03/11/2007

OEUVRE DES POSTIERS LIEGEOIS: DISCOURS PRONCE LE 04 NOVEMBRE 2007 PAR LE SECRETAIRE ( René MICHEL )

 

Cérémonie du souvenir du 4.11.2007

 

MADAME L'ECHEVINE, MESDAMES, MESSIEURS, CHERS AMIS,

 

Soyez les bienvenus à notre 62ème cérémonie du souvenir.

C'est un réel plaisir de constater que vous avez répondu en grand nombre à notre invitation. 

Il est un fait, que chacun d'entre nous déplore la désaffection de certaines personnalités aux cérémonies du souvenir.

Cette situation que nous devons accepter, celle d'un constat d'insuccès dans la démarche des organisateurs à rappeler aux générations montantes, l'utilité de se remémorer la réalité des guerres qui infligent aux soldats sur le champ de bataille des pertes innombrables, mais aussi au sein des populations civiles où l'on dénombre 90 pour cent des victimes de guerre.

L'indifférence désigne, dans le sens qui nous occupe, un état apathique d'une personne qui ne s'intéresse pas à tout ce qui se passe autour d'elle. L'indifférent n'éprouve aucune sympathie face à la souffrance de ceux qui l'entourent. Il reste étranger aux événements et se coupe du monde ambiant; il montre du dédain pour les autres et se tourne égoïstement vers lui-même.

 

L'indifférence apparaît comme un refus de s'affirmer et de répondre à des interpellations sociales. Du fait que, par l'indifférence, l'individu ne fait rien et laisse tout se dérouler devant ses yeux, l'histoire manque de bâtisseurs qui arrêtent le cours des situations dégradantes et des violences meurtrières. L'indifférence est la cause de bien des drames dans les crises sociales d'un pays. Par la passivité qu'elle provoque, l'indifférence est une violence occulte, car sous l'apparence de non-violence elle introduit, par ses effets, toutes sortes de violences dans la société.

Cependant, on peut se demander s'il est nécessaire d'être indifférent au malheur des autres pour être heureux?  Les faits sanglants, de nature diverse- crimes-spectacle de la famine au journal télévisé n'empêche pas grand monde de continuer son repas; la vraie question est l'inverse; peut-on être vraiment heureux en étant indifférent aux malheurs des autres ?

 

Notre Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l'homme, de liberté de penser, du féminisme, du socialisme ou de la réduction des inégalités.

La morale chrétienne, d'antan, prêchait l'amour du prochain et nous enseignait de ne pas tuer ou voler. Constatons que l'apport du christianisme à l'Europe actuelle, qui compte toujours une forte proportion de chrétiens, se réduit fortement dans notre pays. De plus, en notre siècle, les Eglises ont une influence plus réduite, dans les sociétés sécularisées, elles se vident et les mosquées se remplissent. 

   

 Jules César -empereur romain- après la conquète de la Gaule déclara «  De tous les peuples de la Gaule,les belges sont les plus braves  ».La détermination de nos ancêtres, dans la recherche de la liberté tout au long de l'histoire du pays, fut extraodinaire, seule la dernière guerre 1940/45 fut entachée de déviation à l'ennemi, d'une partie de la population.

Le mouvement ne cesse de s'accentuer modifiant en cela, le caractère typique du belge.

L'indifférence de nos concitoyens à la politique, à la religion, aux événements passés, me paraît néfaste. J'admets que le commun des mortels ne considère, dans son esprit, aucune obligation à matérialiser sa présence aux cérémonies du souvenir. La raison: il est difficile, dans ces cas précis, d'y participer, certaines personnes sont connues par les médias, mais la grande masse des invités est inconnue, votre présence reste anonyme et incongrue.  

Depuis de nombreuses années, les personnalités refusent de vivre l'organisation du jour, en tant que « personnages de l'Etat ». D'accord, notre cérémonie ne rapporte rien, pas un jeton de présence, pas d'opération lucrative....

Et pourtant, le fait d'être présent à notre manifestation, sera dévoilé par voie de presse  et apportera à ces personnes citées, une reconnaissance de bon aloi. Est-ce ininterressant à leurs yeux !! D'autres personnes affichent un dédain inexcusable en ne répondant pas aux invitations ou en exprimant leurs regrets plusieurs mois après.

 

N'est-il pas normal d' accorder une attention toute particulière à tout changement dans la société; un aspect qui me tient particulièrement à coeur, ce sont les étudiants : les études universitaires sont coûteuses et nos meilleurs éléments sont, dans l'obligation de se rendre dans les universités étrangères pour parfaire leurs études. Manque-t-il des enseignants dans certaines disciplines ou nos universités n'ont-elles pas la maitrise totale de leurs enseignements. La situation est alarmante:         les diplômés n'ont d'autres choix que de s'exiler pour devenir des chercheurs scientifiques, étant donné que leur pays les abandonnent.Cette singularité montre, une fois de plus, l'indifférence des décideurs, alors que cette génération est d'une nécessité criante face à la mondialisation de l'économie.

 

D'autre part, certains belges voudraient détricoter la Belgique, soulignant que l'Etat belge est une création artificielle imposée par les puissances européennes. Décidement, ces personnes ont une méconnaissance totale de l'histoire de leur pays dénoncant par ce fait leur instruction déficiente.

L'origine de la Belgique remonte à la nuit des temps. Les Anciens Belges, quelques tributs du vaste ensemble de la Gaule nordique désignée par Jules César comme étant le territoire des Belges. 

Plus proche: La prise de la Bastille marque le point de départ d'une ère nouvelle. Les deux premiers pays touchés par ce que les rois appelaient le mal français furent le pays de Liège et les Pays-Bas autrichiens; la Belgique actuelle.

Le pays de Liège fut le théâtre d'une révolution démocratique, s'inspirant largement des principes de la Révolution française.

 

Après la mort de l'impératrice douairière et reine, Marie-Thérèse d'Autriche les Pays-Bas autrichiens ( la Belgique actuelle) Joseph II fils ainé de l'impératrice fut accepté et reconnu comme souverain, mais sous réserves et avec des stipulations expresses, telles que la constitution de ces provinces les avait dictées d'ancienneté. Conservation de l'ancienne religion catholique, apostolique et romaine; le maintien de la constitution, des libertés, franchises, coutumes et usages, tels qu'ils étaient contenus dans les chartes...

.Joseph II suivait depuis quelques années une marche constante, qui tendait à rien moins qu'à tout changer, à innover sans cesse, et à priver les habitants d'une constitution qui leur était chère.

 

Le pacte rompu par le souverain, que restait-il après cela aux peuples, sinon le droit naturel et imprescriptible d'opposer la force à la violence, et de reprendre une autorité qu'on n'avait confiée que pour le bonheur commun et avec tant de précautions, sous des stipulations et des réserves si expresses?

L'Europe et l'humanité ont applaudi au succès. A ces causes, les Etats Belgique, après avoir resserré les anciens noeuds d'une étroite union et d'une amitié durable, sont convenus:

Toutes ces provinces s'unissent et se confédèrent sous la dénomination d'Etats-Belgique-Unis.

Le Traité d'union des Provinces belgiques, du 11 janvier 1790 conclu, fait et arrêté à Bruxelles, dans l'assemblée générale des Etats-Belgique-Unis, par les soussignés députés des Etats respectifs, sous la ratification de leurs commetants, à deux heures du matin.

L'original de ce traité d'union a été signé par les députés du Brabant, gueldres, flandres, West-Flandres, Hainaut, Namur, du Tournaisis et de Malines (Le Moniteur Universel, dimanche 31 janvier 1790.

N'en déplaise à tous les détracteurs, les députés de tout le territoire ont participé à ce traité.

Ce qui confirme que la Belgique existait bien avant 1830.

 

Nous avons connu, nous les personnes âgées, les dégâts provoqués par l'ascension de dictateurs ou de crise grave de l'autorité, les crimes sont innommables. Quatre générations après, la leçon n'a pas été retenue ou tout simplement niée ou ignorée.

Cette situation peut se reproduire.

Avez-vous, les défenseurs de la liberté oeuvré pour qu'on vous oublie ?

 

Le secrétaire,

Le 27 septembre 2007

 

 

 

 

 

 

 

17:11 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.