03/09/2012

UN GRAND PACIFISTE BELGE: HENRI LA FONTAINE.

Henri LA FONTAINE.

 

 

(22 avril 1854 - 14 mai 1943)

 

 

 

Né à BRUXELLES  dans une famille de la bourgeoisie libérale.

 

 

Prix Nobel de la paix 1913.

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 2013 sera-t-elle l'année LA FONTAINE ? Il serait en tout cas grand temps que l'on rendre justice à sa mémoire ! Quand on parle des artisans pour la paix, tout le monde sait en citer. Quand on parle des lauréats du Prix Nobel pour la Paix, tout le monde sait aussi en citer...mais personne ne cite jamais notre compatriote, Henri LA FONTAINE !

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Pour célébrer le centenaire du Prix Nobel, la Fondation Henri La Fontaine, attribuera un prix de 10.000 € à des personnes vivantes, institutions ou organismes publics ou privés « contribuant à la défense, la transmission et l’actualisation des valeurs de La Fontaine : l’humanisme, la justice sociale, le féminisme et le libre-examen ».

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Henri LA FONTAINE, né à Bruxelles en 1854, Prix Nobel de la Paix en 1913, mort en 1943, aura été l'homme de toutes les utopies. Figure aussi singulière qu'originale, homme de grande envergure, son parcours de vie ne peut laisser personne indifférent dès qu'on l'étudie un peu : professeur de droit international, sénateur belge durant trente-six années, bibliographe de renom, personnage éminent dans les loges maçonniques, promoteur de grandes réalisations culturelles et, surtout, internationaliste et pacifiste fervent et actif.

 

Il étudie le Droit à l'ULB. En 1877, à l'âge de vingt-trois ans, il est enregistré à titre de Conseiller auprès de la Cour d'Appel de BRUXELLES. C'est l'âge auquel les étudiants en Droit sortent de l'Université lorsqu'il n'ont pas doublé. Il pratique le Droit pendant les seize années qui suivent devenant l'un des plus grands juristes de Belgique. On lui doit, notamment,en 1885, un ouvrage technique sur les droits et les devoirs des entrepreneurs de travaux publics.

 

Son action en faveur de la paix débute tôt, en 1883. il est poussé  à fonder une association pacifiste, « la Société belge de l'arbitrage et de la paix ». Grand voyageur, secrétaire général de la section belge de la Fédération internationale de l'arbitrage et de la paix, responsable du Bureau international de la Paix à Berne, il plaide pour la création d'une cour d'arbitrage internationale, imagine la Société des nations et participe à sa création après la Grande Guerre.

 

Le travail du BIP fut récompensé en 1910 par le Prix Nobel de la Paix pour l'ensemble de son action. Ce Prix sera remis à plusieurs reprises à certains de ses membres, notamment en 1913 à Henri LA FONTAINE qui en était le Président. 

 

La cause de la paix fut son cheval de bataille durant toute sa vie. Mais ce ne fut pas son seul centre d'intérêt. Son intérêt pour les réformes a fini par le mener, très tôt, à l'action politique. Comme beaucoup de ténors du mouvement socialiste des origines, il est issu du terreau libéral. Il va se hisser très haut en politique comme dans les domaines ou associations où il s'investira. Il est élu sénateur sur les listes du Parti Ouvrier Belge, pour le Hainaut de 1895 à 1898, Liège de 1900 à 1932, et le Brabant de 1935 à 1936. Il a été secrétaire du Sénat de 1907 à 1919 et vice-président de 1919 à 1932.  Au Sénat, il a montré un vif intérêt dans les domaines de l'éducation, du travail et , bien évidemment, des affaires étrangères. On lui doit une proposition de loi visant à réformer l'enseignement primaire. Dans la législation du travail, il a présenté une proposition de loi sur inspection des mines en 1897. Il a aussi appuyé l'adoption de la journée de huit heures et de la semaine des quarante heures.

 

Il a demandé, en 1901, au gouvernement belge d'imposer un arbitrage entre les combattants de la guerre des Boers. En 1911, il a présenté un proposition de loi approuvant le traité d'arbitrage obligatoire avec l'Italie. Il a soutenu la création de la Société des Nations, la mise en place d'une union économique avec le Luxembourg, les Pactes de Locarno, le pacte Briand-Kellogg, le désarmement et les moyens juridiques de règlement des différends internationaux. En 1919, il participa, à PARIS, à la délégation belge à la Conférence de la Paix. En 1920, il fut délégué à la première Assemblée de la Société des Nations. 

 

Avant 1914, LA FONTAINE a lancé un ambitieux programme bibliographique. En 1895 déjà, en collaboration avec Paul OTLET, il a fondé l'Institut International de Bibliographie. Il le voulait «Maison de la documentation», un système de récolte d'informations vaste, dans lequel il proposait de déposer, d'indexer et de fournir des informations pour la recherche sur tout sujet de note publiée partout dans le monde. C'est ainsi que d'aucuns le présentent comme un précurseur d'internet. Grâce à une subvention du gouvernement belge, il est parvenu à amener son plan suffisamment loin. C'est ainsi qu'il est le précurseur de la Classification Décimale Universelle. Système qui, utilisé partout dans le monde, permet de classer tous les ouvrages ou articles au même endroit dans les archives. Contrairement à Internet et à Google, il y a une très grande rigueur scientifique. On leur doit le projet du MUNDANEUM dont les collections se trouvent aujourd'hui à Mons, avec l'ambition de constituer la bibliothèque universelle de toutes les connaissances, le répertoire bibliographique universel, les musées des progrès scientifiques et techniques. Mission impossible: au XIXe siècle, la production livresque représentait déjà quelque huit millions d'éditions!

 

Il a occupé, de 1893 à 1940, la Chaire de Droit International d'abord à l'Université Nouvelle, une branche de l'ULB puis à l'ULB même après la Première Guerre mondiale. Ses cours portaient sur les éléments du droit international et sur ​​l'évolution des structures judiciaires du monde. Il donna aussi des conférences sur divers sujets : le désarmement, la Ligue des Nations, les malentendus internationaux...

 

LA FONTAINE combattit, en première ligne, pour les droits des femmes. Ainsi, en 1878, il devint secrétaire d'une école technique pour Jeunes Filles. EN 1901, il écrit « La Femme et le Barreau », revendiquant une place pour femmes dans les professions juridiques. Initié Franc-Maçon au sein de la loge « Les Amis philanthropes de Bruxelles » du Grand Orient de Belgique, son féminisme le poussa à fonder la première loge mixte du Droit Humain en Belgique. Très rigoureux moralement, il ne pouvait pas rester dans une obédience strictement masculine.

 

C'était un utopiste. Il entrevoit une égalité par le haut où tout le monde aurait accès aux plus grandes richesses. La société collectiviste qu'il conçoit est très idéalisée: l’organisation du travail y occupe une place prépondérante. L’équivalence des fonctions doit permettre d’établir un organisme social parfait. Selon lui, la fonction publique est très mal conçue et tout le monde n’y a pas sa place. Dans son système, la personne placée à la direction doit agir dans une optique de dévouement et d’abnégation et non par intérêt personnel...Il n'est pas interdit de rêver !

La révolution russe ne l'enthousiasme pas. Il exprime une grande crainte par rapport au régime susceptible d’être mis en place par LENINE et TROTSKI. Il souhaite qu'ils abandonnent rapidement le pouvoir...Et STALINE était encore un parfait inconnu! Il ne croit pas à la réussite du communisme en Russie, le peuple russe n’étant pas assez mûr pour ce régime. Ce discours est représentatif d’une partie des socialistes qui ne souhaitent pas entretenir des relations continues avec les communistes.

 

 

20:04 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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