01/11/2008

OEUVRE DES POSTIERS LIEGEOIS à PERALTA. Discours du Président ( Pierre BEAUJEAN )

    Discours du 02 novembre 2008.

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi, tout d'abord, de remercier, au nom de l'Oeuvre, les porte-drapeaux pour leur fidélité à notre manifestation. Que serait, en effet, une commémoration patriotique sans porte-drapeau ?

Dans quelques jours, nous célèbrerons le 90° anniversaire de l'Armistice. 90 ans, c'est le chiffre rond d'une décennie; Chaque chiffre rond d'une décennie est souvent l'occasion de manifestations un peu plus solennelles que d'habitude. Quelle ne fut pas ma surprise, au cours de mes contacts de recevoir, de certains interlocuteurs, des remarques non pas désobligeantes mais néanmoins assez surprenantes. Pourquoi, m'a-t-il été dit, encore s'accrocher à une tradition vieille de 90 ans ? Il n'y a plus aucun survivant de la première guerre; Donc, sous-entendu, cela n'intéresse plus personne !

Les historiens ont pourtant coutume de dire que le 19siècle n'a en fait pris fin qu'en 1914. Que 1914, a été un tournant décisif du point de vue de la civilisation.

En 1914, éclata le première guerre mondiale. Elle durera quatre ans et son bilan sera particulièrement lourd: plus de 8 millions de soldats tués, plus de 6 millions de victimes civiles, des millions de blessés, le Nord et l'Est de la France ravagés. Elle provoquera aussi des bouleversements sans précédent dans l'histoire: la disparition d'empires millénaires, l'arrivée sur la scène de nouvelles nations de création souvent artificielle, le renversement de nombreux régimes. L'Europe aura du mal à se remettre de ce bilan.

On aurait pu penser que ces évènements allaient servir de leçon pour l'avenir. C'était d'ailleurs l'espoir des Anciens Combattants au retour du front. Qu'on se souvienne de la fameuse expression " la dér des dér ".

Il n'en fut rien: 20 ans plus tard, un nouveau conflit se déclarait. Conflit plus terrible et plus total encore. Un conflit qui apparaît bel et bien comme le prolongement du premier. Un conflit à côté duquel les exactions commises en 14/18 apparaissent comme une répétition générale mais un bien pâle répétition générale. Les crimes commis dans la Basse-Meuse et à Andenne, pour ne citer que ceux-là, préfiguraient Oradour-Sur-Glane. Les postes de la Feldgendarmerie annonçaient les bureaux de la Kommandantur! Les déportations civiles pour le travail obligatoire n'était qu'une pâle ébauche du travail forcé et des camps de prisonniers.

Mais il fut des domaines où la seconde guerre fut plus effroyable et plus totale que la première.: l'occupation des territoires, en 14/18, avait été une occupation militaire où on s'était borné à mettre en veilleuse tout ce qui pouvait gêner, l'occupation, en 40/45, fut une occupation politique avec instauration d'un régime fasciste et au cours de laquelle les traîtres occupèrent le devant de la scène avec les opposants, les résistants expédiés dans les camps de concentration. Un aspect effroyable, inconnu complètement en 14/18, fut le caractère raciste: le classement des peuples selon une hiérarchie raciale, avec, en bas de la hiérarchie les peuples à éliminer; Ce qui donna la chasse aux juifs et aux tziganes.

C'est bien ici, après ce bref rappel historique, qu'apparaît clairement le danger de suivre ceux qui nous disent qu'il serait peut-être temps de tourner la page de 14/18 parce que cela remonte à nonante ans et qu'il n'y a plus de survivant ! Cela signifie, si l'on accepte cette démarche, que dans quelques années, il ne faudra plus, non plus, parler de 40/45, tirer un trait sur tous ces évènements, considérer qu'il s'agit d'une simple péripétie de l'histoire.

Tirer un trait sur ces évènements, c'est aussi, à terme, se comporter en égoïstes, se complaire dans une Europe pacifiée sans se préoccuper de se qui se passe ailleurs. A la limite même considérer que les conflits qui se déroulent ailleurs dans le monde sont le prix à payer pour notre quiétude.

De nos jours, des combats restent à mener pour assurer, au sein de notre pays et du monde, la dignité de nos semblables: le conflit israélo-palestinien, la situation en Tchétchénie, les combats au Congo, les actes de terrorisme, le communautarisme, le fanatisme religieux, la misère du continent africain ne peuvent nous laisser indifférents.

 

17:21 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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