06/05/2012

LANGUES ET ECRITURES.

De la difficulté de se comprendre entre langues.

 

Il y a déjà un problème sérieux lors de la communication orale. Mais, en admettant que l'on ait appris à parler une ou des langues par simple contact ( comme les ouvriers immigrés l'apprennent en usine ), il reste un sérieux problème pour la lecture. Nous n'utilisons pas tous le même alphabet.

 

Ah ! Si tout le monde pouvait utiliser l'alphabet latin ! L'écriture latine possède un alphabet de 26 lettres ( de A à Z ). Il est utilisé pour écrire les langues d'Europe occidentale ainsi que dans les pays ayant été exposé à une forte influence européenne. En raison de l'importance économique et culturelle des pays utilisateurs ( Amérique du Nord, Union européenne, Commonwealth ), on utilise l'écriture latine dans le monde entier : on peut trouver des mots écrits en lettres latines dans les rues ou sur les routes du Japon, par exemple. On l'utilise aussi dans les pays de langue slave historiquement de religion catholique ou protestante.

 

Doit-on en déduire que l'alphabet latin est universel ? Que les 26 lettres sont acceptées sans problème partout ?

 

Non. Prenons le cas de la lettre « Y  ». En Néerlandais, cette lettre n'est utilisée que pour, d'après le dictionnaire, quelques mots d'origine étrangère introduits en néerlandais ( par ex. Yoghourt, yoga...). Sinon notre « Y » est remplacé par « IJ ». Mais, curieusement, « IJ » est considéré comme si c'était une seule lettre. Dans les mots croisés néerlandais, quand on rencontre « IJ » dans un mot, on le place dans une seule case comme s'il s'agissait d'une lettre unique.

 

Des lettres peuvent avoir dans diverses langues des prononciations différentes. On ne s'éternisera pas sur le cas de la lettre « W ». « W » qui se prononce « V » en allemand...mais aussi dans le français de France. « W » se prononce « ouais » en Wallonie mais aussi en Flandre et en Anglais. Chez les Hollandais, on a une prononciation qui tire vers l'allemand, surtout dans le nord du pays.

 

L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin mais trois voyelles sont parfois surmontées d'un Umlaut ( sorte de tréma ) : äö et ü. Il existe aussi un signe spécial, utilisé au milieu d'un mot ß quipermet d'éviter le redoublement du s. Mais les Suisses alémaniques ne l'utilisent plus depuis les années 1930. Jusqu'aux environs de 1940, les allemands utilisaient l'alphabet gothique.

 

Les Espagnols ont inventé le « n tildé » ( ñ ), non pas pour remplacer notre son « gn », mais pour pouvoir dire « senior ». On la retrouve chez les Bretons et les Portugais, mais avec une autre valeur.

 

Autre subtilité des Espagnols : l'utilisation des points d'interrogation et d'exclamation. Les points d'exclamation et d'interrogation sont accompagnés par des signes du même type inversés, ¡ et ¿, placés au début de la proposition concernée (et non au début de la phrase) :

 ¿Qué tal estás? (« Comment vas-tu ? »), ¡Qué raro! (« Comme c'est étrange ! ») mais Si te vas a Sevilla, ¿me comprarás un abanico?(« Si tu vas à Séville, tu m'achèteras un éventail ? »).

 

Quant au français, nous avons la cédille placée sous le c pour transformer la prononciation de celui-ci ( ç ). Pour rappel, la cédille a été inventée par les espagnols.

Dans l'écriture en imprimé, nous avons ce que l'on appelle les ligatures : « æ » et « œ » et aussi l'esperluette « ».

 

Quant aux accents (é, è, ê), seul le français en est friand. Le néerlandais les ignore sauf pour quelques mots étrangers importés. Les anglais les ont complètement bannis...ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes aux utilisateurs novices d'internet !

 

Et, maintenant, l'écriture cyrillique.

 

Nous venons de parler de l'alphabet latin. Alphabet latin et écriture latine peuvent être considérés comme deux synonymes. Chaque langue qui utilise l'alphabet latin utilise 26 lettres et non 25 ou 27 ! Ce qui différencie les langues, c'est la prononciation ou l'utilisation ou non d'accents.

En ce qui concerne les langues slaves de tradition orthodoxe, on ne peut pas parler d'alphabet cyrillique  mais plutôt d'écriture « cyrillique ». Chaque langue slave possède son propre alphabet.

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Saints CYRILLE, moine, et METHODE, évêque, originaires de THESSALONIQUE, furent envoyés par PHOTIUS, Patriarche de CONSTANTINOPLE en MORAVIE. Ils y prêchèrent la foi chrétienne et composèrent un alphabet propre permettant de transcrire du grec en slavon les livres saints. Quand ils vinrent à Rome, CYRILLE, atteint par la maladie se fit moine et s y décéda le 14 février 869. METHODE, ordonné évêque de SIRMIUM par le pape ADRIEN II, évangélisa la PANNONIE. Il dut supporter bien des querelles qui lui furent infligées, mais fut toujours soutenu par les pontifes romains. Il reçut la récompense de ses travaux à VALLEHRED en MORAVIE, le 6 avril 885. Ils sont connus comme « les Apôtres des Slaves ». Le 2 juin 1985, Jean-Paul II les a proclamés co-patrons de l’Europe, avec saint Benoît.

 

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 Ainsi, l'alphabet bulgare compte trente lettres. Il date de la fin du IX°siècle et est dû à des disciples de CYRILLE ( sans doute CLEMENT d'OHRID ). Par rtapport au russe, il ne comporte en effet que 30 lettres et les prononciations peuvent ne pas être identiques.

 

 

Le biélorusse moderne utilise environ 50 phonèmes, 6 voyelles et de 39 à 48 consonnes. Le nombre des consonnes dépend des dialectes et des accents variables d'une région à l'autre ; le nombre le plus généralement retenu est 39 consonnes.

 

L'alphabet cyrillique russe compte, depuis 1917, trente-trois lettres. Avant 1917 , l'alphabet « prérévolutionnaire » en comprenait quatre de plus.

 

Pour écrire la langue ukrainienne, c’est une variante développée à la fin du premier millénaire. Cet alphabet cyrillique compte 33 lettres.

 

L'alphabet cyrillique serbe (Azbuka) compte 30 lettres. Chacune d’entre elles correspond a un son.

Il a été créé par Vuk Stefanović Karadžić en 1818. Mais il n'est devenu l’écriture officielle qu'en 1868. Il l’a créée à partir de l’alphabet russe, à l’époque, également utilisé en Serbie.

L’alphabet cyrillique serbe, de concert avec le travail de Krste Misirkov et Venko Markovski, a servi de base pour l’alphabet cyrillique macédonien.

Pour donner un exemple des différences, nous nous bornerons à évoquer le mot « cyrillique ». Les bulgares et les macédoniens écrivent :ћирилица. Les russes écriront : кириллица . En ukrainien, cela donnera : кирилиця. En Biélorussie, on trouvera : Кірыліца. Pour les Ruthènes : кырилиця.

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Le mythe de

 

la Tour de BABEL

 

ne s'applique pas seulement aux langues

 

mais aussi aux écritures !

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17:45 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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