31/12/2010

LOUIS GUILLOUX: ECRIVAIN TEMOIN DU SIECLE DERNIER.

 

LOUIS GUILLOUX:

Ecrivain français méconnu.

Né à Saint-Brieucle 15 janvier 1899 et y décédé le 14 octobre 1980.

Ce fut un grand témoin, mais témoin engagé, des évènements du 20°siècle.

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Il montre la détresse des êtres confrontés à l'injustice, à la solitude, au mal de vivre. Il décrit le caractère tragique et dérisoire de la condition humaine mais il en souligne aussi la grandeur. Souvent classé parmi les « écrivains prolétariens », il récuse cette classification car, dans ses romans, il met en évidence des sentiments universels.

« Les hommes que j’ai voulu peindre ne sont pas d’abord des prolétaires. Ils sont avant tout des hommes. »

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Louis GUILLOUX est né à Saint-BRIEUC, en BRETAGNE, dans une famille pauvre. Son père, cordonnier, comptait parmi les fondateurs de la section socialiste de la ville. Il sera le personnage principal de son premier roman « La maison du peuple ». Il avait deux soeurs plus âgées.

En 1912, il entre, comme boursier, au Lycée de Saint-Brieuc mais il ne s'y sent pas à l'aise. Il y étudiera jusqu'en 1916. Alors, il abandonne sa bourse et devient surveillant d'internat dans cet établissement. Il souffrait d'être à charge de sa famille. Il continue cependant, apparemment, à étudier en autodidacte, notamment l'anglais, puisqu'il préparera plus tard, sans le passer, le bac.

A cette époque, il fait connaissance, indirectement, avec la guerre. Il lit la propagande officielle, exaltante. Il assiste aux revues militaires et aux départs de troupes qui l’émeuvent. Mais il est aussi frappé par les avis, funèbres, que reçoivent les familles; par les prisonniers allemands si tristes; par les blessés qu’on amène au lycée transformé en hôpital militaire et par leurs récits. Cela marquera plusieurs de ses oeuvres plus tard ( « Dossier confidentiel » et « Sang noir » )

De 1917 à 1920, il mène une vie aventureuse, il change plusieurs fois de ville, émigre à Paris, et exerce plusieurs métiers. Il travaillera une seconde fois dans un lycée, comme répétiteur.

En 1920, il décide de se consacrer à la littérature: il rédige des contes et des nouvelles qui seront publiées dans divers journaux.

Ses études solitaires d'anglais lui ont servi puisque, en 1922, il entre comme traducteur d'anglais aun journal « L'intransigeant ».

Pendant ce temps, il continue à écrire et à publier contes et nouvelles.

Mais sa vraie carrière d'écrivain débuta en 1926: il est introduit auprès de Daniel Halévy qui dirige la collection « Les Cahiers verts » chez Grasset. Il y rencontrera de nombreuses personnalités du monde littéraire.

 

En 1927, paraît son premier roman « La maison du peuple ». Ce livre révèle son enfance: un peu avant la guerre de 1914 - 1918, à Saint-Brieuc, un cordonnier essaie de  

créer une section socialiste, puis, n'étant pas arrivé à convaincre les habitants, entreprend de construire de ses mains une « maison du peuple ». Son fils ( Lui-même ) assiste à ses efforts désespérés pour donner un espoir au peuple. Il est suivi d'un texte bref, « Compagnons », qui raconte la mort d'un ouvrier. Le livre est préfacé par Albert Camus, qui écrit : « Je défie qu'on lise ce récit sans le terminer la gorge serrée. » Albert CAMUS dira aussi, plus tard, en parlant de Louis GUILLOUX: « Nous sommes quelques-uns à penser qu’on ne devrait parler de la misère qu’en connaissance de cause. »

 

 

En 1924, il se marie. Son épouse est professeur de français. Il sera amené à déménager plusieurs fois au gré des mutations de son épouse pour revenir, finalement, à Saint-Brieuc.

Suivront d'autres oeuvres dont: « Dossier confidentiel » en 1930 qui a, pour arrière-fond, la guerre de 14/18: pendant la guerre de 1914, dans une petite ville de l'arrière qu'agitent les mouvements sociaux et que traversent des convois de permissionnaires, trois adolescents partagés entre le désespoir et la révolte cherchent un moyen d'échapper à ce monde qui s'abîme sous leurs yeux. Chacun des trois suivra sa propre trajectoire, l'un d'eux mourra au front.

Et, en 1935, « Sang noir » avec lequel il ratera de peu le Prix Goncourt mais il connaît immédiatement un grand succès international. L'action de ce roman se déroule, en 1917, vraisemblablement à Saint-Brieuc, sur une journée. Guilloux caricature un singulier professeur   CRIPURE, professeur de philosophie, risée de ses élèves et de ses concitoyens. Ce roman se déroule dans le climat pesant de la guerre. Guilloux évoque une émeute de conscrits ainsi que les exécutions des mutins.( au Chemin des Dames ).

Dans les années 30, il se consacre, en outre, à de nombreuses activités politiques et sociales: luttes bretonnes contre les ventes-saisies de fermes, mise en place de comités de chômeurs, accueil des réfugiés espagnols, participation au « Secours Rouge ».

  • En 1935, il participe au Congrès mondial des écrivains antifascistes.
  • En 1936, il accompagne André Gide en URSS. A son retour d'URSS, GIDE manifeste publiquement sa désapprobation du régime dans « Retour d'URSS ». A ce moment, Louis GUILLOUX collabore au journal « Ce soir », journal créé par le Parti Communiste. Son refus de prendre parti contre André Gide lui vaut  de perdre sa place.
  • Pendant la guerre de 40/45, il jouera un rôle important dans la Résistance, notamment pour tenter de fédérer les diverses composantes de celle-ci. Sa maison servira de lieu de réunions et d'hébergement des clandestins. A la Libération, sa connaissance de l'anglais lui vaudra un poste d'interprète auprès des Tribunaux militaires américains. Il s'agissait, entre autres, de juger les soldats américains coupables de délits envers la population française.
  • Longtemps après la guerre, il reprend des activités sociales en vue. En 1961, comme délégué au Haut Commissariat aux Réfugiés, il visite les camps établis en Europe depuis 1945. En 1967, à l'appel d'André MALRAUX, il s'investit dans la création de Maisons de la Culture.
  • Il décède le 14 octobre 1980. Il eut droit à des funérailles à la Cathédrale de Saint-Brieuc
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      • Méconnu du grand public, la reconnaissance de ses pairs ne lui a pourtant pas manqué. Considéré par les plus grands comme étant leur égal: ROLLAND, ARAGON, GIDE, MALRAUX, CAMUS, SAMPRUN. Mais, à vouloir toujours rester indépendant, à penser en «franc-tireur», à refuser tout engagement de son œuvre, GUILLOUX devait rester en marge des courants idéologiques porteurs de carrières. Certes sa pensée, sa sensibilité, les milieux décrits montrent un authentique homme de gauche. Mais il ne voulait pas servir de caution ni de bonne conscience à la Gauche officielle, malgré les tentatives du Parti Communiste. «Je ne veux, je ne puis me dire d’un parti ou d’une école. » écrit-il à Romain ROLLAND en 1931. «il faut que les cœurs soient libres» disait-il.

 


 

 

 

18:07 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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