06/01/2010

FNTDR: Discours du Président Provincial ( Monsieur CESAR ), le 03.10.2009 à la Gare d'ANGLEUR.

FNTDR:

 Discours du Président Provincial ( Monsieur CESAR ), le 03.10.2009 à la Gare d'ANGLEUR.

" Le 06 octobre 1942 fut pour nous, les Déportés et les Réfractaires, une bien pénible date. Il y a 67 ans, les nazis décrétaient leur sinistre ordonnance forçant les jeunes de 18 ans et plus à partir travailler en ALLEMAGNE nazie et ennemie. Le sort a frappé et marqué le destin de 135.000 jeunes belges. Ils étaient nommément désignés. Les listes de noms avaient été fournies à l'occupant par les employeurs et par les administrations. Lesxmenaces de représailles, une suppression des timbrtes de ravitaillement et autres chantages firent que tant de Belges durent se soumettre aux mesures qui les frappaient. Dans les trois jours qui suivaient l'ordre de départ, il nous était ordonné de nous présenter aux gares nous désignées.

Nous étions parqués comme du bétail dans de vétustes wagons à destination de l'Est. Nous gardons le souvenir des larmes qui furent versées sur les quais de ces gares par nos épouses, nos enfants, nos amis qui nous voyaient partir vers un avenir incertain. Quand se réaliserait le retour dans nos foyers ? c'est par milliers que nous avons été contraints de nous embarquer. Et pour les liégeois, c'était en cette présente gare d'ANGLEUR.

En cette fin d'octobre 1942, la Résistance n'était pas encore consciente de notre existence et les Réfractaires ne pouvaient pas encore être récupérés par leurs mouvements, nous ne pouvions pas nous dérober à cet ordre barbare. Mais notre situation allait rapidement changer avec l'organisation de "Réfractariat" et la prise en charge des clandestins en leur assurant cachette et ravitaillement. La grosse majorité des requis a pu rejoindre la résistance sous quelque forme elle pouvait être. Face à cette rébellion, les nazis créent alors une police spéciale composée d'allemends et de traîtres belges, chargée de retrouver les réfracytaires. Les moyens les plus ignobles leur convenaient: rafles, traques, délation, etc... des centaines de Belges furent emprisonnés et déportés dans les camps.

Les camps de travail, avec leurs sinistres baraques, avaient été organisés pour notre avilissement, pour nous réduire à l'état d'esclaves. Nous rejoignions les Prisonniers de guerre de 1940 et les Prisonniers politiques de 1941 pour un travail forcé à l'avantage de l'ennemei nazi, nous arrivions par milliers. Beaucoup d'entre nous ont fait preuve d'un magnifique esprit de résistance, d'un civisme remarquable, en dépit d'une surveillance constante. Des courageux ont saboté la production, les machines, les installations industrielles. Beaucoup, hélas, pris sur le fait ou dénoncés, en ont payé le prix fort: ils se retrouvaient au mieux dans les camps disciplinaires, au pire dans les camps de concentration. Certains en revinrent malades, meurtris. Beaucoup n'en sont pas revenus.

Bien squ'il n'entre pas dans nos intentions d'établir une comparaison entre ce que fut en ALLEMAGNE la condition de Prisonnier de guerre, de Prisonnier politique et celle de Déporté du Travail, il nous semble nécessaire de rappeler ici combien certaines souffrances furent le lot commun...Citons les journées de 12 heures de travail, la sous-alimentation, la promiscuité, le piètre moral, le manque d'hygiène, etc... D'éminents historiens ont reconnu que la résistance des déportés de toutes nationalités a eu un effet certain sur la désintégration morale et matérielle de la machine de guerre ennemie."

17:31 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.