22/08/2014

La Guerre de 14-18: une hécatombe.

DIX MILLIONS DE SOLDATS MORTS A LA GUERRE.

Avec ces dix millions de soldats morts, la Guerre de 14-18 a fait entrer l'humanité dans une nouvelle ère. Une époque où la valeur de la vie humaine ne revêt plus qu'une importance relative. 

Les Anciens Combattants l'avait surnommée la " Der des der ", la " dernière des dernières ". Hélas ce n'était que la première. 

Si les guerres qui ont suivi la seconde guerre ont toujours gardé un caractère local ou régional et si on a toujours pu éviter l'affrontement armé mondial, les pratiques inaugurées en 14-18 n'ont fait que s'amplifier: destructions massives, attaques féroces contre les civils, absence de tout respect des règles humanitaires, terrorisme, génocides, utilisation de l'arme de la faim...

 

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Au fait, combien d'hommes sont morts lors de la guerre de 14-18 ? Quelles ont été les classes d'âge ou les catégories touchées ?

Selon que l'on examine les différents pays, les résultats diffèrent:

* RUSSIE: 1.800.000 morts (1) 

* FRANCE: 1.375.000 morts / 16% des hommes mobilisés

* EMPIRE BRITANNIQUE: 908.400 morts/ soit 12% des hommes mobilisés

* ITALIE: 578.000 morts / soit 10% des hommes mobilisés ( 2 )

SERBIE: 278.000 morts / soit 38% des hommes mobilisés ( 4 )

* ROUMANIE: 250.000 morts / soit 25% des hommes mobilisés ( 4 )

* ETATS-UNIS: 114.000 morts / soit 2,5% des hommes mobilisés ( 3 )

Ce qui donne, au total, pour les alliés, 5.648.300 morts.

* ALLEMAGNE: 2.033.000 morts / soit 16% des hommes mobilisés

* AUTRICHE-HONGRIE: 1.100.000 morts / soit 12% des hommes mobilisés

* TURQUIE: 800.000 morts / soit 25% des hommes mobilisés ( 4 )

* BULGARIE: 87.500 morts / soit 22% des hommes mobilisés. ( 4 )

Ce qui donne, au total, pour les puissances centrales, 4.353.500 morts.

C'est sans compter des effets pervers, qu'on appellerait maintenant " dommages collatéraux ".

Parlons du génocide arménien.  Celui-ci a eu lieu d'avril 1915 à juillet 1916. Les deux tiers des Arméniens qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie ont été exterminés au cours des déportations et massacres de grande ampleur. Il a coûté la vie à 1.200.000 Arméniens.

Rappelons aussi la pandémie de grippe espagnole. Elle se déroula essentiellement durant l’hiver 1918-1919, avec 1 milliard de malades, et 20 à 40 millions de morts, selon de premières estimations très imprécises. Le maximum de la fourchette  a été porté à 50 - 100 millions, après intégration des évaluations rétrospectives concernant les pays asiatiques, africains et d’Amérique du Sud. Rien qu'en FRANCE, elle fit environ 408 000 morts. La pandémie fit plus de victimes que la Première Guerre mondiale qui se terminait cette même année 1918, et certains pays seront encore touchés en 1919.

On estime q'un tiers des soldats disparus a laissé une veuve et, en moyenne, deux orphelins. Le nombre total de veuves de guerre serait de +/- 3.000.000 et le nombre d'orphelins, de 6.000.000.

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( 1 ) En ce qui concerne la RUSSIE, si la guerre se termina officiellement par le Traité de BREST-LITOVSK, il s'en suivit, tout d'abord, une guerre russo-polonaise puis une guerre civile. L'Armée rouge, créée par Trotski en janvier 1918, finit par repousser les armées blanches mais la population est épuisée et l'économie en très mauvais état. L'URSS qui naît en 1922 est un pays amputé de nombreux territoires par rapport à 1914 et coupé du reste du monde. 

( 2 ) L'ITALIE n'entra en guerre qu'en 1915.

( 3 ) Les ETATS-UNIS n'entrèrent en guerre qu'en 1917. Débarqués le 28 juin 1917, ils n'intervinrent sur le front qu'au printemps 1918.

( 4 ) La guerre a été plus meurtrière à l'Est qu' à l' Ouest. Les conditions de combat voient la conjonction entre les armes et les techniques " industrialisées " du front occidental et des modalités de combat de type « guerre coloniale ». S'y ajoutent encore des conditions météo exécrables: la chaleur en été et les hivers pluvieux. Le typhus, la dysenterie, le paludisme font des ravages sur ce front. Sur le front occidental, la dernière affection n'existe évidemment pas. On rencontre aussi des difficultés pour trouver de l'eau potable en suffisance pour autant de soldats.

 

 

 

21/08/2014

Cérémonies du 15 août au Fort de LONCIN.

CEREMONIES DU 15 AOÛT AU FORT DE LONCIN.

Cette année, les cérémonies correspondaient avec le centième anniversaire de l'explosion du Fort de LONCIN. 

Elles se sont donc inscrites dans le cadre général des manifestations du centenaire de la déclaration de la Première Guerre et ont revêtu un éclat tout particulier.

Nous n'écrirons pas d'article plus étendu. Vous avez pu suivre à la TV ou lu des reportages plus complets dans les journaux.

Voici néanmoins quelques photos.

 

 

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Voici, lors de la formation du cortège, Rue Lambert DEWONCK à ANS, la Fanfare Royale des Prisonniers de Guerre de DEUX-ACRES.

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Et en petite délégation, en costumes d'époque, un groupe représentant les fantassins français de 1914.

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La tête du cortège, à l'arrivée, sur l'esplanade s'étendant devant le Monument élevé à la mémoire des défenseurs du Fort de LONCIN.

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Un ( petit ) aperçu des porte-drapeaux.

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Dépôt des fleurs au non de l'Administration communale d'AWANS, par le Bourgmestre, André VRANCKEN.

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Dépôt des fleurs au nom de la FNC par Pierre BEAUJEAN, secrétaire-trésorier de la FNC "AWANS-BIERSET "

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Plaque commémorative remerciant la Société "Les ANSOIS RECONNAISSANTS" pour les efforts qu'elle a fournis durant cent ans pour permettre les commémorations annuelles. Cette société sera dissoute.

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Quelques photos prises auprès du cratère, à l'intérieur du FORT.

Comme vous pouvez les reconnaître sur diverses photos, la section FNC "AWANS-BIERSET" était représentée par quatre porte-drapeaux.

Traditionnellement, Nombre d'habitants du village d'AWANS participent chaque année à cette commémoration. Manifestement, cette tragédie a fortement marqué les esprits chez nous.

 

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20/08/2014

L'arme de la faim en 14-18.

L'ARME DE LA FAIM EN 14-18.

La Guerre de 14-18 a vu l'apparition et l'application de l'expertise  ( la quantification ) des ressources alimentaires du camp ennemi. Le but était très clair: priver les populations des ressources nécessaires en biens de consommation. A côté des combats, la faim contribue à expliquer l'issue du conflit. cela devait avoir une influence sur le moral des troupes. Il est certain que lorsque les soldats allemands surent quelles étaient les privations subies par la population, leur volonté de poursuivre le combat se ramena à zéro.

Du côté des alliés, spécialement dans les départements français occupés et en Belgique, en plus des violences subies lors des invasions, des occupations et des bombardements, les populations civiles ont également affronté la faim, les pénuries et l'inflation.

Les zones occupées pâtirent fortement des pénuries. Dans les régions agricoles, dans les zones rurales, les paysans parvinrent à maintenir un niveau de consommation convenable. Peut-on donc estimer que, chez nous, à AWANS, ce fut aussi, dans une certaine mesure, le cas ? Peut-être pas car les documents retrouvés dans certaines communes également agricoles attestent que des soupes populaires furent organisées. Des photos en témoignent. C'est le cas de COUTHUIN et de BIOUL...

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Soupe populaire à BIOUL

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Soupe populaire à SULEMEZ ( COUTHUIN )

Mais dans les villes, les habitants connurent des moments très pénibles. On vit apparaître les distributions de soupe populaire, ancêtre en quelque sorte des " restaurants du coeur ". C'est moins surprenant que dans les campagnes.

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Soupe populaire à BRUXELLES

La FRANCE avait vu le front s'installer dans les zones agricoles les plus productives et les rendre quasiment incultivables.

Dans le cas de l'Allemagne, les stratèges militaires ont cherché à affamer la population civile  par le blocus ou par la guerre sous-marine, aggravant encore ces difficultés matérielles.

Le blocus de l'Allemagne fut décidé dès août 1914. Winston CHURCHILL en octobre 1915, alors qu'il était Premier Lord de l'Amirauté a été l'artisan le plus convaincu de son durcissement. Il écrira d'ailleurs, après la guerre, qu'il avait visé " à réduire toute la population par la faim, vieux et jeunes, blessés et bien portants ".

Voici un extrait d'un roman d'un écrivain allemand , Ernst GLAESER:

 

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" L'hiver resta dur jusqu'à la fin. LA guerre avait maintenant dépassé la ligne des fronts et touchait directement le peuple. La faim détruisait l'union qui avait régné jusque là. Dans les familles, les enfants se volaient leur ration l'un à l'autre. La mère d'auguste courait deux fois par jour à l'église pour y prier; elle maigrissait à vue d'oeil, car tout ce qu'elle pouvait se procurer à manger, elle le distribuait à Auguste et à ses soeurs, ne gardant pour elle qu'une part infime de nourriture. Les femmes qui stationnaient en longues files grises devant les magasins, parlèrent bientôt plus de la faim dont souffraient leurs enfants que de la mort de leurs maris. la guerre avait modifié les sentiments..."

Voilà pour la population civile allemande. Que dire alors du traitement des prisonniers de guerre et des déportés civils !

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19/08/2014

HISTOIRE TUMULTUEUSE DE CERTAINS MONUMENTS AUX MORTS ( LEFFE et GENTIOUX )

HISTOIRE MOUVEMENTEE DE MONUMENTS AUX MORTS.

 

Les monuments aux morts n'ont, parfois, pas pu échapper aux luttes menées entre différents courants de pensée après la guerre. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler. Dans une localité, le Monument aux Morts exprime la façon dont la population – ou du moins les instigateurs – ont vécu les événements ou la façon dont ils veulent les interpréter ou les messages qu'ils veulent transmettre.

Nous avons vu aussi que, quelquefois, on semble s'être livré, entre communes voisines, à une sorte de compétition. Là, le Monument aux Morts exprime surtout la prospérité dont jouit à nouveau la commune. Est-ce condamnable moralement ? Pas nécessairement, le Monument peut alors exprimer que la localité a non seulement survécu mais qu'elle a triomphé des plaies laissées par la guerre.

Nous allons aujourd'hui nous pencher sur deux cas - un belge et un français – où l'on aassisté à une véritable lutte idéologique entre courants de pensée.

 

Le cas belge : l'histoire mouvementée du Monument aux morts de LEFFE

( DINANT )

 

Il n'est pas vain de rappeler que, entre le 22 et le 24 août 1914, 674 civils ont été exécutés, et 950 maisons incendiées par les Allemands. Après guerre, la cité mosane, comme d'autres villes martyres, a été dotée de nombreux monuments en souvenir de ces morts de 14-18.

Dans le cas, en particulier de LEFFE, petite localité périphérique de DINANT qui a compté 243 fusillés, on a assisté à une véritable bataille idéologique.

Sur la petite place, face à l’abbaye des Prémontrés, au lieu-dit " A la cliche de Bois ", la société de libres penseurs " L’Étoile " a érigé vers 1920 un édicule orné d'une colonne brisée. Ce dernier a été remplacé en 1930 par le mémorial du " Sacré-Cœur ". Peut-être, après coup, peut-on penser que l'emplacement d'un Monument de la Libre-Pensée en face de l'abbaye n'était peut-être pas très heureux !

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

La colonne brisée des libres penseurs, privée de sa palme dorée lors de son déplacement, reste visible à quelques pas de là, dans le vallon des Fonds de LEFFE, au lieu-dit " Papeterie ". Sa base est ornée d' un élément décoratif (don de l’hôtelier Adelin HENROREAU ) sculpté de volutes, de fleurs et d’une feuille d’acanthe. La fleur d'acanthe est une manière d'afficher les convictions de ceux qui rejetaient alors la présence sur les Monuments aux Morts de tout signe philosophique ou religieux.

Ce dernier a été remplacé en 1930 par le mémorial du " Sacré-Cœur ". Ce projet défendu a aussi suscité la polémique. Le collège échevinal ne voulait pas accepter la stèle de la Libre-Pensée comme monument officiel. Après avoir avait refusé un projet représentant une pleureuse, il opta pour l'image pieuse du sacré-cœur de JESUS. Bien que sur plusieurs monuments figurent une croix ou d'autres mentions religieuses ( RIP, par exemple ), c'est quasiment un des seuls cas où le Monument aux Morts est résolument catholique. A côté du groupe sculpté représentant un jeune garçon accroché à la jupe de sa mère, l’épigraphe ne comporte que la mention de la date fatidique du 23 août 1914 et la dédicace "A nos martyrs". Certaines familles irritées par la récupération idéologique de l’événement s'étaient opposées à ce que les noms des victimes soient gravés sur les parois du monument.

 

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

 

C'est ainsi que la stèle des Libre-penseurs fut déplacée et qu'elle perdit, mystérieusement, sa palme.

 Le cas français: Le Monument aux Morts de GENTIOUX, jamais inauguré officiellement.

Ce monument est construit avec trois marches et tout en bas un écriteau : "Maudite soit la guerre".

A côté, un orphelin en bronze revêtu de la blouse de l'écolier, le visage triste, lève le bras et montre les 58 noms des morts de la commune gravés sur la stèle.

 

 

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

 

Ce Monument ne sera jamais officiellement inauguré. Il fut longtemps ignoré des autorités de la république. dans ce département de la CREUSE, existait un fort sentiment pacifiste après 1918. la population estimait qu'elle avait payé un trop lours tribut pendant la guerre de 14-18; environ la moitié des appelés n'étaient pas revenus.

Dés 1922 on va commencer à parler de ce monument érigé à l’initiative du maire du village, Jules COUTAUD. Il a été maire de GENTIOUX pendant 45 ans de 1920 à 1965. Il est maréchal ferrant. C'est un homme simple qui a été gazé pendant la guerre et qui a fait toute la guerre. Il veut que le monument de la commune ait une signification forte, que ce soit un monument sobre avec une stèle sur laquelle graver les noms des 58 jeunes morts pendant la guerre.

L'histoire de sa conception et de sa réalisation est aussi extraordinaire. Ici, pas de sculpteur renommé ! Trois projets furent soumis présentés au conseil municipal. Celui qui fut retenu est l'oeuvre d'un conseiller municipal, Monsieur DUBURGT, ébéniste. Il explique ainsi son choix :

« Plutôt qu'un poilu, j'ai voulu traduire un cri du cœur. J'ai donc dessiné un orphelin, en tenue d'écolier, montrant du doigt cette inscription gravée dans la pierre et qui était alors sur toutes les lèvres : « Maudite soit la guerre ! ». Il réalisa un modèle en bois. Ce sont ensuite des artisans locaux qui réaliseront le monument. La sculpture métallique fut néanmoins réalisée par des professionnels.

 

commémoration 14-18, monuments aux morts, combattants

En 1922, le monument fut inauguré exclusivement par les élus locaux et par la population. Le Préfet considérant le Monument comme maudit refusa d'être présent et d'être représenté. Ainsi ce Monument ne fut jamais officiellement inauguré. 

Lorsque des troupes passaient devant le monument, ordre était donné aux soldats de détourner la tête. L'inauguration officielle s'effectua, par hasard en 1985. Quelques jours après l'inauguration d'une nouvelle gendarmerie, des officiers assistèrent au dépôt d'une gerbe devant ce « monument maudit ». Ce n'est pas vraiment une « inauguration officielle ».

Depuis 1989, le monument de GENTIOUX est inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques au titre de "lieu de mémoire" et il est stipulé que l’inscription "Maudite soit la guerre" ne peut pas être modifiée ni éliminée.

Il aura donc fallu attendre 63 ans pour que le Maire et ses conseillers municipaux soient « pardonnés ». 

17/08/2014

SAINT-SEVERIN ( Condroz ): Monument aux Morts.

SAINT-SEVERIN 'CONDROZ )

 ( Commune de NANDRIN )

HEURS ET MALHEURS DU MONUMENT  aux MORTS.

Un nouveau Monument aux Morts a été érigé au centre du village.

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Il ne mentionne aucun nom.

Il est simplement dédié à toutes les victimes de l'ancienne commune de SAINT-SEVERIN.

Ci-dessous, la photo prise lors de l'inauguration de ce monument.

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A la façade de l'ancienne maison communale, nous trouvons ces très belles plaques commémoratives.

Comme on peut le voir, il ne s'agit pas des fameuses "plaques provinciales" apposées après la première guerre à l'initiative de la Province de LIEGE. Mais de très belles plaques colorées.

Elles ont une autre particularité: on ne s'est pas borné à mentionner la liste des défunts mais d'y ajouter la liste de tous les combattants, revenus survivants.

Les voici, telles qu'elles se présentaient encore, il y a quelques années.

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A présent, on a trouvé intéressant ( ? ) de les "garnir" de plantes grimpantes qui finiront par les camoufler !

 

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En examinant de plus près la plaque relative à la guerre de 14-18, on constate qu'un nom a été éliminé.

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Très curieusement, quand on interroge la population, personne ne semble se souvenir de qui il s'agit ni non plus pourquoi. 

Selon mes informations, mais l'Administration Communale, consultée, ne m'a jamais répondu, il s'agit de

PAQUOT Ferdinand,

Bourgmestre rexiste de VILLERS-LE-TEMPLE, abattu par la résistance le 17 septembre 1943 à SERAING ( aux " BIENS COMMUNAUX " ).

Après 1945, la section locale de la FNC a demandé et obtenu que son nom soit éliminé de la plaque commémorative.

 

 

16/08/2014

OTHEE (AWANS): La Grande Guerre sur la Route des Clochers "

OTHEE

( Commune de AWANS )

" LA GRANDE GUERRE SUR LA ROUTE DES CLOCHERS "

Une intitiative de QUALITE-VILLAGE OTHEE.

QUAND ?

Le vendredi 22 août 2014 à OTHEE ( AWANS )

QUOI ?

Balade en vélo commentée de 15 km, commentée, initulée " Comme en 14 "

DEPART ?

A 13H30, Place du Monument à OTHEE ( AWANS )

RESERVATION ?

Réservation obligatoire à la Maison du Tourisme du Pays de LIEGE: 04/2379292

EXPOSITION:

" Monuments et plaques commémoratifs sur la route des clochers "

De 11H00 à 18H00, Salle Nicolas CLOES à OTHEE (AWANS )

RENSEIGNEMENTS ?

marcgerardothee@yahoo.fr

 

 

Le circuit complet  " Route des clochers " ci-dessous fait 52 km.

Le circuit prévu au départ d'OTHEE ne fait que 15 km.

15 Km en HESBAYE, en vélo, est une chose facilement réalisable ...à condition de disposer d'une bicyclette !

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 Voir aussi, sur FACEBOOK:

" AWANS, commémoration 14-18 "

 

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19:06 Écrit par P.B. dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/08/2014

14-18: la mort de masse.

LA MORT DE MASSE

 

" Cette guerre, malgré l’horreur et justement à cause de cette horreur, est l’événement décisif, l’axe frémissant de toute l’histoire humaine. Cette guerre atroce a augmenté la conscience. Elle nous élève irrésistiblement à l’idéal de justice et de vérité que nous attendions. (…) Et c’est nous, combattants, qui avons été sur le front, les créateurs suppliciés du nouvel évangile (…) Nous voulons ce pourquoi nous nous sommes battus : le droit. Notre solidarité saura l’obtenir. "

Manifeste des écrivains français anciens combattants, juin 1919.

Un souffle encore piqua sur nous... Je m’étais ramassé, la tête dans les genoux, le corps en boule, les dents serrées. Le visage contracté, les yeux plissés à être mi-clos, j’attendais... Les obus se suivaient, précipités, mais on ne les entendait pas, c’était trop près, c’était trop fort. A chaque coup, le coeur décroché fait un bond, la tête, les entrailles, tout saute. On se voudrait petit, plus petit encore, chaque partie de soi-même effraie, les membres se rétractent, la tête bourdonnante et vide veut s’enfoncer, on a peur enfin, atrocement peur... Sous cette mort tonnante, on n’est plus qu’un tas qui tremble, une oreille qui guette, un coeur qui craint...

Roland DORGELES " Les Croix de Bois "

 

Le guerre de 14-18 a provoqué un nouveau rapport à la mort. Jusque là, le rapport à la mort était individualisé ou, mieux " familialisé ". Le culte des morts était, en fait,un culte rendu aux proches décédés.

Les batailles, les tranchées, les prises des forts engendrent la « mort de masse ». Il y a fatalement des évolutions telles que la banalisation de la mort et une perte de sensibilité pour les compagnons qui y assistent. Pour ceux-ci, il devient aussi, en quelque sorte normal, en retour, de la provoquer en face.

C'est ce que certains ont défini, après guerre, comme la brutalisation de la société: évocation du conflit et des batailles sous une forme banale, inscription  de la " mort de masse " quasiment comme simple statistique, consentement ou en tout cas résignation à la guerre.  C’est davantage l’artillerie qui tue et « il est rare que l’on se tue les yeux dans les yeux ». Dans les guerres du passé, on voyait surtout périr l’adversaire, en 14-18, on a surtout vu les cadavres des compagnons. Il n'y a plus guère de combats individuels, on tue peu directement pendant la guerre (10% environ).

Durant la Grande Guerre, l’artillerie fut la principale source de blessures et de mort : 70% des dégâts corporels furent infligés par les obus. Le processus de fragmentation des projectiles avait été étudié pour permettre à ces éclats de ne pas perdre trop rapidement leur vitesse et leur force vive après l’explosion. Les plus gros éclats enlevèrent des visages, des têtes, des membres, lacérèrent les ventres, cisaillèrent parfois en deux le corps des hommes. 

 

Mais, en contrepartie, la fréquentation de tous les instants de la mort a renforcé la camaraderie entre les hommes. 

Pour les familles, pour la société, la guerre a bouleversé l'ordre des générations. Il n'était pas plus naturel au début du 20° siècle que de nos jours de voir les parents pleure la mort de leurs enfants. Lorsque cela arrivait, c'était considéré comme un malheur familial. Une famille parmi tant d'autres était touchée. Avec la "mort de masse" de la guerre 14-18, cela devint quelque chose fatal. C'était devenu presque inévitable, si pas normal. 

 

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masse.gifAutre phénomène très perturbant pour les familles et les proches, l'absence de dépouilles a rendu le deuil plus difficile. Une grande partie des corps n'existait plus ou n'était pas identifiée ou reposait loin des familles dans des cimetières militaires. Cette situation était encore plus dramatique pour les familles des combattants originaires des autres continents: même identifiés et enterrés sous une stèle où leur nom était gravé, il était impossible, pour l'époque, que les familles puissent un jour s'y recueillir.

 

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D'où l'apparition, probablement pour la première fois, d'un culte de la mémoire aux victimes d'une guerre. Le culte de la mémoire a ainsi dû pallier à l'absence de corps.

Ce culte de la mémoire a revêtu deux aspects nouveaux: la création d'un culte au "Soldat Inconnu " et la floraison de dizaines de milliers de monuments aux morts. Ces mémoriaux égrènent les noms et prénoms des défunts, presque toujours sans ordre de préséance.

Les monuments aux morts sont des traces indélébiles pour les diverse mémoires: la mémoire familiale, la mémoire des localités, des entreprises. Ils sont aussi des traces de la façon dont la population a voulu interpréter la guerre après coup. Ils sont aussi des traces de la mentalité qui régnait dans les localités dans les années 20; on peut déplorer que dans certains endroits, la magnificence de certains monuments témoigne davantage de l'affirmation de la richesse de la localité que de la mémoire.