09/10/2009

HENRI BARBUSSE: UN ECRIVAIN MARQUE PAR LA GUERRE DE 14/18.

 

Les écrivains dans la « Grande Guerre »

Aucune classe sociale n'échappa à la guerre de 14/18 ( à la suivante non plus, d'ailleurs ). Les écrivains y prirent aussi part, souvent comme simples soldats. Ils nous ont laissé leurs témoignages. Nous avons déjà parlé de VIVIER, de DUHAMEL et de DORGELES. On évoquera, dans ce numéro, Henri BARBUSSE. Mais on peut aussi citer Maurice GENEVOIX, Georges BERNANOS, Paul ELUARD, Louis GUILLOUX, Jean GUEHENNO... D'autres y ont laissé la vie ( Charles PEGUY ). Après guerre, d'autres se sont penchés sur des drames ou des problèmes nés de la guerre, avec plus ou moins de succès. Ainsi, Raymond RADIGUET avec le ( contesté par DORGELES ) « Diable au corps » et, bien oublié aujourd'hui, le dramaturge Paul RAYNAL avec ses deux pièces « Le tombeau sous l'arc de triomphe » et « La Francerie » dans lesquelles il expose les griefs des anciens combattants contre ceux qui les encensaient mais profitaient de leur misère.

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Henri BARBUSSE

né à ASNIERES-SUR-SEINE le 18.06.1874,

décédé à MOSCOU le 30 août 1935,

inhumé au « Père LACHAISE »

 

Avis aux chercheurs:Il y a un certain cafouillage dans les récits biographiques. Certains signalent le décès le 31 août 1936.Certains signalent sa tombe à la Division 96, d'autres parlent de la Division 97 !

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Henri BARBUSSE est né dans une famille protestante originaire des Cévennes, près de la ville d'ALES. Un hameau, berceau de la famille, porte d'ailleurs leur nom. C'était une famille protestante pratiquante: son père cumulait les activités de pasteur et de critique de théâtre.


Il profita de bons maîtres . Comme professeur d'anglais: MALLARME et comme professeur de philosophie, BERGSON. Des prix récompensent bientôt ses poèmes et ses contes.


Il se fit remarquer tout d'abord par son recueil de poésie "Pleureuses" (1895, réédité en 1920), puis par un roman naturaliste, L'Enfer (1908), un roman triste et noir. Les droits d'auteur de ce roman lui permirent d'acquérir une maison à AUMONT-EN-HALATTE.

Catulle MENDES, son futur beau-père le repère,et lui ouvre les portes du monde. BARBUSSE se lance dans le journalisme. Il prend en main Fémina et Je sais tout. Ces activités ne l'empêchent pas d'être sujet à des crises d'angoisse et de culpabilité qui lui causent de l' insomnie.

C’est par le tambour du garde-champêtre qu'il apprend la mobilisation générale en août 1914.Il part à la guerre en croyant qu’elle est juste. À quarante et un an, bien que réformé, il se porte volontaire. Affecté à ALBI, il demande à être muté sur le front. Atteint de dysenterie, il est évacué et commence à écrire Le Feu à l’hôpital, avant d’être définitivement réformé en juin 1917.

Mais son œuvre maîtresse demeure Le Feu, récit sur la Première Guerre mondiale dont le réalisme souleva les protestations du public de l'arrière autant que l'enthousiasme de ses camarades de combat. Les années 1915 et 1916 ont été pour lui, décisives. C’est en 1915 qu’il a vécu Le Feu dans les tranchées,comme soldat d’escouade, puis comme brancardier au 231e régiment d’infanterie. C’est en 1916, au cours de son évacuation dans les hôpitaux, qu’il a écrit ce livre. Celui-ci, publié par les Editions Flammarion remporta aussitôt après le prix Goncourt.

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Le Feu est considéré depuis près de trois quarts de siècle dans le monde entier comme un des chefs-d’oeuvre de la littérature de guerre, un des témoignages les plus vrais et les plus pathétiques des combattants de première ligne.

Ce journal d’une escouade est une chronique de la guerre de 14-18 à travers le quotidien des poilus  avec leurs argots, leurs accents et les expressions d’époque. C’est un documentaire qui dénonce toute l’horreur de la guerre et son absolue inutilité sans rien nous épargner. Jamais la guerre n’a été aussi bien décrite, à déchirer le cœur. On ressent l’atmosphère pesante, la pluie quotidienne, l’humidité qui règne en permanence dans les tranchées, la boue qui colle aux chaussures (formant une gangue )  et la fumée des bombardements qui recouvre tout comme une chape de plomb. L’Homme ne ressemble plus à un homme. L’Humanité touche le fond.

 

En 1917, il sera cofondateur et premier président de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC). Association qui existe toujours et qui est d'obédience communiste.

En BELGIQUE, il intervint avec force lors du procès fait à Jean TOUSSEUL, accusé de propagande défaitiste.

En effet, l'expérience de la guerre marqua un tournant dans la vie politique et littéraire de BARBUSSE. Admirateur de la Révolution russe ("Le Couteau entre les dents", 1921; Voici ce qu'on a fait de la Géorgie, 1929), il adhéra au Parti communiste français en 1923 .Il anima le mouvement et la revue Clarté et chercha à définir une « littérature prolétarienne ». Il fut l'un des instigateurs du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel, dont il devient le président avec Romain Rolland et auquel adhéra notamment Albert Camus, dès la prise du pouvoir d'Hitler en Allemagne. Il fit plusieurs voyages en URSS et écrivit une biographie de Staline (1935).

Bien que pas assez communiste aux yeux des soviétiques (qui condamnent ses positions en 1930), BARBUSSE continue son chemin. Il participe au congrès de juin 1935 à la Mutualité à Paris.
Le 16 juillet, il part en URSS assister au 7e congrès de l’Internationale communiste. Atteint d’une pneumonie, il décède à Moscou le 30 août. Il est ensuite enterré au cimetière du Père LACHAISE.

Il existe une polémique à propos de son décès. Certains affirment qu'il est en réalité mort empoisonné sur ordre de STALINE. BARBUSSE avait le tort, en 1935, de défendre une position politique non admise par STALINE: le rapprochement entre les socialistes et les communistes. A l'époque, STALINE appelaient les socialistes «  les sociaux-traîtres » et il minimisait le danger hitlérien. BARBUSSE était parmi les intellectuels de renom un des premiers à avoir pressenti le danger hitlérien. En outre, BARBUSSE était trop connu et trop populaire pour être exclu du Parti.

 

Œuvres

Pleureuses (1895, réédité en 1920)

  • L'Enfer (1908)

  • Le Feu (Journal d'une escouade) (1916, prix Goncourt)

  • Carnets de Guerre

  • Paroles d'un combattant. Articles et discours 1917-1920 (1917)

  • Clarté (1919)

  • L'Illusion (1919)

  • Nous autres (1921)

  • Le Couteau entre les dents (1921)

  • Les Enchaînements (1925)

  • Les Bourreaux (1926)

  • Jésus (1927)

  • Les Judas de Jésus ( 1927 )

  • Manifeste aux Intellectuels (1927)

  • Faits divers (1928)

  • Voici ce que l'on a fait de la Géorgie (1929)

  • Élévation (1930)

  • Ce qui fut sera (1930)

  • Russie (1930)

  • Zola (1932)

  • Staline. Un monde nouveau vu à travers un homme (1935)

  • Lénine et sa famille (1936)

  • Lettres de Henri Barbusse à sa femme 1914 - 1917 (1937)

18:40 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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