08/11/2009

OEUVRE DES POSTIERS LIEGEOIS: DISCOURS DU PRESIDENT (PIERRE BEAUJEAN) A L'EGLISE D'ANGLEUR.

 

OEUVRE DES POSTIERS LIEGEOIS: DISCOURS A L'EGLISE, LE 08.11.2009

 

L'histoire n'est pas sereine. L'histoire du monde, et plus singulièrement de l'Europe, n'est pas une histoire sainte. C'est une histoire tragique, pleine de hurlements, de charrois guerriers, de charniers, de supplices.


La tragédie de 14/18 a causé plus de 9000000 de morts. Celle de 40/45, quatre ou cinq fois autant. Et il y a toutes les victimes des conflits qui ont eu lieu depuis 1945.


Les marchands d'images n'ont pas reculé devant le besoin d'en tirer profit. Il y a eu, certes, des films de bonne facture, d'authentiques recherches de vérité historique et humaine.


Mais, à quelques exceptions près, les centaines de films réalisés ne sont guère utiles au travail de mémoire. Au contraire, certains présentent comme des preux chevaliers des gens qui furent en réalité complices de crimes de guerre. On se souvient de « Paris brûle-t-il ? » ou du « Renard du désert »! D'autres comme « Il faut sauver le soldat Ryan » ne sont que de sinistres mises en scène. Comme si on pouvait mettre en scène la mort et la souffrance. Ne parlons pas du fameux « Survivre avec les loups », basé du premier mot jusqu'à la fin sur une mystification. Oublions les comiques troupiers qui transforment l'occupation et la vie de prisonnier en une période de grandes vacances, de « grande vadrouille ».


Regardons plutôt les témoignages écrits dans l'action: les lettres et les carnets des simples soldats ou les oeuvres des écrivains combattants. On est frappé par l'obsession du voisinage permanent avec la mort, par l'utilisation récurrente du verbe « tuer » qui hante les esprits. Je pense à cette lettre où un soldat français écrit ceci: « ...j'en ai descendus je ne sais combien, tu peux penser, nous n'étions qu'à quelques mètres, et je te jure qu'autant se montraient, autant tombaient... ».


J'avoue avoir été d'abord heurté. Puis je me suis dit: « Mon Dieu, quel pauvre homme ! S'il a réchappé et s'il a encore vécu 50 ou 60 ans, quel fardeau a-t-il dû porter dans son âme ! »


Pourtant, rien ne le prédisposait à tuer. C'était un homme bien pacifique. Il était épicier dans son petit village.

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17:01 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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