23/10/2014

Le barbelé. Son usage est une innovation de la guerre 14-18.

Les barbelés: encore une innovation de 14-18 ?

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Les soldats français d'origine paysanne utilisaient leur mot: " fil de fer ronce ". Voici ce qu'un soldat français écrit dans une lettre en 1915:

 «La nuit en allant prendre la garde, on se fiche dans les fils de fer ronce  car on n’y voit pas à un mètre. Il faut bien être forcé pour faire cela." 

 

Toujours septembre 1915, un autre dans une lettre écrit: 

"Nous allions avancer, ... on avance dans la forêt de 50 mètres et il faut mettre des fils de fer ronce et on s’estropie bien les mains. Les Boches nous ont laissé faire, ils n’ont pas tiré sur nous. Ça vaut bien le coup pour 50 mètres ; on sera bien long-temps pour arriver à Berlin.

 

Le fil de fer barbelé était aussi appelé, à l'époque, « ronce artificielle » ou, plus simplement « barbelé ». ce n'est pas vraiment n'est pas une invention de la guerre 14-18.

 

C'est une invention américaine utilisée dans le Far West où il était employé pour empêcher la fuite du bétail. Il est utilisé dans les clôtures pour le bétail en raison de son faible coût.

 

Sur le champ de bataille, il sert à empêcher le passage de combattants adverses. Déroulé et déposé simplement sur le terrain, il freine la progression des soldats, qui peuvent même s'y emmêler. Dans ce cas, le fil est composé de lames coupantes. C'est un fil de fer fabriqué de sorte à être piquant, voire coupant, avec des pointes ou des angles disposés à intervalles réguliers. Une personne ou un animal essayant de franchir ou de passer à travers du fil de fer barbelé aura de forts risques de se blesser.

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Durant la guerre de 14-18, durant la guerre des tranchées, chaque ligne de tranchée dispose de ses propres barbelés. Passer de l'autre côté des barbelés de son camp, c’est se retrouver dans une zone entre deux barbelés ( un no man's land ). C'est s'exposer à tous les fléaux être pris sous le feu de ses amis et sous le feux de ses ennemis, c'est risquer d'être fait prisonnier, c'est aussi risquer d'être accusé de désertion

Existaient aussi ce que l'on appelait des «  hérissons ». Ces " hérissons " étaient des fils de fer garnis d'épines, enroulés autour de quatre baguettes de fer reliées au milieu." Hérissons » que le soir il fallait aller jeter en avant des petits-postes.

 

Supports matériels de la guerre entre nations, les fils barbelés perdent paradoxalement au bout d’un certain temps leur appartenance nationale, pour se mêler au gré des bombardements et des ondulations de la ligne de front. Les préparations d’artillerie avant une offensive ont pour but de détruire au moins partiellement les barbelés adverses.

Cela différencie d’emblée l’usage du barbelé dans les tranchées de son rôle au Far-West, dans nos fermes ou dans les camps de concentration. Dans ces cas, il est employé pour empêcher la fuite de qui est parqué dans ce qu'il enclôt. Sa fonction sur le champ de bataille est d’empêcher le passage des soldats adverses.

Le fil barbelé, c'est aussi une façon de mourir. Voiciquelques notes prises dans des récits.

Ainsi, de Maurice PEUREY (« Et pourquoi une fourragère à l'épaule »):« C’est pendant un court moment de calme que nous pouvons apercevoir devant nous, une rangée de barbelés intacts dans lesquels nos soldats sont venus se briser. »

Et, de Daniel MORNET ( « Tranchées de VERDUN »): « Durand se débat comme un blaireau pris au collet dans les griffes d’une pelote de barbelés » .

Le barbelé n'est donc pas une invention de la guerre 14-18 mais son usage en est une innovation. Il ne sert plus à parquer les animaux mais à parquer des hommes.

20/10/2014

L'occupation en 14-18 et son impact sur les femmes belges.

Les femmes et la guerre de 14-18.

 

On a l'habitude de célébrer les hautes figures féminines: Edith CAVELL, Gabrielle PETIT, la Reine Elisabeth. Et on a bien raison ! Mais on a tendance à oublier le rôle de femmes ordinaires durant cette guerre.

En BELGIQUE, dès les premiers jours de la guerre, les femmes n'ont pas été épargnées par la barbarie allemande. La mobilisation des hommes avait désorganisé toute l'activité économique. De nombreux commerces et entreprises avaient fermé leurs portes. Une grande partie des emplois d'avant guerre étaient disparus. Nombre de femmes furent ainsi privées du salaire de leur mari. La misère devait fatalement suivre.

 

L'entrée en BELGIQUE des troupes allemandes et, surtout, leur piétinement alors qu'ils pensaient qu'une voie royale leur était ouverte a provoqué, nous en avons déjà parlé, leur fureur. Maisons brûlées, civils brutalisés, malheureux fusillés sans raison, déportés, sont des événements tragiques dont le souvenir reste vivace jusqu'à nos jours et qui ont trop souvent accompagné leur marche.

 

Voici le récit fait par un soldat allemand, à DINANT, le 23 août 1914:

 

"Le soir à dix heures, le 1er bataillon du 178° descendit dans le village incendié au nord de Dinant... À l'entrée du village gisaient environ cinquante habitants fusillés pour avoir, par guet-apens, tiré sur nos troupes. Au cours de la nuit, beaucoup d'autres furent pareillement fusillés, si bien que nous en pûmes compter plus de deux cents. Des femmes et des enfants, la lampe à la main, durent assister à l'horrible spectacle... ".

 

Le texte ci-dessous est un passage du témoignage de Léonie CAPON ( citoyenne d'ETHE dans la province de Luxembourg ). Léonie CAPON a vu son mari se faire fusiller et leur maison incendiée par les envahisseurs.

 

 

Ce massacre a eu lieu le 23 août 1914. Son mari a été fusillé avec 15 autres villageois, lors d'une des fusillades collectives qui ont fait 282 victimes dans la population de ETHE. 256 maisons du village ont été incendiées pendant ces événements.

 

 

Voici son récit:

 

"Ma plus grande souffrance, en tournant la tête du côté de ma maison en feu, je pensais à mes six enfants restés dans la cave qui n'était pas voûtée. Je me suis mise à genoux devant les officiers allemands pour qu'ils me laissent aller chercher mes enfants. Ils m'ont chassée et j'ai recommencé quatre fois. Toujours ils m'ont chassée !

J'ai fini par retrouver madame MARCHAL qui parlait allemand; je lui ai dit qu'elle explique ma situation et que mes enfants étaient dans la cave et qu'ils allaient brûler. Alors deux soldats, revolver au poing, m'ont conduit dans la grand-rue où j'habitais pour aller chercher mes enfants. Le feu était plein les greniers, mais comme le bas ne brûlait pas encore, j'ai traversé les écuries et j'ai cherché partout pour trouver mes enfants. Le plus vieux, qui avait onze ans, avait vu mettre le feu et il avait remonté les plus jeunes de la cave, il les avait conduits au jardin, dessous un prunier. La grand-mère qui était encore dans la maison a dû sortir à coups de crosse de fusil, ne comprenant pas ce que voulaient ces deux sauvages. Je lui dis : "Grand-mère vous êtes prisonnière avec moi". J'ai dû la prendre par le bras pour sortir par le jardin, car dans la rue on ne pouvait plus passer.

J'ai retrouvé tous mes enfants sous le prunier, couchés par terre, car les Allemands tiraient sur ces innocents. J'ai pris tous mes enfants et je suis descendue au jardin jusqu'à la rivière. J'ai suivi la rivière et je suis arrivée près des autres prisonnières qui attendaient mon retour avec angoisse. Par bonheur, mon fils aîné avait eu soin de prendre une cruche de lait. Les pauvres femmes sont venues près de moi pour en donner à leurs petits. Des soldats qui passaient devant le jardin nous ont mises en joue pour nous fusiller.

Je vois encore toutes ces femmes se jeter par terre, moi, avec mes enfants, je suis restée toute droite en disant :

"Vous êtes des lâches, achevez votre oeuvre jusqu'au bout". Un autre officier est arrivé près de nous et il nous a dit en français : " Nous avons brûlé vos maisons, nous avons fusillé vos mari, vous n'avez plus rien sur terre, nous allons vous fusiller ".

Nous étions toutes remplies d'angoisse et d'horreur. La dame qui parlait bien allemand a demandé de nous laisser la vie, que nous trouverions bien de quoi nous nourrir[…]. Ils ont ainsi prolongé notre agonie pendant trois ou quatre heures. Ne pensant plus nous fusiller, ils ont dit qu'ils allaient nous conduire à Berlin. Nous avons été martyrisées tout l'après-midi, et à 8 heures du soir, ils nous ont chassées vers Saint-Léger et Arlon comme des prisonniers. Alors commence pour moi un long calvaire....Me voilà donc toute seule au monde, avec mes six pauvres petits enfants.

J'avais tout perdu : mon pauvre mari, mon père, mes deux beaux-frères, ma maison, mes bêtes, mon ménage, tout cela s'est envolé à la fois ! Et je reste avec la misère, la misère noire".

 

Cette dernière phrase est poignante: « ...Et je reste avec la misère, la misère noire. ».

 

D'où venait cette misère ? Dès la fin de l'été 1914, presque toute la BELGIQUE ainsi qu'une dizaine de départements français entrent dans une longue période noire qui va durer quatre ans. C'est une occupation qui s'installe, arbitraire. C’est un régime dur: contrôles multiples, réglementations diverses, arrestations, déportations, etc. Les difficultés de circulation sont telles, que l’existence des Belges se replie au niveau local. Les civils, se retrouvent dans une situation qui rappelle l'esclavage à l'ancienne. Durant cette période ( 51 mois ! ), les femmes ont eu la préoccupation majeure de subvenir aux besoins élémentaires de leur ménage.Les populations occupées souffrent du froid et de la faim, les territoires occupés étant directement concernés par le blocus économique allié. Or, la Belgique de 1914 importait environ 80% de son stock alimentaire. Ce blocus a pour conséquence que des dizaines de milliers d’Allemands, surtout des enfants et des vieillards vont mourir de faim. Et comme la Belgique est occupée entièrement à part la bande côtière, la population, donc surtout les femmes, connaîtra les conséquences de ce blocus.

 

Dans les récits de témoins, deux thèmes vont avoir un impact particulier sur l’opinion publique et seront à la base de l'idée de la violence allemande: les viols et les mutilations. Les Allemands tentaient de justifier leurs exactions contre les civils à l'aide de deux légendes. La première fut la légende des « francs-tireurs ». La seconde concerne les femmes, accusées d’arracher les yeux des blessés et d’empoisonner les soldats. Elles méritent donc d’être punies et humiliées. Aux yeux de l’opinion publique, le viol fait partie intégrante des « atrocités allemandes » et témoigne de l’importance du traumatisme des hommes incapables de défendre leur femme et leur famille. Mais l’ampleur du phénomène reste difficile à établir. Ceci, d'autant plus, que par pudeur, on semble l'avoir occulté dans la mémoire collective d'après-guerre.

 

La situation de la femme belge fut d'ailleurs un moyen utilisé à l'étranger pour attirer l'attention des populations et des gouvernements. En témoigne cette carte postale imprimée en SUISSE.

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Devant des ruines fumantes symbolisant l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes, une femme agenouillée revêtue de haillons, serre son enfant à demi nu contre sa poitrine. En arrière plan, le drapeau suisse se fond dans un ciel rougeoyant. Cette carte postale intitulé « Pour la Belgique » a été réalisée en automne 1914 par l’artiste neuchâtelois Charles Edouard Gogler, alors président du Comité de secours aux réfugiés belges de Saint-Imier. Elle fut réalisée sur sa propre initiative et vendue en Suisse au profit de l’œuvre pour les réfugiés belges. Rien que dans le vallon de Saint-Imier, la vente de cette carte postale rapporta plus de 600 francs au comité pro-belge.

19/10/2014

L'Eté 14, "La victoire en chantant" ( Jules ROMAINS )

Jules Romains:

 

l’été 14, «La victoire en chantant»

 

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« Jamais tant d’hommes à la fois n’avaient dit adieu à leur famille et à leur maison pour commencer une guerre les uns contre les autres. Jamais non plus des soldats n’étaient partis pour les champs de bataille mieux persuadés que l’affaire les concernait  personnellement.

Tous ne jubilaient pas. Tous ne fleurissaient pas les wagons, ou ne les couvraient pas d’inscriptions gaillardes. Beaucoup ne regardaient pas sans arrière-pensée les paysans qui, venus le long des voies, répondaient mal aux cris de bravade et saluaient un peu trop gravement ces trains remplis d’hommes jeunes. Mais ils avaient en général bonne conscience. Puisqu’il n’était plus question d’hésiter ni de choisir, l’on remerciait presque le sort de vous avoir forcé la main. Peut-être allait-on bientôt s’apercevoir qu’avec ses rudes façons il vous avait rendu service, comme le maître-nageur au débutant qu’il  pousse à l’eau.

L’affaire, on n’en doutait pas, était de taille à remuer le monde entier. Et déjà elle en soulevait un large morceau. Mais par un effet de la tradition, et comme par droit de priorité,  avant  de devenir  mondiale, elle était d’abord franco-allemande.

Chacun des deux peuples s’était élancé à la rencontre de l’autre, en tâchant de bien maintenir dans sa tête une idée de la guerre aussi excitante que possible. Les Allemands s’efforçaient de croire qu’ils reprenaient une vieille épopée; qu’ils avaient derrière eux des chevaliers et des empereurs du Moyen Age tendant leur épée toute droite et leur montrant le chemin. Derrière les chevaliers du Saint-Empire, il y avait même les guerriers d’Hermann, et tant d’autres encore que les légions du Sud étaient venues massacrer dans les forêts, et dont  il n’était pas trop tard pour venger la juste cause. Le but prochain, c’était d’augmenter l’honneur de la patrie germanique, et la crainte qu’on avait d’elle. C’était de décourager définitivement les entreprises des envieux, à qui sa récente prospérité portait ombrage, et qui, d’un bout à l’autre de l’Europe, se conjuraient pour l’encercler et l’abattre.

Les Français préféraient s’imaginer que, ce qu’ils avaient derrière eux, c’était l’humanité ; qu’une fois de plus, voyant qu’elle ne pouvait sauver son destin qu’au prix d’une contestation sanglante, elle avait décidé de les choisir, eux, pour champions. II leur fallait, bien entendu, sauver aussi le sol natal, et même profiter de la circonstance pour reprendre deux provinces naguère perdues. Mais le plus important était de prouver au monde qu’on restait les soldats de la Révolution, le peuple qui depuis les Croisades n’avait jamais fait la guerre sans y mettre quelque intention de bienveillance universelle, et qui avait constamment voulu que ses voisins eussent leur part, au besoin malgré eux, des formes de vie excellentes dont lui-même avait eu l’initiative.»

 

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Jules Romains

Les hommes de bonne volonté, Tome 3 : Prélude à Verdun (1938), page 3 – Bouquins 

17/10/2014

L'enfer de la boue des tranchées ( Henri BARBUSSE )

 

Dans la boue des tranchées.

 

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Comme d’autres écrivains mobilisés sur les lignes du front, Henri BARBUSSE dans « Le feu » décrit ce tableau apocalyptique du champ de bataille où les fantassins se confondent avec la boue des tranchées :

 

« On ne peut déterminer l’identité de ces créatures : ni à leur vêtement couvert d’une épaisseur de fange, ni à la coiffure : ils sont nu-tête ou emmaillotés de laine sous leur cagoule fluide et fétide ; ni aux armes : ils n’ont pas leur fusil, ou bien leurs mains glissent sur une chose qu’ils ont traînée, masse informe et gluante, semblable à une espèce de poisson.

Tous ces hommes à la face cadavérique, qui sont devant nous et derrière nous, au bout de leurs forces, vides de paroles comme de volonté, tous ces hommes chargés de terre, et qui portent leur ensevelissement se ressemblent comme s’ils étaient nus.

De cette nuit épouvantable, il sort d’un côté ou d’un autre quelques revenants revêtus exactement du même uniforme de misère et d’ordure.

A une époque, je croyais que le pire enfer de la guerre ce sont les flammes des obus, puis j’ai pensé longtemps que c’était l’étouffement des souterrains qui se rétrécissent éternellement sur nous. Mais, non, l’enfer, c’est l’eau ».

 

 

15/10/2014

CONSTANT-LE-MARIN: Liégeois, patriote, champion du monde.

CONSTANT-LE-MARIN.

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CONSTANT-LE-MARIN qui s'appelait, en réalité Henri HERD, est né en 1884, à LIEGE, dans le quartier d'Outremeuse, dans la rue Porte-aux-Oies, une étroite ruelle qui donne sur la rue Puits-en-Sock.

 

CONSTANT-LE-MARIN, avec son parcours mouvementé et atypique, est une grande figure liégeoise et un véritable héros populaire. Ce titre de « Héros populaire », il le mérite pour plusieurs raisons.

 

Il s’est fait connaître à l’échelle internationale en tant que champion de lutte gréco-romaine. En fait, cela devait ressembler au catch actuel. En 1901, à 17 ans, Henri HERD avait déjà attiré l'attention en remportant coup sur coup plusieurs compétitions. Deux fois champion du monde de lutte, il était l'idole des Liégeois, attirant des foules considérables à chaque combat. Sa célébrité a vraiment décollé au moment de l’Exposition universelle de 1905 à LIEGE.

 

Pourquoi ce surnom de CONSTANT-LE-MARIN ? Il avait été épaté par les exploits de son modèle, le lutteur CONSTANT-LE-BOUCHER (un boucher de FLORENNES). Il prend le surnom de CONSTANT-LE-MARIN en hommage et aussi, par analogie, pour ressembler à celui-ci. Il n'avait rien à voir, de près ni de loin, avec la marine...sauf qu'il voulait voyager dans le monde entier comme un marin...

 

Ce rêve fut réalisé. D'abord comme lutteur: devenu catcheur professionnel, il fut plusieurs fois sacré champion du monde de lutte, notamment à BUENOS AIRES, en 1913.

 

Mais, c'est aussi un héros de la guerre de 14-18. Il fit partie, de 1915 à 1917, de l'incroyable épopée de l'armée belge sur le front russe et en SIBERIE durant la première guerre mondiale, Il devint maréchal des logis. Dans cette unité, il était aux côtés de deux autres liégeois devenus célèbres par après: le poète et homme politique Marcel THIRY et Julien LAHAUT, futur dirigeant du Parti communiste.

 

Ce Corps avait été formé en France par le major COLLON en 1915. Il était constitué de dix auto-canons-mitrailleuses, de motos, de vélos, de camions et de 300 volontaires belges. Placé sous le commandement russe, le Corps participa notamment, en Galicie (Pologne), à des combats contre les Autrichiens et les Allemands.

 

Dans cette expédition, il s’est particulièrement distingué, après une expédition assez incroyable, un retour avec l’Orient-Express, un défilé et des acclamations sur la 5e Avenue à NEW YORK. Une citation de 1917 glorifie la dernière d'une série d'actions d'éclats accomplies par le maréchal des logis Henri HERD, sur le front russe, dans le Corps des autos-canons-mitrailleuses. Je cite: «Sous-officier très brave et très courageux, animé d'un grand esprit de sacrifice et d'un réel mépris du danger. Chef d'une voiture blindée depuis le début de la campagne, a toujours été un exemple pour ses sous-ordres. A été sérieusement blessé en accomplissant une mission et, au prix de souffrances inouïes, est parvenu à rejoindre nos lignes»

 

Il subit de graves blessures. Au cours d'une attaque, frappé de trois balles, il saute de son véhicule détruit par les tirs ennemis, se jette dans un trou d'obus d'où, malgré d'horribles blessures, il se traîne vers ses lignes. Lorsqu'on le trouve, il faut cinq hommes pour le haler vers l'arrière. Il sera sauvé grâce, notamment, à un de ses neveux, engagé sur le même champ de bataille. Il recevra les Croix de St-Georges, les plus hautes distinctions militaires octroyées par le tsar Nicolas II.

 

La campagne de RUSIE lui avait coûté de nombreuses blessures. Sa cuisse gauche était gravement atteinte. Après la guerre, à force de volonté, il redeviendra le champion du monde qu'il avait été. Ce fut en 1921. On comprend qu'il dut faire preuve d'un courage exemplaire pour s'entraîner de nouveau et récupérer son titre !

 

Ardent patriote, en 1940, il veut à nouveau s'engager. Mais il a près de 57 ans, l'armée ne veut plus de lui. Il se rendra en FRANCE pour aider à l'organisation des réfugiés belges et s'embarquera de justesse sur le dernier bateau en partance pour l'Amérique d'où il ne reviendra qu'en 1946.

 

Cet enfant d'Outremeuse est mort à LIEGE, sa ville natale, en 1965. Il avait fait le tour du monde, même plusieurs fois, comme il se l'était promis. Il fut inhumé dans la caveau familial au Cimetière de ROBERMONT.

CONSTANT-LE-MARIN est un homme du peuple à citer en exemple pour son patriotisme et son courage. A 56 ans, il repart à l'action contre les nazis. A méditer à une époque où certains banalisent la collaboration qui n'aurait été " qu'une erreur".

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En 1988, le 14 août, une plaque commémorative a été apposée rue Porte-aux-Oies.

 

 

 

12/10/2014

Le Souvenir Français.

 

Le Souvenir Français

 

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La création du « Souvenir français » intervint après la guerre perdue de 1870 etl 'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par l'Allemagne. En Alsace, une partie de la population marquait son attachement à la France par un culte aux militaires morts pour la France (entretien des tombes, offices religieux...). En Alsace, le 1° novembre, des jeunes filles en habit traditionnel alsacien déposaient des cocardes sur les tombes des victimes de leur commune.

 

En Alsace, après la défaite de 1871, un professeur, François-Xavier NIESSEN s'opposait publiquement à l’annexion de l'Alsace et de la Lorraine par l'Allemagne. Il voulait montrer l'attachement des Alsaciens-Lorrains à la France et maintenir en France le souvenir des provinces perdues. Dans son esprit, l'entretien des tombes serait l'instrument permettant de garder présent dans les esprits le souvenir des « Morts pour la France » de 1870. Cela devait aussi permettre de le sentiment de l'unité nationale. « Unité Nationale », dans son esprit, signifiait que l'Alsace et la Lorraine devaient toujours être considérées comme territoires français.

 

Le Allemands ne supportant plus son attitude, il fut « exilé » en France en 1887. « Exilé », est un terme qui ne convient pas très bien dans son cas puisque, pour lui la frontière était une création artificielle.

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C'est alors qu'il créa le « Souvenir français ». En 1888, le 7 mars, il appela les Français à rejoindre l’association. Le succès fut au rendez-vous. Le« Souvenir français » fut à l'origine du financement et de l'érection de monuments commémoratifs de la guerre de 1870 dans toute la France, y compris dans les territoire annexés par l'Allemagne.

De nombreuses plaques en fonte furent apposées dans les cimetières communaux ou dans les lieux publics avec une dédicace et parfois le nom des victimes furent financées par le Souvenir français.

Durant la guerre de 14-18, le « Souvenir français » put continuer son action en France non occupée. Une cinquantaine de monuments commémoratifs furent édifiés. IL s'attela, à la demande des familles, à la recherche des corps de soldats tués au combat. Enfin, il fut à la base de la création de près de 200 cimetières militaires et de 200 000 tombes. Les membres non mobilisés veillèrent aux sépultures et à l’accompagnement des familles des morts.

 

Toutefois, après la guerre, le « Souvenir français » ne put s’occuper seul des 1 700 000 morts.

C'est ainsi que le Service national des sépultures fut créé par la loi du 31 juillet 1920 prit en charge les cimetières militaires et les nécropoles nationales.

 

A l'heure actuelle, le « Souvenir français » continue son action. Le « Souvenir Français », c’est :

  • 130 000 tombes entretenues par an

  • la sauvegarde de sépultures en déshérence

  • la création de tombes de regroupement

  • plusieurs dizaines de monuments restaurés par an (stèles, monuments, mémoriaux…)

 

 

Il fonctionne, grâce à des bénévoles, en France bien entendu mais aussi en outre-mer et à l’étranger. le travail d’entretien des sépultures a pour but non seulement d’honorer tous ceux qui qui sont morts pour la France et ses valeurs sans distinction de rang ou de classe mais aussi de transmettre le message de Mémoire aux jeunes générations.

 

Le « Souvenir français » est présent dans soixante-huit pays dont la Belgique. La Délégation Générale du Souvenir Français pour la Belgique, animée par le Lieutenant-Colonel Claude Michel (h), est l’une des 68 délégations du Souvenir Français, présentes à l’étranger.

 

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16:45 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/10/2014

Monument aux Morts de CLAVIER.

MONUMENT AUX MORTS 

DE CLAVIER.

L'ancienne commune de CLAVIER présente quelques particularités qui perturbent les visiteurs qui cherchent leur route. 

Tout d'abord, elle est subdivisées en plieurs villages qui ont une vie pratiquement autonome. Quant à CLAVIER même, deux villages portent ce nom: Clavier-Station et Clavier-Village, distants de quelques kilomètres.

Clavier-Village est le centre de la commune...qui présente la particularité d'être le plus petit village de l'ensemble. C'est là que l'on trouve l'église paroissiale ( bien qu'il y en ait une autre à Clavier-Station ), la Maison Communale et le Cimetière.

Le véritable centre attractif se trouve en fait à Clavier-Station. 

Sur la façade de la Maison Communale, aucune trace de la fameuse "Plaque provinciale" liégeoise. Sur aucune place de la commune, aucun Monument aux Morts. 

Pour trouver le Monument aux Morts, il faut se rendre au Cimetière où on finit par le découvrir en examinant bien tous les monuments. De loin, sans cet examen attentif, pas grand chose ne le distingue.

Par dessus le mur du cimetière, on aperçoit la Maison Communale.

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Le Monument est mutilé. C'est regrettable car un subside aurait pu être obtenu pour le restaurer ! Ou, en tout cas, aurait pu être demandé. A noter cependant que cet édicule est bien fleuri par un rosier.

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La base du Monument: un lion sur un drapeau. Lion à l'expression assez agressive.

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Voici les flancs du Monument: des combattants français sont honorés. Sur un flanc, les français; sur l'autre flanc, les belges.

Deux tombes d'anciens combattants, dans le cimetière. Avec plaques de la FNC.

 

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