02/11/2007

OEUVRE DES POSTIERS LIEGEOIS: DISCOURS PRONONCE LE 04 NOVEMBRE PAR LE PRESIDENT DE L'OEUVRE ( PIERRE BEAUJEAN )

  0EUVRE DES POSTIERS LIEGEOIS :

DISCOURS PRONONCE LE 04 NOVEMBRE  2007 AU CHATEAU DE PERALTA PAR LE PRESIDENT DE L’ASSOCIATION.

  

Mesdames, Messieurs,

Madame l’Echevine,

Chers anciens collègues,

 

Avant tout, au nom de l’œuvre, je tiens à m’adresser aux porte-drapeaux . Si quelqu’un peut se targuer de rehausser par sa présence une cérémonie patriotique, c’ est bien vous. Je tiens à vous en remercier.

 

Si quelqu’un peut se targuer de rehausser une cérémonie patriotique par sa présence, c’est bien vous ! Et pourtant, vous ne le faites pas car vous êtes gens modestes. Vous estimez que vous accomplissez simplement un devoir.

 

Mais quel devoir ! Votre présence aux cérémonies patriotiques n’est pas un simple rituel, ni une corvée. Encore moins une partie de plaisir car elle implique un grand sérieux, vous êtes les représentants officiels de vos organisations. En outre, porter un drapeau n’est pas une sinécure. Cela suppose parfois une longue station debout, à l’extérieur, par tous les temps. Cela implique votre présence non seulement aux cérémonies officielles qui sont toujours un peu festives mais cela signifie aussi l’hommage rendu lors des décès. Vous êtes les premiers à accompagner les familles dans leurs deuils.

 

On vient de parler de l’indifférence. Elle existe, c’est vrai, encore qu’elle mériterait un examen plus approfondi. Vous êtes là pour la démentir, du moins partiellement.

 

Je reviens sur cette question de l’indifférence manifestée vis-à-vis de manifestations telles que celles-ci.

 

Le 8 mai dernier, il m’a été donné, lors du tour des monuments de ma section FNC de m’adresser aux enfants des écoles primaires.

 

Et je me suis rendu compte de la difficulté qu’il y avait à sensibiliser réellement des enfants de maximum 12 ans à des évènements que même leurs grands-parents n’ont pas connus réellement. Que dire, alors, de la première guerre, qui nous fait encore remonter une génération plus loin dans le temps.

 

C’est alors que j’ai pensé qu’il fallait accomplir le travail de mémoire en sens inverse. Alors que l’on estime toujours qu’il faut se remémorer les évènements du passé pour en tirer des leçons pour le présent, dans mon esprit, il fallait attirer l’attention sur le présent pour leur expliquer le motif de la commémoration  leur faire saisir le fait que ce qu’ils  voient tous les jours à la télévision : les bombardements, les sabotages, les prises d’otages, les batailles, les massacres … les gens du village, ceux dont les noms sont gravés sur les monuments, les autres qui ont survécu, les simples particuliers, leurs arrière-grands-parents l’ont vécu. Que, comme maintenant partout où l’on se bat, le 10 mai 1940, les gens du village ont passé la matinée dans leur cave parce que les Allemands bombardaient la gare.

 

En repensant plus tard à mon intervention, je me suis posé bien des questions. Sans vouloir me gargariser, un des graves problèmes de la société actuelle m’est apparu : la banalisation du mal, la banalisation de la violence, la banalisation de la force, brutale ou insidieuse.

 

Manifestement, se pose un sérieux problème, je ne dirais pas d’éducation parce qu’alors on pourrait se lancer dans de faux procès : le procès des parents, le procès des enseignants mais un véritable problème de culture, ou plutôt d’ambiance générale.

 

Je parlais de la banalisation de la violence. Il est peut-être un peu vain de  se remémorer le passé en concluant ce travail par la devise « Plus jamais ça ! »

 

« Plus jamais çà ! ». Certes, chez nous ! Mais si le « Plus jamais çà ! » chez nous doit se faire au prix de la multiplication des conflits locaux, où est la vraie victoire de l’humanité ?

 

Faire le relevé de toutes les guerres entre pays, de toutes les guerres civiles, des destructions, des massacres de populations sur un grande échelle, des répressions sanglantes, des dictatures presque inébranlables suffirait à remplir une encyclopédie.

 

Bien sûr, c’est loin de chez nous ! En Europe, on a tiré les leçons du passé !

 

Est-ce vraiment si sûr ? Comment expliquer les succès électoraux, dans de nombreux pays, des partis d’extrême droite ? L’Europe s’est étendue vers l’Est, et on doit en être heureux : le « rideau de fer » était la plus sinistre des survivances de la deuxième guerre mondiale. Mais on peut être inquiets de certaines dérives qui se manifestent dans la plupart de ces pays.

 

Que dire alors, chez nous, de la véritable violence économique, du mépris affiché vis-à-vis des services publics, de la véritable entreprise organisée de démantèlement de ceux-ci !

 

Que dire aussi de la culture du plus fort qui s’installe de façon insidieuse , par des voies parfois cocasses et détournées. On pense aux jeux télévisés où il faut dénoncer  et se débarrasser du « maillon faible » !

 

Que penser aussi de l’inflation des séries policières à la télévision ! Cette inflation est si massive qu’une part prépondérante du temps passé devant le petit écran est consacré  à la vision  de meurtres en cours d ‘exécution, de policiers en action, d’enquêtes et de violence en tout genre.

 

Ce ne serait pas encore tellement grave si cela restait sur le mode moralisateur, si on se bornait à inculquer le fait que le bien gagne toujours. Mais ce qu’on inculque, c’est le fait que moins les policiers respectent la discipline interne, plus de résultats obtiennent-ils. Ce qu’on inculque, c’est le mélange des genres : des policiers qui endossent tous les rôles, où le policier abandonne son rôle pour devenir un justicier …comme si nous nous trouvions dans une société pénalisée, habitée par la peur, dépourvue des moyens de régulation et d’intégration de jadis. Une société où l’ultime régulation est le recours au coup d’éclat, au coup de force.

           

20:36 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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