugle trop souvent les hommes au point de voir les mêmes erreurs se répéter. On oublie trop facilement le peuple qui subit et souffre et qui ne demande pourtant qu’à vivre en paix et en harmonie avec ses voisins.

 

Les combattants de 14/18, ceux de 40/45 n’ont pas laissé faire. C’est ce courage qu’il faut saluer et mettre en avant au moment ou notre société se délite, où le repli sur soi et le communautarisme semblent tout gangrener.La cohésion nationale est essentielle. Malgré les difficultés, le maintien de la solidarité nationale doit être prioritaire. Cela implique l’effort de chacun. Ennemies de la paix sont ces tensions que fait surgir la crise quand le lien fraternel se dissout sous le poids des difficultés économiques. Ennemis de la paix sont la méfiance et le ressentiment qui peuvent alors surgir entre les peuples.

 

La guerre de 14/18 nous a appris beaucoup de choses qui auraient dû rester gravées dans la mémoire collective. Les enjeux, aujourd’hui, sont énormes. Il est question de la survie de l’humanité, de la survie de nos enfants et de petits enfants. C’est à cette question qu'il faut répondre en prenant appui sur l’histoire. C’est le meilleur hommage que l'on pourrait rendre aux combattants de 14/18. Il ne faudrait pas que l’on oublie pas le milliard - dont 820 millions dans les pays en voie de développement - de personnes qui sont sous-alimentées et qui disposent de moins de 190 calories par jour. Les richesses énergétiques et alimentaires de notre planète sont limitées, tout le monde le sait. Là, aussi le partage ou le libre accès plutôt que la domination devrait être la voie de la sagesse.

 

 

 

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