27/10/2012

PETIT ESSAI SUR LA NOTION DE DEMOCRATIE.


 

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Comment peut se définir la démocratie, un Etat démocratique ?

 

Une démocratie repose sur la conjonction de trois éléments :

  • un Etat solide ;

  • un Etat de droit ;

  • un Etat où les pouvoirs sont face à des contrepoids.

 

Un Etat solide.

 

Par « Etat solide», il ne faut pas entendre «  Etat fort » souvent interprété comme «  Etat gendarme », « Etat policier », « Etat espion » mais un Etat doté d'un pouvoir central solide.

 

Un Etat adossé à des services publics efficaces qui fournissent un cadre au maintien de l'ordre public, à l'organisation de la vie en société et à l'existence d'infrastructures en bon état et à leur bon fonctionnement.

Que signifie cette notion "d'adossement" ? Pour avoir une vision correcte de ce que doit être un service public, il faut avoir une vision correcte de l'Etat et avoir en mémoire que le Pouvoir n'est pas propriétaire exclusif du service public: tous les citoyens sont en quelque sorte copropriétaires de leurs services publics. L'Etat, actionnaire, doit tracer la marche à suivre, doit éclairer la route, inciter à l'excellence.

 

Un Etat qui ne laisse personne sur le bord de la route, qui est capable lutter contre la pauvreté et contre l'exclusion. L'individualisme, le manque de solidarité, le repli catégoriel sont la plaie de toutes les démocraties.

 

Un Etat qui garantit l'existence un système éducatif solide et qui permet à tous d'en profiter.

 

Un Etat qui fonde sa légitimité sur sa capacité à assurer la sécurité des personnes : par la garantie des droits fondamentaux des citoyens, par la garantie de la sécurité des personnes et des biens.

 

Un Etat ennemi de l'inflation de règlementations excessives en nombre et excessivement contraignantes. Surtout ennemi de lois et de réglementations prises à chaud, pour répondre à une poussée émotionnelle, qui ne sont pas prises dans la sérénité. D'où la nécessité de procédures strictes à respecter même si cela doit prendre du temps.

 

Un Etat de droit.

 

Un Etat de droit est un état où les lois sont prises en vertu d'une procédure à respecter scrupuleusement. Dès qu'un Etat s'éloigne de ce principe, dès que les lois d'exception sont prises, il s'engage dans une voie dangereuse.

 

Un Etat de droit est un Etat où les lois s'appliquent à tous, donc auxquelles l'Etat et ses services sont eux-mêmes soumis et qu'ils sont tenus de respecter. Un Etat peut donc être cité en Justice et condamné. Cela implique naturellement la séparation des pouvoirs. Aucune branche de l'Etat ne peut se situer au-dessus des lois.

 

Un Etat de droit est un Etat où le pouvoir exécutif n'a, entre deux élections, que la capacité que le pouvoir législatif veut bien lui accorder. Le pouvoir législatif doit donc être indépendant mais il doit toujours compter en son sein une majorité solidaire du pouvoir exécutif. Le pouvoir exécutif répond donc de ses actes devant le pouvoir législatif.

 

Un Etat de droit est un Etat où le pouvoir répond de ses actes devant le peuple. Le pouvoir exécutif en répond par l'intermédiaire de la majorité du pouvoir législatif qui en a été solidaire.

 

Un Etat où le pouvoir est face à des contrepoids.

 

Ces contrepoids doivent garantis par la Constitution elle-même. La plupart du temps ils y sont inscrits. On peut citer les Droits de l'Homme, les libertés civiles, les libertés publiques, la liberté de pensée et d'expression, une presse libre...

 

Ces contrepoids sont aussi des « contrepouvoirs » : les libertés syndicales, les libertés d'association.

 

Ces contrepoids peuvent se retrouver dans le principe de subsidiarité. Le principe de subsidiarité s'applique à toutes les subdivisions d'un Etat de droit: les niveaux locaux, supralocaux, régionaux...Les pouvoirs exercés par ces niveaux sont des pouvoirs entiers dans les domaines qui leur ont été attribués. Il n'est donc pas exact de parler de "pouvoirs subordonnés" puisque ces entités exercent pleinement leurs pouvoirs dans leur sphère propre. Ce fait, joint au fait que les électeurs peuvent envoyer des majorités différentes de celle du niveau central, constitue aussi une sorte de contrepoids.

 

Un Etat où la discussion respecte l'éthique de l'argumentation. Ce principe est celui-ci : le fait de débattre, de discuter, d’argumenter avec quelqu’un implique, de façon implicite, la reconnaissance de normes morales ou éthiques valables pour les deux interlocuteurs. Sans la reconnaissance au moins implicite de ces normes le débat ne pourrait avoir lieu.

 

Le pouvoir doit respecter ce principe. Cela condamne l'usage de la manipulation psychologique. Cette dernière quand elle est largement utilisée pour convaincre constitue en fait une violence sournoise mais exercée. 

 

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18:23 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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