19/10/2014

L'Eté 14, "La victoire en chantant" ( Jules ROMAINS )

Jules Romains:

 

l’été 14, «La victoire en chantant»

 

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« Jamais tant d’hommes à la fois n’avaient dit adieu à leur famille et à leur maison pour commencer une guerre les uns contre les autres. Jamais non plus des soldats n’étaient partis pour les champs de bataille mieux persuadés que l’affaire les concernait  personnellement.

Tous ne jubilaient pas. Tous ne fleurissaient pas les wagons, ou ne les couvraient pas d’inscriptions gaillardes. Beaucoup ne regardaient pas sans arrière-pensée les paysans qui, venus le long des voies, répondaient mal aux cris de bravade et saluaient un peu trop gravement ces trains remplis d’hommes jeunes. Mais ils avaient en général bonne conscience. Puisqu’il n’était plus question d’hésiter ni de choisir, l’on remerciait presque le sort de vous avoir forcé la main. Peut-être allait-on bientôt s’apercevoir qu’avec ses rudes façons il vous avait rendu service, comme le maître-nageur au débutant qu’il  pousse à l’eau.

L’affaire, on n’en doutait pas, était de taille à remuer le monde entier. Et déjà elle en soulevait un large morceau. Mais par un effet de la tradition, et comme par droit de priorité,  avant  de devenir  mondiale, elle était d’abord franco-allemande.

Chacun des deux peuples s’était élancé à la rencontre de l’autre, en tâchant de bien maintenir dans sa tête une idée de la guerre aussi excitante que possible. Les Allemands s’efforçaient de croire qu’ils reprenaient une vieille épopée; qu’ils avaient derrière eux des chevaliers et des empereurs du Moyen Age tendant leur épée toute droite et leur montrant le chemin. Derrière les chevaliers du Saint-Empire, il y avait même les guerriers d’Hermann, et tant d’autres encore que les légions du Sud étaient venues massacrer dans les forêts, et dont  il n’était pas trop tard pour venger la juste cause. Le but prochain, c’était d’augmenter l’honneur de la patrie germanique, et la crainte qu’on avait d’elle. C’était de décourager définitivement les entreprises des envieux, à qui sa récente prospérité portait ombrage, et qui, d’un bout à l’autre de l’Europe, se conjuraient pour l’encercler et l’abattre.

Les Français préféraient s’imaginer que, ce qu’ils avaient derrière eux, c’était l’humanité ; qu’une fois de plus, voyant qu’elle ne pouvait sauver son destin qu’au prix d’une contestation sanglante, elle avait décidé de les choisir, eux, pour champions. II leur fallait, bien entendu, sauver aussi le sol natal, et même profiter de la circonstance pour reprendre deux provinces naguère perdues. Mais le plus important était de prouver au monde qu’on restait les soldats de la Révolution, le peuple qui depuis les Croisades n’avait jamais fait la guerre sans y mettre quelque intention de bienveillance universelle, et qui avait constamment voulu que ses voisins eussent leur part, au besoin malgré eux, des formes de vie excellentes dont lui-même avait eu l’initiative.»

 

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Jules Romains

Les hommes de bonne volonté, Tome 3 : Prélude à Verdun (1938), page 3 – Bouquins 

17/10/2014

L'enfer de la boue des tranchées ( Henri BARBUSSE )

 

Dans la boue des tranchées.

 

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Comme d’autres écrivains mobilisés sur les lignes du front, Henri BARBUSSE dans « Le feu » décrit ce tableau apocalyptique du champ de bataille où les fantassins se confondent avec la boue des tranchées :

 

« On ne peut déterminer l’identité de ces créatures : ni à leur vêtement couvert d’une épaisseur de fange, ni à la coiffure : ils sont nu-tête ou emmaillotés de laine sous leur cagoule fluide et fétide ; ni aux armes : ils n’ont pas leur fusil, ou bien leurs mains glissent sur une chose qu’ils ont traînée, masse informe et gluante, semblable à une espèce de poisson.

Tous ces hommes à la face cadavérique, qui sont devant nous et derrière nous, au bout de leurs forces, vides de paroles comme de volonté, tous ces hommes chargés de terre, et qui portent leur ensevelissement se ressemblent comme s’ils étaient nus.

De cette nuit épouvantable, il sort d’un côté ou d’un autre quelques revenants revêtus exactement du même uniforme de misère et d’ordure.

A une époque, je croyais que le pire enfer de la guerre ce sont les flammes des obus, puis j’ai pensé longtemps que c’était l’étouffement des souterrains qui se rétrécissent éternellement sur nous. Mais, non, l’enfer, c’est l’eau ».

 

 

15/10/2014

CONSTANT-LE-MARIN: Liégeois, patriote, champion du monde.

CONSTANT-LE-MARIN.

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CONSTANT-LE-MARIN qui s'appelait, en réalité Henri HERD, est né en 1884, à LIEGE, dans le quartier d'Outremeuse, dans la rue Porte-aux-Oies, une étroite ruelle qui donne sur la rue Puits-en-Sock.

 

CONSTANT-LE-MARIN, avec son parcours mouvementé et atypique, est une grande figure liégeoise et un véritable héros populaire. Ce titre de « Héros populaire », il le mérite pour plusieurs raisons.

 

Il s’est fait connaître à l’échelle internationale en tant que champion de lutte gréco-romaine. En fait, cela devait ressembler au catch actuel. En 1901, à 17 ans, Henri HERD avait déjà attiré l'attention en remportant coup sur coup plusieurs compétitions. Deux fois champion du monde de lutte, il était l'idole des Liégeois, attirant des foules considérables à chaque combat. Sa célébrité a vraiment décollé au moment de l’Exposition universelle de 1905 à LIEGE.

 

Pourquoi ce surnom de CONSTANT-LE-MARIN ? Il avait été épaté par les exploits de son modèle, le lutteur CONSTANT-LE-BOUCHER (un boucher de FLORENNES). Il prend le surnom de CONSTANT-LE-MARIN en hommage et aussi, par analogie, pour ressembler à celui-ci. Il n'avait rien à voir, de près ni de loin, avec la marine...sauf qu'il voulait voyager dans le monde entier comme un marin...

 

Ce rêve fut réalisé. D'abord comme lutteur: devenu catcheur professionnel, il fut plusieurs fois sacré champion du monde de lutte, notamment à BUENOS AIRES, en 1913.

 

Mais, c'est aussi un héros de la guerre de 14-18. Il fit partie, de 1915 à 1917, de l'incroyable épopée de l'armée belge sur le front russe et en SIBERIE durant la première guerre mondiale, Il devint maréchal des logis. Dans cette unité, il était aux côtés de deux autres liégeois devenus célèbres par après: le poète et homme politique Marcel THIRY et Julien LAHAUT, futur dirigeant du Parti communiste.

 

Ce Corps avait été formé en France par le major COLLON en 1915. Il était constitué de dix auto-canons-mitrailleuses, de motos, de vélos, de camions et de 300 volontaires belges. Placé sous le commandement russe, le Corps participa notamment, en Galicie (Pologne), à des combats contre les Autrichiens et les Allemands.

 

Dans cette expédition, il s’est particulièrement distingué, après une expédition assez incroyable, un retour avec l’Orient-Express, un défilé et des acclamations sur la 5e Avenue à NEW YORK. Une citation de 1917 glorifie la dernière d'une série d'actions d'éclats accomplies par le maréchal des logis Henri HERD, sur le front russe, dans le Corps des autos-canons-mitrailleuses. Je cite: «Sous-officier très brave et très courageux, animé d'un grand esprit de sacrifice et d'un réel mépris du danger. Chef d'une voiture blindée depuis le début de la campagne, a toujours été un exemple pour ses sous-ordres. A été sérieusement blessé en accomplissant une mission et, au prix de souffrances inouïes, est parvenu à rejoindre nos lignes»

 

Il subit de graves blessures. Au cours d'une attaque, frappé de trois balles, il saute de son véhicule détruit par les tirs ennemis, se jette dans un trou d'obus d'où, malgré d'horribles blessures, il se traîne vers ses lignes. Lorsqu'on le trouve, il faut cinq hommes pour le haler vers l'arrière. Il sera sauvé grâce, notamment, à un de ses neveux, engagé sur le même champ de bataille. Il recevra les Croix de St-Georges, les plus hautes distinctions militaires octroyées par le tsar Nicolas II.

 

La campagne de RUSIE lui avait coûté de nombreuses blessures. Sa cuisse gauche était gravement atteinte. Après la guerre, à force de volonté, il redeviendra le champion du monde qu'il avait été. Ce fut en 1921. On comprend qu'il dut faire preuve d'un courage exemplaire pour s'entraîner de nouveau et récupérer son titre !

 

Ardent patriote, en 1940, il veut à nouveau s'engager. Mais il a près de 57 ans, l'armée ne veut plus de lui. Il se rendra en FRANCE pour aider à l'organisation des réfugiés belges et s'embarquera de justesse sur le dernier bateau en partance pour l'Amérique d'où il ne reviendra qu'en 1946.

 

Cet enfant d'Outremeuse est mort à LIEGE, sa ville natale, en 1965. Il avait fait le tour du monde, même plusieurs fois, comme il se l'était promis. Il fut inhumé dans la caveau familial au Cimetière de ROBERMONT.

CONSTANT-LE-MARIN est un homme du peuple à citer en exemple pour son patriotisme et son courage. A 56 ans, il repart à l'action contre les nazis. A méditer à une époque où certains banalisent la collaboration qui n'aurait été " qu'une erreur".

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En 1988, le 14 août, une plaque commémorative a été apposée rue Porte-aux-Oies.

 

 

 

12/10/2014

Le Souvenir Français.

 

Le Souvenir Français

 

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La création du « Souvenir français » intervint après la guerre perdue de 1870 etl 'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par l'Allemagne. En Alsace, une partie de la population marquait son attachement à la France par un culte aux militaires morts pour la France (entretien des tombes, offices religieux...). En Alsace, le 1° novembre, des jeunes filles en habit traditionnel alsacien déposaient des cocardes sur les tombes des victimes de leur commune.

 

En Alsace, après la défaite de 1871, un professeur, François-Xavier NIESSEN s'opposait publiquement à l’annexion de l'Alsace et de la Lorraine par l'Allemagne. Il voulait montrer l'attachement des Alsaciens-Lorrains à la France et maintenir en France le souvenir des provinces perdues. Dans son esprit, l'entretien des tombes serait l'instrument permettant de garder présent dans les esprits le souvenir des « Morts pour la France » de 1870. Cela devait aussi permettre de le sentiment de l'unité nationale. « Unité Nationale », dans son esprit, signifiait que l'Alsace et la Lorraine devaient toujours être considérées comme territoires français.

 

Le Allemands ne supportant plus son attitude, il fut « exilé » en France en 1887. « Exilé », est un terme qui ne convient pas très bien dans son cas puisque, pour lui la frontière était une création artificielle.

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C'est alors qu'il créa le « Souvenir français ». En 1888, le 7 mars, il appela les Français à rejoindre l’association. Le succès fut au rendez-vous. Le« Souvenir français » fut à l'origine du financement et de l'érection de monuments commémoratifs de la guerre de 1870 dans toute la France, y compris dans les territoire annexés par l'Allemagne.

De nombreuses plaques en fonte furent apposées dans les cimetières communaux ou dans les lieux publics avec une dédicace et parfois le nom des victimes furent financées par le Souvenir français.

Durant la guerre de 14-18, le « Souvenir français » put continuer son action en France non occupée. Une cinquantaine de monuments commémoratifs furent édifiés. IL s'attela, à la demande des familles, à la recherche des corps de soldats tués au combat. Enfin, il fut à la base de la création de près de 200 cimetières militaires et de 200 000 tombes. Les membres non mobilisés veillèrent aux sépultures et à l’accompagnement des familles des morts.

 

Toutefois, après la guerre, le « Souvenir français » ne put s’occuper seul des 1 700 000 morts.

C'est ainsi que le Service national des sépultures fut créé par la loi du 31 juillet 1920 prit en charge les cimetières militaires et les nécropoles nationales.

 

A l'heure actuelle, le « Souvenir français » continue son action. Le « Souvenir Français », c’est :

  • 130 000 tombes entretenues par an

  • la sauvegarde de sépultures en déshérence

  • la création de tombes de regroupement

  • plusieurs dizaines de monuments restaurés par an (stèles, monuments, mémoriaux…)

 

 

Il fonctionne, grâce à des bénévoles, en France bien entendu mais aussi en outre-mer et à l’étranger. le travail d’entretien des sépultures a pour but non seulement d’honorer tous ceux qui qui sont morts pour la France et ses valeurs sans distinction de rang ou de classe mais aussi de transmettre le message de Mémoire aux jeunes générations.

 

Le « Souvenir français » est présent dans soixante-huit pays dont la Belgique. La Délégation Générale du Souvenir Français pour la Belgique, animée par le Lieutenant-Colonel Claude Michel (h), est l’une des 68 délégations du Souvenir Français, présentes à l’étranger.

 

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16:45 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/10/2014

Monument aux Morts de CLAVIER.

MONUMENT AUX MORTS 

DE CLAVIER.

L'ancienne commune de CLAVIER présente quelques particularités qui perturbent les visiteurs qui cherchent leur route. 

Tout d'abord, elle est subdivisées en plieurs villages qui ont une vie pratiquement autonome. Quant à CLAVIER même, deux villages portent ce nom: Clavier-Station et Clavier-Village, distants de quelques kilomètres.

Clavier-Village est le centre de la commune...qui présente la particularité d'être le plus petit village de l'ensemble. C'est là que l'on trouve l'église paroissiale ( bien qu'il y en ait une autre à Clavier-Station ), la Maison Communale et le Cimetière.

Le véritable centre attractif se trouve en fait à Clavier-Station. 

Sur la façade de la Maison Communale, aucune trace de la fameuse "Plaque provinciale" liégeoise. Sur aucune place de la commune, aucun Monument aux Morts. 

Pour trouver le Monument aux Morts, il faut se rendre au Cimetière où on finit par le découvrir en examinant bien tous les monuments. De loin, sans cet examen attentif, pas grand chose ne le distingue.

Par dessus le mur du cimetière, on aperçoit la Maison Communale.

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Le Monument est mutilé. C'est regrettable car un subside aurait pu être obtenu pour le restaurer ! Ou, en tout cas, aurait pu être demandé. A noter cependant que cet édicule est bien fleuri par un rosier.

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La base du Monument: un lion sur un drapeau. Lion à l'expression assez agressive.

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Voici les flancs du Monument: des combattants français sont honorés. Sur un flanc, les français; sur l'autre flanc, les belges.

Deux tombes d'anciens combattants, dans le cimetière. Avec plaques de la FNC.

 

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09/10/2014

Le KRONPRINZ et la presse satirique française.

Le KRONPRINZ

 

Tête de Turc des revues satiriques.

 

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«  La BAÏONNETTE » est un hebdomadaire satirique français. Il est entièrement consacré à la guerre. Il parut pour la première fois en 1915 ( le 23 janvier ) sous le titre " A la Baïonnette ". Dès juillet de la même année, son titre fut légèrement modifié . Il devint « La Baïonnette ». Il paraîtra sous ce titre jusqu'en 1919. 

 

Le titre est à l'image des premiers dessins, tout en charge contre l'ennemi. Dans l'image ci-dessus, c'est le KRONPRINZ qui en fait les frais. Le journal s'en prend d'ailleurs volontiers au Kronprinz.

 

Le KRONPRINZ aimait se donner l'image d'un combattant chevaleresque qui respectait les adversaires vaincus qui s'étaient bien battus. Ci-dessus, par un seul dessin qui valait plus qu'un long texte, on lui brosse son tableau: un bellâtre affublé d'un ridicule couvre-chef ( la fameux colback «  à tête de mort » ) mais qui ne laisse derrière lui que ruines et incendies. On a inversé le dessin: la tête de mort pour le personnage lui-même et l'image de la figure sur le colback !


Elle traita néanmoins avec humour et justesse de la vie des soldats, brossant sur le ton de la satire certains sujets, sans excès.

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Toujours dans le même esprit, la comparaison entre la "Marianne" française, fraîche, jeune et joyeuses et "Germania", marâtre casquée, bougonne, râleuse...

 Le sous-titre en dit long " Histoire d'un bonnet et d'un casque "

Dès le début de la guerre, la presse humoristique fut placée devant un dilemme: se mettre au service de la cause nationale ou disparaître. Bien des titres interrompirent leur publication. Pour certains, ce ne fut qu'une suspension suivie rapidement d'une reprise dans le ton attendu, c'est-à-dire contribuer à la propagande pour l'effort de guerre. De nouvelles publications apparurent. C'est le cas de « A la baïonnette ». D'autres nouveaux titres parurent également tel « Le Mot » fondé par Paul IRIBE associé à COCTEAU.

 

Apparaît aussi en septembre 1915, « Le Canard enchaîné »  quise distingue par une volonté critique à l'égard de la propagande. Son titre parodie le journal « L'Homme libre » de Georges CLEMENCEAU.

 

Finalement, de cette époque, seul « Le canard enchaîné » continue, depuis presque cent ans sa parution.

 

 

Les Hussards "à tête de mort", le Kaizer et le Kronprinz.

Les « Hussards à tête de mort »,

Le KAIZER

et

Le KRONPRINZ.

 

A côtés des Uhlans dont nous avons déjà parlé existait une autre formation dotée d'une auusi mauvaise renommée: les Hussards, dits « Hussards à tête de mort » ou plus populairement « Hussards de la mort ».

 

A l'origine, les hussards n’étaient encore que des bandes armées sans discipline, sans vergogne et sans peur, des maraudeurs effrayants. Ils sont issus de la tradition hongroise. D'ailleurs, le Colback, élément le plus saisissant de l’uniforme, vient en droite ligne de cette tradition. Les 1er, 2ème et 17ème Régiments de Hussards, devenus des unités d’élite de l’Armée allemande, ont conservé cette double tradition: la mission de terroriser l’adversaire...et le port du colback. Ils étaient pourvus d'un uniforme très extravagant. Ce qui frappait surtout et inquiétait, c'était le colback garni d'une tête de mort ricanant sertie de fourrure. Cet impressionnant couvre-chef arborant l’insigne aux tibias croisés s'appelle « colback ». Très vite, ceux qui le portaient furent surnommés les « Hussards de la Mort ».

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Lorsque la Grande Guerre éclate, le 1er Régiment de Hussards est l’unité chérie de l’empereur Guillaume II. Il décora ce régiment à diverses reprises.

 

L’allure de ses troupes, dont il assurait personnellement le commandement, se devait d’être à l’image de l’empire. Pour confectionner les uniformes de cette unité, on recourait aux matières les plus nobles, dont la peau de loutre ou d’opossum importée à grands frais pour réaliser ces colbacks. En 1914, les Hussards de la Mort portaient donc fièrement cette coiffure anachronique et clinquante à un moment où on inventait l’art du camouflage…C'était, alors qu'on venait d'inventer la guerre industrielle, un reliquat du passé.

 

On doit rappeler que le Kaizer était obsédé par l'uniforme. On rapporte qu'il changeait fréquemment d'uniforme selon les circonstances. Quand il naviguait, il portait l'uniforme d'amiral. Il portait l'uniforme qui convenait le mieux à ses activités. On dit même que lorsqu'il partait en pique-nique, il revêtait l'uniforme de garde-champêtre ou de garde-chasse !

 

C'est ici qu'intervient le Kronprinz. Lors de la Première Guerre mondiale, il fut nommé commandant des « Hussards de la Mort ». Généralement considéré comme un « M'as-tu vu ? » et un être frivole, grand amateur de danseuses, le Kronprinz assura néanmoins le commandement de ses troupes près de VERDUN et tint son Quartier Général pendant le conflit à CHARLEVILLE. Bien sûr, ce n'était pas en première ligne mais il était quand même proche du front. « KRONPRINZ » était le titre porté par l'héritier du trône du Kaizer. Comme « DAUPHIN » fut, en son temps, en FRANCE, le titre de l'héritier du Roi. Frédéric Guillaume Victor Auguste Ernest de Hohenzollern  (Wilhelm von Hohenzollern) fut le dernier Kronprinz. Il est né le 6 mai 1882 et mort le 20 juillet 1951, en Allemagne, à HECHINGEN.

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Il eut donc quand même une attitude assez différente du Kaizer, son père, cantonné à SPA où il fut surnommé par les vieux spadois « Guillaume le cantonnier ». Le Kaizer se faisait photographier dans des pseudo-tranchées qu’il passait son temps à creuser lui-même dans les environs du château !

 

«On a raconté aussi sa manie de préparer des pseudo-tranchées pour s’y faire photographier en train de combattre les Français, blancs et de couleur, comme disaient les communiqués fameux de Ludendorff. Un jour, Guillaume fit porter une grande quantité de sacs remplis de sable sur les Fagnes, où une tranchée profonde avait été aménagée. La photographie que les journaux firent paraître portait comme titre: l’Empereur dans les plaines de la Champagne. On dit aussi qu’il s’y fit cinématographier».  (Extrait de : Notre Pays du 4/7/1920)

 

Après la défaite et l'abdication du Kaizer, le Kronprinz renonça à ses droits au trône. Il fut d'abord exilé sur l'île de Wieringen aux PAYS-BAS. Il put revenir en Allemagne en 1923. Il revêt de nouveau l'uniforme des « hussards à tête de mort ».

 

Il soutint Hitler lors de sa prise de pouvoir et les nazis se servirent du Kronprinz comme caution morale. Dans les années 30 , il fréquenta assidûment les nazis. Ceux-ci s'en servirent ( mais fallut-il le presser beaucoup ? ) pour assurer la jonction des corps-francs allemands et des anciens combattants de la Grande Guerre avec le parti Nazi. Dans l'imaginaire allemand d'après guerre, on avait cultivé l'image d'une armée en réalité invaincue mais trahie par les politiciens, les syndicalistes...Le Kronprinz avait conservé une assez bonne image étant donné qu'il avait été relativement proche de l'armée pendant le conflit et qu'il avait dirigé une troupe d'élite.

 

Sur les images d'archives datant des années 1930, on peut le voir, paradant aux côtés d'AdolfHITLER et des dirigeants nazis, portant au bras le brassard à croix gammée. En 1933, après l'investiture d'Adolf HITLER comme chancelier, le Kronprinz fut manipulé par les nazis qui l'utilisèrent afin de lever les dernières hésitations des Allemands qui se méfiaient encore de la politique prônée par Adolf HITLER.

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Sur une photo, on peut le voir assis à côté de son frère August-Wilhelm, devenu général dans la SA. Malgré cette proximité avec la SA, les membres de la famille Hohenzollern résidant en Allemagne ne furent pas inquiétés lors de la "Nuit des longs couteaux" ( 29 et 30/06/1934 ) qui vit l'élimination des SA. Ils restèrent discrets comme on leur avait demandé.

 

A noter aussi, une résurgence de la tête de mort sur le képi des SS. SS considérés, à l'instar des hussards « à tête de mort » pendant le 2° Reich comme l'unité d'élite du 3° Reich. 

Les Nazis, avec l'aide du Kronprinz, ont réussi à transformer, sans grand effort, les Hussards "à tête de mort" en précurseurs des SS. Comme eux, leur but était d'abord de terroriser la population et les ennemis , ennemis de l'intérieur d'abord, des pays conquis ensuite !

 

 

commémoration 14-18,combattants