22/12/2011

STEFAN ZWEIG: TEMOIN ATTENTIF, CLAIRVOYANT MAIS DESABUSE DE SON TEMPS.

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Essayer de comprendre Zweig, c’est se plonger dans les tréfonds de l’âme humaine et revenir sur la page la plus noire du XXème siècle et de l’histoire, celle de la montée et des triomphes du totalitarisme hitlérien.

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STEFAN ZWEIG

 

 

 

né le 28 novembre 1881 à Vienne ( Autriche )

 

décédé le 22 février 1942 à Pétropolis ( Brésil )

 

Grand représentant de la littérature autrichienne, ilincarne le bouillonnement de la vie culturelle viennoise de l'entre-deux-guerres.

 

 

 

Près de septante ans après sa mort, Stefan ZWEIG reste l’un des écrivains les plus lus de par le monde. 

 

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«C’est en Stefan Zweig que s’est incarnée, aux jours les plus sombres de la tourmente européenne, quand tout semblait détruit, la foi inaltérable en la communauté intellectuelle de l’Europe, la grande Amitié de l’Esprit, qui ne connaît pas de frontières.»

 

( Romain Rolland )

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«Zweig avait une recette que l'on pourrait nommer “l'art du renoncement”. Il a expliqué à plusieurs reprises: d'un premier jet d'élaboration,il en vient ensuite à condenser, élaguer et éliminer toutes les longueurs»

 

( Catherine SAUVAT, biographe )

 

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Stefan ZWEIG, fils d'un riche tisserand israélite, est né le 28 novembre 1881 à VIENNE.

 

En 1891, il entre au Maximilian Gymnasium, établissement parmi les meilleurs de VIENNE. Il y suit des études en toute liberté, guidé uniquement par son goût, passionné de littérature, de philosophie, d'histoire et d'art. Ce lycée, qu'il décrit comme un bagne, lui apporte une solide culture classique. Il n'y sera cependant qu'un élève moyen et morose.

 

Avec ses condisciples, il découvre, dès ses 14 ans, la vie de café: des établissements célèbres tels le "Beethoven", le "Rathaus", ou le "Reyl". Ils y discutent des heures, y jouent aux échecs, y lisent les journaux et revues culturelles mis à la diposition de la clientèle.

 

ZWEIG a une jeunesse, mélancolique, de dilettante et d'esthète. Sa fortune familiale lui permet de consacrer son temps aux nourritures spirituelles: les mélodies de Johan Strauss et d’Arnold Schönberg, la lecture de Goethe, Schiller, Rainer, Maria Rilke et des romantiques allemands.

 

 

 

Il suit les cours de philosophie à l’Université de VIENNE. Juif n'ayant pas reçu d’éducation religieuse, la question de l'identité ne le tourmente pas, pas plus que le problème d'intégration. Il se considère comme citoyen du monde, homme libre et ouvert. C'est un pur produit du monde intellectuel viennois de son temps, pluriculturel et tolérant.

 

A 23 ans, il fut reçu docteur en philosophie.

 

 

 

Il écrit, très jeune, de courtes nouvelles. Les premières ne trouveront pas d’éditeur. A 19 ans il publie "Dans la neige", texte cité comme remarquable dans un journal dirigé par Theodore HERZL. C'est l’histoire d’une petite communauté juive du Moyen-Âge en butte au fanatisme et à l’intolérance, victime d'une secte, les « flagellants ». Cinquante ans plus tard, cette oeuvre sera vue comme une préfiguration du nazisme. Un petit recueil au titre évocateur "Les Cordes d’argent" le rendra célèbre.

 

HERZL lui ouvre les colonnes d'un journal prestigieux,  le "Neue Freie Press". Il y publie un feuilleton qui le consacre, à 20 ans, dans les milieux intellectuels de l’Empire. Il obtint le prix de poésie Bauernfeld, une des plus hautes distinctions littéraires autrichiennes

 

Jusqu'en 1914, il consacre la plus grande partie de son temps aux voyages. Il séjourne à PARIS, à BRUXELLES, à ROME, à FLORENCE, en PROVENCE. Il va parcourir le monde entier: l'Amérique, les Indes, l'Espagne, l'Afrique, le Canada, Cuba, le Mexique...Ces voyages développeront en lui l'amour pour les lettres étrangères, et surtout pour les lettres françaises.

 

Il noue des relations avec les grands écrivains de son temps: les français Jules ROMAINS et Romain ROLLAND, le belge VERHAEREN, la suédoise Ellen KEY. Influencé par FREUD, il insiste toujours sur le côté psychologique de ses personnages. Il dira d'ailleurs "J'ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu'à les juger".

 

Il produit une oeuvre littéraire abondante, tour à tour poète, romancier, essayiste, biographe, traducteur, homme de théâtre...Rien de ce qui est humain ne lui est étranger. Il conserve cependant un certain recul pris parfois pour du cynisme. Il considère chaque être humain comme une fin en soi, le juge sur ses qualités profondes et non sur sa condition sociale.

 

 

 

En août 1914, il s'engage dans l'armée autrichienne mais reste un pacifiste convaincu. Comme son ami Romain ROLLAND, il ne peut se résigner à sacrifier aux nationalismes déchaînés la réalité supérieure et supranationale de la culture. Il est profondément ulcéré par cette guerre. Elle lui inspire diverses oeuvres, autant de violentes protestations: en 1916, "Jérémie". Plus tard, vers 1930, "Ivresse dela Métamorphose" ( première partie );en 1938, la seconde partie, où il incrimine la guerre. Il refuse d'être dupe des valeurs morales factices d'une société en décadence, cette idée marquera désormais toutes ses nouvelles.

 

 

 

Mais Hitler s'empare du pouvoir en Allemagne. Les violences contre les réfractaires et les juifs s'y multiplient.Dès 1933, à Munich et dans d'autres villes, des étudiants nazis livrent aux flammes les ouvrages considérés comme "déviants". Les oeuvres du "juif" ZWEIG n'y échapperont pas! Son opposition à ce régime se manifeste en 1934 dans "Érasme : grandeur et décadence d'une idée".

 

Bientôt l'Autriche sera annexée. ZWEIG voit avec désespoir le retour des mêmes forces brutales et destructrices qu'en 1914, mais, sous la forme, pire encore, du nazisme. En 1934, il part en Angleterre. En Autriche, les nazis tourmentent sa mère en fin de vie. Il n'y fera qu'une courte réapparition.

 

 

 

L'arrivée inévitable de la guerre le désepère.Il quitte l'Europe pour les Etats-Unis, où il compte s'établir. Il a perdu toute illusion, même sur une victoire contre l'hitlérisme. Cela le bouleverse: il ne supporte pas de voir sa langue, l'allemand, devenir le langage des bourreaux. Rongé par l'inquiétude morale, il perd toute stabilité. Le 15 août 1941, il s'embarque pour le Brésil et s'établit à Pétropolis. Il espère encore y trouver la paix de l'esprit.

 

Là, il rencontre Georges BERNANOS, rugissant contre les traîtres de VICHY. Il semble avoir retrouvé un peu d'espérance. Il rédige en peu de temps "Brésil terre d'avenir", "Le Monde d'hier", "Le Joueur d'échecs" et les biographies de Balzac et Montaigne.

 

Le 22 février 1942, il rédige un message d'adieu qu'il termine comme suit: "Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux." Il se suicide par surdose de médicaments, suivi de son épouse.

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BIBLIOGRAPHIE:

 

- Les Cordes d'argent , 1901
- L'Amour d'Erika Ewald, 1904
- Guirlandes précoces, 1906
- Thersite, 1907
- Emile Verhaeren, essai biographique, 1910
- Première Expérience, (dont Brûlant Secret),1911
- La Maison au bord de la mer, 1912
- Jérémie, 1917
- Trois Maîtres ( essai sur Balzac, Dickens et Dostoïevski), 1920
- La Peur, 1920
- Amok ( dont Lettre d'une inconnue), 1922
- Le Combat avec le Démon ( essai sur Kleist, Hölderin, et Nietzsche), 125
- Volpone, 1927
- Les heures Etoilées de l'Humanité, 1927

 

- Trois Poètes de leur vie ( essai sur Stendhal, Casanova et Tolstoï), 1928

- Joseph Fouché, essai biographique, 1928
- La Guérison par l'Esprit ( essai sur Freud, Mesmer et Mary Bake-Eddy), 1931
- Légendes , 1931
- Marie-Antoinette, biographie, 1932
- Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
- Erasme, biographie, 1934
- Marie Stuart, biographie, 1935
- Castellion contre Calvin, biographie, 1936
- Le Chandelier enterré, 1937
- Impatience du cœur, 1938
- La Pitié dangereuse, 1938
- Magellan, biographie, 1938
- Amerigo, biographie, 1940

 

- Brésil, terre d'avenir, 1941

 

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19:08 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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