09/04/2011

HUBERT KRAINS: UN GRAND HESBIGNON ET DEFENSEUR DE NOTRE PATRIMOINE ET DE NOS DROITS.

HUBERT KRAINS.

 

Né à LES WALEFFES le 30 novembre 1862 et décédé à BRUXELLES le 10 mai 1934.

Témoin d'un temps révolu où le monde paysan était encore nombreux, où la Belgique comptait encore sur le plan international, où un francophone pouvait encore diriger la Poste belge, où le mouvement wallon naissait lentement dans une sorte d'indifférence aux problèmes qui pointaient déjà !

Fils d'ouvriers agricoles hesbignons, il interrompt ses études à WAREMME en 1878 afin de seconder son père dans les travaux agricoles. Il aurait voulu être vétérinaire mais son père l'oriente vers l'Administration des Postes. Entré comme employé en 1880, il en gravit tous les échelons, jusqu'à devenir secrétaire de l'Union Postale Universelle (1895-1911) à BERNE et à terminer sa carrière comme Directeur Général des Postes de Belgique (1925-1928).

 

A seize ans, l'adolescent réussit un examen d'aide télégraphiste, poste qu'il occupera d'abord à MORLANWELZ, ensuite à FALLAIS de 1880 à 1882. En mai 1882, il est nommé commis de troisième classe à l'administration centrale et quitte sa Hesbaye natale. C'est durant ses trajets en train vers BRUXELLES qu'il se lie d'amitié avec un autre conteur hesbignon, Hubert STIERNET qui était professeur à SCHAERBEEK.

En 1894, il épouse Juliette Thibaut, née à GRAND-HALLET, près de LES WALEFFES. Ils n'auront pas d'enfants.

Malgré les déplacements et dépaysements imposés par sa profession, il reste marqué par les vingt premières années de sa vie à la campagne et dans un milieu pauvre. Ses écrits sont de véritables documents sur la vie rurale, en HESBAYE, à la fin du XIXème et au début du XXème siècles.

UPU.jpgLe séjour à Berne (1895-1911) lui permet d'approfondir son oeuvre. De ces années de solitude forcée naîtra l'évocation des habitants et des moeurs de sa Hesbaye dans « Amoursrustiques » (1899), « Le pain noir » (1904) et « Figures du pays » (1908).

Il publie ses premiers contes dans La Wallonie. ( Il ne s'agit pas du journal liégeois mais d'une revue littéraire fondée par Xavier NEUJEAN et Albert MOCKEL ). Il reçoit les encouragements d'écrivains déjà reconnus: MOCKEL, de Georges EEKOUD Ce dernier l'initie aux auteurs anglo-saxons, russes et scandinaves. Il se nourrit de ces oeuvres et abandonne la poésie pour la prose..



Ensemble, ils fondent, en 1895, le Coq Rouge. Après une brève période de nostalgie due à son installation en Suisse (1895), il révèle sa véritable personnalité: en 1904 paraît son oeuvre majeure : « Le Pain noir ».

« Le pain noir » a été traduit en néerlandais par la soeur de Vincent VAN GOGH. En wallon, pour le théâtre, Joseph DURBUY s'est inspiré de textes de KRAINS pour Li phosphate, pièce créée en 1928.

Eloigné de son pays, il semble le redécouvrir avec plus de force et de vérité. Mais il s'insère aussi dans la vie culturelle suisse en envoyant de nombreux articles à des revues francophones.

 

De retour au pays (1911), il y a vécu la Première Guerre mondiale et, déjà, la première querelle linguistique entre Wallons et Flamands. Cela l'exaspère! Il refuse de participer à une première tentative ( peu connue maintenant ) de scission administrative du pays qui eut lieu durant la première guerre, en s'affirmant Wallon, mais tenant de l'unité nationale. Il réagit à la montée des revendications flamingantes. Ainsi, en 1928, à l'occasion d'un procès intenté contre un ancien incivique flamand gracié, KRAINS est l'un des tout premiers à répondre à l'appel d'une souscription pour payer les frais du procès. De nombreux articles dans la presse de cette époque montrent son ardeur à défendre la langue et la culture française.

 

Après la guerre, KRAINS accède à une certaine notoriété. Il prend la tête de l'Association des écrivains belges. Dans le cadre de ses fonctions, il intervient auprès des autorités compétentes pour que les bibliothèques publiques consacrent une partie plus importante de leur budget à l'achat de livres d'auteurs belges.

Il s'impose également comme un critique littéraire, dans « La Vie wallonne ». Il soutient aussi les débuts en littérature de Jean TOUSSEUL dont nous avons déjà parlé.

 

En juillet 1926, ses pairs, les écrivains, lui offrent en hommage une plaque de bronze due au ciseau du sculpteur BROUNS. L'artiste y figure deux adolescents donnant « Le pain noir » à l'immortalité. Cette plaque est apposée aujourd'hui sur le mur du cimetière de LES WALEFFES où il repose.

 

Il fut un ardent défenseur de la langue et de la culture française et un militant wallon : il sera l'un des premiers à collaborer avec Elie BAUSSART à « La terre Wallonne »

Président de l'Association des Ecrivains belges (1918-1934), membre de l'Académie royale de Langue et de Littérature françaises, il refuse cependant d'en être le secrétaire perpétuel. Mais le public devient indifférent l'égard de ses écrits. Il connaîtra deux échecs commerciaux importants.

En gare de Bruxelles, âgé de 72 ans,Hubert KRAINS connaît une fin tragique, broyé sous les roues d'un train; une mort violente à l'instar de l'aubergiste Jean LEDUC, le héros de son Pain Noir.

Bibliographie

Œuvres romanesques et nouvelles

- Les bons parents,1891.

Histoires lunatiques, 1895.

Amours rustiques, 1925

- Le pain noir, 1904, réédité avec une bibliographie, Éd. Labor, Bruxelles, 1989.

Figures du pays, 1908;

Mes amis, 1921

Au coeur des blés, 1934.

Histoire et critique

L'Union postale universelle, 1908.

Portrait d'écrivains belges,1930.

Il faut encore signaler une collaboration suivie de l'auteur à diverses revues dont un relevé très complet a été fait par R.Gustin dans Hubert Krains, conteur et romancier - mémoire de licence -, Louvain, septembre 1964.

------------

" LE PAIN NOIR "

Pain Noir.jpg

Il y décrit la lente mais irrémédiable descente aux enfers d'un couple d'aubergistes (les époux LEDUC) qui tiennent l'auberge

 

L''ETOILE sur la route de HUY à HANNUT.

Le couple est poursuivi par la malchance: l'inauguration de la ligne de train de STATTE à LANDEN va leur faire perdre leur clientèle suite au détournement du trafic des voyageurs de la route au profit du train.

En outre pour éviter la prison à leur fils Alfred qui »avait mal tourné »n commis de nombreuses frasques, ils avaient dû hypothéquer la propriété.

Au temps où les affaires marchaient bien, l'aubergiste sortait beaucoup. Incapable de faire du mal à personne mais indolent et bien en peine de prendre des décisions, la nouvelle situation le dépassait. Sa femme, au contraire, travaillait comme une bête de somme.

 

"C'était une de ces créatures pleines d'abnégation pour qui le plaisir suprême consiste à voir vivre par elles, tranquilles et heureuses, les personnes qu'elles aiment".

Attention, il existe un autre livre, de Serge MOATI, portant le même titre !

 

----------------------

KRAINS_Hubert.GIF

 

 

 

En 1920, vu sa célébrité, le roi ALBERT le choisit avec treize autres écrivains pour former le noyau de notre Académie Royale de Langue et de Littérature Française de Belgique, créée à l'instigation de Jules DESTREE

----------------


18:28 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.