21/04/2014

CONSTANT BURNIAUX: INSTITUTEUR, POETE ET ROMANCIER, Témoin de la première guerre et des "Temps inquiets"qui ont suivi.

 

 

 

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CONSTANT BURNIAUX

 

Né à BRUXELLES le 1° août 1892

 

Y décédé le 9 février 1975.

 

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Instituteur, il entame une prolifique carrière de poète et de narrateur à l'occasion de la guerre de 14-18.

Considéré comme un des maîtres de la littérature de l'entre- deux-guerre.

 

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Né dans le centre de BRUXELLES, Constant BURNIAUX passe une enfance difficile en raison des nombreux déménagements de ses parents, après IXELLES, la famille se retrouve à LINKEBEEK. Il est issu d'une famille modeste: son père est ouvrier sertisseur. Il a un frère et une soeur. Par la suite, les ennuis professionnels et les revers financiers de son père provoqueront d'autres déménagement ( huit entre 1906 et 1923 ).

À l'âge de huit ans, il tombe gravement malade. Une hématurie ( présence de sang dans les urines ) met ses jours en danger. Il guérit difficilement. Durant sa longue convalescence, la lecture occupe son temps. Ainsi naît sa passion précoce pour la lecture.

Il poursuit ses études secondaires à l'Athénée Charles BULS. Ce qui le contraint à de pénibles voyages en train entre LINKEBEEK et le cœur de la capitale. Décidé à entrer dans l'enseignement, il s'inscrit ensuite, toujours à Charles BULS, mais dans la section de l'École normale. Il en sort instituteur en 1912. Il est nommé à l'école primaire n°7, rue Haute, en charge d'une classe d'enfants handicapés mentaux, aux tendances caractérielles.

Survient la guerre de 14-18. Durant le conflit, Constant BURNIAUX est au front, en même temps que son frère Jean, comme brancardiers dans la même unité. C'est en se rendant avec son frère auprès d'un blessé que Jean va être mortellement blessé. CONSTANT, à la fin de la guerre, rédige un petit livret ( 30 pages ) pour répondre aux questions que lui pose sans cesse son neveu Paul. Voici la fin:

"Langemarck

 

Garde-toi d'oublier ce nom, Paulet, garde-toi d'oublier que c'est là!...par une après-midi de juillet... Nous sommes assis sur le seuil de l'abri.
- Quel silence! hein, Louis?
Pour ne pas répondre, je demande à Jean :
- Quel heure est-il?
- Je ne sais pas.
Nous ne savons pas l'heure, Paulet. Nous ne pouvons même pas la deviner. Il fait un temps étrange. Et le silence écrase la terre.
- Louis.
- Jean?
- Promets de raconter à mon petit Paul notre vie, notre guerre.
- Toi, tu la lui raconteras.
- oui, mais si...
A l'instant, je l'interromps...
- C'est promis!
Autour de nous, le calme est si profond qu'il paraît avoir la volonté de se taire. Nos regards inquiets parcourent le paysage comme si jamais, jamais nous ne l'avions vu. J'éprouve l'impression d'être un homme d'autrefois placé subitement devant ce désert planté d'arbres sans feuilles.
- Quel silence ! répète ton papa
- oui, Jean, quel singulier silence!
Une vague horreur transpire du paysage lunaire. Nous nous attendons à voir apparaître quelque chose de formidable, nous nous attendons à tout...
Brusquement, voilà qu'un énorme aboiement gronde, siffle et s'éteint dans l'étendue. Après lui, lourdement, le silence retombe....
Clac ! clac ! clac ! clac !
- La mitrailleuse, fait ton père.
Aussitôt un cri lointain nous cherche :
- Brancardiers!
- Hop là! Louis.
- Je vais prendre ma musette à pansement, Jean.
- prends la mienne.
- Brancardiers!
Quelques secondes après, nous courons courbés dans la plaine rase où nos yeux se tuent à chercher un être, un mouvement....
Clac ! clac ! clac !
Je suis ton père, je lui crie:
- baisse-toi, Jean.
Je l'entends rire...
Clac ! clac !
Hein ! Jean se redresse, étend ses bras, se retourne à demi :
- Lou...
Et tombe sur ma poitrine, la bouche ouverte. Je le dépose sur le sol. Il a un trou dans le front, un petit trou d'où sort un filet de sang. Nous sommes seuls . Autour de nous, c'est la terre désolée sous le grand linceul gris du ciel...
Et Jean est mort, Paul, je le sens bien, il est mort ! il est mort ! il est mort !
Le docteur arrive. Appelé pour le blessé que nous allions secourir, il galope plié en deux. Il s'(arrête devant ton père étendu, lève instinctivement les deux bras en signe de désolation, se penche sur Jean soulève une main inerte, cherche le poignet, écoute, me regarde pleurer , secoue la tête et s'en va lentement."

On peut dire que ce sera sa première oeuvre. Démobilisé tardivement en 1919, il retrouve les mêmes enfants défavorisés. Il y restera jusqu'en 1929 quand il rejoint la section primaire du futur Athénée Léon LEPAGE. Victime d’une grave dépression nerveuse en 1937 – 1938, il quitte l'enseignement et sollicite sa pension prématurée.

Il produira, en 1920, « Sensations et souvenirs de la guerre 1914-1918 ». On y trouve les qualités qui seront constantes dans son œuvre: sens de l'observation, souci d'authenticité, sensibilité aiguë à la souffrance humaine, confiance dans la vie. En 1928, ce sera« Les Brancardiers », premier roman belge consacré à la Grande Guerre, l'équivalent de « Le Feu » d’Henri BARBUSSE sans l’engagement politique communiste de ce dernier. En 1931, « Les désarmés ». Dans cet ouvrage, on trouve ces lignes:

«  ...les pères ont le devoir d'empêcher leurs fils de s'entretuer. C'est devant les jeunes garçons surtout qu'il faut démasquer la guerre, parce que les plus belliqueux instincts sommeillent dans leur

sang. ... Et l'un des meilleurs moyens de montrer aux hommes à vivre en paix, n'est-il pas de ruiner la réputation de la guerre dans l'esprit des enfants ? »

 Après la guerre, il collabore à divers journaux et revues: le « XXe siècle », le « Peuple » et « La Bataille littéraire ». C'est son roman psychologique, « Le Film en flammes », en 1923, qui le fait remarquer par les éditions RIEDER. Sa carrière littéraire est lancée, cinq romans seront publiés par cette maison parisienne. Cette même année, il épouse Jeanne TAILLIEU, auteure de contes pour enfants et d'essais signés Jeanne BURNIAUX. En 1924, un fils naît de cette union, Robert, qui deviendra un écrivain célèbre sous le pseudonyme de Jean MUNO.

Sa production est très abondante. Plus de cinquante volumes dans tous les domaines : le roman, le récit, la nouvelle, le conte pour enfants, la poésie et l'essai. Il écrit pour quantité de journaux ou revues, tels « Le Soir illustré », « Le Journal des poètes », la « Revue générale belge »,« LeSoir, les « Nouvelles littéraires » et, jusqu'en 1975, le « Journal de Charleroi ».

Six recueils de poésies paraissent de 1927 à 1965. Sa poésie, hélas non reconnue à sa juste valeur, contient des éléments de secrets intimes poignants, aux accents très personnels, dans des textes d'une grande élévation d'esprit. Elle est marquée par la nostalgie de l’enfance.

Il puise dans l'exercice de son métier d'instituteur, la matière de sa «trilogie scolaire» ( La bêtise, Crânes tondus, L'aquarium ). Ils relatent sa vie quotidienne auprès d'enfants en difficulté. Il écrit aussi des livres pour jeunes, comme « Fah l'enfant » en 1924. Il observe son propre fils dans un ouvrage plein d'humour et de tendresse, « Un pur » (1932).

Il va donner sa pleine mesure dans la création romanesque ( plus de 30 volumes ) aussi bien dans le court récit que dans la narration de longue haleine. Durant la seconde guerre, il écrit un cycle en cinq tomes, « LesTemps inquiets ». Ils seront édités entre 1944 et 1952 car, durant la guerre, il refuse de publier quoi que ce soit. Pour lui, assurer une vie culturelle sous l'occupation était déjà une forme de collaboration ou, en tout cas , de soumission. L'action se situe entre le début de la première guerre et la fin de la seconde. Le héros central y vit des aventures semblables à celles que connut probablement BURNIAUX. Cette oeuvre monumentale qui s'écoule sur plusieurs générations, fait penser à celles de Georges DUHAMEL, Roger MARTIN du GARD et Jules ROMAINS, les romans cycliques. On trouve aussi cela chez Jean TOUSSEUL.

 

D'autres romans ou récits de nouvelles relèvent de l'étude de mœurs ou de caractères : « Une petite vie. » en 1929, « La Grotte » en 1939, « L'Autocar » en1955, « La Vie plurielle » en 1965, « L'Amour de vivre » en 1969 et « La Vertu d'opposition », œuvre posthume éditée en 1977, L'imagination de l'auteur s'y déploie dans la veine du réalisme fantastique, dans la description des sentiments qui accompagnent l'amour ( la possession ou la jalousie ) ou dans les rappels autobiographiques de l'enfance ou de l'âge mûr.

 

Constant BURNIAUX est élu, en 1945, à l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises. Il était convaincu que l’on s’identifie d’abord à sa langue et non à sa nationalité. Il considérait le fait d’avoir le privilège de pratiquer un français des plus châtiés comme un signe criant de son éminence. Celasemble être un trait, déplaisant, de son caractère. Il voit entre lui et son entourage un décalage de valeur intellectuelle et culturelle. Il souffre que son entourage soit limité et incapable de le comprendre. Celui-ci n'est pas assez fin et sensible pour l'estimer à sa juste valeur. Déjà, à l’âge de vingt ans, il avait noté dans son journal: « J’ai […] la sensation d’une hostilité, d’une incompatibilité totale entre moi et le monde dans lequel je vis. » D'où, sans doute,son besoin d’utiliser l’écriture pour se détacher de son entourage médiocre et s'élever dans la société.

En 1949, il reçoit le Prix triennal de Littérature pour quatrième volume des « Temps inquiets ».

En février 1970, il subit une intervention chirurgicale dont il ne se remettra jamais complètement. Il meurt à l'hôpital BRUGMAN le 9 février 1975.

 

 

18:42 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/04/2014

FNC "AWANS-BIERSET " : CENTENAIRE DE LA PREMIERE GUERRE.

 
 
 
 

 

 

Bonjour,
 

infanterie belge en tenue de combat.jpg

 

 

Les années précédentes, la section " AWANS-BIERSET " de la F.N.C. ( Fédération Nationale des Combattants ) émettait des cartes de soutien ou lançait des appels en vue d'obtenir des soutiens  financiers. Nous assurons, pour les anciennes communes de BIERSET, AWANS, FOOZ et HOGNOUL le déroulement des manifestations patriotiques: notamment le fleurissement des monuments, l'accueil des écoles, les manifestations et la réception du 11 novembre.

 

Cette année, c'est la célébration du centième anniversaire de la déclaration de la première guerre. Aussi, nous avons pensé qu'il convenait de faire davantage que l'émission d'une simple carte de soutien.

 

Une petitre brochure relative à certains aspects de la première guerre a été rédigée. Nous n'avons nullement la prétention d'avoir réalisé un travail exhaustif: ce serait faire oeuvre de vantardise. Ce serait d'ailleurs impossible.

 

Cette petite brochure traite de la problématique des Monuments aux Morts avec une petite étude comparative, parle du " Livre du Soldat belge ", de la pénurie de billets de banque, et divers autres sujets comme une recherche sur le poète Louis BOUMAL.

 

Nous la mettons en vente au prix de 5 ( cinq ) Euros. ( 3 Euros pour les membres de la section ).

 

Si vous êtes amateur et que vous désirez aider notre section, vous pouvez la commander en versant cette somme au

CCP BE81 0003 2552 4724

               de

FNC "AWANS-BIERSET"

4340  AWANS.

 

 

Attention, comme nous fonctionnons avec le système du Home Banking, les adresses des émetteurs sont rarement communiquées.

 

Afin d'éviter des recherches fastidieuses et inutiles, nous vous demandons  simplement de reproduire, à la rubrique " Communication" du virement, votre adresse.

 

Ainsi, vous aurez manifesté votre intérêt pour nos activités.

Attention, afin de pouvoir bénéficier d'un en voi groupé sous le tarif edes "périodiques ", l'expédition aura lieu vers le 22 mai ! 

Merci.

 

 

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attaque 1914.jpg

 

 

20:32 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/04/2014

TILFF: MONUMENT AUX MORTS.

TILFF

( COMMUNE D'ESNEUX )

MONUMENT AUX MORTS.

Ce Monument se dresse "Place du Souvenir", c'est-à-dire sur le terre-plain sur s'étend sur le terrain en pente en face de l'ancienne Maison Communale de TILFF.

TILFF est fusionné avec ESNEUX depuis la fusion des communes de 1976.

En fait, il s'agit plutôt d'une stèle.

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Détail qui n'échappera à personne: ici, aucune trace du lion belge ni d'une allégorie de la patrie ou de la victoire...mais la stèle est surmontée d'un coq !

Pour rappel, on trouve également, dans la région, un autre Monument aux Morts sur lequel figure un coq: le Monument du quartier de BOIS-de-BREUX ( anciennement GRIVEGNEE ).

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Autre particularité: si on examine bien la photo, on se rend compte qu'il ne s'agit pas du "Coq wallon", le "Coq hardi".

coq_de_paulus_1913.png

La différence avec le " Coq hardi " représenté sur le drapeau wallon saute aux yeux.

On a plutôt une ressemblance avec le "Coq gaulois" figurant comme emblème sur beaucoup de Monuments aux Morts en FRANCE. Voir l'exemple ci-dessous:

coq français.jpg

Deux autres détails:

* le médaillon métallique sur lequel figure une tête de combattant casqué;

* la plaque commémorative de la FNC de TILFF pour le "76° anniverrsaire" le 19.04.1994.

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Cette stèle n'est pas uniquement un "Monument aux Morts" mais un mémorial en l'honneur de tous les participants à la guerre. Ainsi en témoigne les listes gravées sur les flancs.

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04/04/2014

HOMMAGE AUX MORTS: EXEMPLE DE MEMORIAL ITALIEN

En Italie, en ce qui concerne la Première Guerre Mondiale, les dates figurant habituellement sur les monuments sont " 1915-1918 ". l'Italie n'est, en effet, entrée en guerre qu'en 1915.

D'ordinaire, nous trouvons des plaques commémoratives appliquées aux murs des églises. Il s'agit souvent de plaques commémoratives par paroisse.

exemple:

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18:23 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/04/2014

BEAUFAYS: LE MONUMENT AUX MORTS.

BEAUFAYS

( Commune de CHAUDFONTAINE )

Le Monument aux Morts.

Tout d'abord, ce n'est pas seulement un Monument dédié aux seuls morts. Il est en fait dédié aussi à tous ceux qui ont participé à la guerre 14-18.

Ce Monument n'a subi aucune modification, ni aucun ajout à propos de la guerre 40-45.

Comme le Monument aux Morts de la Commune d'AWANS, ce monument attire surtout l'attention sur la transmission du devoir de mémoire: ( un grand-père muni d'une faulx montre le monument à son petit-fils et lui explique ).

Le paysan muni d'une faulx fait référence au passé agricole du village.

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19:54 Écrit par P.B. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/03/2014

LOUIS BOUMAL: POETE WALLON. VICTIME DE LA GUERRE 14-18

 

 

 

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LOUIS BOUMAL

 

Né à LIEGE, le 11 mai 1890

 

Décédé à BRUGES de la grippe espagnole, le 29 octobre 1918

 

 

 

La mort de Louis BOUMAL fut une perte immense pour la littérature belge.

 

Ce jeune poète aurait pu devenir au fil du temps un second VERHAEREN.

 

Son nom s'ajoute à la triste liste des écrivains et poètes morts à la guerre.

 


Louis Boumal excella à décrire par la poésie la souffrance morale des soldats belges . Ecrivain talentueux, espoir de la littérature belge,il mourut trop tôt en octobre 18.

 

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Né en 1890 à Liège, Louis BOUMAL fut, à la fois, écrivain, poète, maître à penser et militant wallon du début du 20e siècle.

Son père était ouvrier typographe. Sa mère malade et impotente depuis sa naissance meurt en 1909. De famille profondément catholique, il fait ses études au Collège Saint-Servais à LIEGE. En rhétorique, il tombe amoureux. Les jésuites qui lui voyaient un avenir brillant craignent un mauvais effet sur un élève aussi prometteur, ils l'envoient terminer ses humanités en pension à TOURNAI.

Ensuite, il entame ses études en Philologie romane à l'Université de LIEGE. Il y devint l'ami de Robert VIVIER. Durant l'année académique 1912-1913, il préside le Cercle de Philosophie et Lettres. On lui doit une équipée fort oubliée aujourd'hui: une « excursion » à MALMEDY où il tint, sur la place, une sorte de meeting en faveur du rattachement à la Belgique de ce territoire wallon. Blague d'étudiant ou prémonition des événements qui allaient suivre ?

Docteur en Philosophie et Lettres de l'ULG, il signe un premier recueil en 1910, « Poèmes en deuil », puis deux études:  «Renaissance septentrionale au XIVe siècle » et « Diderot et ses amis wallons», en 1912.

Professeur de rhétorique à l'Athénée Royal de BOUILLON, il rédige, en 1914, un essai historique sur cette localité: «Une ville wallonne, Bouillon à la fin du XVIIIe siècle ». Il collabore souvent à la revue "Wallonia". Il publie une série de poèmes dédié à sa femme intitulés «  La chanson d'elle », rebaptisés plus tard «  Le jeu des regrets ».

Il est mobilisé alors que son épouse était enceinte. Au front, il continue d'écrire. Dans une lettre à un ami, en août 1915, il vante ( les jeunes ) « que j'avais sous la main au Cercle de Philosophie, ceux que je traînais dans la bataille des idées avant que la Patrie ne les appelle aux armes... ». Avec ses amis Lucien CHRISTOPHE, Marcel PAQUOT et Georges ANTOINE, il fonde une revue, Les Cahiers du front, dont le premier numéro sort en juin 1918. ANTOINE et le frère de Lucien CHRISTOPHE sont tués, BOUMAL mort de la grippe espagnole, mais la publication survit deux ans après l'armistice.

Il allie littérature et patriotisme: il publie « Lettres de soldat ». Il collabore à la revue "L'opinion wallonne".  Il s'attacha surtout à décrire par la poésie la souffrance morale du soldat belge. Jamais aucun écrivain avant lui n'a décrit de façon aussi précise les tourments du soldat coupé de son monde familier. Pessimiste, il est convaincu que, de retour chez lui, il tombera dans une tristesse permanente que même son épouse ne pourra empêcher.

 

Ce thème du retour au foyer l'obsède à tel point qu'il lui inspirera une pièce de théâtre « Quand ils auront passé de l'ombre à la lumière ». On y parle de ce moment à la fois espéré mais redouté. Il est convaincu que ces années de guerre sont entièrement perdues. Il s'attriste de voir sa sensibilité atteinte par la dureté et la cruauté de la vie au front. Il est convaincu qu'il sera incapable de s'émerveiller de la vie lors du retour à la paix. C'est ce qu'on peut lire dans ce petit texte :

" Cette race de soldats et de travailleurs têtus aura tôt fait de reconstruire ses temples et d’ensemencer ses terres…Mais vous, bonheurs anciens, rêves d’études et d’art, travaux abandonnés, calmes amours qui remplissiez la vie, que serez-vous devenus ? La matière qu’on mutile, se répare, mais l’âme qui a trop souffert ne connaît plus la joie. »

"Un Jardin sans soleil" est son principal et dernier recueil de poèmes, publié après sa mort. Ses poèmes, écrits au front, expriment la mélancolie de l'éloignement forcé et le regret du bonheur abandonné au pays natal.

Malgré son peu d'intérêt pour la vie militaire et son moral quasi dépressif, il gravit tous les échelons jusqu'au grade de lieutenant et le titre de Chevalier de l'ordre de la couronne. Comment expliquer que malgré cet état d'esprit il parvint à remplir son rôle de soldat sans faiblir. Il l'explique en quelques phrases, c'est la conviction que la consigne qui doit exclusivement guider la vie aux tranchées est le mot « servir » :

« Servir !! C’est-à-dire rester à sa place, dans son rang, porter le sac et le fusil, marcher sans haltes et se battre sans fin, traverser les dernières provinces et se reformer ensuite dans les sables et les plaines humides de la Flandre, creuser des tranchées et des tranchées encore…Servir ! C’est-à-dire obéir aux chefs, s’anéantir, n’être plus rien que cette chose manœuvrée qu’on va tout à l’heure lancer sur l’Yser, face aux bataillons allemands. Servir ! C’est toute cette armée de soldats en loques, d’officiers en lambeaux, dont quelques-uns n’ont pas encore quitté le sac et le fusil. Servir, enfin, c’est toute la cohue en retraite, sans canons et sans vivres, qui se retourne à l’appel du roi et qui triomphe de ne pas mourir ! Qui n’a pas vécu cette heure de notre histoire n’a pas connu le sens de la guerre. ».

 

Peu avant l'armistice, le virus de la grippe espagnole le frappa. Hospitalisé à l'hôpital militaire de BRUGES, il y décéda après cinq jours seulement.Il avait chargé ses amis Lucien CHRISTOPHE et Marcel PAQUOT de conserver ses manuscrits ( « Je les supplie de continuer dans le même esprit de fidélité aux traditions françaises de notre race, l'oeuvre commencée en commun. » ).

Voici, auusi, un peu son testament. en tout cas, ses dernières volontés:

  « Je désire être enterré suivant ma foi catholique et sans cérémonie aucune dans un coin du sol de ma Patrie, ici ou là, il m'importe peu et le mieux serait à la place où je suis tombé. Après la guerre, je voudrais que mon corps reposât en terre liégeoise, sur la colline où l'on a couché ma mère...
J'ai fait ce que j'ai pu pour servir mon Pays. J'ai tâché d'être un bon soldat, suivant que me l'avaient enseigné mon père et les traditions de ma ville liégeoise. »

 Robert VIVIER dira de lui :  

« Ce que tous les soldats vécurent d’une façon plus ou moins consciente et vive suivant les ressources de leur être, Boumal l’a vécu comme eux mais avec la sensibilité qui était la sienne, et, parce qu’il avait le goût noble de la vérité et de la retenue dans la confidence, parce qu’il avait aussi le don qui fait que le poète trouve les mots de l’homme, il a rendu de façon inoubliable l’expérience de tous. Si personnel qu’il soit, l’aveu n’est pas celui d’un seul. »

 On doit à VIVIER l'idée d'édifier un monument à sa mémoire, à LIEGE, au jardin d'acclimatation.

 

 

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Il exista cependant un certain trouble. Celui-ci est dû à Léon DEGRELLE qui tenta de s'accaparer sa mémoire. Il lui consacra un livre. Dans sa mythomanie, DEGRELLE disait que BOUMAL avait laissé un grand héritage: un grand soldat, un brillant écrivain,un militant wallon, un catholique fervent, un grand patriote et que, bien sûr, lui, DEGRELLE, était le seul capable de reprendre ces missions et de les mener à bien.

On connaît la suite : soldat, DEGRELLE l'a été sur le front de l'est; écrivain, on lui doit ses vociférations dans le Pays réel; militant wallon, il créa la SS Wallonie; catholique, il finit condamné par MALINES; patriote, ne faisons pas de commentaire...

Certains ont l'émis l'idée, idiote, que sans doute DEGRELLE avait été influencé par la présence de" BOUMAL à BOUILLON. On doit faire remarquer que DEGRELLE n'avait que six ans à cette époque, qu'il ne fréquentait pas l'Athénée de BOUILLON et que sa famille cultivait une véritable aversion à l'encontre de l'enseignement public!

Heureusement, la mémoire de BOUMAL a été mieux défendue par VIVIER, CHRISTOPHE et PAQUOT.

 

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04/03/2014

2014: CENTIEME ANNIVERSAIRE DU DEBUT DE LA GUERRE 14-18 à AWANS.

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Cette année, nous commémorons le centième anniversaire du déclenchement de la Première Guerre Mondiale.

Partout dans le pays, et donc dans notre région, des manifestations diverses sont organisées.

La Commune d'AWANS s'est engagée à soutenir cette démarche.

Les trois sections FNC ( AWANS-BIERSET, OTHEE et VILLERS-L'EVÊQUE ) soutiennent également cette initiative.

On recherche des photographies ou des documents divers qui peuvent témoigner de la vie chez nous durant ce conflit.

Les documents seront manipulés avec le plus grand soin et, comme il se doit, restitués dans les plus brefs délais.

Pour tous renseignements et contacts, voici les références:

Tf 04/364.06.37 ( Nicolas GERARD )

Tf 04/364.06.33

E-Mail: env@awans.be

 

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