29/06/2016

LES WALEFFES: Monuments aux Morts.

LES WALEFFES:

( Commune de FAIMES )

MONUMENTS AUX MORTS.

La commune de FAIMES située en province de Liège rassemble 5 anciennes communes, et s’est formée en 2 fusions :

1° fusion des anciennes communes de Borlez, Celles et Les Waleffes (en 1970),

2° adjonction des anciennes communes d’Aineffe et Viemme (en 1976).

A LES WALEFFES, il y a deux Monuments aux Morts:

* le Mémorial du cimetière, adossé au mur de l'église

* le Monument aux Morts proprement dit.

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Memorial du Cimetière.

Comme on peut le voir, ce Monument était initialement dédié aux anciens combattants de 14-18. 

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Deux ailes ont été ajoutées. 

D'après les dates de naissance y figurant, on peut être assuré qu'ils s'agit de combattants de la guerre de 40-45.

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Des plaques de souvenir ont été ajoutées, sans doute par les familles;

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On peut regretter un manque d'homogénéité. mais on ne peut pas non plus reprocher aux familles de marquer leur attachement à leurs parents.

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Monument aux Morts proprement dit:

Ici aussi, il s'agit d'un Monument dédié, initialement, aux combattants de 14-18.

Le socle a été, après coup, utilisé pour les combattants de 40-45.

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Deux remarques au sujet de la décoration du Monument:

* il s'agit, contrairement à d'autres communes de la région, d'un Monument purement civil: il n'y a aucune référence religieuse. Contrairement aussi au mémorial du cimetière.

* Il n'y a aucun pathos: une palme ( symbole de la paix ) un casque de la guerre de 14-18 et, au sommet, une tête de femme triste.

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AWANS fêtera le 21 juillet.

 

JEUDI 21 juillet 2016

la Commune d'AWANS célébrera la Fête Nationale.

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Programme:

09H45: Réunion des porte-drapeaux devant l'église Sainte AGATHE à AWANS

11H00: messe

11H45: Monument aux Morts, Place Communale

dépôt de fleurs

discours du Bourgmestre et de la FNC

11H00: Réception à la Maison Communale

remise des subsides aux associations patriotiques.

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La FNC "AWANS-BIERSET" invite la population à arborer le drapeau national.

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26/06/2016

Mémoire, lieux de mémoire, commémoration et les écoles.

Les commémorations, le lieux de mémoire et les écoles.

 

Les écoles sont invitées à s'associer aux principales commémorations nationales qui ont lieu durant l'année scolaire. Lors de ces temps forts, des actions peuvent être mises en œuvre avec les communes, les associations patriotiques, les associations de mémoire, les mémoriaux, les musées, etc.

 

La FNC "AWANS-BIERSET" persévère dans son volonté de perpétuer les manifestations adressées aux écoles. Nous estimons qu'il est plus utile d'organiser quelques hommages aux Monuments aux Morts en y associant les écoles que de remettre sur pied une relais sacré qui consisterait en une visite rapide à une série de Monuments aux Morts.

C'est pourquoi, nous avons étendu notre rayon d'action: aux écoles de BIERSET, FOOZ et AWANS, nous avons ajouté celles de VELROUX et de GRÂCE-HOLLOGNE. Les bourgmestres et échevins des deux communes rehaussent de leur présence.

Ces journées offrent l'occasion aux enseignants de sensibiliser, dans le cadre des programmes, les élèves à des thématiques citoyennes.

 

Certaines commémorations coïncidant avec un jour férié, ces actions pédagogiques sont menées dans les jours qui précèdent ou les jours qui suivent. Nos invitations aux Monuments constituent un bon moyen. mais il serait important que les parents qui peuvent se libérer puissent y assister.

 

Parmi ces commémorations, on notera :

 

Le 11 novembre (jour férié) : commémoration de l'armistice de 1918

 

L'Armistice de la première guerre mondiale signé entre les Alliés et l'Allemagne est commémoré en Belgique le 11 novembre. Des cérémonies sont organisées dans chaque commune en hommage aux combattants et aux victimes de la guerre.

 

La vie des combattants morts pour la Patrie de même que le patrimoine artistique et littéraire lié à la guerre, à la résistance, peuvent être étudiés en classe. Ce travail doit être fait dans le but de souligner que la mémoire des deux grands conflits mondiaux contribue à la construction d'une Europe fondée sur la tolérance et la paix.

 

Le 8 mai (jour ouvré) : commémoration de la victoire de 1945.

 

Dès 1946, on commémore la victoire militaire remportée par les armées alliées, mettant fin à la Seconde guerre mondiale en Europe, officialisée par la signature de l'acte de capitulation du Troisième Reich, le 8 mai 1945 à Berlin.

En Belgique, contrairement à la France, la date du 8 mai n'a pas obtenu le caractère férié. Cette journée est l'occasion de rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont lutté contre la barbarie du régime hitlérien et à toutes les victimes.

 

Les lieux de mémoire.

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La Belgique, et plus particulièrement notre région, possède un important patrimoine historique.

Les grands sites de mémoire, tels que les Forts de LIEGE, les tranchées de la Première Guerre mondiale, les camps d'internement ( Forts de HUY et de BREENDONK ), ainsi que les nombreux musées d'histoire, mémoriaux et nécropoles nationales ( Fort de LONCIN ) témoignent que le 20° siècle fut un siècle de conflits.d'un siècle de conflits.

 

A AWANS, plus modestement, nous avons, dans la campagne de FOOZ la stèle LAMMENS.

 

Mémoire et histoire.

 

La mémoire est la présence sélective et émotionnelle des souvenirs du passé dans la société ou, plus précisément, dans chaque groupe de la société. Elle est donc souvent multiple et parfois diverse, voire conflictuelle. En tout cas, il peut y avoir une rivalité des mémoires.

 

Chaque groupe concerné par des événements douloureux a sa propre propre interprétation du passé. Ainsi la mémoire des prisonniers politiques est différente de la mémoire des prisonniers de guerre et de celle des déportés. Ces différentes visions peuvent s'opposer. On constate que certaines mémoires se sont estompées: ainsi on a souvent tendance à parler surtout des prisonniers politiques plutôt que des prisonniers de guerre. On continue à visiter les camps de prisonniers politiques lors que les camps de prisonniers de guerre n'existent plus. Les films parlant des prisonniers de guerre sont plutôt des films comiques...La mémoire des familles juives est encore toute différente. On a magnifié la résistance, à juste titre, mais on a un peu oublié les prisonniers de guerre. On doit donc parler de "mémoires" et non de "mémoire". On parle de la Résistance...mais on ne parle plus beaucoup de la collaboration.

 

Cela, c'est la mémoire. L'histoire, elle, a pour vocation de restituer le passé d'une manière la plus objective possible. Elle s'appuie sur une étude critique des sources (écrites, orales, archéologiques, etc.).

 

Ainsi mémoires et histoire ont des approches différentes quant au type de recherches concernant le passé.

 

Les mémoires veulent rétablir des souvenirs, rétablir des vérités, "sauver de l'oubli" alors que l'histoire veut comprendre et expliquer le passé.

 

Pourtant, il doit exister de nombreux liens et interactions entre les deux. c'est primordial.

 

 

 

25/06/2016

1916: L'arme de la faim et le blocus contre l'Allemagne.

1916: L'arme de la faim contre l'ALLEMAGNE.

 

Pendant la durée de la Première Guerre mondiale, les Français et les Britanniques mirent au point au fur et à mesure une politique de blocus. Cette politique visait la mise à mal de l'économie allemande essentiellement et aussi autrichienne.

 

Ce n'était pas un véritable blocus mais un ensemble de mesures qui avaient pour but d'empêcher tous les produits de parvenir aux puissances centrales.

 

Un blocus, au véritable sens du terme, aurait consisté dans une série de mesures navales spécifiques: le stationnement de navires devant un port ou une côte ennemie pour empêcher le passage des marchandises. Or les Alliés étaient dans l'impossibilité de bloquer les ports et côtes de la Mer Baltique et de la Mer du Nord.

 

En réalité, les Alliés avaient jeté un embargo sur les marchandises à destination ou en provenance de l'Allemagne en représailles des mesures allemandes de lutte sous-marine. Cette guerre sous-marine menée par l'ALLEMAGNE eut d'ailleurs d'autres conséquences fâcheuses pour eux: l'entrée en guerre des ETATS-UNIS dont des bateaux avaient été victimes de ces attaques. Ce qui provoqua leur entrée en guerre aux côtés des Alliés. C'était un allié de poids car ils possédaient une armée d'hommes frais et motivés et des matériaux militaires neufs et performants. 

 

La guerre sous-marine de l'ALLEMAGNE aurait donc, peut-être, été la plus grande gaffe commise par l'ALLEMAGNE !

 

Ce blocus qui interdisait l’importation de denrées alimentaires pour les hommes et pour le bétail, a été prolongé après l'Armistice, jusqu’en mars 1919, avant d’être progressivement assoupli. La mort a donc fait son oeuvre, à grande échelle, dans le pays, après l’avoir fait sur le front.

 

Environ un million de civils sont morts en Allemagne et en Autriche de malnutrition, “parce que le blocus des denrées alimentaires, organisé par les Alliés, a fonctionné de manière incroyablement efficace”.

 

C'est en 1916 que les conséquences du blocus produisirent leurs effets dans la vie quoitidienne dess familles allemandes.

 

On dut introduire le rationnement: chacun avait droit à 250 grammes de viande, 500 grammes de pommes de terre, et 90 grammes de graisse par semaine.

 

Apparaît le " pain allemand de guerre ": un pain noir que la propagande s'efforce de faire passer pour un pain historique, national, qualitativement et gustativement bon, c’est le pain complet Kara, mot signifiant noir en turc. Des affiches incitent les Allemands à manger ce pain.

 

On soumet les enfants à la propagande de guerre. Dans une rédaction intitulée ‘Notre pain de guerre’, une fillette de 12 ans écrit : " Les Anglais sont nos pires ennemis, car ils tentent de nous affamer. C’est pour cette raison que l’on fabrique du pain de guerre, pour économiser des provisions […]. Notre pain de guerre est un pain assez noir.

On peut aussi imaginer, facilement, l'état dans lequel devaient se trouver les prisonniers de guerre et les déportés civils en ALLEMAGNE !

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La malnutrition et la famine, phénomène de masse en Allemagne à la suite du blocus allié, sont généralement évoquées dans les ouvrages historiques sur la première guerre mondiale. En revanche, on ne nous dit guère que ce blocus, qui interdisait aussi l’importation de denrées alimentaires pour les hommes et pour le bétail, a duré encore de longs mois après l’armistice de novembre 1918. La mort a donc fait son oeuvre, à grande échelle, dans le pays, après l’avoir fait sur le front.

 

 

 

 

24/06/2016

VILLERS-L'EVÊQUE, ( AWANS ) le 30juillet 2016.

VILLERS-L'EVÊQUE

( Commune d'AWANS )

INVITATION DE LA FNC de VILLERS-L'EVÊQUE

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Le dimanche 3 juillet 2016, à l'issue de la procession, ,il y aura un hommage au Monument aux Morts de la localité;

12.00 hr/ Environ.

Cérémonie d’hommage au monument des Anciens Combattants

Allocutions

Dépôt de fleurs

 

Ensuite, le Comité Qualité Village de Villers-l’Evêque conviera les participants à prendre

le verre de l’amitié.

 

21/06/2016

La FNC "AWANS-BIERSET " était à GAND le 18 juin 2016.

La FNC "AWANS-BIERSET"

était présente à GAND

le 18 juin 2016

( 97°anniversaire de la FNC )

Comme chaque année, la manifestation -anniversaire de la FNC est organisée dans une province différente, en alternant la Région flamande et la Région wallonne.

Cette année, ce fut à GAND.

Le centième anniversaire de la guerre de 14-18 a démontré combien la population était demandeuse de rassemblements commémoratifs autour d'événements historiques qui ont touché tous les citoyens du pays.

Nous en avons encore eu la preuve,début avril, pour la cérémonie d'hommage à Gabrielle PETIT.

Ce fut déjà le cas en février aux manifestations organisées à travers le pays en honneur et en souvenir du Roi ALBERT.

Ce fut à nouveau le cas lors de la Commémoration Nationale des Prisonniers politiques, le 29 mai.

 

Sur le plan local ( AWANS, BIERSET, FOOZ, VELROUX et GRÂCE-HOLLOGNE ), les manifestations de mai ont connu leur succès habituel.

A GAND, presque 300 drapeaux étaient présents.

AWANS avait envoyé trois porte-drapeaux: le drapeau de la FNC "AWANS-BIERSET", le drapeau de la FNC " Groupement régional de LIEGE " et le drapeau, récemment récupéré, de l'ancienne section FNC de HOLLOGNE-AUX-PIERRES.

Le départ du cortège fut donné sous la statue du Roi ALBERT.

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Ce fut aussi une façon, après les événements tragiques de mars 2016 à ZAVENTEM et au métro de BRUXELLES d'afficher notre réponse à toutes les tentatives de déstabilisation du pays. 

De montrer que face aux actes terroristes, il ne faut pas courber l'échine, qu'il ne faut pas craindre de défiler derrière le drapeau national.

Ci-dessous, le brevet octroyé à chaque participant.

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17/06/2016

Léon WERTH: écrivain pacifiste, volontaire de 14-18, contestataire solitaire après.

 

Léon WERTH

 

 

Ecrivain et journaliste, esprit libre, témoin de deux guerres.

Tombé dans les oubliettes de l'histoire.

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Léon WERTH est né en 1878 à REMIREMONT dans les Vosges, dans une famille juive assimilée. Son père était drapier. Sa mère, la sœur du philosophe Frédéric RAUH.

Brillant élève, il obtint le grand prix de philosophie au  Concours Général. Il étudia au Lycée Henri IV. Il délaisse pourtant ses études pour gagner sa vie aux Halles. Ensuite, il devient chroniqueur pour diverses revues.

 

Avant la guerre de 14-18, il se manifeste par son anticléricalisme, son esprit d'indépendance. Il échoue de peu au Goncourt en 1913,  pour son roman La Maison blanche. Il est en balance contre un autre favori, Alain Fournier avec Le Grand Meaulnes. Aucun des deux ne l'obtint.

 

En août 1914, libertaire et antimilitariste, il fut un partisan de JAURES. Malgré tout, il se porte volontaire , convaincu qu'il va « faire la guerre à la guerre ». Il y combattra durant 15 mois avant d'être blessé. Il est réformé en août 1915 pour maladie.

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En janvier 1917, il signe un appel à la paix dans le journal anarchiste Ce qu’il faut dire. Il écrit dans Le Journal du peuple. Sa critique est très acerbe: " le Peuple n’est plus. Sa majuscule s’est noyée dans la boue des tranchées. Le peuple a rampé et ne s’est pas insurgé lorsque les oligarques l’ont conduit à l’abattoir."

 

Cette expérience guerrière le marqua durablement et renforça son pacifisme. Il en tire deux roman, Clavel Soldat et Clavel chez les majors. Clavel, un soldat qui perd tout espoir en l'intelligence et l'humanité de l'homme après avoir été blessé. Ce livre est un témoignage, un réquisitoire contre le nationalisme. Mais c'est aussi un véritable chef d'oeuvre. Il y dépeint des hommes résignés à mourir dans un « monde fermé, sec aux yeux, gras aux pieds ». Cet ouvrage fit scandale.

 

Dans l'entre-deux guerres avec une verve acide, il vitupère autant contre le colonialisme (Cochinchine en 1926), que contre le stalinisme dont il dénonce l'imposture et contre le nazisme montant.

 

Voici ce qu'il au retour d'un voyage en Cochinchine: “Tout Français qui n’appartient pas à la race coloniale revient d’Indochine avec un sentiment de honte”. Pour lui, il n'y a aucun bilan positif à tirer de la colonisation.

 

Vers 1950, il reconnaît: "On me repoussa de partout". C'est bien vrai ! Durant les années 1920, il publie beaucoup. Il est l’un des intellectuels de gauche en vue. Proche des communistes et des anarchistes, mais membre d’aucun parti, il suscite la méfiance. En 1923, il veut partir en URSS en reportage. Mais les autorités soviétiques lui refusent l’entrée dans le pays.

 

Militant anti-stalinien, il prend fait et cause pour Victor SERGE, ancien anarchiste passé au trotskysme et déporté par le pouvoir communiste. Les deux hommes deviennent amis. Défendre un trotskyste est en effet un crime majeur aux yeux de certains.

 

Dans les années 1930, il continue à écrire reportages et romans, critiques cinématographiques et picturales mais il est mis à l'écart. Certains de ses manuscrits sont refusés par des maisons d’édition . Ses critiques du colonialisme, du communisme, sa liberté de pensée et son style souvent sarcastique, l’isolent d’une partie du monde littéraire. Si on y ajoute un antimilitarisme clairement affiché, on comprend pourquoi Léon WERTH fut pendant tant d'années jugé infréquentable.

 

Malgré ces rejets, il noue une grande amitié avec Antoine de SAINT-EXUPERY. Au début de la guerre, ce dernier rejoint WERTH à SAINT-AMOUR où il est réfugié. WERTH lui recommande de quitter la France. Il lui confie le manuscrit de Trente-trois Jours pour le faire publier aux USA. Mais il n'y arriva pas. En 1943, SAINT-EXUPERY lui dédicace Le Petit Prince.

 

33 jours, est un court récit écrit quelques semaines après la débâcle de 1940. Léon WERTH y raconte sa fuite de Paris vers sa maison de Saint-Amour dans le Jura. Un récit dont on avait perdu la trace et redécouvert en 1992 et publié par que  Viviane HAMY. Cette éditrice a permis de redécouvrir cet écrivain en republiant plusieurs de ses ouvrages dans les années 1990 et 2000. Les différentes manifestations organisées en 2005 pour le cinquantenaire de sa mort ont remis cet écrivain au goût du jour.

 

La lettre à un otage de Saint-Exupéry mais surtout la première partie (Lettre à un ami) a été écrite à l'origine pour servir de préface à 33 jours.

 

Ce n'est qu'en 1992 que Viviane Hamy découvre le manuscrit et le publie. Cette éditrice a permis de redécouvrir cet écrivain en republiant plusieurs de ses ouvrages dans les années 1990 et 2000. Les différentes manifestations organisées en 2005 pour le cinquantenaire de sa mort ont remis cet écrivain au goût du jour.

 

 

Contraint de rester à SAINT-AMOUR jusqu'en janvier 1944, ( La zone libre étant plus sûre pour les personnes d’origine juive ), il doit néanmoins, le 9 juillet 1941, aller se déclarer “juif” à la préfecture de Lons-le-Saunier : “Je me sens humilié, non pas d’être juif, mais d’être présumé, étant juif, d’une qualité inférieure” et « Je me sens humilié, c’est la première fois que la société m’humilie. […] Je lançai le mot : Juif, comme si j’allais chanter La Marseillaise. ». Son nom figure sur la liste des « Jüdische Autoren in französischer Sprache », c’est-à-dire des écrivains juifs de langue française.

 

Durant ces années, il tient, jour après jour, son journal publié, après la guerre, sous le titre Déposition. Un témoignage sur l’état de l’opinion dans la zone "libre": les difficultés de la vie quotidienne, les rumeurs du bourg, les propos des paysans, les émissions de radio Londres, radio Paris ou de la radio suisse. Il note l’impopularité de LAVAL et la popularité de PETAIN. Celle de de GAULLE qui croît au fil du temps. Il lit la presse de la résistance.

 

Dès 1943, mentionne l’existence d’AUSCHWITZ, en Pologne. Ce qui est un démenti cinglant à tous ceux qui " ne pouvaient pas savoir ".

 

Après la libération il assiste, en tant que journaliste, au procès du maréchal PETAIN. Malgré les tout, WERTH ne cède pas à la haine. On ne trouve dans ses ouvrages aucune trace de haine. Il reste profondément humain malgré ses coups de griffe. Jusqu’à sa mort, en 1955.

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Voici un passage de CLAVEL: 

 

J’ai peur. Oui, j’ai peur… Et je me demande en quoi cette explication peut vous paraître insuffisante. Si on m’invitait à monter dans un train destiné à une catastrophe, dans un train dont le déraillement serait marqué par l’indicateur, je refuserais. Je ne vois pas dans la guerre autre chose qu’une catastrophe. Je refuserais… Et personne ne me traiterait de lâche… Mais s’il vous est agréable de me traiter de lâche, allez-y, allez-y, ne vous gênez pas. Si c’est cela que vous entendez par être lâche, j’accepte le mot comme un hommage. Je tiens dans cette époque la lâcheté militaire pour une vertu, c’est la plus belle vertu de l’époque, la plus rare. J’entends l’aveu de cette lâcheté. Car s’il suffisait d’être lâche, pour être méritant, quelle belle époque serait la nôtre. Lâches, ceux qui s’embusquaient en affirmant leur patriotisme; lâches, ceux qui font triompher leurs conceptions diplomatiques ou leur foi patriotique par la mort des plus jeunes ou des plus exposés; lâches, ceux qui se font un mérite d’un risque auquel ils ne peuvent se soustraire; lâches aussi, s’ils l’acceptent comme une nécessité supérieure; lâches alors, parce que trop bêtes. Lâches, les femmes qui envoient leurs enfants à la belle gué-guerre et qui sont prises du même émoi que la maîtresse du toréador quand elle le voit face au taureau. Lâches, les femmes qui portent glorieusement le deuil de leurs enfants, comme si la suprême lâcheté n’était pas de remplacer par une comédienne attitude le deuil qu’on n’a pas sur le cœur. Lâches… parce que sont lâches les femmes qui ont, si leur fils meurt, une autre sentiment que la révolte, un autre mouvement que le sanglot. Lâches… oui, lâches, tous lâches, les femmes, les civils et les soldats… Et si vous pensez que j’ai peur pour ma peau, tout simplement, oui… J’ai peur pour ma peau. J’ai peur des obus, j’ai peur des balles, j’ai peur des bombes, j’ai peur des grenades, j’ai peur des baïonnettes, j’ai peur des couteaux, j’ai peur de tous les instruments et de tous les engins qui écrasent, arrachent, transpercent ou coupent. Les autres aussi… mais ils ne le disent pas ou ils sont trop bêtes pour s’imaginer le risque. Les bœufs qui paissent aux champs n’ont pas peur de l’abattoir. Et j’ai peur aussi des poux et des puces… peur de la caserne et peur du dépôt… peur du conseil de réforme… qui pourrait me récupérer… vous entendez bien… peur de me mettre nu encore une fois devant un général, des scribes et des médecins, peur d’être encore palpé, ausculté, percuté… peur enfin… J’ai peur…

Extrait de Clavel chez les majors, Paris, Albin Michel, 1919. RééditionViviane Hamy, 2006.