18/09/2009

LE NEGATIONNISME ( EXTRAIT DU SITE www.phdn.org )

 

Le négationnisme: définition(s)


Le négationnisme est le discours qui consiste à contester ou nier la réalité du génocide des Juifs perpétré par les Nazis et leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette négation passe par la négation ou la contestation de la réalité, de l’ampleur, des modalités du génocide, ainsi que de la volonté des Nazis de le commettre. Il s’agit d’un discours antisémite virulent, bien qu’implicite, dont l’objectif est de réhabiliter l’antisémitisme explicite, les régimes politiques qui ont commis le génocide, ainsi que les conditions, notamment politiques, de réalisation du type même d’événement qu’il nie.
Les négationnistes se sont auto-désignés sous le vocable de « révisionnistes » pour être associés à une démarche historique ou politique classique, le « révisionnisme ». Dans le cas politique, un « révisionnisme » désigne la position idéologique demandant la révision d’une doctrine politique donnée. Dans le cas de l’histoire, il s’agit ni plus ni moins que de la démarche consistant à réviser en permanence le savoir historique, en utilisant évidemment les règles du métier d’historien. Dans la mesure où les négationnistes trahissent absolument toutes les règles de ce métier, que leur discours constitue une anti-histoire formée de mensonges et de falsifications, il est tout à fait impropre de les désigner sous le vocable de « révisionnistes ». Cependant l’utilisation de « révisionnisme » perdure dans son sens de « négationnisme », ainsi qu’un des exemples donné plus bas l’illustre. Le lecteur averti prendra soin d’utiliser le vocable adéquat de « négationnisme ».
Le mot « négationnisme » a d’ailleurs été formé par l’historien Henry Rousso en 1987, dans le but explicite de lever la perverse ambiguïté et la parfaite inadéquation de « révisionnisme » pour désigner le discours des négateurs du génocide :
« Le grand public découvre [en 1978] le milieu interlope des “révisionnistes”, un qualificatif qu’ils s’attribuent impunément : le révisionnisme de l’histoire étant une démarche classique chez les scientifiques, on préférera ici le barbarisme, moins élégant mais plus approprié, de “négationnisme”, car il s’agit bien d’un système de pensée, d’une idéologie et non d’une démarche scientifique ou même simplement critique. »1
Nous vous proposons ici une série de définitions ou réflexions sur la nature du négationnisme émanant d’historiens ayant étudié ce discours. Nous terminons par une description qui complète la définition que nous venons de donner en précisant certaines modalités du discours négationniste.


  • « Le discours négationniste nie la politique d’extermination nazie à l’encontre des Juifs d’Europe. Il s’agit d’une double négation : d’une part, la négation de la volonté d’extermination du IIIe Reich et, par là même, de l’emploi de la chambre à gaz homicide [...]; d’autre part, la négation de l’anéantissement systématique, massif et industriel de la communauté juive »2
 


 
  • « [L’entreprise négationniste] nie les chambres à gaz hitlériennes et l’extermination des malades mentaux, des Juifs et des Tsiganes, et de membres des peuples considérés comme radicalement inférieurs, les Slaves singulièrement[...]. Une secte, minuscule mais acharnée, consacre tous ses efforts et utilise tous les moyens: tracts, fables, bandes dessinées, études prétendument savantes et critiques, revue spécialisée, à détruire non la vérité, qui est indestructible, mais la prise de conscience de la vérité. A vrai dire, elle ne s’intéresse ni aux malades mentaux ni aux Tsiganes et encore moins aux prisonniers de guerre soviétiques, mais aux seuls Juifs. Pourquoi ce choix ? »3.
 


 
  • « Même s’ils tentent de se présenter comme des historiens, les négationnistes, que l’on a pendant longtemps désignés, de manière impropre, sous le terme de révisionnistes vont jusqu’à nier l’existence même de la Shoah. »4.
 


 
  • « Révisionnisme, négationnisme: c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Avec moins d’hypocrisie dans le second terme, c’est la même secte qui prétend nier l’existence des chambres à gaz et, par voie de conséquence, le génocide du peuple juif. »5.
 


 
  • « Les historiens préfèrent souvent qualifier de “négateurs” ou de “négationnistes” ceux qui, aujourd’hui, prétendent ainsi se parer des vertus légitimes de la révision historique lorsqu’ils décrètent que les chambres à gaz d’Auschwitz et des autres camps d’extermination nazis n’étaient en fait que des lieux de désinfection des vêtements des déportés et lorsqu’ils dénoncent ce qu’ils appellent le prétendu génocide comme étant une escroquerie politico-financière, d’origine essentiellement sioniste, dont le principal bénéficiaire serait l’Etat d’Israël et dont le peuple palestinien et le peuple allemand seraient les victimes. »6.
 


 
  • « Le négationnisme consiste dans la négation pure et simple de l’entreprise génocidaire nazie: au cours de la Seconde Guerre mondiale, le régime nazi n’aurait pas développé une politique visant à l’extermination systématique, sous différentes formes, de certaines catégories des populations placées sous sa domination, identifiées sur la base de critères raciaux et/ou politiques. Le négationnisme se polarise ainsi notamment sur la question de l’existence des chambres à gaz a la fois comme instrument et comme symbole de la politique d’extermination nazie. »7.
 


 
  • [La] “méthode” [des négationnistes], si l’on peut dire, est perverse: elle associe l’hypercritique à la fabulation, l’ergotage sur les détails et sur les mots à l’ignorance massive du contexte, et cherche à faire apparaître comme conclusion d’une démonstration ce qui est postulat affirmé au départ.[C’est une] anti-histoire8.



Le négationnisme est une méthode rhétorique et un discours dont le postulat et la conclusion sont identiques au premier point ci-dessous, et consiste en l’affirmation répétée de ce premier point, simultanément ou non avec les cinq autres9 :
  1. Il n’y a pas eu de génocide et l’instrument qui le symbolise, les chambres à gaz, n’a jamais existé.
  2. La « solution finale » n’a jamais été que l’expulsion des Juifs en direction de l’Est européen, le « refoulement ».
  3. Le chiffre des victimes juives du nazisme est beaucoup plus faible qu’on ne l’a dit. Si faible qu’il devient “clair” qu’aucun génocide ni aucune tentative de génocide n’ont eu lieu, que jamais l’Allemagne nazie n’a entrepris un tel génocide.
  4. L’Allemagne hitlérienne ne porte pas la responsabilité majeure de la Seconde Guerre mondiale. Elle partage cette reponsabilité, par exemple, avec les Juifs, ou même elle n’a pas de responsabilité du tout.
  5. L’ennemi majeur du genre humain pendant les années trentre et quarante n’est pas l’Allemange nazie, mais l’URSS de Staline et le bolchevisme. Il y a d’ailleurs une quasi identité entre bolchevisme et judaïsme.
  6. Le génocide est une invention de la propagande alliée, principalement juive, et tout particulièrement sioniste, que l’on peut expliquer aisément, mettons, par une propension des Juifs à donner des chiffres imaginaires, mais aussi par leur volonté d’en tirer un profit financier.

 

14:36 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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