01/08/2014

Ordre de mobilisation du 31 juillet 1914: Le tocsin a-t-il sonné à AWANS ?

Le Tocsin at-il sonné à AWANS ?

Trouvé le texte suivant:

" Le vendredi 31 juillet 1914, à 19h, à la sortie d’un Conseil des Ministres qui s’était tenu à Bruxelles sous la présidence du Roi Albert, la mobilisation générale de l’armée belge sur pied de guerre avait été officiellement décrétée pour le lendemain 1er août. Ce décret de mobilisation générale portait sur quinze classes de milice.

La nouvelle s’était rapidement répandue à travers le pays. Partout en Belgique, on avait sonné le tocsin pour l’annoncer à la population. Les premiers ordres de rejoindre avaient été remis en fin de soirée."

Comment, en 1914, alors que même si le service téléphonique couvrait le pays, le nombre d'abonnés au téléphone restait très réduit, une telle nouvelle s'est-elle répandue aussi vite ? Pour le surplus, la radio n'en était qu'au stade expérimental ?

On reste ébahi d'apprendre que les premiers ordres de rejoindre aient déjà été remis " en fin fin de soirée ", alors que la décision était tombée à 19H00 seulement !

On apprend aussi que le tocsin avait sonné pour informer la population.

Qu'en fut-il chez nous à AWANS ? Le tocsin a-t-il sonné ? Comment et à quel moment les ordres de rejoindre ont-ils été remis ?

 

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Le tocsin a-t-il sonné à AWANS ?

Cela relève des histoires familiales transmises, oralement, de génération en génération. Peut-être, dans certaines familles possèdent-on encore  des souvenirs familiaux, même et sans doute non écrits mais retransmis fidèlement.

Si c'est le cas, il serait bon de les signaler. Même si ce ne sont que des souvenirs de seconde main.

Quant à moi, j'ai les souvenirs transmis par mon instituteur, né en 1907 et dont le père avait été rappelé.

Selon ce qu'il nous racontait, les informations étaient parvenues aux administrateurs communaux par télégramme. Les ordres de rejoindre avaient été remis par le garde-champêtre.

Appel lancé à ceux qui en savent davantage.

AWANS 14-18.jpgVoir la page facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

31/07/2014

31 juillet 1914: Mobilisation de l'Armée belge.

Le 31 juillet 1914: mobilisation de l'armée belge.

Le 31 juillet 1914, le Gouvernement belge, devant les menaces qui se précisaient décide la mobilisation générale.

L’armée belge disposait alors d’environ 200 000 hommes (troupes en campagne et garnison des forts). Ces 200000 hommes provenaient de 15 classes de milice.

Ce qui est tout-à-fait particulier et finalement très curieux, c'est que ces 15 classes de milice n'étaient pas constituées de façon identique. Elles étaient régies par trois lois de milice différentes:

- d'abord, jusqu'en 1909, par tirage au sort;

- depuis 1909, en raison d'un fils par famille;

- depuis 1913, en vertu du service militaire généralisé.

- et 18000 volontaires qui viendront s'ajouter jusqu'en septembre et aussi +/- 18    appelés de la levée de 1914.

awans,commémoration 14-18,combattantsPour la commune d'AWANS, on peut, sans grand risque d'erreur, dire que Valentin DENIS, Gilles JODOCY, Clément WARNANT, Lambert MACOURS, Joseph DETHIER, Joseph HANNON, Gustave LEMEER avaient fait leur service militaire en vertu du tirage au sort. 

Leur situation était particulièrement injuste. Elle avait été dénoncée depuis longtemps. 

Il faut y ajouter environ 45 000 gardes civiques. Mais la garde civique fut rapidement démobilisée pour éviter l'accusation d'être des francs-tireurs. Il faut dire aussi que, s'ils étaient plein de bravoure, ils ne disposaient pas d'une formation militaire.

En votant la loi de 1913, l'intention était d'augmenter le plus rapidement possible l'effectif disponible à 340.060 hommes. Ce chiffre sera loin d'être atteint en 1914 puisqu'il n'était que de 200000.

On décida que la mobilisation  se déroulerait en deux phases. La première consisterait à rappeler dans leurs garnisons les trois dernières classes en congé illimité. Cette mesure, qui n'était dirigée contre aucune grande puissance en particulier, ne pourrait justifier une réclamation diplomatique de leur part. La deuxième phase serait la mobilisation totale, avec rappel des quatre classes précédentes dans les dépôts et parcs divisionnaires, et de sept classes de l'armée de forteresse dans leurs places fortes d'Anvers, de Liège et de Namur.

Le 31 juillet et le 1°août, l'annonce de la mobilisation s’était rapidement répandue à travers le pays malgré l'absence de moyens de communications modernes ( radio...). Partout en Belgique, on avait sonné le tocsin pour l’annoncer à la population. Les premiers ordres de rejoindre avaient été remis en fin de soirée. Cela avait continué durant la nuit. Des dizaines de milliers de familles furent touchées et durent préparer le départ d'un mari, d'un père, d'un frère. On peut imaginer que les adieux furent souvent poignants.

 

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Parmi ceux qui quittèrent ce jour-là leurs parents, leur femme, leurs enfants, beaucoup ne les revirent jamais…Nous les trouvons, inscrits par ordre alphabétique, sur nos monuments aux morts. 

 

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On a souvent dit que la mobilisation se passa dans l'euphorie. C'est la propagande, surtout française, qui répandit cela..et ce fut repris chez nous. On trouve, par exemple, dans " Le Petit parisien ", ces mots, puisés dans un article:

"...A la gare du Nord, ce fut le même entrain, le même enthousiasme, qui présida aux nombreux départs de Parisiens rappelés dans leurs régiments à Arras, Amiens, Dunkerke,  Lille...

    Comme à la Gare de l'Est, les camarades de régiment qui se retrouvaient se sautaient au cou fraternellement puis décidèrent de faire route ensemble..."

Dans le journal "La Meuse " on signale quand même le cas d'un présumé suicide d'un soldat limbourgeois rappelé à Liège, qui avait pris le train en sens contraire, vers Hasselt, qui était descendu en cours de route et avait été retrouvé, sur les voies, écrasé par un train. sans doute quelqu'un qui était désespéré de devoir faire la guerre. 

Dans toute l'Europe, la mobilisation fut générale quasiment simultanément. C'était une première dans son histoire. 

Cela débuta, le 25 juillet, par  la Serbie. Ce sera le tour de la Russie le 30 juillet. De l’Autriche-Hongrie durant la nuit du 30 au 31 juillet. De l’Allemagne et de la France, le 1er août. Pour ces pays, c'était sous le régime du service militaire obligatoire.

 

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Faisait exception, le Royaume-Unis où le service militaire n'existait pas. Le Royaume-Uni disposait d’une armée de métier. Ils durent faire appel à des centaines de milliers de volontaires. Avec un succès évident car à la fin de la guerre, l’armée britannique comptait près de 4 millions de combattants.

30/07/2014

Un combattant d'AWANS, pilote aviateur durant la guerre 14-18.

Joseph GILLES :

Combattant d'AWANS: Pilote aviateur.

 

 

Au carré d'Honneur du Cimetière d'AWANS, nous trouvons cette plaque dédiée au « Capitaine Joseph GILLES ». Il est inhumé dans le caveau situé sous le carré d'Honneur.

Une rue d'AWANS lui a été dédiée. 

 

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commémoration 14-18,awans,combattantsJoseph GILLES était domicilié à AWANS mais est né à OUGREE le 06 octobre 1878 et il est décédé à RENINGE le 01 juillet 1916. Sa mort est survenue pendant qu'il assurait un vol de reconnaissance en dans un secteur réputé dangereux.

Il existe un doute sur son grade. Sa famille le renseigne « capitaine » alors que sa photo porte tours les étoiles de lieutenant. Il semble qu'il venait d'être nommé capitaine mais que la famille ne disposait toujours que d'une photo prise lorsqu'il était lieutenant. ( Information reçue, il y a +/- 20 ans d'un Ancien habitant d'AWANS ).
Il était détaché de l'artillerie. Comme décorations, il avait reçu l'Ordre de Léopold et la Croix de Guerre. 
En août 1914, il n'était donc nullement aviateur. En juillet 1916, soit vingt-trois mois plus tard, il était pilote d'aéroplane. Cela n'a rien d'étonnant, les formations étaient assez rapides.

Les débuts de l'aviation militaire belge furent très précaires. On n'ose utiliser le terme actuel de « Force aérienne »  Cette histoire commence en 1910 quand le Général HELLEBAUT décida l'acquisition d'aéroplanes ( selon l'appellation de l'époque )

C'est en 1911, que les premiers appareils furent fournis : en mai, un Farman type 1910, en mai un second et en août deux autres.

La « compagnie des aviateurs » fut créée , le 16 avril 1913.

Lors de l'invasion de la Belgique, En août 1914, l'armée disposait de 22 appareils. C'était évidemment trop peu d'appareils modernes capables de rivaliser avec ceux de la Luftwaffe. Au départ, le rôle de l'aviation est essentiellement un rôle de surveillance et d'observation ( vols de reconnaissance ). L'aviation venait en complément de la compagnie d'aérostiers, créée en 1887 à Brasschaat et équipée de ballons pour l'observation des mouvements des troupes ennemies. Cela n'a rien d'étonnant, les Allemands disposaient, eux , des fameux dirigeables.

Durant les premiers mois de la guerre, la plupart des appareils perdus le sont en raison de leur fragilité et d'accidents plutôt que d'avoir été abattus par l'ennemi.

La situation était la même pour l'armée française. Le général français GAMELIN déclarait d'ailleurs, en 1939 : « L'infériorité de notre aviation est la cause principale, matériellement et moralement, de la défaite sur la Meuse. »

Le 20 mars 1915, la « compagnie des aviateurs » devint « l'Aviation militaire belge ».

L'Aviation militaire belge, durant la Première Guerre connut trois commandants : de 1911 à 1915- : Emile Mathieu ; en 1915 et 1916 : WAHIS et de 1916 à 1920 : VAN CROMBRUGGE.
En novembre 1918, la Belgique disposait d'environ 200 avions répartis en douze escadrilles, dont une escadrille d'hydravions. Ils effectuent en plus des vols de reconnaissance et d'observation des missions de chasse et de bombardement.

Les écoles de pilotes, situées en France, ont formé environ 250 pilotes durant la Guerre de 14-18. L'aviation militaire belge compte 125 victoires dans les airs contre des avions et ballons ennemis.

 

 

 

 

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Quelques uniformes de l'aviation militaire belge durant la guerre de 14-18. ( THIRIAR )

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29/07/2014

ASSASSINAT de Jean JAURES: Qu'arriva-t-il au meurtrier ?

Qu'arriva-t-il à l'assassin de jean JAURES ?

 

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L'Assassinat de Jean JAURES provoqua une grande émotion en FRANCE mais aussi à l'étranger. Probablement à tort, on estimait que le dernier obstacle opposé à la guerre s'était écroulé. Pensée erronée car si grand que fut le rayonnement de JAURES, il n'aurait pu empêcher la guerre d'éclater. Eternel optimiste, il pensait qu'une grève générale à l'échelle européenne aurait pu l'enrayer !

Même certains de ses adversaires furent profondément choqués. Ainsi, ce fut le cas de Maurice BARRES qui l'avait toujours combattu. Le 1° août 1914, Maurice BARRES, porte-parole de la droite nationaliste, fut parmi les premiers à venir se recueillir devant sa dépouille. 

A cette occasion, il remis à la famille une lettre qu'il comptait publier. Voici ce qu'il dit:

" J'aimais votre père. j'ai toujours souffert de devoir être séparé de lui."

Maurice BARRES écrivit aussi ceci:

" Il ne faut pas me demander de haïr JAURES. je le peux pas et, après examen, je ne le dois pas."

Ces paroles et ces écrits ont choqué les amis de Maurice BARRES.

Cela contrastait avec ce qu'avait dit Charles PEGUY ( mais c'était avant l'assassinat ):

" La politique de Convention nationale, c'est JAURES dans une charrette et un roulement de tambour pour couvrir cette grande voix." Autrement dit: " JAURES à la guillotine !"

Le Président du Conseil, René VIVIANI fit imprimer et afficher la déclaration suivante, au nom du Gouvernement:

" Citoyens,

  Un abominable attentat vient d'être commis. Mr. JAURES, le grand orateur qui illustrait la tribune française, a été lâchement assassiné.

  Je me découvre personnellement et au nom de mas collègues devant la tombe si tôt ouverte au républicain socialiste qui a lutté pour de si nobles causes et qui, en ces jours difficiles, a, dans l'intérêt de la paix, soutenu l'action patriotique du gouvernement.

  Dans les graves circonstances que la Patrie traverse, le Gouvernement compte sur le patriotisme de la classe ouvrière, de toute la population pour observer la calme et ne pas ajouter aux émotions publiques par une agitation qui jetterait la capitale dans le désordre.

   L'assassin est arrêté. Il sera châtié. Que tous aient confiance dans la loi et que nous donnions, en ces graves périls, l'exemple du sang-froid et de l'union.

 Pour le Conseil des Ministres,

Le Président du Conseil 

René VIVIANI "

Pauvre VIVIANI ! Il s'était un peu trop avancé en disant faire confiance à la loi. Il ignorait le principe de la séparation des pouvoirs.

En attente de son procès Raoul VILLAIN est incarcéré durant toute la durée de la guerre et même un peu au-delà. Il ne fut jugé que près de cinq ans plus tard. Un record pour une affaire très claire où pratiquement aucune enquête n'avait été nécessaire. Il y avait quasiment flagrant délit.

L'enquête fut menée par le juge d'instruction DRIOUX. Le procès s'ouvrit le 24 mars 1919 devant la Cour d'assises de la Seine. 

On posa au Jury populaire deux questions

1e) VILLAIN est-il coupable d'homicide volontaire sur Jaurès ?

2e) cet homicide a-t-il été commis avec préméditation? ».

Après une courte délibération, par onze voix contre une, le Jury répondit par la négative. Raoul VILLAIN fut acquitté !

Quelle fut l'explication donnée par le Jury ? Elle est aberrante: les jurés l'acquittèrent considérant qu'il était l'auteur d'un crime passionnel commis par amour de la FRANCE !

La partie civile obtint un franc de dommages et intérêts et fut condamnée aux dépens du procès envers l'Etat.

Il y eut, bien sûr des réactions. Citons celle d'Anatole FRANCE qui fit publier une lettre dans -L'HUMANITE ( alors toujours journal socialiste ) dans laquelle il dit:

« Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! »

Quant à Raoul VILLAIN, il poursuivit une vie chaotique. Quelques années plus tard, il fit dans le trafic de devises. Il se fit pincer, passa devant un tribunal et fut condamné à une amende de cent francs. trafiquer des devises était donc plus grave que d'avoir tué un homme !

Il se fixa dans l'île d'IBIZA. En 1936, il fut fusillé par les anarchistes. On ne sait pas très bien pourquoi...mais les anarchistes ignoraient qu'ils venaient de fusiller l'assassin de Jean JAURES. 

De quoi croire en une justice immanente ?

Awans, commémoration 14-18Centenaire 1914, AWANS, commémoration 14-18,

 

28/07/2014

AWANS, il y a soixante ans. Comment on célébrait la Fête Nationale.

AWANS en 1955:

Comment on célébrait la Fête Nationale.

Trouvé dans les archives de la section FNC "AWANS-BIERSET" ( en tout cas dans ce qu'il en reste ), le compte-rendu suivant, soigneusement transcrit par le Secrétaire de la section.

Il s'agit de la réunion du 15 juillet 1955.

" Léon SEPTON signale que le dimanche 24 juillet ( dimanche suivant le 21 juillet ), il y aura un Te Deum en l'église d'AWANS. Mr le curé a dit qu'il verrait ce jour-là avec plaisir les deux drapeaux. On pourrait se réunir, les deux drapeaux en question, et arriver ensemble avant la messe."

Quelques remarques:

* la Fête Nationale n'était pas célébrée le 21 juillet, mais le dimanche suivant.

* Manifestement, il s'agissait d'une initiative du Curé d'AWANS. 

* A AWANS, la Fête Nationale n'est en effet célébrée, le 21 juillet, avec réception à la Commune, que depuis quelques années.

* Quand on parle des " deux drapeaux ", il s'agit du drapeau de la FNC et du drapeau de la FNAPG. Nous n'avons pas à rougir puisque, cette année, huit drapeaux étaient présents. Nos prédécesseurs qui craignaient une désaffection peuvent être rassurés !

* Inutile, sans doute de rappeler, que, en 1955, les cérémonies prises en charge par la section FNC "AWANS-BIERSET" ne concernaient que les anciennes communes de BIERSET, FOOZ, HOGNOUKL et AWANS.

" Le lundi de la fête de juillet, il y a messe pour les victimes de la guerre. Le lundi de la fête à la Gare - à la demande du comité de la Gare - il y a messe pour les morts des deux guerres: c'est ce jour-là quele drapeau a coutume d'y aller et non le lundi de la grande fête."

Quelques remarques:

* Maintenant, depuis une trentaine d'années, il n'y a plus de fête dans le quartier  de la gare.

* A l'époque, en 1955, l'essentiel du quartier de la gare ( fin de la Rue de la Station depuis le croisement avec la Rue du Pont ainsi que la Rue du pont ), ne faisaient pas partie de la commune d'AWANS mais de BIERSET.

* Il n'y a bien sûr plus de messe demandée pour les victimes des deux guerres.

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Nous avons encore trouvé quelques surprises dans ce carnet. On en reparlera.

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Ancienne gare de BIERSET-AWANS, telle qu'elle était encore en 1955:

AWANS, commémoration 14-18, FNC, comnbattants, fête nationale.

 

Et maintenant:

En route vers la commémoration du centenaire de la Première Guerre.

Page Facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

AWANS, commémoration 14-18, FNC, comnbattants, fête nationale.

 

 

 

 

Dernier discours de Jean JAURES, à BRUXELLES, le 29 juillet 1914

 

Dernier discours de Jean JAURES

Le dernier discours de jean JAURES n'a pas été prononcé le 25 juillet à PARIS, comme c'est souvent dit.

Mais à BRUXELLES, le 29 juillet 1914.

Il n'en existe pas de texte écrit par lui-même. mais son discours a pu être reconstitué grâce à des compte-rendus parus dans les journaux "LE PEUPLE " et "L'INDEPENDANCE BELGE" du 30 juillet.

Des extraits ont aussi été rapportés dans le journal "LE SOIR" du 31 juillet 1914.

Deux jours plus tard, il fut assassiné à PARIS, au Café  du Croissant. par un exalté , Raoul VILLAIN.

 Une grande voix pour la paix s'éteignait.

pour mémoire, Raoul VILLAIN avait d'abord penser à tuer le Kaizer lui-même ! Comme c'était évidemment au-delà de ses possibilités, il avait ensuite pensé à exécuter le Ministre français des Finances, Joseph CAILLAUX. 

Il finit par trouver une meilleure cible, bien moins protégée, sinon pas protégée du tout: Jean JAURES.

 

En 1924, les cendres de Jean JAURES furent transférées au Panthéon.

A AWANS, une rue lui a été dédiée.

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"Citoyens, je dirai à mes compatriotes, à mes camarades du parti en France, avec quelle émotion j’ai entendu, moi qui suis dénoncé comme un sans-patrie, avec quelle émotion j’ai entendu acclamer ici, avec le nom de la France, le souvenir de la grande Révolution. (Applaudissements)

Nous ne sommes pas ici cependant pour nous abandonner à ces émotions mais pour mettre en commun, contre le monstrueux péril de la guerre, toutes nos forces de volonté et de raison.

On dirait que les diplomaties ont juré d’affoler les peuples. Hier, vers 4 heures, dans les couloirs de la Chambre, vint une rumeur disant que la guerre allait éclater. La rumeur était fausse, mais elle sortait du fond des inquiétudes unanimes! Aujourd’hui, tandis que nous siégeons au B.S.I.(1), une autre dépêche plus rassurante est arrivée. On nous dit qu’on peut espérer qu’il n’y aurait pas de choc, que l’Autriche avait promis de ne pas annexer la Serbie (Rires), et que moyennant cette promesse, la Russie pourrait attendre.

On négocie; il paraît qu’on se contentera de prendre à la Serbie un peu de son sang, et non un peu de chair (Rires); nous avons donc un peu de répit pour assurer la paix. Mais à quelle épreuve soumet-on l’Europe! À quelles épreuves les maîtres soumettent les nerfs, la conscience et la raison des hommes!

Quand vingt siècles de christianisme ont passé sur les peuples, quand depuis cent ans ont triomphé les principes des Droits de l’homme, est-il possible que des millions d’hommes puissent, sans savoir pourquoi, sans que les dirigeants le sachent, s’entre-déchirer sans se haïr?

Il me semble, lorsque je vois passer dans nos cités des couples heureux, il me semble voir à côté de l’homme dont le cœur bat, à côté de la femme animée d’un grand amour maternel, la Mort marche, prête à devenir visible! (Longs applaudissements).

Ce qui me navre le plus, c’est l’inintelligence de la diplomatie.(Applaudissements) Regardez les diplomates de l’Autriche-Hongrie, ils viennent d’accomplir un chef d’œuvre: ils ont obscurci toutes les responsabilités autres que la leur. Quelles qu’aient été les folies des autres dirigeants, au Maroc, en Tripolitaine, dans les Balkans, par la brutalité de sa note, avec son mélange de violence et de jésuitisme, la coterie militaire et cléricale de Vienne semble avoir voulu passer au premier plan.(Applaudissements)

Et l’Allemagne du Kaiser, comment pourra-t-elle justifier son attitude de ces derniers jours? Si elle a connu la note austro-hongroise, elle est inexcusable d’avoir pardonné pareille démarche. Et si l’Allemagne officielle n’a pas connu la note autrichienne, que devient la prétendue sagesse gouvernementale (Rires) Quoi! vous avez un contrat qui vous lie et qui vous entraîne à la guerre, et vous ne savez pas ce qui va vous y entraîner! Si c’est la politique des majestés, je me demande si l’anarchie des peuples peut aller plus loin. (Rires et applaudissements)

Si l’on pouvait lire dans le cœur des gouvernants, on ne pourrait y voir si vraiment ils sont contents de ce qu’ils ont fait. Ils voudraient être grands; ils mènent les peuples au bord de l’abîme; mais, au dernier moment, ils hésitent. Ah! le cheval d’Attila qui galopait jadis la tête haute et frappait le sol d’un pied résolu, ah! il est farouche encore, mais il trébuche(Acclamations). Cette hésitation des dirigeants, il faut que nous la mettions à profit pour organiser la paix.

Nous, socialistes  français, notre devoir est simple. Nous n’avons pas à imposer à notre gouvernement une politique de paix. Il la pratique. Moi qui n’ai jamais hésité à assumer sur ma tête la haine de nos chauvins, par ma volonté obstinée, et qui ne faillira jamais, de rapprochement franco-allemand (Acclamations), moi qui ai conquis le droit, en dénonçant ses fautes, de porter témoignage à mon pays, j’ai le droit de dire devant le monde que le gouvernement français veut la paix et travaille au maintien de la paix. (Ovation. Cris: « Vive la France! »)

Le gouvernement français est le meilleur allié de la paix de cet admirable gouvernement anglais qui a pris l’initiative de la médiation. Et il donne à la Russie des conseils de prudence et de patience. Quant à nous, c’est à notre devoir d’insister pour qu’il parle avec force à la Russie de façon qu’elle s’abstienne. Mais si, par malheur, la Russie n’en tenait pas compte, notre devoir est de dire: « Nous ne connaissons qu’un traité: celui qui nous lie à la race humaine! Nous ne connaissons pas les traités secrets! » (Ovation)

Voilà notre devoir et, en l’exprimant, nous nous sommes trouvés d’accord avec les camarades d’Allemagne qui demandent à leur gouvernement de faire que l’Autriche modère ses actes. Et il se peut que la dépêche dont je vous parlais tantôt provienne en partie de cette volonté des prolétaires allemands. Fût-on le maître aveugle, on ne peut aller contre la volonté de quatre millions de consciences éclairées. (Acclamations)

Voilà ce qui nous permet de dire qu’il y a déjà une diplomatie socialiste, qui s’avère au grand jour et qui s’exerce non pour brouiller les hommes mais pour les grouper en vue des œuvres de paix et de justice.(Applaudissements)

Aussi, citoyens, tout à l’heure, dans la séance du Bureau Socialiste International, nous avons eu la grande joie de recevoir le récit détaillé des manifestations socialistes par lesquelles 100 000 travailleurs berlinois, malgré les bourgeois chauvins, malgré les étudiants aux balafres prophétiques, malgré la police, ont affirmé leur volonté pacifique.

Là-bas, malgré le poids qui pèse sur eux et qui donne plus de mérite à leurs efforts, ils ont fait preuve de courage en accumulant sur leur tête, chaque année, des mois et des années de prison, et vous me permettrez de leur rendre hommage, et de rendre hommage surtout à la femme vaillante, Rosa Luxemburg (Bravos), qui fait passer dans le cœur du prolétariat allemand la flamme de sa pensée. Mais jamais les socialistes allemands n’auront rendu à la cause de l’humanité un service semblable à celui qu’ils lui ont rendu hier. Et quel service ils nous ont rendu à nous, socialistes français!

Nous avons entendu nos chauvins dire maintes fois: « Ah! comme nous serions tranquilles si nous pouvions avoir en France des socialistes à la mode allemande, modérés et calmes, et envoyer à l’Allemagne les socialistes à la mode française! » Eh bien! hier, les socialistes à la mode française furent à Berlin (Rires) et au nombre de cent mille manifestèrent. Nous enverrons des socialistes français en Allemagne, où on les réclame, et les Allemands nous enverront les leurs, puisque les chauvins français les réclament. (Applaudissements)

Voulez-vous que je vous dise la différence entre la classe ouvrière et la classe bourgeoise? C’est que la classe ouvrière hait la guerre collectivement, mais ne la craint pas individuellement, tandis que les capitalistes, collectivement, célèbrent la guerre, mais la craignent individuellement. (Acclamations) C’est pourquoi, quand les bourgeois chauvins ont rendu l’orage menaçant, ils prennent peur et demandent si les socialistes ne vont pas agir pour l’empêcher. (Rires et applaudissements)

Mais pour les maîtres absolus, le terrain est miné. Si dans l’entraînement mécanique et dans l’ivresse des premiers combats, ils réussissent à entraîner les masses, à mesure que les horreurs de la guerre se développeraient, à mesure que le typhus achèverait l’oeuvre des obus, à mesure que la mort et la misère frapperaient, les hommes dégrisés se tourneraient vers les dirigeants allemands, français, russes, italiens, et leur demanderaient: quelle raison nous donnez-vous de tous ces cadavres? Et alors, la Révolution déchaînée leur dirait: « Va-t-en, et demande pardon à Dieu et aux hommes! » (Acclamations)

Mais si la crise se dissipe, si l’orage ne crève pas sur nous, alors j’espère que les peuples n’oublieront pas et qu’ils diront: il faut empêcher que le spectre ne sorte de son tombeau tous les six mois pour nous épouvanter.(Acclamations prolongées)

Hommes humains de tous les pays, voilà l’œuvre de paix et de justice que nous devons accomplir!

Le prolétariat prend conscience de sa sublime mission. Et le 9 août, des millions et des millions de prolétaires, par l’organe de leurs délégués, viendront affirmer à Paris l’universelle volonté de paix de tous les peuples."

Voici quelques unes de ces citations:

« Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la  liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail.  »

« L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.  »

Et celle-ci, prophétique à son propre sujet:

« Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.  »

27/07/2014

Combattants d'AWANS durement éprouvés début août 1914.

AWANS

( Anciennes communes de AWANS, FOOZ, HOGNOUL, VILLERS L'EVÊQUE et OTHEE.)

Les premiers jours de guerre ont fait des ravages parmi les combattants d'AWANS.

Plusieurs combattants d'AWANS ont perdu la vie dans les combats pour la défense de LIEGE dès les premiers jours de la guerre, soit en août 1914.

Il s'agit de :

* DUCHÊNE Maurice, né à OTHEE le 05/06/1894 et tué à RABOZEE le 05 ou 06/08/1914 ( 14° régiment de Ligne )

* CLAJOT Jean, né à AWANS le 20/01/1893 et tué à BEYNE-HEUSAY le 06/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* HANNON Joseph, né à VILLERS L'EVÊQUE le 31/08/1882 et tué à BOIS St JEAN le 06/08/1914 ( A.F. LIEGE )

* JODOCY Gilles, né à BEHO le 11/03/1882 et mort à AWANS (?) le 15/08/1914 ' 14° Régiment de Ligne )

* WARNANT Clément, né à LIEGE le 20/05/1886 et victime de l'explosion du Fort de Loncin le 15/08/1914 ( A.F. LIEGE )

* DELMOTTE Joseph, né à FOOZ le 09/12/1892 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* GERMEAUX Jean-Louis, né à HOGNOUL le 02/08/1893 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914

* HEPTIA Victor, né à VILLERS L'EVÊQUE le 27/12/1889 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( A.F. LIEGE )

* LEDOUBLE Noël, né à VILLERS L'EVÊQUE le 15/05/1893 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* LEDUC Joseph, né à VILLERS L'EVÊQUE le 02/01/1893 et victime de l'explosion du Fort de LONCIN le 15/08/1914 ( A.F. LIEGE )

Le plus jeune  ( DUCHÊNE Maurice ) avait à peine vingt ans et le plus âgé ( HANNON Joseph ) n'avait que trente-deux ans. Voilà un ensemble de vies et de familles brisées.

Trois combattants ont trouvé la mort chez nous:

* MARTENS Désiré, né à ZELE le 12/01/1886 et tué à FOOZ le 06/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* LAMENS Théophile, né à BEVINGEN le 19/02/1884 et tué à FOOZ le 14/08/1914 ( 14° Régiment de Ligne )

* GUIMY François, né à FIZE-LE-MARSAL et tué à HOGNOUL le 14/08/1914 ( Affectation non connue mais vraisemblablement 14° Régiment de Ligne )

Etrangement , de ces trois victimes, la mémoire populaire ne conserve que le nom de LAMENS Théophile. Une stèle a été érigée en son honneur dans les campagnes de FOOZ. Chaque année, la FNC "AWANS-BIERSET " rend hommage à cette stèle.

Tous ces combattants faisaient partie soit de l' Artillerie de Forteresse, du 14° Régiment de Ligne.

 

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En souvenir des victimes du Fort de LONCIN

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Régiment de Ligne en 1914

N'oubliez pas la page facebook "AWANS, commémoration 14-18"

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