13/12/2010

MAURICE GENEVOIX: UN GRAND ECRIVAIN DE LA GUERRE DE 14/18.

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Né à DECIZE dans la NIEVRE le 29 novembre 1890 et décédé à JAEVA ( Espagne) le 8 septembre 1980.

Il est le chantre de la mémoire.

Son oeuvre, aussi bien de guerre que régionaliste, démontre son travail de mémoire puis de témoignage.

Cette mémoire est mise au service de ses camarades de guerre, mais aussi afin de perpétuer les scènes de son enfance.

 

 

Il naît le 29 novembre 1890 dans une famille de médecins et de pharmaciens. Son père, est greffier de justice. En 1891, sa famille déménage à CHATEAUNEUF-DUR-LOIRE, dans le Loiret. Son père y reprend l’épicerie-mercerie de ses beaux-parents.

Il fut très tôt, et plusieurs fois par la suite, confronté à la mort. Cela marquera son oeuvre. Il faillit mourir du croup à l'âge de quatre ans. A douze ans, il perd sa mère, ce qui le plongera dans un grand chagrin. Il gardera toute sa vie une meurtrissurequi transparaît dans plusieurs romans, « Fatou Cissé « ou « Un Jour ». Esseulé, il trouve le réconfort sur les bords de la Loire. Là, il se réfugie pour rêvasser. Il s'en inspirera plus tard dans plusieurs ouvrages « Rémi des rauches », « la Boîte à pêche », « Agnès, la Loire et les garçons ». Mais l'expérience la plus dure, il la vécut au front où il vit des amis proches mourir à ses côtés et où il faillit lui-même perdre la vie. Après la guerre, il réchappa par miracle à l'épidémie de grippe espagnole.

Elève brillant, il se distingua dès l'école communale: il obtint le premier prix du canton pour le certificat d'études. A onze ans, il est interne à ORLEANS, au lycée. Il y découvre une vie de discipline et d’ennui, il trouve un dérivatif dans la lecture. Puis on l'inscrit au lycée de SCEAUX.

 

Admis à l’Ecole Normale Supérieure, il effectue entretemps son service militaire à Bordeaux. En 1912, il reprend ses études. Mobilisé en 1914, il dut r rejoindre le front comme officier d’infanterie, dans le 106° Régiment d'Infanterie. Il lui restait un an pour obtenir son agrégation. Son régiment participera à la bataille de la Marne et à la marche vers Verdun. Il s'est battu aux EPARGES.

Il est grièvement blessé le 25 avril 1915, juste après avoir vu mourir son meilleur ami. Soigné pendant sept mois, il change en permanence d'hôpital. Il est réformé à 70% d'invalidité, puis à 100%, ayant perdu l'usage de la main gauche.

Dans le tome 4 de son ouvrage « Ceux de 14 », il a longuement narré cette bataille. Il y écrit notamment: « Les Eparges est un lieu de bois, de collines et de ruisseaux dans la MEUSE près de VERDUN. Les combats de la Guerre de 1914-18 y furent effroyables et vains: la ligne de front ne bougea quasiment pas pendant quatre ans. ».

 

De février à décembre 1916, la bataille de VERDUN causa plus de 300000 morts et 400000 blessés. A cette époque, le commandement croyant à une guerre courte ne ménagea guère la vie des hommes. En hommage à ces malheureux et pour permettre au public de mieux comprendre cette terrible bataille, fut construit, dans les années 60, le célèbre Mémorial. Ce monument fut inauguré par Maurice GENEVOIX.

 

« Ceux de 14 » n'est pas seulement un des meilleurs témoignages sur la guerre de 14 ( avec ceux de DORGELES et de BARBUSSE ) mais on y trouve le souci d'éviter toute littérature inutile. Y apparaissent ses dons d'évocation, ses traits de psychologie, son art magistral de dépeindre les situations, les hommes et les âmes. On y décèle une réelle puissance d'expression. Il y met toute la générosité de son âme. Certains vont même jusqu'à dire que le véritable mémorial dédié aux malheureux combattants n'est pas le mémorial de pierres des années 60 mais que c'est est cet ouvrage, mémorial de mots et de papier. Le passé désincarné, quasi virtuel, des livres de l'histoire officielle ne peut exprimer réellement la vérité alors
que cet ouvrage, mettant en scène le quotidien, interpelle, réveille et donne du sens. GENEVOIX est persuadé que toute exagération ne peut qu'affaiblir l'effet de la réalité. Dès lors, il n'aspire qu'à rester un témoin fidèle et scrupuleux. Il a dit ce qu'il avait vu et entendu, et rien d'autre.

 

Il convient, ici, de citer quelques phrases de GENEVOIX prises presque au hasard:

« Je me raidis désespérément, pour ne pas crier, pour ne pas fuir: ce fut un spasme de volonté dont la secousse enfonça mes ongles dans mes paumes (...) Dans une complète possession de moi, je fonçai droit, d'un élan aveugle et fou. »

Et, dans une lettre écrite en 1915:

« Cette guerre est ignoble: j’ai été, pendant quatre jours, souillé de terre, de sang, de cervelle: J’ai reçu à travers la figure un paquet d’entrailles, et sur la main une langue, à quoi arrière-gorge pendait:.. [...] Je suis écoeuré, saoul d’horreur. »

 

En décembre 1915, il remet à Paul DUPUY ses carnets de guerre que la maison HACHETTE accepte de publier: « Sous Verdun » et « Nuits de guerre » paraissent en 1916, « La Boue »en 1921 et « Les Eparges » en 1923. Ces quatre livres sont regroupés sous le titre collectif « Ceux de 14. »

 

La paix revenue, Maurice GENEVOIX doit renoncer à sa carrière universitaire. Il se retire en SOLOGNE. Il s'y consacre à la littérature. Son œuvre abondante a souvent pour cadre la nature du Val-de-Loire où évoluent en harmonie hommes et bêtes. On citera : « Rémi des Rauches » , Raboliot, qui lui valut une précoce reconnaissance avec le prix Goncourt 1925, « La Boîte à pêche » , « Les Mains vides » , « Rroû » , « L’Assassin », « Gai-l’Amour » « Forêt voisine » , « Marcheloup » , « Le Jardin dans l’île », « La Dernière Harde », « Les Compagnons de l’Aubépin », « L’Hirondelle qui fit le printemps » , « Sanglar », « L’Aventure est en nous », « Fatou Cissé », « Routes de l’aventure », « Au cadran de mon clocher », « La Loire, Agnès et les garçons », « Derrière les collines », « Christian Caillard », « Beau Français », « La Forêt perdue », « Images pour un jardin sans murs », « Tendre bestiaire », éBestiaire enchanté » , « Bestiaire sans oubli », « Un jour », « Loreleï », « La Motte rouge », « Trente mille jours ». Ce dernier ouvrage est paru en 1980, l'année de sa mort. Jusqu'à sa mort, il ne cessa donc d'écrire.

En 1972,il publie en un essai sur le thème de la mort,« La Mort de près ». Une mort dont il s'attache à dépeindre la fréquentation quotidienne au cours de la guerre, l'expérience de ce « vide glacial » que laisse à ses côtés le compagnon fauché dans sa course, et qui ne cessera jamais de le poursuivre. Un épisode qu'il remettra en scène dans «  La dernière harde » où le Cerf rouge, fuyant avec sa mère sous les balles des chasseurs, sent ce même « vide glacial, extraordinairement profond, qui le suivait dans son élan ».

« La mort de près » relate les trois expériences de la mort qu’il a vécues. En voici un extrait :
« Ce cri rauque, étranglé, qui m’est resté dans les oreilles, qui l’a poussé ? Est-ce lui, ce premier mort dépassé ? Je viens d’en apercevoir un autre, un troisième. J’ai entendu aussi, très nettement, à ne pouvoir m’y tromper, le choc des balles qui entraient dans les corps, bref, étouffé, comme d’une lame de couteau assenée par un poing furieux. Désormais, je sais que le ‘le feu tue’ ».

Il est élu en 1947 à l’Académie Française. Il en devient Secrétaire Perpétuel en 1958.

Souvent on partage son oeuvre en deux: les oeuvres de guerre suivies d'une rupture et d'un repli sur des romans régionalistes. Ce n'est pas exact. Après son oeuvre de guerre qu'on pourrait presque comparer à un reportage journalistique, il produisit une oeuvre abondante à classer selon trois sources d'inspiration:

  • l’inspiration rurale, la chasse, la pêche, la forêt, les grands espaces (Rémi des Rauches, La Forêt Perdue, Forêt Voisine, La Boîte à Pêche …)

  • les grands voyages, les civilisations lointaines (Fatou Cissé, Eva Charlebois, Routes de l’Aventure…)

  • l’autobiographie et les souvenirs de guerre (Trente Mille Jours, La Mort de près). 

Il s'insurgeait d'ailleurs contre cette réputation d'écrivain régionaliste.Dans « Jeanne Robelin « (1920),son premier essai romanesque: sous le prétexte d’une intrigue amoureuse à laquelle la guerre sert d’arrière-plan, il évoque la vie des civils à l’arrière. « La Joie » (1924) est une peinture réaliste, âpre, de la réinsertion sociale des anciens combattants. En fait, romancier vivant de la littérature,il n’a jamais voulu exploiter son expérience de la guerre dans un roman.Il naît le 29 novembre 1890 dans une famille de médecins et de pharmaciens. Son père, est greffier de justice. En 1891, sa famille déménage à CHATEAUNEUF-DUR-LOIRE, dans le Loiret. Son père y reprend l’épicerie-mercerie de ses beaux-parents.

Il fut très tôt, et plusieurs fois par la suite, confronté à la mort. Cela marquera son oeuvre. Il faillit mourir du croup à l'âge de quatre ans. A douze ans, il perd sa mère, ce qui le plongera dans un grand chagrin. Il gardera toute sa vie une meurtrissurequi transparaît dans plusieurs romans, « Fatou Cissé « ou « Un Jour ». Esseulé, il trouve le réconfort sur les bords de la Loire. Là, il se réfugie pour rêvasser. Il s'en inspirera plus tard dans plusieurs ouvrages « Rémi des rauches », « la Boîte à pêche », « Agnès, la Loire et les garçons ». Mais l'expérience la plus dure, il la vécut au front où il vit des amis proches mourir à ses côtés et où il faillit lui-même perdre la vie. Après la guerre, il réchappa par miracle à l'épidémie de grippe espagnole.

Elève brillant, il se distingua dès l'école communale: il obtint le premier prix du canton pour le certificat d'études. A onze ans, il est interne à ORLEANS, au lycée. Il y découvre une vie de discipline et d’ennui, il trouve un dérivatif dans la lecture. Puis on l'inscrit au lycée de SCEAUX.

Admis à l’Ecole Normale Supérieure, il effectue entretemps son service militaire à Bordeaux. En 1912, il reprend ses études. Mobilisé en 1914, il dut r rejoindre le front comme officier d’infanterie, dans le 106° Régiment d'Infanterie. Il lui restait un an pour obtenir son agrégation. Son régiment participera à la bataille de la Marne et à la marche vers Verdun. Il s'est battu aux EPARGES.

Il est grièvement blessé le 25 avril 1915, juste après avoir vu mourir son meilleur ami. Soigné pendant sept mois, il change en permanence d'hôpital. Il est réformé à 70% d'invalidité, puis à 100%, ayant perdu l'usage de la main gauche.

14-18.jpg

Dans le tome 4 de son ouvrage « Ceux de 14 », il a longuement narré cette bataille. Il y écrit notamment: « Les Eparges est un lieu de bois, de collines et de ruisseaux dans la MEUSE près de VERDUN. Les combats de la Guerre de 1914-18 y furent effroyables et vains: la ligne de front ne bougea quasiment pas pendant quatre ans. ».

 

De février à décembre 1916, la bataille de VERDUN causa plus de 300000 morts et 400000 blessés. A cette époque, le commandement croyant à une guerre courte ne ménagea guère la vie des hommes. En hommage à ces malheureux et pour permettre au public de mieux comprendre cette terrible bataille, fut construit, dans les années 60, le célèbre Mémorial. Ce monument fut inauguré par Maurice GENEVOIX.

 

« Ceux de 14 » n'est pas seulement un des meilleurs témoignages sur la guerre de 14 ( avec ceux de DORGELES et de BARBUSSE ) mais on y trouve le souci d'éviter toute littérature inutile. Y apparaissent ses dons d'évocation, ses traits de psychologie, son art magistral de dépeindre les situations, les hommes et les âmes. On y décèle une réelle puissance d'expression. Il y met toute la générosité de son âme. Certains vont même jusqu'à dire que le véritable mémorial dédié aux malheureux combattants n'est pas le mémorial de pierres des années 60 mais que c'est est cet ouvrage, mémorial de mots et de papier. Le passé désincarné, quasi virtuel, des livres de l'histoire officielle ne peut exprimer réellement la vérité alors
que cet ouvrage, mettant en scène le quotidien, interpelle, réveille et donne du sens. GENEVOIX est persuadé que toute exagération ne peut qu'affaiblir l'effet de la réalité. Dès lors, il n'aspire qu'à rester un témoin fidèle et scrupuleux. Il a dit ce qu'il avait vu et entendu, et rien d'autre.

 

Il convient, ici, de citer quelques phrases de GENEVOIX prises presque au hasard:

« Je me raidis désespérément, pour ne pas crier, pour ne pas fuir: ce fut un spasme de volonté dont la secousse enfonça mes ongles dans mes paumes (...) Dans une complète possession de moi, je fonçai droit, d'un élan aveugle et fou. »

Et, dans une lettre écrite en 1915:

« Cette guerre est ignoble: j’ai été, pendant quatre jours, souillé de terre, de sang, de cervelle: J’ai reçu à travers la figure un paquet d’entrailles, et sur la main une langue, à quoi arrière-gorge pendait:.. [...] Je suis écoeuré, saoul d’horreur. »

 

En décembre 1915, il remet à Paul DUPUY ses carnets de guerre que la maison HACHETTE accepte de publier: « Sous Verdun » et « Nuits de guerre » paraissent en 1916, « La Boue »en 1921 et « Les Eparges » en 1923. Ces quatre livres sont regroupés sous le titre collectif « Ceux de 14. »

 

La paix revenue, Maurice GENEVOIX doit renoncer à sa carrière universitaire. Il se retire en SOLOGNE. Il s'y consacre à la littérature. Son œuvre abondante a souvent pour cadre la nature du Val-de-Loire où évoluent en harmonie hommes et bêtes. On citera : « Rémi des Rauches » , Raboliot, qui lui valut une précoce reconnaissance avec le prix Goncourt 1925, « La Boîte à pêche » , « Les Mains vides » , « Rroû » , « L’Assassin », « Gai-l’Amour » « Forêt voisine » , « Marcheloup » , « Le Jardin dans l’île », « La Dernière Harde », « Les Compagnons de l’Aubépin », « L’Hirondelle qui fit le printemps » , « Sanglar », « L’Aventure est en nous », « Fatou Cissé », « Routes de l’aventure », « Au cadran de mon clocher », « La Loire, Agnès et les garçons », « Derrière les collines », « Christian Caillard », « Beau Français », « La Forêt perdue », « Images pour un jardin sans murs », « Tendre bestiaire », éBestiaire enchanté » , « Bestiaire sans oubli », « Un jour », « Loreleï », « La Motte rouge », « Trente mille jours ». Ce dernier ouvrage est paru en 1980, l'année de sa mort. Jusqu'à sa mort, il ne cessa donc d'écrire.

En 1972,il publie en un essai sur le thème de la mort,« La Mort de près ». Une mort dont il s'attache à dépeindre la fréquentation quotidienne au cours de la guerre, l'expérience de ce « vide glacial » que laisse à ses côtés le compagnon fauché dans sa course, et qui ne cessera jamais de le poursuivre. Un épisode qu'il remettra en scène dans «  La dernière harde » où le Cerf rouge, fuyant avec sa mère sous les balles des chasseurs, sent ce même « vide glacial, extraordinairement profond, qui le suivait dans son élan ».

« La mort de près » relate les trois expériences de la mort qu’il a vécues. En voici un extrait :
« Ce cri rauque, étranglé, qui m’est resté dans les oreilles, qui l’a poussé ? Est-ce lui, ce premier mort dépassé ? Je viens d’en apercevoir un autre, un troisième. J’ai entendu aussi, très nettement, à ne pouvoir m’y tromper, le choc des balles qui entraient dans les corps, bref, étouffé, comme d’une lame de couteau assenée par un poing furieux. Désormais, je sais que le ‘le feu tue’ ».

Il est élu en 1947 à l’Académie Française. Il en devient Secrétaire Perpétuel en 1958.

Souvent on partage son oeuvre en deux: les oeuvres de guerre suivies d'une rupture et d'un repli sur des romans régionalistes. Ce n'est pas exact. Après son oeuvre de guerre qu'on pourrait presque comparer à un reportage journalistique, il produisit une oeuvre abondante à classer selon trois sources d'inspiration:

  • l’inspiration rurale, la chasse, la pêche, la forêt, les grands espaces (Rémi des Rauches, La Forêt Perdue, Forêt Voisine, La Boîte à Pêche …)

  • les grands voyages, les civilisations lointaines (Fatou Cissé, Eva Charlebois, Routes de l’Aventure…)

  • l’autobiographie et les souvenirs de guerre (Trente Mille Jours, La Mort de près). 

Il s'insurgeait d'ailleurs contre cette réputation d'écrivain régionaliste.Dans « Jeanne Robelin « (1920),son premier essai romanesque: sous le prétexte d’une intrigue amoureuse à laquelle la guerre sert d’arrière-plan, il évoque la vie des civils à l’arrière. « La Joie » (1924) est une peinture réaliste, âpre, de la réinsertion sociale des anciens combattants. En fait, romancier vivant de la littérature,il n’a jamais voulu exploiter son expérience de la guerre dans un roman. E

Timbrte genevoix.jpg

En réalité, s'il a si bien partlé de la nature, c'est qu'il avait souffert de son effroyable destruction sous les orages d'acier. Son oeuvre de naturaliste n'est pas celle d'un poète bucolique ni d'un ramancier régionaliste, c'est l'oeuvre d'un rescapé de la Grande Guerre qui voulait encoire croire à la beauté du monde.

 

18:08 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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