28/02/2013

LIEGE: LES VANDALES ONT ENCORE FRAPPE !

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Voilà le triste spectacle que nous ont laissé des vandales à l'église Sainte-Foy, dans le quartier de Saint-Léonard.

Le Bourgmestre, Willy DEMEYER, signale qu'il envisage de remplacer ces plaques par des copies en résine, donc nettement moins intéressantes pour les revendeurs de vieux métaux.

VITRAUX COMMEMORATIFS: APPEL LANCE.

Je répercute un appel qui m'est fait par des chercheurs.
 
Ce travail me semble très intéressant.
 
Si vous connaissez de tels vitraux ( dans des églisqes ou des bâtiments publics ), photgraphiez-les et transmettez-les ( avec un maximum de renseignements )
 
à
 
vitrailcommemoratif@gmail.com
 
"Bonjour Monsieur,
 
Peut-être pourrez-vous nous aider dans nos recherches.
Mme Isabelle Lecocq, spécialiste du vitrail et chef de travaux à l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), et moi-même, doctorant en Histoire de l'art à l'Université de Liège, travaillons à une étude portant sur les vitraux situés en Wallonie, y compris la Communauté germanophone, commémorant ou évoquant, d’une façon ou d’une autre, des évènements de 1914-1918 et/ou 1940-1945. Nous espérons pouvoir la publier dans le courant de 2014.

Ces vitraux sont le plus souvent placés dans des bâtiments religieux, mais on en trouve aussi dans des édifices civils (maisons communales, instituts d’enseignement, etc.), voire privés. Ils peuvent dans certains cas être intégrés à des « monuments aux morts », sous forme de vitrail classique ou de dalle de verre.

Ils peuvent rendre hommage, par leur représentation (explicite ou implicite, par exemple par une Jeanne d’Arc) ou simplement par une inscription, à des victimes militaires ou civiles, des rescapés, des organisations de résistance, etc. Ils peuvent aussi exprimer un sentiment de gratitude pour une protection reçue lors de la guerre (ex-voto) ou encore demander cette protection lors de temps incertains (entre-deux-guerres et début de la Seconde Guerre). L’éventail est très large.

Nous espérons en retrouver le plus grand nombre possible. Nous avons déjà identifié une centaine d’édifices contenant un ou plusieurs vitraux commémoratifs, mais nous sommes convaincus qu’il doit y en avoir beaucoup d’autres. Nous voudrions n’oublier ni négliger aucune commune, aucun village dans cette recherche.

À cette fin, nous souhaitons faire appel aux divers cercles d’histoire locale et aux membres des organisations patriotiques afin, d’une part, de compléter notre liste des vitraux commémoratifs, et d’autre part d’obtenir des informations sur la réalisation de ces vitraux (date, auteur, contexte…) et sur les personnes auxquelles ils sont dédiés. Nous nous permettons donc de nous adresser à vous et, par vous, aux membres de votre association, pour vous poser ces questions :

Y a-t-il dans l'entité d'Awans ou dans les régions voisines des vitraux commémoratifs comme décrits ci-dessus ? Disposez-vous de renseignements à leur sujet ? Y a-t-il éventuellement eu l’une ou l’autre publication les concernant ? Peut-être pourriez-vous aussi nous orienter vers des personnes susceptibles de nous aider à cet égard.

Votre collaboration sera précieuse pour notre projet, et nous vous en remercions d'avance. Nous espérons ainsi pouvoir n’oublier ni négliger aucune partie de la Wallonie dans cette étude.

 

Bien à vous,

Yves Dubois""

19/02/2013

CIMETIERE DE BOIS-DE-BREUX: MEMORIAL, PELOUSE D'HONNEUR, MONUMENTS DIVERS.

VILLE DE LIEGE:

QUARTIER DE BOIS-DE-BREUX:

CIMETIERE DE BOIS-DE-BREUX.

Deux mots:

* Le quartier de Bois-de-Breux, constituait une section de l'ancienne commune de GRIVEGNEE.

* Le cimetière se trouve Rue Servais Malaise. Contrairement à ce que j'ai vu écrit, il ne s'agit pas d'un "ancien cimetière", ce qui pourrait laisser croire qu'il s'agit d'un cimetière abandonné. 

Un Monument aux Morts dédié aux Combattants du quartier a été érigé après la guerre de 14-18. Il est entouré d'une pelouse d'honneur.

Voici une vue de ce Monument, visible dès l'entrée auy cimetière. Il est situé dans le fond du cimetière.

 

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Le voici, de près:

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Sur le haut de la face avant, la figure du Roi ALBERT I°, en médaillon.

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Le Monument est surmonté d'une sculpture ( vase d'où s'échappe une flamme ). Sur le rebord de ce vase, un caractère religieux: la croix.

 

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Ce Monument est au centre d'une pelouse d'honneur. Sur la gauche et à l'arrière, les stèles des Combattants de 40-45:

 

 

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Des stèles en réserve:

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Sur le côté droit, les stèles des Comabttants de 14-18:

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Modèle de plaque commémorative de combattant de 14-18:

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Idem pour les Comabattants de 40-45:

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Le motif est identique.

Quelques souvenirs glanés dans le cimetière:

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Manifestement, certains combattants qui n'ont pas été inhumés dans la Pelouse d'Honneur, ont eu droit, sur leur tombe, à la même plaque.

 

 

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On trouve aussi ce modèle de plaque offerte par la section de Bois-de-Breux de la F.N.C. ( Fédération nationale des Combattants ).

Jadis, il existait donc une section de la F.N.C. distincte de la section de Grivegnée.

 Sic transit...

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15/02/2013

CIMETIERE DE SCLESSIN: QUELQUES MEMORIAUX PRIVES.

Comme d'habitude, lorsque nous visitons un cimetière pour photographier le Mémorial officiel, nous en profitons pour effectuer une petite visite du cimetière.

Au hasard de la découverte, quelques photos de tombes privées sont réalisées. C'est purement du hasard, personne n'est privilégié.

Ci-dessous, la tombe du caporal Marcel TAVERNIERS, mort au combat le 10 mai 1940:

 

 

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Celle des deux frères René et Marcel DEMOULIN:

 

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René DEMOULIN était Major aviateur et Marcel DEMOULIN, résistant armé.

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Une photo plus ancienne incrustée sur une stèle ( sans doute soldat de 14-18 ):

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14/02/2013

DRAPEAU DE LA FNC DE SERAING.

Le drapeau de l'ancienne section FNC de SERAING

placé, bien en évidence, au Musée du WHITE BISON

à l'ancienne Base Militaire de BIERSET:

 

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19:06 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fnc, combattants, seraing, bierset, 1914 |  Facebook |

07/02/2013

CIMETIERE DE SCLESSIN: MONUMENT AUX MORTS.

CIMETIERE DE SCLESSIN:

ANCIENNEMENT SECTION DE LA COMMUNE DE OUGREE:

DEPUIS 1976, SECTION DE LA VILLE DE LIEGE.

 

Le cimetière de SCLESSIN est situé Rue du Perron.

Jusqu'à la fusion des communes en 1976, SCLESSIN était une section de la commune de OUGREE, OUGREE étant situé sur la rive droite de la Meuse et SCLESSIN, sur la rive gauche.

En fait, SCLESSIN menait une vie relativement autonome par rapport à OUGREE à tel point que, jusqu'au tournant des années 1970, il possédait un bureau de poste distributeur indépendant.

Pour rappel, SCLESSIN est la quartier de naissance de Paul BRUSSON.

Le Monument au Morts est situé dans la partie ancienne du cimetière, au centre d'une petite place circulaire.

Voici ce monument tel qu'il apparaît dès l'entrée au cimetière:

 

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Et, vu du haut du cimetière:

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Et vu de l'allée centrale, en s'en approchant:

 

 

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Comme indiqué en haut de la colonne il fut érigé en l'honneur des combattants de 1914-1918:

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Une plaque métallique ajoutée après la seconde guerre est dédiée aux combattants des deux guerres:

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Au dos du monument, est gravé, sur la pierre de taille, la dédicace de la commune de OUGREE:

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Au dos également, une plaque métallique, don de section "OUGREE-SCLESSIN" de la FNC ("FEDERATION NATIONALE DES COMBATTANTS"), primitivement dédiée aux combattants dee 1914-1918, mais avec un ajout "1940-1945":

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La base est constituée de pierres tomballes malheureusement devenues peu lisibles:

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Installées sur la base, trois plaques métalliques, don de la Police d'OUGREE:

A noter, que les donateurs ont fait mentionner "OUGREE-SCLESSIN"

La première dédiée aux habitants de SCLESSIN, victimes de la seconde guerre:

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La seconde pour un membre du corps de police, LOISSEAU Marcel:

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La troisième, sur la droite,en mémoire de CABO Guillaume:

( Il s'agit de deux prisonniers politiques ):

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Comme en témoigne ce bouquet tout frais, malgré l'éloignement dans le temps, on n'oublie pas:

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19:02 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/02/2013

ALAIN: PHILOSOPHE PACIFISTE, VOLONTAIRE DE GUERRE ET TEMOIN ENGAGE.

  ALAIN,

pseudonyme de Emile-auguste CHARTIER.

Né le 3 mars 1868, décédé le 2 juin 1951.

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Emile-Auguste CHARTIER, dit ALAIN, a fasciné des générations d’étudiants en Humanités. Sa vie et son œuvre fournissent des clés existentielles et montrent comment assumer avec joie la condition humaine. André MAUROIS, un de ses anciens élèves, dira avoir pris conscience grâce à lui « qu'il était possible d’être un homme et de l’être dignement, noblement ».

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ALAIN.jpgÉmile-Auguste CHARTIER, dit ALAIN est né dans une famille bourgeoise désargentée. Son enfance n'est pas heureuse: son père, vétérinaire, homme colérique et souvent ivre, lui infligeait des épreuves pour affirmer sa virilité. Sa mère, femme frivole, passe peu de temps à la maison. Avec sa sœur, il est élevé par la bonne. La famille étant endettée, il lui revient souvent la sinistre mission d’aller chercher le pain sans pouvoir le payer.

En 1874, il entre au Collège Sainte-Marie de MORTAGNE, sa ville natale. Fait assez bizarre car son père est un farouche anticlérical. Il est meurtri par l’éducation qu’il reçoit de la part des prêtres. C'est celle des coups, de la peur des brimades, du diable, de l’enfer... «Toute mon enfance fut peureuse.», dira-t-il. Entre condisciples, la brutalité règne aussi. Cette enfance influencera à la fois ses considérations sur l’éducation et sur la guerre. Sa détresse d'enfant se perçoit dans un ensemble d'anecdotes dispersées sur ses souvenirs d’enfance.

 

En 1881, il rejoint le Lycée d’ALENCON d'où il sortira en 1886, bachelier ès Lettres. Il prépare le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure à VANVES, au lycée Michelet. Le professeur de philosophie, Jules LAGNEAU, sévère, austère et rigoureux, va le marquer profondément. Il tentera de briller à tout prix, en tout, pour attirer son attention, son respect.

 

En juillet 1889, il est reçu à l'Ecole Normale Supérieure, 23ème sur 24, après deux échecs ! En 1992, il devient agrégé de philosophie. Il commence sa carrière d'enseignant à PONTIVY, puis à LORIENT, à ROUEN, au Lycée Condorcet à PARIS , puis au lycée Michelet de VANVES et, enfin, au Lycée Henri IV à PARIS, en 1909. Partout où il est passé, il s'est engagé dans la vie sociale.

 

Dès 1903, il publie dans la « Dépêche de Rouen » de courts articles, signés ALAIN, inspirés d'événements de la vie quotidienne, au style concis et aux formules séduisantes, couvrant quasi tous les domaines: les "Propos dudimanche", puis les "Propos du lundi" Plus tard on les réunira en volumes: « Propos (1908-1920) », « Système des beaux-arts », « Propos sur la littérature », « Propos de politique », « Les Dieux », « Propos d'économique », « Histoire de mes pensées », « Vigiles de l'esprit ». Humaniste cartésien, passionné de liberté, il se veut "éveilleur d'esprit". Il ne propose pas de système philosophique mais il apprend à se méfier des préjugés. Pour lui, la capacité de jugement ne doit pas être basée sur un système théorique.

 

Proche du Parti Radical, il est fidèle aux principes fondateurs de la III° République. Durant l'Affaire DREYFUS, il milite au côté des dreyfusards. Bien que pacifiste convaincu, quand la guerre est déclarée, il s'engage pour remplir son devoir civique, sans renoncer ses idées. Il est non mobilisable mais il ne peut supporter d'être à l'abri alors que d'autres risquent leur vie. Le conflit étant devenu inévitable, ALAIN a voulu s’engager sans lâcheté. Brigadier d'artillerie, il refuse toute promotion. Le 23 mai 1916, il a le pied broyé lors d'un transport vers VERDUN. En 1917, il est démobilisé.

 

Dès son incorporation, il relate les épisodes marquants qui lui reviennent à l’esprit et qui vont lui donner le prétexte à une réflexion sur la guerre et aux impressions qu’elle lui inspire. Il va réfléchir à sa condition et à celle de ses camarades. Il donne libre cours à son esprit critique et juge tant le détail que la nature humaine avec un brin de révolutionnarisme. Il publie en 1921 son pamphlet "Mars ou la guerre jugée". ALAIN y explique que ce qui l'a marqué le plus au front, c'est la servitude. Il s'élève contre le mépris que les officiers montraient pour les hommes de troupe. «Ils  parlent aux hommes, comme on parle aux bêtes », écrit-il. Il ne supporte pas l'idée de cette tuerie organisée, de ce traitement que l'Homme inflige à l'Homme.

 

En 1931, il écrit ses « Souvenirs de guerre. », publiés en 1937. Dans ces souvenirs présentés d’une manière vaguement chronologique, on trouve peu de dates et de lieux, mais néanmoins quelques tableaux décrivant bien ces endroits et de nombreux détails techniques, toutefois superficiels. Au delà du simple récit d’un combattant, il illustre un état d’esprit et une vision fort justes de personnages divers, décrits au gré des rencontres. Pour lui, la guerre fut un laboratoire de l’âme humaine qu’il analysa en temps réel. Il écrira aussi « Suite à Mars. Convulsions de la force. »

 

Ses livres sur la guerre sont écrits dans un style journalistique qui ne laisse aucune place au pathos. Cette froideur s'explique par la violence subie dans son enfance. Il reste pacifiste mais, paradoxalement, sa dénonciation est moindre lorsqu’il s’agit des rouages internes de la guerre. Habitué, dans son enfance, à devoir assister sans protester aux châtiments infligés en public aux enfants et à l’obéissance absolue, ALAIN en vient à justifier des violences et des logiques cruelles. Pour lui, la guerre comme l'école ont pour fonction l'humiliation. Il écrit: « C'est pourquoi des exécutions précipitées, effrayantes et même révoltantes, ne me touchent pas plus que la guerre elle-même, dont elles sont l'inévitable conséquence. Il ne faut jamais laisser entendre, ni se permettre de croire que la guerre soit compatible, en un sens quelconque, avec la justice et l'humanité. »

Il revient épouvanté par les horreurs de la guerre. En pacifiste et rationaliste, il pouvait penser que ce que les soldats avaient vécu devaient les détourner à jamais ce l'esprit guerrier. C'est donc un peu désabusé qu'il constate, une fois la guerre finie, que beaucoup d'Anciens Combattants la glorifie au lieu de la condamner, se prennent à aimer le système militaire et à devenir nostalgiques. « L'homme qui a échappé aux dangers, qui s'est vengé comme il pouvait, et qui a admiré son propre courage, trouvera occasion, si les cérémonies sont convenablement réglées, d'adorer le système et le chef, un court moment, et ensuite par souvenir. Ainsi les survivants louent la guerre toujours plus qu'ils ne voudraient. »

Dès son retour à la vie civile, il reprend ses fonctions au Lycée Henri IV. Il s’engage aux côtés du mouvement radical, en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. En 1927, il signe la pétition contre la « Loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre », loi qui abrogeait toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Parmi les signataires, on trouve Louis GUILLOUX, Jean-Paul SARTRE et Raymond ARON. Jusqu'à la fin des années 30, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée du fascisme. En 1934, il est cofondateur du Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes. S'y côtoient le physicien Paul LANGEVIN et l'anthropologue Paul RIVET. Bien que n'ayant jamais adhéré au socialisme, il montre de la sympathie pour le mouvement ouvrier et syndical. Certains de ses « Propos » ont été publiés dans la revue hebdomadaire « L'École libératrice » du Syndicat National Des Instituteurs.

Il est anticlérical mais il respecte l'esprit religieux. Dans « Propos sur la religion » et « Propos sur le bonheur » apparaît une certaine fascination pour l'Évangile. Du catholicisme il apprécie la dimension universelle. Cela ne l'empêche pas d'écrire : « Fondez une Société des honnêtes gens, tous les voleurs en seront. Ainsi fait l'Eglise. L'Eglise a institué des offrandes et des pratiques qu'elle proclame être le signe de la vertu; aussitôt tous ceux qui ont des vices ou des vols à cacher s'empressent de faire ces offrandes et ces pratiques; les plus tarés payent un peu plus que les autres, de leur personne ou de leur bourse, et on peut les voir dans toutes les villes où la procession circule ; on peut les voir derrière le dais, semblables à des loups devenus bergers."

 

En 1936, où une attaque cérébrale le laisse à demi paralysé et le condamne au fauteuil roulant. Il décédera 15 ans plus tard en 1951, à l’âge de 83 ans, quelques semaines après avoir reçu le Grand Prix National des Lettres. Il est enterré au Père Lachaise, Division 94.

 

Bibliographie: Quatre-vingt-un Chapitres sur l'esprit et les passions (1917), Petit Traité d'Harmonie pour les aveugles (en braille, 1918), Système des Beaux-arts (1920), Mars ou la guerre jugée (1921), Propos sur l'esthétique (1923), Lettres au Dr Henri Mondor (1924), Propos sur les pouvoirs - Eléments d'une doctrine radicale (1925), Souvenirs concernant Jules Lagneau (1925), Sentiments, passions et signes (1926), Le citoyen contre les pouvoirs (1926), Les idées et les âges (1927), La visite au musicien (1927), Propos sur le bonheur (1928), Entretiens au bord de la mer (1931), Idées (1932), Propos sur l'éducation (1932), Les Dieux (1933), Propos de littérature (1934), Propos de politique (1934), Propos d'économique (1935), Stendhal (1935), Souvenirs de guerre (1937), Entretien chez le sculpteur (1937), Les Saisons de l'esprit (1937), Propos sur la religion (1938), Eléments de philosophie (1940), Vigile de l'esprit (1942), Préliminaires à la mythologie (1943).

 

 

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 "L’opinion que la guerre est inévitable est fort dangereuse, comme j’ai dit. Mais l’opinion que la guerre est impossible, soit par les traités, soit par l’adoucissement des mœurs, est tout aussi dangereuse à mes yeux, et aussi mal fondée."