09/11/2012

COMMEMORATION DE L'ARMISTICE 2012: Discours ( Pierre BEAUJEAN )

 

Ci-après le discours prononcé 

à l'occasion des festivités du 11 novembre 2012

par Pierre BEAUJEAN

( Président de l'Oeuvre des Postiers Liégeois )

( Secrétaire-Trésorier de la FNC "AWANS-BIERSET" )

 

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DISCOURS 11 NOVEMBRE 2012.

 

Partout dans chaque ville, dans chaque commune, on se réunit pour commémorer le 94° anniversaire de l'Armistice, pour célébrer la liberté et se souvenir de ces quatre années de guerre faites de douleur, de larmes et de drames quotidiens. Commémorer le 11 novembre, c’est accomplir un devoir de mémoire vis-à-vis de tous ceux qui nous ont légué les valeurs de courage pour la défense de la nation et de la démocratie mais aussi de la paix. C’est aussi pour clamer notre espoir dans un avenir toujours meilleur et plus solidaire. Cet Armistice mit fin à une des plus grandes tragédies de notre histoire dont à notre insu, nous payons toujours le prix

 

Le 20ème siècle avait pourtant bien commencé, dans l’insouciance: les fastes des expositions universelles, les premiers pas de toute une série d'inventions laissaient augurer la place que la technologie allait prendre dans l'avenir de l'humanité. Mais un orage, éclaté du côté de SARAJEVO, allait dévaster l’Europe et provoquer la mort de millions d' innocents. Toutes ces manifestations de fraternité furent oubliées. Toutes ces belles inventions furent mises au service de l'effort de guerre. On découvrit que le progrès technique n'a pas nécessairement comme corollaire le progrès moral.

 

Cet orage jeta dans cette guerre tous les jeunes européens, qu'ils soient valets de ferme, boulangers, épiciers, ouvriers, artisans, commerçants, fonctionnaires, qu'ils soient du peuple, bourgeois ou aristocrates. Tous furent contraints de quitter leur famille, leur métier, pour revêtir l’uniforme et prendre un fusil. La première guerre fit 10 millions de morts soit un peu moins que la population belge actuelle.

 

A ce chiffre, on doit ajouter les millions d'hommes qui rentrèrent porteurs de graves blessures: reconnaissables à leur visage défiguré ( les "gueules cassées" ), à leurs membres coupés. Quatre millions de blessés, soit plus que la population actuelle de la Wallonie, quatre millions d'estropiés, de manchots, de gazés condamnés à essayer de vivre à peu près normalement. Et aussi tous les rescapés, indemnes physiquement, mais qui, toute leur vie, furent hantés par le souvenir des morts, des hurlements atroces des blessés, des visages de leurs compagnons tombés à côté d'eux. Hantés aussi, bien souvent, par le souvenir de ce qu'ils avaient dû accomplir. Jamais le monde n’avait connu guerre plus meurtrière. Alors les vétérans eurent alors à la bouche un seul slogan: « plus jamais ça ! » et ils jurèrent que ce serait "la der des der". On l'appela la "Grande Guerre". Plus tard, elle deviendra simplement la "Première Guerre"

 

L’humanité, pensait-on, avait compris l’absurdité et la vanité de la guerre. Pourtant cela n'empêcha pas une seconde guerre. On avance, pour celle-ci, le chiffre, non pas de 10 millions comme en 14/18, mais de 60 millions de morts. Et on est sans doute loin de la vérité. Jamais, on était allé aussi loin dans le domaine de la barbarie, du nationalisme, du racisme. Le racisme poussé jusqu'au génocide: 6 millions de juifs disparus dans les camps d'extermination et on estime le nombre Tziganes exterminés à au moins 220 000.

 

Il faut méditer cette citation de SCHOPENHAUER: « L'Histoire est pour un Peuple ce que la Conscience est pour un Homme. Un Peuple qui oublie son histoire est comme un Homme qui perd sa conscience ». La guerre de 14/18 avait appris tant de choses qui auraient dû rester gravées dans la mémoire collective. Il reste tant à faire pour construire ce monde pacifique, libre et fraternel auquel rêvaient les combattants de 14/18.

 

Les enjeux, aujourd’hui, sont énormes. Depuis 1945, on clame "Plus jamais de guerre en Europe". Certes, depuis 1945, en Europe, les armes se sont tues. Certes, les valeurs de l'Europe sont inestimables. Mais la guerre économique y fait rage et le climat y est à la désunion, à la rivalité. Cela revient à oublier que la construction européenne n'est pas uniquement basée sur la Marché Unique mais qu'elle doit s'appuyer sur un puissant modèle redistributif à l'échelle du continent. Sinon elle n'est qu'un slogan creux.

 

Il est question de l'avenir de l’humanité, des générations qui nous suivent. On doit y réfléchir en s' appuyant sur l’histoire. C’est le meilleur hommage que l'on pourrait rendre aux anciens combattants. Souvenons-nous de toutes les guerres, de tous les conflits. Ne laissons pas banaliser la violence, d’où qu’elle vienne et sachons mobiliser, rassembler nos énergies communes pour imposer le seul et unique choix qui devrait s'imposer : celui de l’homme, celui de la vie, celui de l’avenir.

 

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18:41 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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