31/08/2014

1914: La fin d'une Belle Epoque.

 

AOÛT 1914:

La fin des autocraties .

 La fin d'une "Belle Epoque "

 

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Il faut faire attention aux interprétations d'après-guerre. On assiste parfois, non pas à une réécriture de l'histoire, mais bien à une réécriture des motivations.

Ainsi, on interprète souvent l'entrée en guerre de la FRANCE et de la GRANDE-BRETAGNE, et plus tard des ETATS-UNIS, comme une volonté conjointe des grandes démocraties de mettre à bas  les Empires autocratiques d'ALLEMAGNE et d'AUTRICHE-HONGRIE. 

Cette question n'était nullement au coeur des motivations des alliés. Si cela avait été le cas, pourquoi les ETATS-UNIS auraient-ils attendu 1917 pour débarquer...et 1918 pour réellement participer aux combats ?

Faut-il aussi rappeler, s'il ne faut pas nier la puissance du Kaizer et de l'appareil militaro-industriel allemand, que cet Empire avait un parlement, que la Social-Démocratie était un authentique contre-pouvoir, que l'appareil syndical était puissant, la législation social très évoluée... L'ALLEMAGNE était un Empire autoritaire mais non autocratique. L'Empire Allemand était considéré comme le pays de la science. Il collectionnait, avant guerre, la majorité des prix Nobel scientifiques. En 1914, le contre-pouvoir du mouvement ouvrier allemand était plus fort que dans tous les autres pays européens. En Allemagne existait déjà depuis 1884 une assurance contre les accidents du travail, un système de pensions, une assurance-maladie depuis 1889, une assurance-invalidité. Certains expliquent ainsi que les sociaux-démocrates aient voté les crédits de guerre en août 1914: ils auraient voulu sauver le progrès social allemand qu'ils considéraient comme leur progrès social.

Comment expliquer l'étroite alliance entre la FRANCE et l'EMPIRE RUSSE. Pour la RUSSIE, la Douma était fantomatique et impuissante. La RUSSIE était l'exemple typique d'un Empire autocratique. Pourtant l'union étroite avec celle-ci a fait croire au Tsar que tout lui était permis.

En GRANDE-BRETAGNE même, ni les ouvriers ni les femmes n'avaient le droit de vote. En FRANCE, existait le suffrage universel masculin qui excluait certaines catégories comme les militaires. En BELGIQUE, c'était le suffrage universel masculin tempéré par le vote plural, certains électeurs disposant de plusieurs voix.

Certes, le résultat de la guerre fut le renversement des trois empires, autoritaires pour l'ALLEMAGNE et l'AUTRICHE-HONGRIE, et autocratique pour la RUSSIE mais là n'était pas l'objectif premier.

Parlons de la "Belle Epoque". Autre réécriture.

La " Belle époque " est en fait une illusion rétrospective. Cette époque ne fut pas belle pour tout le monde. La protection sociale, quand elle existait était faible. Curieusement, c'est en ALLEMAGNE qu'elle était la meilleure. En RUSSIE, elle était nulle. 

L'expression est apparue après la guerre. La "Belle Epoque ", c'était la période d'avant la tuerie, la période des années de vie par opposition avec les années de mort.

D'autre part, partout, les années qui suivirent la guerre furent des années difficiles. La guerre de 14-18 ne fut pas seulement le conflit le plus meurtrier connu jusque là, ce fut une grande crise économique. A l'été 1914, l'EUROPE était en pleine euphorie économique; l'EUROPE, via ses Empires coloniaux dominait le monde. Après la guerre, le continent plongea dans une profonde récession. La production industrielle a baissé  partout. Les déficits publics ont sombré dans le rouge et pour longtemps. En règle générale, on a connu une période d'inflation, surtout en ALLEMAGNE. L'épargne s'est effondrée. Le chômage devient chronique dans l'ensemble des pays développés à économie libérale.

La guerre ne fut bonne, sur le plan économique, que pour les ETATS-UNIS et pour les pays qui étaient resté neutres.

 

 

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29/08/2014

En FRANCE, il y eut des Monuments aux Morts contestés: Celui de CHATEAU-ARNOUX

Encore un Monument aux Morts contesté, parce que pacifiste.

Le Monument de CHATEAU-ARNOUX.

Sur le Monument aux Morts de CHATEAU-ARNOUX, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, on peut lire cette inscription pacifiste « Pax, Vox Populi ». Ce monument est érigé Place de la Résistance.  Commandé dès 1921, il fut érigé en 1928.

C'est le titre du poème du maire Victorin MAUREL gravé sur le monument. Voilà un  exemple de monument aux morts résolument pacifiste.  Comme pour le Monument aux Morts de GENTIOUX,  le sous-préfet n’était pas présent lors de l’inauguration.

 

Ce monument représente un homme qui brise son glaive sur son genou, derrière lui une femme pleure. Au sommet, un globe terrestre est entouré d’un rameau. 

 

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Cela symbolise ainsi la douleur et la révolte après la perte d'un fils au cours de la Guerre de 14-18

Comme pour GENTIOUX, ce monument a été, en quelque sorte, réhabilité. Pour gouverne, il faut signaler la manifestation du 8 mai 2014. Un drapeau du "SOUVENIR FRANCAIS" a été remis au Collège de CHATEAU-ARNOUX, en récompense du Concours National de la Résistance et de la Déportation, devant l'Inspecteur de l'Académie, le Sous-Préfet, le délégué du "SOUVENIR FRANCAIS"  et diverses personnalités dont, notamment, des voitures militaires américaines et des officiers.

 

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Ce Monument aura donc attendu 86 ans !

 

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PAX... VOX POPULI
Passant incline-toi devant ce monument !...

Vois cette femme en deuil montrant les hécatombes
Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes
Où dorment tant de preux, victimes du moment !...
Ils firent ces héros le solennel serment
De fermer à jamais les noires catacombes
Arrière, disent-ils, les obus et les bombes
Et sois bénie, ô paix, sœur du désarmement !...
Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !...
Elle clame à son fils : « la gloire est bien amère
La gloire, ô mon enfant, est là, chez nos grands morts
Mais, sache désormais, que la guerre est un crime
Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,
Ceux qui firent sombrer les peuples dans l’abîme.

    Victorin Maurel, maire de Château-Arnoux (1868-1935), instituteur..

Voir aussi sur Facebook: AWANS, commémoration 14-18"

 

 

28/08/2014

Lundi 1° septembre sur FRANCE 5: "Le Pantalon"

ON A FUSILLE EN 14_18.

 

DANS TOUTES LES ARMEES...Y COMPRIS L'ARMEE BELGE.

 

C'est surtout l'armée française qui est montrée du doigt !

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Lundi 1° septembre, sur France 5, passera le film d'Yves BOISSET «  Le Pantalon ».

Ce film raconte une histoire véridique, celle du Lucien BERSOT. Lucien BERSOT est né le 7 juin 1881 à AUTHOISON (Haute-Saone) dans une famille de petits paysans. Ses parents étant venus s'installer à Besançon , il y apprend le métier de maréchal-ferrand. Il s'y marie en 1908 avant de devenir père d'une petite fille en 1909.

En février 1915, Lucien BERSOT est incorporé à la 8ème compagnie du 60ème régiment d'infanterie. Quand on lui attribue son paquetage, il ne reçoit pas pas le fameux pantalon rouge garance réglementaire, qui n'est plus en stock pour sa taille, mais un pantalon blanc. Un peu plus tard, le sergent fourrier lui donne le pantalon rouge garance d'un soldat mort. Celui-ci est maculé de sang, de boue et d'excréments. BERSOT, s'estimant en droit de défendre sa dignité, le refuse.

Pour avoir refusé ce pantalon, Lucien BERSOT sera d'abord puni. Il se vit infliger une peine de huit jours de prison. Mais le lieutenant-colonel AUROUX, commandant du régiment, estima cette punition insuffisante et demanda sa comparution en Conseil de guerre spécial, véritable cour martiale. Son intention était de faire un exemple de discipline militaire. Le Conseil de Guerre fut présidé par AUROUX lui-même. Voila un exemple parfait de justice expéditive avec confusion des rôles, l'accusateur étant en même temps juge et chef hiérarchique. BERSOT fut "fusillé pour l'exemple".

La peine infligée était non seulement excessive mais ne correspondait aucunement au code de justice militaire, le délit ayant été constaté à l'arrière et non au contact de l'ennemi. Deux compagnons du condamné ( les soldats Elie COTTET-DUMOULIN et André MOHN intervinrent alors auprès du lieutenant-colonel pour tenter d'adoucir la sentence, mais ne furent pas entendus et se virent punis à leur tour. C'est ici que la triple casquette du lieutenant-colonel AUROUX joua.

Camarade de BERSOT, COTTET-DUMOULIN qui avait contesté la sanction fut condamné à vingt ans de travaux forcés mais envoyé sur le front de SERBIE. Il y mourut deux ans plus tard.

En raison de la guerre, le gouvernement français avait confié aux militaires davantage de pouvoirs avec les conseils de guerre spéciaux, créés en septembre 1914. Il n'y avait quasiment pas de défense et on ne pouvait pas non plus faire citer de témoin. Le conseil de guerre spécial était donc bien une machine répressive, dès sa conception. Les critiques furent telles que le gouvernement civil reprit, dès septembre 1915, certains pouvoirs aux militaires.

Après la guerre, une campagne de presse fut engagée par le journal Germinal par un jeune avocat, René RUCKLIN. Il obtint la réhabilitation de Lucien BERSOT le 12 juillet 1922. La Cour de Cassation confirma donc rapidement l'injustice dont le soldat fut victime. Ainsi sa veuve put prétendre à la pension de veuve de guerre et sa fille, reconnue comme pupille de la nation .

 

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Lucien BERSOT fut ré-inhumé en 1924 dans le cimetière de BESANCON.

Une stèle près de l'église de FONTENOY, inaugurée en novembre 1994 , rend hommage à Lucien BERSOT et à un autre fusillé pour l'exemple: le soldat Léonard LEYMARIE du 305ème Régiment d'infanterie, exécuté le 12 décembre 1914 sous le prétexte de "mutilation volontaire" . LEYMARIE fut réhabilité en 1923 . Le tragique incident s'était déroulé près de FONTENOY.

 

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Maintenant, le nom de BERSOT figure sur une plaque au-dessus du porche de la Maison du Peuple de BESANCON, au côté de celui de son camarade Élie COTTET-DUMOULIN.

Après des études, on estime maintenant que le nombre d'exécutions, dans l'armée française, serait de 740. Certains tentent de minimiser ce fait, mettant ce chiffre en rapport avec le nombre de soldats tués ( 1.400.000 morts ). Les fusillés ne seraient que 0,05% des victimes. Ils disent aussi que le nombre de victimes d'exécutions arbitraires ne représenterait finalement qu'une poignée. Ce serait des destins tragiques mais exceptionnels !

Cela s'est produit dans toutes les armées. Au niveau européen, la France se situerait après l'Italie, qui a exécuté 750 de ses soldats.

Le Royaume-Uni en compte 306. Ces 306 soldats britanniques fusillés pour «lâcheté ou abandon de poste» ont été graciés à titre posthume, en 2006. avait décidé en 2006 le gouvernement britannique. Une décision qui n’avait pas été simple à prendre car elle avait été rejetée à plusieurs reprises auparavant.

L'Allemagne n'en signale qu'une quarantaine. Mais faut-il accorder crédit à cette information. Après la guerre, l'Allemagne était au bord de la guerre civile et annoncer un chiffre plus élevé aurait aggravé la situation. Après, ce fut le nazisme et il fallait à tout pris faire croire que l'armée allemande avait été exemplaire en 14-18 mais trahie par les politiciens.

Et l'armée belge ? On en parle très peu sinon pas du tout. Durant la Première Guerre Mondiale, 222 militaires belges ont été condamnés à mort. Sur ces 222 condamnations, seulement douze ont réellement été exécutées, en 1914, 1915 et 1918. de ces 12 fusillés belges, si l'on retire les condamnés pour homicides, il y eut neuf soldats exécutés pour «manquement au devoir».

 



27/08/2014

Les Uhlans. Nom qui répandit la terreur.

Un nom qui à lui seul répand la terreur :

 

«  Les UHLANS  »

 

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Uhlan du WÜRTEMBURG

Le « uhlan » était, dans les armées slaves et germaniques, un cavalier armé d’une lance. Son équivalent chez nous et chez les Français était le «  lancier ».

Souvent, on a confondu et appelé « Uhlan » toutes autres troupes de cavalerie. Au fil de l'histoire de la cavalerie, différentes formes sont apparues :

* La cavalerie légère:

  • chasseurs à cheval: spécialisés dans la reconnaissance

  • hussards: unités de reconnaissance, d'attaque et de harcèlement

  • estafettes:, guides, unités de protection 

  • lanciers (appelés Uhlans chez les Allemands) : unités d'éclaireurs et de harcèlement

 * La cavalerie de ligne et/ou cavalerie lourde:

  • dragons:cavaliers pouvant également combattre à pied (auxquels on peut ajouter les chevaulégers bavarois)

  • cuirassiers:cavalerie lourde combattant exclusivement à cheval

 

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Coiffure des uhlans: ce n'était pas le fameux casque à pointe.

Au début de la guerre de 14-18, l'armée allemande alignait 26 régiments de uhlans: 3 régiments de la Garde, 21 régiments de ligne (16 prussiens, 2 wurtembergeois et 3 saxons) ainsi que 2 régiments de l'armée bavaroise autonome.

Au matin du 4 août 1914, les premiers éléments de la cavalerie allemande pénétrèrent en Belgique. Les Uhlans surtout symbolisaient véritablement les envahisseurs, avec leurs coiffures à plateau carré et leurs lances. Ce n'était en fait que l'avant-garde. Derrière eux, trois armées totalisant 600.000 hommes marchaient sur la pauvre Belgique. Celle-ci, avec son armée de 117.000 soldats mal équipés et mal entraînés, ne faisait nullement le poids face aux troupes du Kaiser.

Leur activité durant la guerre ne s'arrêta pas là. Les Uhlans prussiens furent massivement engagés lors des premiers mois du conflit sur le front de l'Ouest. Ils s'illustrent par leur efficacité lors de nombreux faits d'armes dont notamment, le siège de Maubeuge et la prise de Lille. Ils participent à l'avancée en Argonne ainsi qu'à la bataille de la Marne puis à la "course à la mer".

Dans le langage populaire, les Uhlans ont très souvent été assimilés aux autres formations de cavalerie légère (Dragons et Hussards). Il est fort probable que des témoins ayant aperçus des Hussards les aient dénommés "Uhlans" car portant des lances.

D'ailleurs, peu de temps avant l'ouverture des hostilités, l'armée allemande avait décidé de remettre systématiquement la lance en service dans toutes les autres unités de cavalerie (Dragons, Hussards et Cuirassiers) et de former intensivement les cavaliers au maniement de cette arme propre à la guerre de mouvement rapide. Dans l'esprit de certains stratèges, même chez les Allemands pourtant réputés comme étant supérieurs, curieusement, on ne parvenait pas à se libérer de l'image des guerres du 19° siècle !

A la fin 1914, le front se stabilisant et s'enlisant dans les tranchées, le rôle des Uhlans et de la cavalerie en général devenait obsolète. Les régiments de uhlans servirent alors comme fantassins dans les tranchées. De nombreuses formations de Uhlans furent transférées sur le front oriental où les conditions permettaient à la cavalerie de jouer un rôle décisif. Beaucoup de uhlans devinrent aussi des feldgendarmes. Ce qui n'a pas contribué à les rendre sympathiques !

 

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Un uhlan devenu feldgendarme, fonction reconnaissable à la plaque pectorale.

A leur arrivée, les Uhlans eurent de suite mauvaise presse. Les Uhlans exerçant une mission de reconnaissance et de couverture étaient appelés à se confronter à la population des villes et des villages pour demander "contributions" et réquisitions. Ils constituaient la première "image" qu'avaient les autochtones de l'ennemi. D'où un grand ressentiment au sein des populations. Pour tous les témoins de cette époque, les Uhlans ont souvent été les premiers soldats allemands aperçus, signes avant-coureurs du déferlement imminent de l'infanterie. Fait curieux, à plusieurs reprises, les villageois Belges prirent les Uhlans pour des Anglais, "...puisqu'ils ne portaient pas de casques à pointe.."

Les villages belges qui se trouvèrent, en premier lieu, sur leur route, eurent beaucoup à souffrir. Maints monuments et récits en témoignent. Beaucoup de civils furent fusillés, il y eut de très nombreux incendies, des blessés, des viols, des déportés vers les camps de l'autre côté de la  frontière qui restèrent des semaines, parfois des mois ou des années avant de pouvoir rentrer dans la famille. Phonétiquement, le mot m^me de « Uhlan » est évocateur, au lieu de dire « l'Uhlan » comme on devrait, populairement on s'est mis à dire « le Uhlan ». Ce nom évoque le hurlement ou le hululement, un langage qui n'est pas humain mais animal !

Au mot « Uhlan » fut aussi, presque toujours automatiquement associé l'adjectif «  prussien », même si ces troupes comprenaient aussi des régiments originaires d'autres partie de l'Empire.

Mais les Uhlans qui entrèrent en Belgique le 4 août 1914 à 12h30 (du côté de Visé , juste à la frontière hollandaise) ne furent pas toujours les plus cruels. En Belgique, du fait , notamment,de la résistance des forts de LIEGE aux premiers jours, l'infanterie se montra particulièrement odieuse.

Les 26 régiments de uhlans allemands ont été dissous après l'armistice.

14-18 a sonné la fin de la cavalerie comme corps d'armée de combat. En réalité, la bataille de HALEN, en août 1914, avait déjà démontré l'inutilité militaire de la cavalerie. Celle-ci avait servi lors des débuts de l'invasion mais s'était vite révélée obsolète.

Voir sur Facebook: "AWANS, commémoration 14-18"

 

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26/08/2014

Quelques mots sur le camp d'ELSENBORN.

CAMP D'ELSENBORN

A l'origine, camp prussien

Le camp d'ELSENBORN , actuellement encore utilisé par l’armée belge, était, en 1914, un camp d’entraînement de l’armée prussienne. La construction est  décidée bien avant le début du conflit puisque dès 1895 on y  installe des baraques en tôles destinées à accueillir les troupes. Le camp occupe près de 28 km² ce qui permet l’entraînement aux canons et armes  lourdes.

Dès le printemps 1891, différentes reconnaissances avaient déjà lieu dans la région des Hautes Fagnes par le Général VON LOE. Le choix se fixa sur les grandes superficies de bruyères et terres incultes près d'ELSENBORN. Les prussiens avaient aussi l'intention d'inclure le village dans le complexe en projet. Cela aurait eu pour conséquence l'évacuation du village. Finalement, seule une somme de 2.350.000 marks fut déboursée pour l'acquisition des terrains et pour la réalisation du programme de construction du camp de baraques et pour les travaux indispensables d'irrigation du terrain.

 

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En 1895, la création de ce camp militaire à la frontière de la BELGIQUE provoque des appréhensions relatives à la violation prochaine, consentie ou non, de la neutralité belge par l’Allemagne. Selon l’historiographie française de l’entre-deux-guerres, le camp d'ELSENBORN aurait été construit dans un seul et unique but: prendre la place forte de Liège par surprise, ce qui semblerait confirmé par l’adoption ultérieure du « plan Schlieffen ». L’extension du réseau ferroviaire allemand dans l’Eifel au cours des années 1880-1890 a également suscité très tôt les craintes du même ordre de la part des diplomates et des agents de renseignement français.

ELSENBORN, en 1914, est le plus grand camp militaire d'Allemagne. Inauguré en 1895, il fut mis en service en 1901 par l'armée prussienne. 

Durant la guerre il sert de dépôt de munitions pour n’être par après qu’un camp pour prisonniers de l’Est soit des Russes et des Polonais qui souffrent  là le martyre. En 1918  le camp sera pris sans combat.

 

Cette région est à l’époque partie de l’empire allemand. On l'appelait parfois " la Wallonie du Kaizer ". Faisant partie des cantons dits après 1918 " rédimés ", elle revint à la BELGIQUE après la guerre.

 

On peut y visiter un musée, inauguré en 1998, retraçant l'histoire du Camp Militaire. Camp qui servit de centre d'instruction, de dépôt, de prison. Un musée retraçant également la période "Bataille des Ardennes" grâce à des dioramas, uniformes, armement, documents, etc. 

Truschbaummuseum Elsenborn

 

Fermé le vendredi, les week-ends et les jours fériés belges.
Dernière entrée 45 minutes avant la fermeture.

Visites guidées en fonctions des disponibilités du personnel, veuillez vous renseigner avant votre visite. 

  • Adresse :
    Camp d'Elsenborn
    Lager Elsenborn Camp 1 
    4750 BUETGENBACH
     

Entrée gratuite.

 

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25/08/2014

AWANS en 1955: la Fête des Combattants.

FNC d'AWANS en 1955:

La Fête des Combattants à AWANS.

 

 

 

1955: Cela fait maintenant 59 ans ! Qui se souvient encore ?

Trouvé dans le carnet des procès-verbaux des réunions du Comité de la FNC "AWANS-BIERSET", ce compte-rendu d'une réunion qui s'était déroulée le 4 août 1955.

" Fête des Combattants ( 3° dimanche de septembre )

Le Président signale que

a) Pour le concert J.B. ne saurait être prêt pour faire une troupe pour septembre, mais bien pour décembre. Il ne prendrait comme acteurs que des membres de la FNC, 9 acteurs suffiront. Ainsi cette troupe ne jouera qu'une fois par an et pour la FNC.

b) Pour le bal, les écoles n'ont pas congé le mardi de cette fête. On pourrait cependant donner congé aux gardiennes, mais ce n'est pas à conseiller, pense le Bourgmestre qui préfère que non. Si l'on fait bal le lundi, il y aura probablement peu de monde, et le dimanche après-midi non plus à cause des sports, et le dimanche soir, il y aura bal au "Peuple".

J. G. demande quel fut le bénéfice net du bal de l'an passé: 250 Frs. Il estime que l'on se donne beaucoup trop de peine pour un bénéfice presque nul.

G.T. conseille de corser le bal par certaines particularités: danser avec une orange... On propose aussi des chapeaux à fournir par le fournisseur de bière. Faire d'abord une sortie avec le camion et l'orchestre dessus, aller jusqu'à BIERSET et un porte-voix. A l'entrée, un billet de tombola à 5 francs, ce qui ferait 100 personnes  x 5 = 500 frs, photo de goupe....

Pour les affiches, se mettre en rapport à St Michel qui les fait à 2 frs/ pièce.

Le haut parleur de la salle a coûté l'an passé 300 Frs.

Pour les lots de tombola, on ne ferait appel qu'à l'étranger dans les fournisseurs des lots de jadis.

Fourniture de la bière, cette fois-ci, c'est le tour de J. NIHON.

Forains:

R.D. donne la liste des forains retenus jusqu'ici:

la chenille de l'an dernier: 500 Frs ( acompte reçu 200 Frs )

Appareils automatiques DOSSIN Albert: 150 Frs ( acompte reçu 20 Frs )

Carrousel enfants REEKMAN: 300 Frs ( acompte reçu 100 Frs )

Carrousel à chaînes DELETTRE: 200 FRs ( acompte reçu 100 Frs )

Friture et tir: 100Frs + 100 Frs = 250 Frs ( acompte non encore versé )

Total: 1400 Frs ( dont 420 Frs déjà versés )."

La réunion suivante a lieu le 19 août 1955. On n'y fait plus mention de cette fête. Nous ne saurons donc jamais comment on a résolu les fameux problèmes du bal !

Il n'y a plus de procès-verbal de réunion avant le 12 octobre. nous y trouvons la présentation des comptes de cette fête:

" Le Trésorier donne les comptes de la "Fête des Combattants"

Recettes 9.002,00 Frs - Dépenses 5481,25 Frs = Bénéfice 3.540,75 Frs dont 2950 Frs de billets de tombola et 1485Frs payés par les forains.

Il reste à payer 3 communications téléphoniques.

L'an dernier ( 1954 NDLR ), le bénéfice n'était que 1004 Frs.

Les verres au bal ont été vendus 5 Frs au lieu de 6 Frs l'an passé.

On préconise pour l'an prochain de voir s'il ne serait pas nécessaire d'avoir un gros lot important, en sacrifiant une certaine somme pour cet achat."

 

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Carrousel à chaînes tels qu'ils existaient à l'époque ( ici, reconstitué )

Quelques petites remarques en général et relatives à AWANS en particulier:

* il existait plusieurs fêtes dans la localité. La FNC semble donc avoir été, pendant un certain temps, l'organisatrice d'une d'entre elles: le 3° dimanche de septembre. Où se déroulait-elle ? Qui s'en rappelle ?

* les bals que la FNC organisait se déroulaient - cela m'a été rapporté par des anciens maintenant décédés - dans les locaux de l'école communale. Les  anciens combattants membres de la FNC se chargeaient de déblayer les classes ...et de remettre tout en état le lendemain. Se posait le problème des congés éventuels des enfants lorsqu'on était en période scolaire et que le bal avait lieu un dimanche.

* on parle du "Peuple ". Il s'agit de l'ancienne Maison du Peuple située Rue des Ecoles.

* en 1955, il y avait manifestement plus de forains présents que maintenant. Ils payaient pour pouvoir s'installer...

 

24/08/2014

Monument aux Morts de Saint-Séverin en Condroz: réflexions sur un malaise.

Réflexions à propos du Monument aux Morts de Saint-Séverin en Condroz.

 ( Commune de NANDRIN )

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Il s'agit bien sûr ici non pas du nouveau monument qui ne mentionne aucun nom mais des plaques commémoratives primitives dont il a été question sur ce blog.

On avait soulevé la question du nom éliminé de cette plaque. Selon des renseignements obtenus d'une source extérieure à la commune, il s'agit bien de Ferdinand PAQUOT, bourgmestre rexiste de VILLERS-LE-TEMPLE exécuté par la résistance en 1943.

Après la guerre 40-45, la FNC locale a obtenu que son nom soit éliminé de cette plaque. On peut légitimement comprendre l'attitude des Anciens Combattants de SAINT-SEVERIN à la Libération. Surtout que la région, le Condroz, avait été un terrain d'action important de la Résistance tandis que, en contrepartie, les rexistes avaient aussi été très néfastes.

Il continue cependant à subsister un certain malaise à ce sujet. C'est ainsi que je me suis adressé à diverses sources qui auraient dû être bien informées, ne serait-ce que par la tradition orale. Soit on répondait qu'on ignorait de qui il s'agissait et du motif;  soit, plus simplement, il n'y avait aucune suite aux questions posées par écrit.

Pourquoi ?

Finalement, a-t-on eu raison de modifier la plaque ? Nous pensons que la question reste ouverte. Le fait que Ferdinand PAQUOT ait trahi le pays durant la seconde guerre supprime-t-il le fait qu'il ait été un combattant de la première guerre ?

Non. C'est tout simplement le cas d'un combattant qui, ayant rempli son devoir en 14-18, a failli en 40-45. Il serait plus intéressant d'en connaître les raisons profondes.

Toutes proportions gardées, ce serait comme si on éliminait PETAIN des manuels d'histoire de la guerre de 14-18. C'est comme si on disait de l'écrivain maudit CELINE n'avait pas été combattant en 14-18.

Encore une fois, allez sur Facebook 

" AWANS, commémoration 14-18"

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