08/09/2011

GRAND PATRIOTE ET TEMOIN DE SON EPOQUE: HUBERT STIERNET.

 

 

 

 

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Hubert STIERNET 

WAREMME, le 5 juillet 1863

 

BRUXELLES, le 1° janvier 1939

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Ecrivain wallon de langue française, injustement oublié. 

Grand témoin de son temps.

"Non loin de là, à Waremme, la carrière de Hubert STIERNET (1863-1939) s'est déroulée sans histoire, dans l'enseignement."

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C'est ainsi qu'un chercheur hannutois résume en quelques mots, la vie de Hubert STIERNET.

 

C'est un jugement à la fois erroné et injuste comme nous allons le voir.

Hubert STIERNET est né à Waremme le 5 juillet 1863. Il est le second d'une famille nombreuse ( sept enfants ). C'est une famille d'artisans: son père est tailleur. On doit bien s'imaginer l'ambiance familiale qui a baigné sa jeunesse. Et qui a forgé son caractère. WAREMME n'était à l'époque qu'une grosse bourgade et la majeure partie de la population ne portait que le sarrau. Il a donc appris très jeune les vertus du travail. Il se montra travailleur acharné dès son adolescence.

 

Nous verrons rapidement que la carrière de Hubert STIERNET ne s'est pas déroulée "sans histoire", ni non plus, simplement, "dans l'enseignement", ni non plus "à WAREMME".

 

WAREMME est resté son port d'attache, mais il le quitte très jeune. Après l'école primaire, il y étudie à l'Ecole Moyenne de l'État. Puis, on le trouve à l'École Normale Primaire de l'Etat à HUY. Ensuite, il poursuit à l'École Normale de Gand.

 

L'Ecole Moyenne de WAREMME fut créée par un Arrêté Royal publié le 14 novembre 1851. 


Dans les années 1870, pour un jeune waremmien, étudier à HUY impliquait d'y être pensionnaire. D'autant plus que c'était le principe obligatoire des Ecoles normales à l'époque.

En fondant les écoles normales de Lierre(1844), de Nivelles (1844) et de Mons (1876) et les sections normales de Bruges (1848), Virton (1848), Gand (1861), Huy (1861) etCouvin (1864), l'autorité civile s'en est tenue strictement au principe de l'internat. L'internat était considéré comme un modèle éducatif. C'était aussi, il faut bien le dire, une façon hypocrite de procéder à un écrèmage social. Les candidats d'origine modeste ne pouvaient ainsi avoir accès qu'au prix de privations de la part de leur famille.

 

Et que dire de la ville de GAND. A l'époque, l'enseignement secondaire en Flandre était uniquement prodigué en français. Mais, il n'empêche que voilà notre jeune homme propulsé dans une grande ville avec des condisciples flamands pour la plupart. Et il était hors de question de rentrer chaque semaine à WAREMME. C'est sans doute là que l'on peut trouver la raison de son attachement viscéral à WAREMME et à la HESBAYE alors que toute sa carrière s'est déroulée loin de là. C'est sans aucun doute une manière de lutter contre le déracinement.

 

Ses études terminées, il doit occuper un poste d'enseignant à RENAIX. Mais suite à une erreur administrative, il se retrouve au ROEULX. Cette erreur constatée, il effectue un court passage à RENAIX, Il est alors nommé professeur de français à l'Ecole Moyenne de l'Etat de LAEKEN.

 

Très tôt, il se met à écrire. Classé par une grande partie de l'intelligentsia dans la catégorie des écrivains régionalistes, c'est un romancier dont les oeuvres n'ont pour la très grande majorité jamais été rééditées. Dans ses récits, il décrira souvent sa maison natale et le quartier de sa jeunesse. Il est reconnu comme un spécialiste de la description de l'âme hesbignonne. Il n'hésite pas à émailler ses récits d'expressions patoisantes, tout en se gardant de la lourdeur du procédé.

 

Sa carrière littéraire est jalonnée de volumes réunissant des contes. C'est dans cet art qu'il excelle.

Sa première publication en volume, "Pierre Lanriot", date de 1888. C'est un court roman de mœurs, à tendance psychologique, situé en Hesbaye, suivi de deux courts récits. L'auteur y démontre ses qualités de conteur, dans un style ferme et sobre. Un récit pour enfants, allégorique et éducatif, "Histoires du chat, du coq et du trombone", paraît en 1890. En 1893, ce sont les Contes au perron". Il y donne libre cours à son imagination pour décrire des gens et des milieux simples. Milieux auxquels il reste solidement attaché malgré sa réussite personnelle.

 

De nombreuses années s'écoulent avant qu'il ne publie un nouvel ouvrage. En 1906, "Histoires hantées" révèle que son inspiration et sa maîtrise ont évolué. Les récits qui composent l'ouvrage, placé sous le signe de la fatalité du destin et de la mort omniprésente, rappellent l'angoisse existentielle que STIERNET a découverte chez POE notamment L'action se situe toujours en Hesbaye et l'écrivain peint sa région natale et ses coutumes avec un grand réalisme, mais aussi avec retenue. 

 

En 1909, il écrit, pour ses quatre enfants "Contes à la nichée". Il utilise ses souvenirs d'enfance, et met en scène des membres de sa famille, des situations et des personnages de WAREMME. L'ouvrage a du succès : en vingt ans, quatre éditions se succéderont.

 

En 1911, paraît "Haute Plaine" composé de six nouvelles où il mêle le merveilleux et le réalisme.

 

Il mène une brillante carrière dans l'enseignement. Il réalise un cours de rédaction. Il y insiste sur la nécessité d'une participation des émotions de l'enfant à l'apprentissage de l'expression des idées. Appelé à la fonction de Président des écoles moyennes, il doit, en 1901, traiter de l'amélioration des barèmes du corps enseignant. STIERNET a toujours été un amateur de musique; il déplore que l'enseignement secondaire ne comporte pas de cours valable dans ce domaine.

 

Lorsque la guerre éclate, son patriotisme lui fait prendre des risques. Il n'hésite pas à s'exprimer publiquement. Il est destitué de son poste par les Allemands. Après la fin des hostilités, il signe, dans le premier numéro du journal "Le Soir", un texte enthousiaste, intitulé "Au soldat".

 

C'est dans cet esprit qu'en 1921, avec "Le Récit du berger", il raconte les premiers jours de l'occupation de WAREMME, en août 1914 . Il réussit le tour de force de s'élever contre la guerre tout en exaltant le patriotisme. La même année, paraît "Le Roman du tonnelier"  brillante analyse de mœurs en milieu rural., sa meilleure production psychologique. Dans cet ouvrage, rien de sophistiqué mais la vision juste et exacte de la Hesbaye "riche et lourde au-dessus de laquelle volette sans cesse l'âme rêveuse et promptement inquiète des gens de la race"

 

En 1923, " La Grâce de la folie", recueil de neuf textes drôles et satiriques: il s'attarde au folklore waremmien et il exprime son émotion devant la modification des sites qu'il a connus. Il signera un dernier roman en 1931, "Par-dessus les clochers". L'action, qui débute à Waremme mène le lecteur à travers le monde, à 1a suite d'un héros avide de découvertes.


Il termine directeur de l'École Moyenne de Schaerbeek.
L'année de sa retraite, il est élu à l'Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises, le 14 juin 1924. Il s'éteint dans sa maison de Bruxelles quinze ans plus tard, le jour de l'an 1939.

 

 

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Georges-Émile LEBACQ est l'ami d'Hubert KRAINS et d'Hubert STIERNET. Il illustre certains contes  pour ce dernier..

Au travers de nombreuses lettres, Hubert STIERNET lui écrit notamment : " Travaille mon grand : travaille. Accroche toi à la couleur et ne vise pas dans les nuages : les Wallons sont timides devant la première et téméraires devant les seconds. Fais bien mes compliments au doux St. François et dis aux pommiers de ton clos qu'ils ne feront jamais de si belles pommes que celles qui poussent au bout de ton pinceau!".

 

On lui doit notamment l'illustration des "Contes à la Nichée" de Hubert STIERNET 1909 - Éditions Lebègue - Bruxelles

 

 

 

 

 

16:42 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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