23/11/2012

LE FORT DE HUY N'EST PAS SIMPLEMENT UN MONUMENT REPRESENTATIF DE LA VILLE HUY.

 

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Dès mai 1940 et durant quatre ans et demi, le Fort de HUY fut transformé en un exécrable bagne nazi.

Sept mille Belges et étrangers y furent internés. Le Fort de Huy fut un des principaux "centre de triage" pour les prisonniers qui étaient ensuite acheminés vers les camps de la mort. Aujourd'hui restauré, il est un mémorial de ces années sombres.

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J'ai trouvé dans un essai rédigé par Guy DELHASSE, intitulé « LE GUIDE LITTERAIRE DE HUY ET DE SES ALENTOURS », le passage suivant :

 

« Ce fort fêtera lui ses 200 ans en 2023, on a encore le temps. Apparemment, il a perdu de sa blancheur et la végétation l'enfouit lentement sous une couverture verte qui met mal la pureté de ses lignes en évidence. Allongeons le pas vers sa poterne d'entrée et retrouvons-le dans la fiction par les premières lignes d'un roman de Maxime RAPAILLE, en fait le tome II de cette brique est ''Le Chant des Wallons''. Ce roman commence par une lettre datée du 3 mars 1943. A cette époque en effet, le fort est utilisé par l'occupant comme lieu d'incarcération pour les hommes qui refusent la domination allemande. Cette lettre lance ceci : '' Chaque jour, quel que soit le temps une heure de promenade par roulement rassemble les détenus dans la cour de la Citadelle d'où on n'aperçoit que le ciel à cause de l'enceinte haute de 3 mètres environs. Ils imaginent la collégiale, la Meuse et la ville en contrebas, et les Hutois qui vaquent à leurs préoccupations sans lever la tête vers la bâtisse...''

 

Un grand nom de la littérature régionale a été incarcéré ici, au Fort : le romancier Arthur MASSON. Dans la cinquième aventure de son Toine CULOT, le fameux maïeur de TRIGNOLLES intitulé ''Toine dans la tourmente'' publiée en 1946, une bonne trentaine de pages décrivent l'incarcération de Toine. Juste avant de gravir la colline pour rejoindre le guichet derrière lequel se trouve un Boche armé d'une mitraillette, on annonce la couleur : '' Toine, levant la tête, enveloppa d'un long regard le bloc énorme et sinistre de la Citadelle perchée sur son bloc noir''.

 

La montée vers l'édifice est digne d'un col des Alpes. Toine est essoufflé comme seront essoufflés les prisonniers qui devront assumer la corvée d'eau tous les jours. Les conditions de détention seront épouvantables.

 

Terminons la promenade par l'ascension et profitons de l'occasion pour signaler qu'une autre pointure de la littérature a été incarcérée ici. L'écrivain anglais Pelham Grenville QODEHOUSE a lui aussi séjourné à l'intérieur des murs en 1943. L'auteur de la série populaire des ''JEEVES'' a laissé des écrits qui racontent sa détention, mais ne semble pas les avoirs utilisés dans son œuvre de fiction qui se déroule le plus souvent en ANGLETERRE. Dans la cour principale, une plaque apposée sur la muraille rappelle ce séjour.

 

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D'autres témoignages écrits nous sont parvenus comme ce '' SOUVENIR D'UN ANCIEN BELGE'' de Jules BOSMANT paru aux '' Lettres Belges '' en 1974. L'on croise dans ces pages, les figures du député Julien LAHAUT, de Jean HUBAUX, l'ami d'Alexis CURVERS incarcéré comme tant d'autres dans ce Fort. Plus récemment, Paul BRUSSON raconte les circonstances dans lesquelles il se trouve incarcéré au Fort de HUY le 29 avril 1942 ? Son récit paru au CEFAL en 2003 est interpellant. »

 

 

Paul Dubois de Carvin fait partie du premier convoi. Il témoigne :

 

« le 14 juin, vers 18 heures, nous arrivons au pied du Fort. En colonne par deux, nous avons monté la pente conduisant à l’intérieur de la forteresse. C’était très difficile d’avancer. Les alentours du Fort étaient envahis par les herbes, les branches d’arbres. Une véritable jungle… Après cette marche épuisante nous arrivons au pied d’un escalier de fer, raide et moussu… Bientôt l’ensemble des mineurs se retrouve rassemblé par rang de 5 sur la place entourée de bâtiments sur toutes les faces. L’herbe et les arbustes poussés sur cette plage nous montaient jusqu’à mi-corps. L’endroit était lugubre. Derrière les créneaux, fusils et mitraillettes étaient braquées sur nous ». 

 

 

 

 

18:28 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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