01/04/2015

L'AUSTRALIE dans la guerre de 14-18.

L'AUSTRALIE DANS LA GUERRE DE 14-18:

 

UNE NATION QUI S'AFFIRME.

 

L'Australie avant et au début de la première guerre.

 

L'Australie, ( « Commonwealth d'Australie » )vivait déjà sous un système politique démocratique stable. C'était, comme maintenant, une monarchie parlementaire. Son chef d'Etat est le Roi ( la Reine ) d'Angleterre. Il était, comme maintenant, toujours membre du Commonwealth.

 

En 1914, l'Australie comptait 5 millions d'habitants seulement. Quand la GRANDE-BRETAGNE déclara la guerre à l'ALLEMAGNE le 4 août 1914, les pays membres de l'Empire Britannique furent automatiquement impliqués. Tous les pays du Commonwealth, y compris l'Australie, furent appelés à faire cause commune avec la GRANDE-BRETAGNE.

 

Le 5 août 1914, Joseph COOK, premier ministre, déclara la guerre à l'ALLEMAGNE.Voici sa déclaration: "Quand l'Empire est en guerre, l'Australie l'est aussi." ("When the Empire is at War, so also is Australia.").

 

L'AUSTRALIE étant une ancienne colonie fondée par les Britanniques, ce point de fut soutenu par tous les habitants du pays.

 

Comme pour la plupart des pays du Commonwealth, les sacrifices et les contributions à la guerre fournis par le pays allaient changer de nombreux aspects de l'histoire australienne. On allait assister à la naissance d'une véritable « nation australienne ». La Première Guerre mondiale a aussi fortement contribué à mettre en évidence les différents points de vue des Australiens sur la conscription.

 

L'Australie entre en guerre.

 

 

Australian_WWI_recruiting_poster.jpg

 

 

La conscription n’existait pas en AUSTRALIE. Les autorités font donc appel à l’engagement volontaire des hommes entre 19 et 38 ans. Ceux-ci sont regroupés dans la 1ere Division Australienne qui est accompagnée d’une brigade de cavalerie, d’une brigade d’artillerie et d’autres unités.

 

Les Australiens répondirent en masse à ce recrutement. En septembre 1914,Andrew FISHER, travailliste, devint premier ministre. Il réitéra la déclaration de son prédécesseur: «Si le pire devait se produire", l'Australie "devrait rallier la Mère Patrie", "pour l'aider et la défendre jusqu'à son dernier homme et son dernier shilling" ("Should the worst happen", Australia would "rally to the Mother Country", "to help and defend her to our last man and our last shilling.")

 

Les premières recrues australiennes furent sélectionnés selon des critères extrêmement sévères. Les plus sévères de toutes les armées engagées dans le conflit. Ils devaient avoir un tour de poitrine supérieur à 87 centimètres et une taille minimale de 168 centimètres. Ils devaient avoir entre 19 et 38 ans. Quelques hommes plus vieux jusqu'à 70 ans et beaucoup de jeunes parvinrent à à se faire mobiliser. La plupart de ces critères sévères furent supprimés par la suite lorsqu'il s'avéra nécessaire de recruter de nouveaux hommes.

 

416000 Australiens participeront à la guerre. 60000 d'entre eux y perdirent la vie. On compta plus de 135000 blessés. Sur les 32000 premiers soldats recrutés, 7000 seulement survivront à la fin de la guerre. Il s’agit de l’armée du Commonwealth ayant subi le plus de pertes par rapport aux troupes engagées.

" Diggers ", fut le surnom donné aux militaires australiens durant la guerre. Le surnom de « digger », littéralement « celui qui creuse », représente bien l’activité combattante de 14-18, au ras du sol, dans la boue. Il est pourtant systématiquement représenté debout.

 

L'Australie fut le seul pays qui s'interdit de fusiller ses soldats « pour l'exemple ».

 

Les aborigènes dans la guerre.

poilus aborigène.jpg

Sans-emploi, privés de droits et stigmatisés, de nombreux Aborigènes n’ont pas hésité à s’enrôler. Une fois dans l’armée, ils furent traités à égalité. Ils reçurent la même solde que les autres militaires. Dans les opérations, il n’y eut finalement plus de différence. Quelles furent leurs motivations: le besoin d'une solde ou l'occasion à saisir d'être enfin reconnus comme citoyens ?

 

Voici ce qui en fut dit dans le journal australien « Sydney Morning Herald »:

" Ils ont vécu la même chose que leurs collègues blancs. Les mêmes horreurs, les mêmes chocs des obus, les mêmes privations et la même violence. La seule différence est apparue quand ils sont retournés en Australie en 1920. Cela a été très dur pour beaucoup d’entre eux de se faire une place dans une société blanche, ou de retourner dans leur communauté noire".

 

Si l'enrôlement d'aborigènes doit être souligné, il ne faut pas non plus en exagérer l'importance. Leur nombre est d'environ 400. Ils ont été oubliés dans la mémoire collective australienne.

 

Entrée en guerre de l'Australie.

Ost-neu-guinea.jpg

Comme nous le verrons, l'engagement des Australiens dans la guerre de 14-18 est vraiment la preuve que cette guerre mérite bien le qualificatif de « mondiale ».

 

Le premier engagement de l'armée australienne se situe dans une colonie allemande proche: la Nouvelle-Guinée allemande.

 

Dès le début de la Première Guerre mondiale, le Japon et le Royaume-Uni, par l'intermédiaire de l'Australie, envahirent la Nouvelle-Guinée allemande. La seule véritable bataille se déroula le 11 septembre 1914. La Royal Navy et l'armée australienne détruisirent la station-radio allemande de BITAPAKA. Ce 11 septembre 1914, l'Australie perdit 6 soldats. Les Allemands perdirent un officier et plus de trente indigènes qui combattaient pour l'armée allemande.

 

Quel était l'intérêt pour les Britanniques de neutraliser cette petite colonie ? En 1884, l'Allemagne avait colonisé la partie nord de la Nouvelle-Guinée et plusieurs groupes d'îles à proximité. Les Allemands utilisèrent la colonie comme une base de radio. La Grande-Bretagne voulaient que les installations soient détruites car elles étaient utilisées par l'Escadron allemand de l'Asie de l'Est pour menacer les navires de la marine marchande passant dans la région.

 

Le 17 septembre, la colonie allemande rendit les armes. À la suite de la prise de possession de ce territoire allemand, l'armée australienne servit de force d'occupation pour la durée de la guerre.

 

L'armée australienne sur le font oriental européen.

 

Le 25 avril 1915, les Australiens débarquèrent à GALLIPOLI, sur un promontoire étroit couronné par des fortifications, face à des escarpements quasi infranchissables. Les Turcs déclenchèrent un feu d’enfer, mais les Australiens parvinrent, vers 6 heures, à occuper le sommet de la première colline. Le jeune général turc Kemal Pacha ( futur ATATURK ) lança une contre-attaque. 8141 Australiens périrent. Défaite mémorable: en Australie, on s'en rappelle comme étant le « baptême du feu » pour l'armée et,aussi la naissance de la nation australienne. Une cérémonie s'y déroule chaque année le 25 avril, l'ANZAC DAY.

 

Liste des batailles auxquelles les Australiens ont pris part au cours de la campagne de GALLIPOLI:

  • Anzac Cove

  • Deuxième bataille de Krithia

  • Bataille de Sari Bair

  • Bataille de Lone Pine

  • Bataille de la Nek

  • Bataille de la colline 60 (Gallipoli).

 

Après 8 mois de combats sanglants, il fut décidé d'évacuer toutes les forces de GALLIPOLI. Le bilan fut très lourd. Au cours de la bataille de GALLIPOLI, il y eut 28150 victimes australiennes soit 8709 morts et 19441 blessés. L'engagement des troupes australiennes est reconnu comme l'un des moments forts de la création de la nation australienne.

 

L'armée australienne dans la campagne d'EGYPTE et de PALESTINE.

 

Les troupes australiennes ont pris part à toutes les grandes batailles de la campagne en EGYPTE et en PALESTINE. L'Australie a joué un rôle central dans la campagne du SINAÏ et de PALESTINE.

 

La première bataille fut celle de ROMANI, entre le 3 et le 5 août 1916. C'est près du canal de SUEZ.

 

En décembre 1916, près de l'avant-poste égyptien de MAGDHABA, dans le SINAÏ, sur la côte méditerranéenne, ils participèrent à une bataille.

 

La première bataille de GAZA eut lieu le 26 mars 1917.

 

Une deuxième tentative pour s'emparer de la bande de Gaza, eut lieu le 19 avril. Cette bataille est connue sous le nom de « Deuxième Bataille de la bande de Gaza ». La division de cavalerie de l'Anzac n'y joua qu'un rôle mineur. Cette deuxième bataille fut une défaite désastreuse pour les forces alliées. Sur les 5917 victimes alliées, on compte seulement que 105 victimes australiennes.

 

Une troisième attaque se déroula le 31 octobre et 7 novembre 1917. Des unités de cavalerie australienne et néo-zélandaise prirent part à la bataille. Ce fut un succès complet pour les Alliés. 

 

Plus tard, les troupes australiennes aidèrent à repousser les forces turques de Palestine. On peut citer trois batailles: celle de MUGHAR RIDGE, celle de JERUSALEM et celle de MEGIDDO.

 

Le gouvernement turc signa un armistice le 28 octobre 1918 pour capituler le 30.

 

L'engagement sur le front occidental.

 

Les forces australiennes commencèrent à être transférées d'ÉGYPTE vers la FRANCE en mars 1916. La première division à arriver fut la 2e suivie de peu de la 1re. Les 4e et 5e divisions quittèrent l'Égypte pour la France en juin 1916. La 3e division fut formée en Australie au cours du mois de mars 1916. Elle fut transférée en GRANDE-BRETAGNE en juillet 1916. En décembre 1916, elle s'installa en FRANCE. Dans un premier temps, les forces australiennes furent regroupées dans les corps de l'Anzac I et de l'Anzac II; le 1er novembre 1917, les divisions australiennes des deux corps de l'ANZAC furent transférées dans le corps australien.

 

Les troupes australiennes prirent part à la bataille de la SOMME qui débuta en juillet 1916.Elles s’illustrèrent à POZIERES ainsi que dans dans les Flandres à FROMELLES.

 

Sur le « Front occidental », en FRANCE et en BELGIQUE, de grands combats se déroulèrent. Leurs noms étaient d'usage courant en AUSTRALI: FROMELLES, la SOMME, BULLECOURT, MESSINES, PASSCHENDAELE et VILLERS-BRETONNEUX. Sur plus de 295000 Australiens qui y servirent , 46000 perdirent la vie et 132000 furent blessés.

 

Les campagnes françaises et belges sont parsemées de centaines de cimetières militaires et de monuments aux morts où reposent les corps de ces soldats ou sur lesquels figurent leurs noms, parmi ces milliers de gens qui n’ont « pas de tombe connue », les « disparus ».

fromelles.jpg

L'aviation australienne.( Australian Flying Corps )

 

Cette aviation militaire a été créé peu avant la guerre, en mars 1914. Elle fut utilisée pour la première fois en Nouvelle-Guinée allemande. Mais la colonie s'est rendue avant même que les avions soient opérationnels.

 

Le premier vol opérationnel a eu lieu le 27 mai 1915, pour aider l'armée indienne dans la protection des intérêts pétroliers britanniques dans l'IRAK actuel.

 

Elle se déploya plus tard en EGYPTE, en PALESTINE et sur le front occidental. À la fin de la guerre, quatre escadrilles étaient en service actif.

 

L'ANZAC.

 

C'est l'acronyme de «  Australian and New-Zealand Army Corps ». Les Australiens et les Néo-Zélandais ont donc combattu ensemble.

 

Après la Guerre, Charles BEAN, historien a cherché à favoriser la mémoire de l'ANZAC. Il a décrit les exploits de l'ANZAC comme représentant « la bravoure insouciante pour une bonne cause, pour l'esprit d'entreprise, la débrouillardise, la fidélité, la camaraderie et l'endurance. ». Les Australiens ajoutent souvent à cette liste la qualité du « mateship », variante locale de la camaraderie.

 

En Australie, l'Anzac Day est célébré tous les 25 avril depuis 1921. À l'Australian War Memorial, les familles placent souvent des coquelicots artificiels rouges à côté du noms de parents morts au combat. En Australie, des brins de romarin sont souvent portés au revers des vestons.

 

En Nouvelle-Zélande, l'Anzac Day est un jour férié depuis 1920.

 

Il est important de se souvenir du sacrifice de ces hommes venus de l’autre bout du monde pour combattre en FRANCE et en BELGIQUE et participer à la libération de nos pays.

villers-Bretonneux.jpg

31/03/2015

Résistants du Rail: Journée du Souvenir le 18 avril 2015.

JOURNEE DES RESISTANTS DU RAIL.

 

Samedi 18 avril 2015

052_001.jpg

La traditionnelle Journée des Résistants du Rail

aura lieu le samedi 18 avril 2015.

 

10H45 : Concentration à la Gare de BRUXELLES-CENTRAL

 

11H15 : Dépôt de fleurs au Monument du Cheminot Résistant par

les autorités, les organisations reconnues, les veuves et les organisations patriotiques.

Ci-dessous, au centre du rail et de la pierre à Jemelle, la salle consacrée aux cheminots résistants.

 

diapo_ressource_214-1811381318.jpg

19:15 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/03/2015

Le mythe des " Taxis de la Marne ".

Les taxis de la Marne ont-ils sauvé PARIS...et la FRANCE ?

G7.jpg

Septembre 1914 : situation critique...sinon désepérée.

 

Le 30 août 1914, à l’aide d’un petit avion monoplan, les Allemands avaient bombardé la capitale, lâchant une banderole annonçant « Parisiens, rendez-vous, les Allemands sont à vos portes ». Le bombardement ne fit que deux morts et des dégâts minimes.

 

Début septembre 1914, la situation  était critique pour l'armée française. Les allemands se trouvaient aux portes de PARIS, au nord-est de PARIS, dans le département de Seine-et-Marne. Ils ont bivouaqué le 3 septembre au PLESSIS-BELLEVILLE. On a aperçu des uhlans à quelques dizaines de kilomètres seulement. 

 

L'état-major français est aux abois. Il faut trouver rapidement une solution pour envoyer des troupes fraîches, afin de réaliser un mouvement tournant pour contenir et détruire les avant-gardes des troupes allemandes.

 

Le 2 septembre, le gouvernement et le Parlement quittèrent PARIS pour BORDEAUX. Les Parisiens suivirent ce mouvement. Ils évacuèrent dans un exode de grande envergure. Ils furent un million à fuir la capitale. La ville est désertée. Pour ceux qui restent, le souvenir du siège de 1871 est toujours à l'esprit. L’angoisse est réelle

 

Les transports sont insuffisants.

 

Avant 1914, c'est le cheval qui était la principale force motrice de l'armée. Conduire les soldats sur des chariots tirés par des chevaux est inimaginable ! On réquisitionne les trains. C'est faisable mais insuffisant, les réseaux ferroviaires autour de PARIS étant désorganisés. Germe alors l'idée de réquisitionner des taxis. Cette idée émane, conjointement du gouverneur militaire de PARIS, le général GALLIENI, du général CLERGERIE et d'André WALEWSKI. Ce dernier n'est pas militaire mais il a fondé la compagnie de taxisGALLIENI a ainsi à sa disposition une réserve permanente de 150 taxis-autos disponibles nuit et jour, cette réserve pouvant être triplée en 12 heures. On précise bien « taxis-autos » car, à l époque, on est aux débuts de l'automobile qui est train de remplacer les fiacres. JOFFRE tenta, plus tard, de s'approprier l'idée.

 

Cette idée n'était pas vraiment neuve. Dès septembre 1914, le gouvernement avait déjà envisagé la réquisition des taxis. Mais c'était dans un autre but. C'était pour évacuer de PARIS les archives du Ministère de la Guerre en cas de menace allemande impérieuse.

 

On passe à la réalisation.

départ des taxis en 1914.jpg

Les 6 et 7 septembre 1914, GALLIENI, mobilise environ 600 taxis et aussi quelques autocars pouvant transporter 20 à 30 soldats. On peut ainsi transporter les fantassins de la 7e division d'infanterie. Les taxis sont en majorité des voitures RENAULT. Leur vitesse atteint en moyenne 25 km/h.

 

Six cents taxis ! C'est en réalité bien peu quand on sait que PARIS dispose alors de 10000 taxis ! Mais les services de taxis sont aussi désorganisés que les services des chemins de fer. En effet, 7000 chauffeurs sont partis à la guerre. Or il faudrait 1200 taxis pour transporter 6000 soldats, chaque taxi ne pouvant embarquer cinq hommes avec leur équipement.

 

Ces 600 taxis sont rassemblés aux Invalides. Ils partent au cours de la nuit en deux groupes. Le premier comptant 350 véhicules part à 22 h. Le second de 250 véhicules part à 23 h. direction TREMBLAY-lès-GONESSE puis Le MESNIL-AMELOT. Le 7 septembre, un second convoi de 700 véhicules quitte les Invalides.

 

Les taxis sont rassemblés à GAGNY et LIVRY-GARGAN pour charger les troupes et organiser les convois. Les deux convois partent dans la nuit du 7 au 8 et sont à pied d'œuvre le 8 au matin aux portes de NANTEUIL-LE-HAUDOUIN et de SILLY-LE-LONG. Après avoir déposé les soldats, les chauffeurs de taxi rentrent à Paris et sont payés d'après les indications portées au compteur, comme pour n'importe quelle course.

 

Lors de ces deux jours d'opérations, la distance parcourue varie entre 120 et 200 kilomètres, la somme au compteur pouvant atteindre 130 francs de l'époque. Les chauffeurs en perçurent réglementairement 27%. L'opération coûta 70102 francs au Trésor public

 

C'est par cet usage inattendu que les taxis parisiens devinrent les « Taxis de la Marne ».

 

La portée réelle de l'événement.

 

Contrairement à une idée reçue, sur le plan militaire, la contribution des taxis est quasiment nulle. On put acheminer rapidement de 3000 à 5000 soldats. Complètement insuffisant pour renverser le sort de la bataille. Ce nombre est dérisoire par rapport aux effectifs totaux engagés dans la bataille. Malgré la désorganisation, la grande majorité des troupes fut transportée par chemin de fer. En outre, les troupes transportées par taxis étaient « épuisées ». Elles avaient déjà essuyé de lourdes pertes. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elles bénéficièrent des taxis. Etant donné leur état, elles furent affectées en seconde ligne sur des positions défensives.

 

Il y avait un million d’hommes de chaque côté, ce ne sont pas les quelques milliers d’hommes transportés par les taxis qui auraient pu changer l’issue de cette bataille.

 

Cependant, l'arrivée de ces forces que les Allemands pensaient « fraîches » leur a fait craindre d’être encerclés. Avant que les nouveaux arrivés ne soient réellement opérationnels, les stratèges allemands décident le repli général sur le front de la Marne.

 

Du côté français, cette action stratégique apporta un peu d’espoir aux soldats. Dans les jours qui suivirent, quelques convois, de moindre importance, ainsi quelques taxis isolés furent utilisés pour des transports de blessés. Fait aussi très important car il y avait une grave lacune sur ce plan.

 

 

La portée symbolique.

plaque com taxis 2.jpg

Si l'apport militaire des taxis fut quasiment nul, leur importance dans l'imaginaire collectif fut considérable et subsiste d'ailleurs jusqu'à nos jours. Cet épisode des taxis de la Marne est l'équivalent, dans l’imaginaire collectif, d'une aventure héroïque. Une véritable épopée qui associe étroitement le monde du front et celui de l’arrière dans la défense de la patrie.

 

Dans l'imaginaire collectif, les taxis et leurs chauffeurs étaient auréolés. On pensait qu'il s'agissait d'une initiative presque spontanée et désintéressée. Nous avons vu qu'il n'en était rien ! Mais l’union sacrée était matérialisée et concrétisée. Sur le plan psychologique, ce fut une totale réussite.

 

Cette aventure acquit, surtout grâce à la presse, une forte portée symbolique: celle du sursaut national victorieux, celle de la détermination, de l'énergie. On peut vanter l’unité nationale et le certain « génie français » de l’improvisation. C'est la preuve que l’héroïsme peut aussi être le fait de l’arrière, qui se tient disponible.

 

Les taxis parisiens devenus « Taxis de la Marne " symbolisent la détermination française à stopper l'avancée allemande. En fait, ils virent jamais la Marne, même de loin. Ils n’apercevront pas un seul kilomètre de la vallée de la Marne ni même du département de la Marne.

 

Les combats de la Marne.

bataille de la Marne septembre 1914.jpg

Les soldats se battirent pendant les trois jours de cette bataille souvent à deux contre un. Et alors que depuis un mois ils ne parvenaient qu’à reculer devant la puissance des Allemands, ils réussirent à les mettre en fuite au matin du 10 septembre. Ensuite, la guerre se déplaça vers l’ouest. Les positions se figèrent ensuite en une gigantesque ligne de front allant de la Mer du Nord à la Suisse. Les soldats s’enterrèrent dans les tranchées, pour l’affrontement le plus long, le plus meurtrier de l’histoire.

 

 

Signification réelle sur le plan militaire.

 

En août 1914, c'est toujours le cheval qui a la côte militaire. Les troupes d'élites sont les unités de cavalerie. Sur le plan de l'intendance, de la logistique, c'est le cheval qui est la « force motrice » principale.

 

On peut dire que la bataille de HALEN, en Belgique, sonna le glas de la cavalerie comme force offensive. Ce fut aussi la seule véritable bataille gagnée par l'armée belge contre la cavalerie allemande.

 

Sur le plan logistique, l'opération des « Taxis de la Marne » est, en fait, malgré son caractère improvisé, une des premières applications du concept « d'unité motorisée », qui prévaudra par la suite.

 

Laissons la parole aux historiens.

 

L’historien Jean-Pierre VERNEY explique :

 

« Dans les faits, l’événement se passe au tout début du conflit. La Nation entière, attaquée, s’est levée contre l’envahisseur; l’ « Union Sacrée » a étouffé les divergences, les états d’âmes, les différences sociales, politiques ou religieuses. Une seule voix, un seul cœur, un seul chef: la Patrie est en danger et l’ennemi est aux portes de Paris.

 


GALLIENI, auréolé de son passé colonial et de ses expériences militaires, prend la responsabilité de la capitale, et que se passe-t-il ? D’un côté le gouvernement et les parlementaires quittent Paris pour mieux impulser la défense nationale depuis Bordeaux, et de l’autre, ce sont des vieux, des réformés, des ajournés, des civils donc, qui sont réquisitionnés pour défendre le droit et protéger le cœur du pays : et le miracle se produit, l’ennemi doit reculer et Paris est sauvé.
Les Parisiens ont entendu et vu passer les convois de taxis réquisitionnés, certains même ont dû libérer celui dans lequel ils se trouvaient, sur ordre du Gouverneur militaire de Paris… Il est naturel dans l’allégresse de la victoire qu’ils embellissent, renforcent et propagent cette action associée à la forte et sympathique personnalité de GALLIENI. Ainsi se forge le mythe du petit taxi sauveur de Paris, comme il y eut un jour Sainte Geneviève se dressant contre les Normands »

19/03/2015

BARVAUX-EN-CONDROZ: les Monuments aux Morts.

BARVAUX-EN-CONDROZ

( Commune de HAVELANGE )

Les Monuments aux Morts.

En fait, nous avons pour ce petit village qui était une commune à part entière jusqu'à la fusion en 1976 deux Monuments aux Morts.

Le premier, à gauche sur la photo, est celui de la guerre 14-18. Il porte un seul nom:

GREVESSE Jules 
TOMBÉ AU CHAMP D'HONNEUR
LE 5 MAI 1915
À L'ÂGE DE 23 ANS
LA COMMUNE RECONNAISSANTE"

Le second, sous forme de colonne se rapporte à la guerre de 40-45. Il porte quatre noms:

DE FAESTRAETS Renaud Albert

DIDION Joseph Marie Ghislain

GENGOUX Léon

 

LENS Victor.

Deux remarques:

1° alors que le Monument de 14-18 est purement laïc, le Monument de 40-45 est ostensiblement religieux. Il affiche une croix et il porte la mention " La paroisse de BARVAUX reconnaissante "

2° le Monument de 14-18 est à présent une stèle. Il se trouvait auparavant sur le mur de l'école communale.

 

 

 

 

barvaux_en_condroz_mom_01.JPG

18/03/2015

Hommage aux porte-drapeaux: article de la section FNC d'AYWAILLE.

Ci-dessous le texte d'un article rédigé au nom de la section FNC d'AYWAILLE

par la secrétaire Mélanie LEPONCE.

Nous le reproduisons avec son aimable autorisation.

 

« Un pour tous, tous pour un !

Une fois n’est pas coutume, je vais parler en mon nom, du haut de mes 29 ans, j’admire avec force les valeurs défendues par nos associations patriotiques et en particulier nos porte-drapeaux. C’est toujours avec beaucoup d’émotion que je vous rencontre lors des commémorations, lors de l’enterrement d’un camarade… car oui les porte-drapeaux sont des camarades, je dirais même plus, une grande famille. Alors qu’on observe un phénomène de repli sur soi et d’isolement de plus en plus important dans notre société, les membres - sympathisants et les porte-drapeaux sont toujours là pour faire honneur et reconnaître les qualités et bonnes actions des uns et des autres. Par vos actions, vous êtes une source de solidarité ainsi qu’un bel exemple de générosité et de partage. Pendant que certains ne vivent que pour eux, vous, nos porte-drapeaux, êtes toujours au front, prêt à brandir l’étendard tricolore pour fêter, commémorer ou honorer. Depuis mon plus jeune âge, je suis à vos côtés, apprendre au travers de vos anecdotes, de vos témoignages m’a donné l’envie de m’engager avec vous et devenir à mon tour un « passeur de mémoire ». Bravo à tous pour votre engagement, vous êtes le maillon indispensable entre l’histoire et les jeunes générations. Unissons nos forces, soyons des témoins de l’histoire et répandons à grande échelle l’ensemble de nos valeurs d’entraide et de solidarité. Dans quelques semaines, il y aura les commémorations du 8 mai, je vous encourage vivement à nous rejoindre avec vos proches, vos amis, vos enfants, petits-enfants afin de partager ensemble ces moments de souvenir et de recueillement aux différents monuments de l’entité. »

 

Leponce Mélanie (Secrétaire)

Les porte-drapeaux aux funérailles de Charles GREGOIRE,

Président de la section FNC "AWANS-BIERSET"

DSCI3733.JPG

Les porte-drapeaux au 95°anniversaire de la FNC, mars 2015 à BRUXELLES.

Commemoration_DSC4081.jpg

17:38 Écrit par P.B. dans Actualité, HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/03/2015

La " Chanson de LAGNY " Chanson pacifiste ou chanson témoignage ou d'hommage ?

La " Chanson de LAGNY"



En face d'une rivière 
Du côté de Lagny 
Près des amas de pierres 
Qui restent de Lagny, 
Dans la Tranchée des Peupliers" 
Vite on se défile en cachette 
Braquant le fusil sur l'ennemi 
Prêt à presser sur la gâchette. 

Aux bord de Lagny 
Lorsque descend la nuit 
Dans les boyaux on s'défile en cachette, 
Car la mitraille nous fait baisser la tête. 
Si parfois un obus 
Fait tomber un poilu 
Près du cimetière on dérobe ses débris 
Aux abords de Lagny. 

Le jour on se repose 
Après six jours de turbin, 
Ce qu'on fait, c'est la même chose 
On va se laver un brin. 
Aux abord de Metz, c'est ça qui est bath 
De regarder tous ces militaires 
Se laver, se brosse, se frotter les pattes 
Aux effets de la bonne eau claire. 

Au village de Lagny 
Lorsque descend la nuit, 
Après la soupe, devant quelques bouteilles, 
Les Poitevins se comportent à merveille. 
Allons, mon vieux cabot, 
Vite encore un kilo 
Afin d'nous faire oublier les ennuis 
Des environs de Lagny. 

V'la la soupe qui s'achève, 
On prépare son fourbi, 
Car ce soir, c'est la relève, 
On va quitter Lagny. 
Des provisions et son bidon, 
Voilà ce que jamais on n'oublie. 
Au petit bois, je connais l'endroit 
Où l'on surveille sa patrie. 

Aux environs de Lagny 
Lorsque descend la nuit, 
Comme on ne peut se payer une chambrette, 
Le brave troupier se prépare une couchette 
Dans un trou ténébreux 
Faisant des rêves affreux, 
Il se relève pour veiller à l'ennemi, 
Aux environs de Lagny. 

Connaissant bien leurs thèmes 
Marchant d'un pas hardi, 
les poilus de la cinquième 
(Au 69: Bibi) 
S'en vont bon train, tous bons copains, 
Ensemble ils ne craignent pas les boches, 
Si l'ennemi tue un ami, 
Ils l'emportent loin de ces rosses. 

Aux environs de Lagny 
Lorsque descend la nuit 
Le brave troupier est couché sur la terre 
Dans son sommeil il oublie la misère 
Si la paix venait sous peu 
Comme nous serions heureux, 
Plus de massacre, nous reverrions nos pays 
Qui sont loin de Lagny

 

Il s'agit d'une chanson française du front. Chanson pacifiste qui, au fond, pourrait être dédiée à tous les soldats qui combattirent là-bas, quelle que soit leur nationalité.

 

Où se trouve LAGNY ?

 

Ce village se trouvait sur le front lors de la Première Guerre mondiale. Dès le début des hostilités, il fut occupé par un régiment de uhlans, soldats réputés redoutables. Réputation non surfaite car, le 19 septembre 1914, près de la mairie, ont été fusillés: le maire ( Paul PICART ), le curé ( Denis FLAMANT ) et trois otages ( Fernand et Octave LAVACQUERY et Jules LECLERC ). On les contraint même de creuser leur tombe avant d'être fusillés. Ces exécutions furent décidées en représailles d'une attaque imaginaire.

drame-lany-clip-image005-200x165.gif

Cette région, située dans le nord-est du département de l’Oise, vit s'installer en un vaste champ de bataille de 1914 à 1918. La ligne de front s’y établit. Après le conflit, les stigmates de la guerre dans le paysage n’ont pas totalement disparu, tant dans les formes de l’habitat que dans la mise en valeur agricole.

 

À la fin de la guerre en 1918, le village était pratiquement totalement en ruine.

Un réseau de « cagnas » ( abris de tranchées ) abritait les troupes allemandes à l'ouest de la colline qui domine le village à 160 mètres. On peut toujours en voir les entrées de nos jours.

Eglise LAGNY.jpg

LAGNY Grand Rue.jpg

Pendant les quatre années de guerre, une ligne de front profonde de plusieurs dizaines de kilomètres et longue de +/- 750 kilomètres, de la mer du Nord à la Suisse, devint une sorte de barrière entre les nations armées. Barrière infranchissable et anéantie par la violence de l’artillerie. 

 

LAGNY se trouvait prisonnier de cet espace. La ligne de front se fixa ainsi à la mi septembre 1914 au cœur de la Picardie. L’installation du front dans cette partie de la Picardie était rendue favorable grâce à la disposition du relief.

 

À partir d’octobre 1914, le front s’y établit pour quatre ans. Les armées françaises et allemandes s’enfouirent dans des tranchées boueuses et des sites difficiles à préserver en bon état d’occupation sous un climat humide et dans une terre argileuse.

 

C'est dans ce contexte que fut écrite la « Chanson de LAGNY », chanson anonyme de 1915, comme beaucoup de chansons de guerre. On la chantait sur l'air de « Sous les ponts de Paris ». Cette chanson évoque la guerre, les tranchées. On peut la considérer comme un hommage aux combattants qui ont fait la guerre.

 

Attention, une erreur est souvent commise. Attention, il ne pas confondre LAGNY, commune de l'Oise avec LAGNY-sur-MARNE, commune de la région parisienne, située à l'est de Paris. Cette dernière localité était située bien loin du front. Mais un hôpital militaire y fut installé.

 

En rouge, LAGNY dans l'Oise

 

carte-administrative-lambert-regions-Lagny.jpg

 

En rouge, LAGNY-sur-Marne

 

carte-administrative-lambert-regions-Lagny-sur-Marne.jpg

 

09/03/2015

Le pantalon rouge garance des Français en 1914.

Le mythe du pantalon garance.

téléchargement (1).jpg

Le fameux pantalon garance de 1914.

 

L’uniforme et l’équipement du fantassin français de la guerre mondiale de 14-18, lors de l'entrée en guerre, est vétuste et date de longtemps. Cet uniforme est totalement inadapté à la guerre moderne. Les soldats sont affublés d'un képi et d'un pantalon rouge garance. Ce pantalon est accusé d'avoir fait d'eux des cibles idéales pour la mitraille allemande. En 1914, le pantalon couleur rouge sang, aurait provoqué la mort de milliers de soldats. Le pantalon garance était tellement visible sur les champs de bataille que l'ennemi ne pouvait pas le rater. Ce n'est qu'en partie vrai. Nous expliquerons pourquoi.

image_202.jpg

colonne__francaise.jpg

 

Une représentation bien connue...mais la guerre est bien différente d'une parade militaire le jour de la Fête Nationale !

L'assemblée Nationale venait d'en décider la suppression.

 

De ce fait, l'armée française se distinguait de toutes les autres. Dès le début des années 1900, les autres pays avaient adopté une tenue plus discrète, plus camouflable. Depuis 1900, on en discutait pourtant. L'Assemblée Nationale française avait voté le 9 Juillet 1914 la suppression du pantalon garance. L'intendance fut prise de court pour l'appliquer car la guerre fut déclenchée moins d'un mois plus tard.

 

L'Assemblée Nationale avait pris d'autres décisions. L'uniforme devait complètement changer. Un drap de couleur neutre avait été adopté pour le remplacer. Il s’agissait d'une sorte de gris obtenu par le mélange de fils bleu, blanc et rouge. Ce drap fut appelé « tricolore ».

 

Pourquoi avoir traîné si longtemps ?

 

Pourquoi les Français étaient-ils restés attachés si longtemps à ce pantalon garance ? Celui-cidate de 1829, sous Charles X. Il a subi des modifications au long du 19e siècle. Il était étroitement associé au souvenir de la guerre, perdue, de 1870 contre la Prusse. C’était l’uniforme de la défaite, on aurait donc pu croire qu'il fallait l'oublier au plus vite....mais c'était aussi celui de la revanche !

 

On se rendit rapidement compte, contrairement à ce qui est dit, du problème de ce pantalon trop voyant. Lors de la mobilisation, dans l'urgence, l'armée distribua des couvre-képis et des couvre-pantalons de couleur bleu. On ne sut pas en fournir à tout le monde. Ceux à qui le couvre-pantalon n'avait pu être fourni reçurent l'ordre formel de relâcher les pans de la capote de façon à cacher le plus possible le pantalon rouge garance.

 

Au lendemain de la victoire de la Marne, l'état-major adopte une nouvelle teinte pour l'uniforme français, le fameux " bleu horizon ". Dès 1915 jusqu'à la fin du conflit, ils reçoivent cet uniforme plus adapté aux conditions de la guerre.

 

Le pantalon garance devait permettre aux soldats français de repérer facilement leurs frères d’arme sur le champ de bataille. Mais c'est alors devenu un sérieux handicap. Il mettait en danger les soldats devenus pour l’ennemi une cible idéale.

 

Une autre idée reçue: le rouge garance était maintenu en soutien de l'industrie nationale.

 

Ce fut peut-être vrai au début quand l'industrie utilisait la garance des teinturiers dont la culture fit la fortune du département du Vaucluse au 18°e s. Le Vaucluse devint le premier producteur de garance en Europe.

 

Cependant, c'était fini depuis longtemps. Depuis les années 1880, le colorant rouge utilisé pour teindre le drap de laine militaire ne provenait plus en effet de la culture méditerranéenne de la garance, mais d'une teinture chimique, l'aniline, fabriquée en Allemagne par la Basf (Badish Aniline Soda Fabrik). Une fois les hostilités déclenchées, cette entreprise allemande cessa évidemment ses fournitures à la France.

 

Information surprenante mais piquante, la France achetait le colorant de synthèse pour ses uniformes militaires aux industriels de la nation ennemie !

 

Ce pantalon rouge garance était-il si visible qu'on le dit ?

C'est ce qu'on raconte. C'est ce qui saute aux yeux, cent ans plus tard, à la vue des images et photos colorisées des poilus de 14-18. En fait, en situation de combat, ce pantalon était bien moins visible que lors d’un défilé militaire. Tout d'abord, il était couvert sur sa partie haute par une longue veste bleue, d’un bleu vif.

 

Lors de la guerre offensive, les grands mouvement se produisirent en l’été, souvent en rase campagne , à une époque où les herbes sont hautes. La partie basse du pantalon était donc caché par la végétation, quasiment jusqu'au genou. La guerre de mouvement de 1914 contraint les soldats à de longues marches, durant plusieurs semaines. En conséquence l'uniforme était sali, poussiéreux et même boueux. Les couleurs vives du pantalon n'étaient plus qu'un souvenir ! Une masse de centaines de milliers d'hommes soulève une quantité de poussière qui se dépose partout, atténuant fortement les couleurs vives. Enfin, à la moindre pluie, la boue camoufle tout.

Depuis 1913, le képi rouge et bleu, doit être couvert, en campagne, de bleu. La pièce essentielle de l'uniforme est une lourde capote de couleur bleue.

Il faut aussi ajouter que le rouge du pantalon était réputé peu garanti à l'usage. Après quelque mois d'usage, pendant la guerre, au fil des combats, il n'était plus carmin éclatant dans la plupart des cas.

 

Anarchie vestimentaire en 1915.


Des commandes du nouveau drap « tricolore » sont passées en urgence, mais le nombre d'homme à équiper est colossal et la fabrication va être longue. Des mesures urgentes sont prises en attendant Une nouvelle capote, moins coûteuse en tissu, est conçue. Ainsi qu'un nouveau képi : le modèle 1915 . Des culottes civiles en velours sont distribué.

Le premier semestre 1915 est synonyme d'anarchie vestimentaire. Dans cette course frénétique vers le " camouflage ", pas un soldat n'est vêtu et équipé comme son voisin. On équipe à tout, va avec tout ce que l'on peut trouver en stock et sur le marché. Les anciens effets côtoient les nouveaux.
L'armée française, sur la question vestimentaire tout du moins, fait l'effet d'un groupe désordonné et très hétéroclite.

 

Le pantalon garance fut-il vraiment la cause des hécatombes de 1914 ?

 

Selon les spécialistes de l'histoire militaire, il ne semble pas qu'on puisse attribuer à la couleur des pantalons un surcroît de pertes très important par rapport aux Anglais et aux Allemands. L'essentiel des combats de 1914-1915 était assez frontal et en terrains ouverts, entre des masses denses.

 

La principale raison de l'hécatombe par rapport aux Allemands en 1914-1915 est à trouver principalement dans la différence en quantité en en puissance de l'artillerie lourde.

Une autre raison est clairement l'existence d'un véritable plan offensif dans l'armée allemande, au moins au au début. Le Allemands agissait selon un plan offensif bien étudié alors que les alliés ne surent que leur opposer une tactique de résistance. Les tactiques offensives échouèrent. Le meilleur exemple se trouve dans les combats des d frontières dans la région de VIRTON.

 

Outre l'artillerie, on peut aussi citer l'armement ordinaire: le fantassin français était équipé du fusil Lebel dont la cadence de tir n'est que de 14 coups par minute, contre les 22 du Mauser 98 allemand.

 

L'absence de casque en 1914 a pu avoir des effets très néfastes, surtout chez les blessés.

 

Il ne faut pas oublier l'impréparation des services médicaux, infirmiers et ambulanciers au début de la guerre. Un grand nombre de blessés furent mal secourus.