10/05/2012

LA MEDAILLE DE SAINTE-HELENE.

Création :

Le 15 avril 1821, lors de son exil à Sainte-HélèneNapoléon dicte un testament comportant trois parties. La troisième est un acte de reconnaissance à l'égard de ceux qui, de 1792 à 1815, avaient combattu « pour la gloire et l'indépendance de la France ». Dans ce but, il lègue la moitié de son patrimoine privé, qu'il estime alors à 200 millions de francs.

Louis-Napoléon Bonaparte « voulant honorer par une disposition spéciale les militaires qui ont combattu sous les drapeaux de la France dans les grandes guerres de 1792 à 1815 », une médaille commémorative fut accordée à tous les survivants. Il appela cette nouvelle décoration « Médaille de Sainte-Hélène ».

La médaille fut créée par décret le 12 août 1857 ; c'est le sculpteur Désiré-Albert Barre qui la dessina et la réalisa.

À l'avers se trouve le profil de l'Empereur Napoléon Ier, et au revers ce texte : « Campagnes de 1792 à 1815. À ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, 5 mai 1821 ».

Elle était présentée dans une boîte de carton au couvercle recouvert d'un papier blanc glacé portant en relief l'Aigle impérial et l'inscription « Aux compagnons de gloire de Napoléon 1er- Décret du 12 août 1857 ».

Cette médaille de bronze est portée à la boutonnière, suspendue à un ruban vert et rouge à raies très étroites. En raison de la patine du bronze, elle est surnommée « la médaille en chocolat ».

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Médaille de Sainte-Hélène

 

Décerné par  la France

 

Type : Médaille commémorative

 

Éligibilité : Militaires.

 

Décernée pour tous les combattants français et étrangers sous les drapeaux français de 1792 à 1815.

 

Total d'intronisés entre 350 000 à 405 000

 


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Environ 15 000 Belges reçurent cette autorisation. Des listes de médaillés (environ 14 162 noms, selon le général Couvreur) ont paru dans le Moniteur belge des 23 janvier, 20 février, 18 mars et 27 avril 1858 et du 16 janvier 1859 (annexes A, B).

 

Les décorations furent envoyées aux administrations communales qui les distribuèrent avec plus ou moins de faste. Des cérémonies solennelles eurent lieu dans de nombreuses communes du pays.

 

Des femmes (qui avaient été employées dans les armées du 1er Empire) ayant également réclamé la Médaille, Napoléon III ordonna de faire suite à leurs demandes, pour autant qu'elles puissent présenter des titres en règle. La Fourragère, n° 7, 12e série, en cite quelques-unes : Marie Somers, 70 ans, de Cruybeke, avait fait la guerre d'Espagne dans le 9e hussards, où elle avait servi pendant dix ans ; Philippine Charlotiaux, veuve Bailly, 70 ans, de Namur, fut faite prisonnière étant vivandière à la 22e batterie du 9e d'artillerie (campagne de Russie 1812) ; également, Sophie Timmermans et Anne-Thérèse Burniaux.

 

Simon Charles Isidore, baron de Cerf, reçut la médaille de Sainte-Hélène pour sa dévotion à l'Empereur Napoléon Ier, en plus de la Légion d'honneur qui récompensa ses nombreux services à l'Empire.

 

Le plus jeune décoré belge fut probablement Auguste-Joseph Dereume, né à Maestricht le 1er mars 1807 et admis comme enfant de troupe au 20e dragons le 6 décembre 1813.

 

Le dernier médaillé belge est sans doute François-Ange-Joseph Thiery, né à Tournai le 25 septembre 1797 ; officier de santé dans la Grande Armée, prisonnier de guerre des Russes en 1814, licencié en avril 1814, il mourut à Haelen le 29 mars 1891.

 

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On trouve énormément de détails sur le parcours militaire des volontaires belges de la Grande Armée (pays traversés, blessures reçues au combat...), sur leur physique (taille, couleur des yeux…), leur condition de vie en 1857 (secours, indigence…), leur santé, leur situation familiale, leurs sentiments par rapport aux événements auxquels ils ont participé. Le Musée Royal de l'Armée à Bruxelles possède quelques dossiers de médaillés belges.

 



 

Lettre adressée au Ministre des Affaires Étrangères par le président de la Société des Anciens Frères d'Armes de Saint-Nicolas 

 

« À Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères à Bruxelles.

 

Monsieur le Ministre,

 

En ma qualité de Président des anciens frères d'armes de l'Empire français, j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint la liste dûment certifiée par Monsieur le Bourgmestre de cette ville désignant les noms des militaires qui ont obtenu la Médaille de Sainte-Hélène décernée par Napoléon III.

 

Je vous prie, Monsieur le Ministre, au nom de mes compagnons d'armes, de vouloir provoquer l'autorisation nécessaire pour qu'ils puissent porter cette marque de distinction. Agréez, Monsieur le Ministre, l'assurance de mon respect.

 

Le Président,

 

Hébert . »

 

Les Belges, en application de la loi du 11 juillet 1832, devaient en effet obtenir l'autorisation (ce règlement est toujours d’application aujourd’hui) de porter cette décoration étrangère en Belgique. Les bourgmestres durent, par l'entremise des gouverneurs de provinces, faire parvenir les listes des médaillés belges de moralité notoire. Si leur demande était acceptée, les décorés recevaient en plus du brevet français, une autorisation ainsi libellée :

 

« Léopold, Roi des Belges.

 

À tous, présents et à venir, salut.

 

Vu la requête du sieur ……… demandant à être autorisé à porter la Médaille de Sainte-Hélène qui lui a été décernée par Sa Majesté l'Empereur des Français.

 

Vu l'article 9 de la loi du 11 juillet 1832.

 

Sur le rapport de notre Ministre des Affaires Étrangères, Nous avons arrêté et arrêtons :

 

Art. 1 : le sieur … est autorisé à porter la susdite médaille sans pouvoir la détacher du ruban. Art. 2 : notre Ministre des Affaires Étrangères est chargé de l'exécution du présent arrêté. »

 

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Elle fut remise, aux ayants droit survivants des guerres de la Révolution et de l’Empire, dans une boite en carton, au couvercle recouvert par un papier blanc glacé avec l’aigle impérial en relief et l’inscription : AUX COMPAGNONS DE GLOIRE DE NAPOLÉON I DÉCRET IMPÉRIAL DU 12 AOÛT 1857.
Un diplôme officiel, délivré par la Grande chancellerie de la Légion d’honneur, fut remis avec la médaille à près de 405 000 soldats vétérans, dont environ 350 000 à des français et 55 000 à des étrangers.
(Si les médailles sont restées, il par contre, plus difficile de trouver les diplômes.) 


La gravure est de Désiré-Albert Barre.
L'avers représente une vue de profil de l'Empereur.
Le revers comporte le texte: "Campagnes de 1792 à 1815 . A ses compagnons de gloire. Sa dernière pensée . 5 Mai 1821."


Le ruban de la "Ste Helène étant identique ou presque à celui de la CDG 14/18, on trouve donc régulièrement des "montages" de cette décoration.
Il est facile de démonter une CDG 1918, qui ne vaut pas très cher, et de la remonter sur une Ste Helène valant plus du double.
Le ruban officiel doit faire une largeur de 38mm.
Alternance de 6 raies verticales vertes de 4,5mm et de 5 raies verticales de 1,8mm.
Un liseré rouge de 1mm doit se trouver sur le bord du ruban.
Comparativement, le ruban de la CDG a une largeur de 37mm.
Les raies verticales vertes ont la même largeur, mais les raies rouges sont de 1,5mm.
Le liseré rouge de 1mm existe toujours. 

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Le Brevet est quasiment introuvable.

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19:47 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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