27/06/2007

Paul BRUSSON: UN GRAND RESISTANT ET UN INFATIGABLE PASSEUR DE MEMOIRE !

 

PAUL BRUSSON :  UN GRAND RESISTANT

ET

 INFATIGABLE PASSEUR DE MEMOIRE.

Qui est Paul BRUSSON ?

BRUSSON

 

Paul  BRUSSON est né à OUGREE le 29 avril 1921  et il y demeure toujours. OUGREE étant maintenant fusionné avec SERAING, C’est de la Ville de SERAING que Paul BRUSSON a été fait « CITOYEN D’HONNEUR »

Dès le début de la guerre, il s’engage dans la Résistance au sein du mouvement "Solidarité" du Front de l’Indépendance où il exerce une importante et fructueuse activité. Cela lui vaudra d’être arrêté par la Gestapo, le 28 avril 1942, à la veille de ses 21 ans.

Détenu au Fort de HUY, dont nous avons parlé dans un autre article de ce site, puis à BREENDONK, il sera envoyé dans les camps nazis où il séjournera 3 ans. D’abord à MAUTHAUSEN et GUSEN en Autriche  puis à NATZWEILER-STRUTHOF, en Alsace, et, pour terminer, à DACHAU jusqu’au 30 avril 1945, date de sa libération.

Durant sa détention, il fut considéré comme "NN"; c’est-à-dire NACHT UND NEBEL (Nuit et Brouillard), c’est-à-dire qu’il faisait partie   des détenus "dangereux", qui devaient disparaître sans laisser de traces.

 NACHT UND NEBEL.

Nacht und Nebel! C'est là l'interprétation du signe N.N. accolé par l'administration SS à tout détenu désigné dès sa déportation à la disparition, et qui, en aucune manière, ne pouvait faire partie du lot, combien maigre et hypothétique, des rescapés de "l'Enfer organisé".

Cette expression s'appliqua d'ailleurs petit à petit à tout concentrationnaire que l'épuisement  destinait aux gaz et aux injections mortelles.

II suffit de consulter un dictionnaire allemand pour découvrir avec stupéfaction que ce signe était utilisé en Allemagne, bien avant le régime nazi, et signifiait, « quelqu'un qu'on ne veut pas nommer".

La traduction française littérale est « NUIT ET BROUILLARD ». Ce qui est tout aussi significatif : il s’agissait de gens que l’on plongeait dans l’anonymat, que l’on vouait à la disparition, à l’évanouissement dans la nuit et le brouillard !

Après son retour de captivité.

 

En 1945, après son retour de captivité, il se marie et entrera dans la Police d’Ougrée en 1949. Il y suit les cours d’officier de police de la Province de Liège. Il est nommé Commissaire-adjoint en 1962, puis Commissaire de Police en 1974. Après la fusion des Communes en 1977, il deviendra Commissaire de Police en chef de la Ville de Liège.

Paul BRUSSON, passeur de mémoire

Depuis son retour de captivité, Paul BRUSSON milite au sein de la Confédération Nationale des Prisonniers Politiques et Ayants Droit de Belgique, et dans de nombreuses associations patriotiques. En général, il mène un combat inlassable pour prévenir auprès des jeunes générations la résurgence de ce passé barbare et leur faire découvrir le véritable visage du nazisme.

Chaque année, jusqu’à présent, il conduit de nombreux groupes, notamment des étudiants et leurs professeurs, sur les lieux où se déroulèrent les atrocités nazies. Notamment à MAUTHAUSEN et à DACHAU où il fut interné.

II est un des membres fondateurs des « TERRITOIRES DE LA MEMOIRE ».

Il fut aussi, tout naturellement, amené à la présidence de l’Union Liégeoise de Prisonniers Politiques des Deux Guerres Mondiales mais également d’autres associations patriotiques ou « de mémoire » telles que :

-    l’Amicale de MAUTHAUSEN ;

-          le Comité de Restauration du Fort de HUY.

Il est également actif au sein du Conseil d’Administration de l’INIG.

Paul BRUSSON, témoin privilégié.

En 2003, en collaboration avec Pierrot GILLES, il rédigea et publia un livre « DE MEMOIRE VIVE ». Dans cet ouvrage, il livrait un témoignage poignant sur les horreurs que ses compagnons de captivité et lui-même avaient subies.

Dans ce livre, il s’efforce de faire passer le message suivant :

 

 

«  De nombreux signes montrent que la démocratie, lorsqu’elle se réduit au marché, est un terreau de choix non seulement pour les totalitarismes qui modèlent en douceur pensée et comportements, mais aussi pour les mouvements qui affichent de façon affirmée leurs options extrémistes et une vision fascisante de la société. A cet égard, rien n’est plus dangereux que de prêcher l’avenir en oubliant le passé. C’est là faire le jeu des négationnistes et de tous les ennemis de la liberté. Voilà pourquoi il est si important de donner voix à ceux qui ont vécu dans leur chair ce qui peut arriver de pire à l’homme : sa négation par ses semblables, le mépris, l’humiliation, les souffrances physiques et morales infligées au nom d’une Vérité, d’une Force, d’une Certitude. La Mémoire vive de Paul BRUSSON est là pour rappeler que l’ignominie des camps de concentration, que l’horreur du nazisme appartiennent à l’histoire et qu’elles sont le fait des hommes. Plus qu’un témoignage, ce récit sans concessions d’un rescapé de Mauthausen est un appel à l’expérience, à la nécessité de toucher à travers lui à l’inconcevable et ainsi faire en sorte que nous ne soyons jamais complice de sa répétition. »

 

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Un mot sur l’ASBL PAUL BRUSSON.

La Fondation, Paul BRUSSON a été créée en 1997 par le Rotary Club de LIEGE.

Ses objectifs sont :

1° Perpétuer, par le témoignage actuel, le souvenir des victimes de l’univers concentrationnaire nazi et de continuer leur combat pour un monde meilleur ;

2° Lutter contre la renaissance de tous régimes totalitaires, contre leurs tendances et contre toutes persécutions raciales ;

3° Développer la fraternité et l’union entre tous les hommes de bonne volonté, indépendamment de leur race, de leur nationalité, de leur religion, de leur philosophie.

Comme on peut l’apprécier, il ne s’agit nullement de se réfugier dans le culte du souvenir mais d’établir le lien entre les leçons du passé et les problèmes du présent !

 

 

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