02/01/2013

SUR LA TOLERANCE ( SALMAN RUSHDIE )

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Sir Ahmed Salman RUSHDIE est un essayiste et romancier britannique d'origine indienne.

Il est né à BOMBAY le 19 juin 1947.

Objet d'une fatwa de l'ayatollah KHOMEINI, il est deevenu un symbole de la lutte pour la liberté d'expression.

Voici sa réponse à une longue question relative au fait que les islamistes se présentent comme outragés, crient au blasphème et dénoncent une islamophobie lorsqu'ils sont l'objet d'une critique.

" Une telle attitude repose sur l'idée que tout système de pensée est respectable et devrait donc échapper à la critique, considérée comme négative. Or, si je ne suis pas d'accord avec vos idées, je dois avoir le droit de les critiquer même si j'ai tort !

On ne peut exempter de toute critique un système de pensée en invoquant un quelconque racisme. une idée n'est pas une race, une religion n'est pas un groupe ethnique. Il faut protéger les individus de la violence, comme  actuellement perpétrée en Europe par des groupes néofascistes contre des membres de communautés ethniques ou religieuses. Mais on n'a pas à protéger  idées. elles sont sujettes à critique. On peut se montrer féroce envers des idées, tant que la critique intellectuelle ne se transforme pas en attaque personnelle, ad hominem.

Le désaccord intellectuel est un droit. si on estime que la religion est nuisible, ou que telle religion est plus problématique qu'une autre, on doit avoir le droit de le dire, sans être étiqueté d'islamophobe par exemple.

Je n'ai pas le droit de tabasser quelqu'un à cause de ses idées, mais j'ai le droit de tabasser ses idées. Je crains d'assister à un renversement des valeurs: au lieu  défendre le droit à la liberté d'expression, on attaque ceux qui usent de ce droit. c'est le monde à l'envers.

Le principe même de l'échange d'idées, d'une discussion ouverte, c'estque tôt ou tard l'interlocuteur va dire quelque chose qui vous déplaît fortement et même vous blesse. C'est là que commence la liberté d'expression. Il est trop facile de défendre la liberté d'expression de gens avec lesquels on est d'accord ou auxquels on est indifférent. Croire à la liberté d'expression, c'est être capable de défendre le droit à exprimer des idées auxquelles on est radicalement hostile."

Tiré du "Nouvel Observateur" du 20 décembre 2012.

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