23/07/2013

AWANS, le 21 juillet 2013: Discours au Monument aux Morts.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Au nom de la FNC, je tiens à vous remercier de votre présence devant ce monument aux morts. Monument que, plusieurs fois par an, avec la même ferveur, nous honorons, perpétuant ainsi le devoir de mémoire. J'y associe les sections FNC de VILLERS et d' OTHEE.

 

Fleurir ce monument le jour de la Fête nationale n'est pas un geste anodin. Par là nous montrons notre attachement aux valeurs fondatrices de la nation, notre volonté de transmettre ces valeurs pour aborder avec confiance et sérénité les temps qui nous attendent.

 

Il n'est pas vain de s'interroger sur l'historique et la symbolique de ce monument qui fait partie de l'histoire du village.

 

Après la Première Guerre, villes et villages se sont dotés de monuments aux morts. Ils témoignent de la volonté de conserver la mémoire de la guerre. Mourir à la guerre est un sacrifice qui mérite le recueillement. Mais il s'agit aussi de faire passer un message, d'inviter la population au même dépassement de soi que les combattants dans la vie civique, dans la vie courante. La guerre a bousculé les esprits, le cadre de vie quotidien. Le départ des soldats pour le front, leur absence durant quatre ans, la déportation de travailleurs, l’intrusion des ennemis dans l'administration ont fortement fragilisé les communautés villageoises. On comptait aussi 50000 morts et 50000 mutilés.

 

Après 1918, le bilan du conflit est donc catastrophique. On peut dès lors comprendre que la priorité allait à la reconstruction. C'est ainsi qu'apparurent d'abord les plaques commémoratives. La Province de Liège en prit l'initiative: elles furent dessinées selon les instructions du Gouverneur. Des directives furent données quant à leur emplacement. Les élus locaux furent priés de les placer sur le mur extérieur de la maison communale.

 

Quelques années plus tard, quand la situation financière le permit, on vit s'élever les véritables monuments, installés dans un endroit de passage, souvent sur la Place Communale. Leur but est d'attirer l'attention, d'interpeller par une symbolique. Les plaques commémoratives, tout en sobriété, se limitaient à citer les noms des malheureuses victimes, sans autre ordre de préséance que l'ordre alphabétique. Les monuments, eux, exprimèrent aussi la façon dont la communauté avait vécu les événements et surtout dont elle les interprétait. C'était aussi une façon pour les communautés d'affirmer leur existence et leur survie: la collectivité peut revivre. Le Monument était donc aussi un symbole d'une reconstruction réussie, du redressement réalisé.

 

Parlant de la symbolique des Monuments aux Morts, méditer sur la symbolique de notre Monument local n'est pas vain. On peut le classer parmi les monuments pacifistes. Il n'est en effet porteur d'aucun symbole guerrier, d'aucun signe triomphaliste: sur la pierre sont gravées, entrelacées, une branche de laurier, une couronne et une croix. L'inscription porte simplement « AWANS, à ses enfants morts pour la patrie ». Les initiateurs ont voulu conjuguer solennité, recueillement et sobriété. La statue des deux enfants en bronze est porteuse d'un message. Elle fait penser à ces mots de l'écrivain liégeois Georges LINZE: « Ne nous a-t-on pas bombardés, nous, les enfants ? Des flammes infernales n'ont-elles pas bondi vers nous, vers notre chair sacrée ? Je crois bien que nous nous battons toujours contre elles... ». L' adolescent tenant l'enfant plus jeune par la main est déjà (nous sommes en 1928!) un appel au devoir de mémoire.

 

Certains s'interrogent sur la raison d'être des sections FNC alors qu'il ne reste quasi plus de combattants. Une de nos motivations est de maintenir vivace ce devoir de mémoire, de maintenir l'initiative populaire à la base des manifestations patriotiques. Une manifestation patriotique sans relais dans la population manque de saveur. Hélas, nous commençons à manquer de bras. Et on peut craindre pour l'avenir. C'est pourquoi je profite de l'occasion pour lancer un appel à la relève.

Pierre BEAUJEAN,

Secrétaire-Trésorier de la section FNC "AWANS-BIERSET"

 

monument aux morts,combattants,fnc,awans,guerre,1914,victimes,patrie,sobrété,recueillement,fête nationale.

 

Quelques remarques:

1. On a fait remarquer que la liste des victimes ne figurait pas selon l'ordre alphabétique. C'est exact, en tout cas pour ce qui concerne la liste de la Première Guerre. Cette prescription a été respectée pour la plaque commémorative figurant à la façade de l'Ecole Communale ( Ancienne Administration Communale" ). Ce qui a été prévu pour le monument aux morts, c'est de classer selon la date de décès. Ce qui a petmis d'ajouter les nom de Valentin DENIS, rentré invalide et décédé après la guerre et de Balnce D'ANS, victime civile, tuée après la déclaration de l'Armistice.

2. Le Monument a été inauguré en 1928. "Seulement en 1928", pourrait-on penser ! En fait, la plupart des Monuments aux Morts ont été érigé entre 1925 et 1930. La Commune d'AWANS fait donc partie de la moyenne générale: on n'a pas été des précurseurs mais on ne figure pas non plus parmi les traîneurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.